Rapport ministériel sur le rendement
Pour la période se terminant
le 31 mars 2006
L'honorable Stockwell Day, C.P., député
Ministre de la Sécurité publique
(Sécurité publique et Protection civile)
TABLE DES MATIÈRES
SECTION I : APERÇU
A. Message de l'enquêteur correctionnel
B. Déclaration de la direction
C. Architecture des activités de programme de l'organisme
D. Information sommaire
E. Rendement de l'organisme
SECTION II : ANALYSE DES ACTIVITÉS DE PROGRAMME PAR RÉSULTAT
STRATÉGIQUE
2.1 Modèle logique du BEC
2.2 Dépenses prévues dans le RPP-AAP et dépenses
réelles, pour 2005-2006
SECTION III : RENSEIGNEMENTS SUPPLÉMENTAIRES
A. Renseignements concernant l'organisation
3.1 Mandat
3.2 Énoncé de mission
3.3 Secteur d'activités et ressources
Pièce 3.1 Organigramme
B. Aperçu du rendement financier
Tableau 1 : Comparaison des dépenses prévues et réelles
(incl. les ETP)
Tableau 2 : Utilisation des ressources par secteurs d'activités
(ou par activités de programme)
Tableau 3 : Postes votés et législatifs
Tableau 4 : Coût net du ministère
Tableau 5 : Loi sur les frais d'utilisation
Tableau 6 : Politique sur les normes de services pour les frais d'utilisation
Tableau 7 : Politiques concernant les voyages
SECTION IV : AUTRES SUJETS D'INTÉRÊT
A. Gouvernement en direct
B. Lois et règlements
C. Rapports et documents de travail
D. Références
E. Énoncé de la responsabilité de la direction (non
vérifié)
Section I : Aperçu
A. Message de l'enquêteur correctionnel
Le Parlement m'a confié la responsabilité d'agir au nom des Canadiens
à titre d'ombudsman du Canada pour les délinquants sous responsabilité
fédérale. Je crois fermement qu'une surveillance efficace et responsable
des activités correctionnelles est vue par les Canadiens comme un élément
essentiel d'une société démocratique moderne et d'un système
de justice pénale ouvert et responsable.
Les Canadiens s'attendent, de façon légitime, à ce que le système
correctionnel fédéral soit équitable, sûr, compatissant
et juste. Ils sont également en droit de s'attendre à ce que, lorsque
cela n'est pas le cas, les problèmes soient cernés et réglés
de façon raisonnable et en temps opportun. L'obligation de répondre
à ces attentes est à la fois notre raison d'être et le résultat
stratégique auquel mon bureau tente de parvenir au nom des Canadiens.
À la fin de cette première moitié de mon mandat, je suis encouragé
par les importants effets que mon bureau a eus sur la vie au jour le jour de milliers
de délinquants. Des préoccupations liées aux transfèrements,
aux placements en isolement, aux visites et aux soins de santé ont été
examinées et ont été réglées.
Cependant, je demeure préoccupé par le rythme lent des progrès
enregistrés par le Service correctionnel du Canada en matière d'amélioration
de la qualité du traitement des éléments les plus vulnérables
et les plus défavorisés depuis toujours, à savoir les délinquantes,
les délinquants autochtones et les délinquants présentant des
problèmes de santé mentale.
De plus, on n'a toujours pas apporté de changements au regard d'un certain
nombre de problèmes systémiques de longue date, en dépit du
spectre étendu des recommandations faites au Service au fil des ans, en vue
d'améliorer les choses ou d'y trouver des solutions. Nous continuerons d'encourager
l'établissement de liens ouverts, honnêtes et productifs permettant
de trouver une solution à ces questions en attente et d'améliorer
le système correctionnel fédéral.
Howard Sapers
Enquêteur correctionnel
B. Déclaration de la direction
Déclaration de la direction
Je soumets, en vue de son dépôt au Parlement, le Rapport ministériel
sur le rendement (
RMR) de 2005-2006 pour le Bureau de l'enquêteur correctionnel
du Canada.
Le présent document a été préparé conformément
aux principes de préparation des rapports énoncés dans le
Guide
de préparation de la Partie III du Budget des dépenses 2005-2006 :
Rapports sur les plans et les priorités et Rapports ministériels sur
le rendement :
- Il est conforme aux exigences précises de déclaration figurant dans
les lignes directrices du SCT;
- Il repose sur l'architecture des activités de programme approuvée
du ministère figurant dans la SGRR;
- Il présente une information cohérente, complète, équilibrée
et fiable
- Il fournit une base pour la reddition de comptes à l'égard des résultats
obtenus avec les ressources et les autorisations qui lui sont confiées;
- Il rend compte de la situation financière en fonction des montants approuvés
des budgets des dépenses et des Comptes publics du Canada dans le RMR.
Nom : __________________________
Titre : __________________________
C. Architecture des activités de programme de l'organisme
Le résultat stratégique (RS) du BEC est « le règlement
des problèmes des délinquants qui se trouvent dans le système
correctionnel fédéral, promptement et de manière satisfaisante ».
C'est également le résultat escompté de l'activité de
programme du BEC « surveillance des opérations correctionnelles »
qui regroupe les quatre priorités/sous-activités de programme du BEC
décrites ci-dessus (Section I - D. Plans et priorités de l'organisme).
Comme l'indique le tableau ci-dessous, chaque résultat escompté au
niveau de la sous-activité de programme/priorité du BEC est exprimé
et devrait être perçu, sur le plan conceptuel, comme un lien dans la
chaîne de résultats en rapport avec le résultat stratégique
du BEC et son résultat escompté.
Activité de programme de l'organisme (AP)
Surveillance des opérations correctionnelles
Réalisation du résultat stratégique du
BEC : « Les
problèmes des délinquants au sein du système correctionnel
fédéral sont identifiés et résolus au moment opportun
et de façon raisonnable ».
Sous-activités de programme et priorités de l'organisme
Enquêter et résoudre les plaintes individuelles des délinquants.
Le Service correctionnel du Canada règle de manière satisfaisante
les plaintes particulières des délinquants et prend des mesures correctives,
si nécessaire
Enquêter sur les problèmes systémiques touchant les délinquants,
en surveiller l'évolution et les régler.
Le Service correctionnel du Canada reconnaîtra les problèmes systémiques
touchant les délinquants, les réglera de façon satisfaisante
et prendra les mesures correctives qui s'imposent.
Le Service correctionnel du Canada se conformera invariablement aux mesures prises
antérieurement, ainsi qu'aux dispositions législatives, aux politiques
et aux procédures pertinentes.
Surveiller et évaluer la gestion, par le
SCC, des questions pour lesquelles
le
BEC détient un mandat (enquêtes menées aux termes de l'art.
19 et au sujet d'incidents de recours à la force) et faire des représentations
à ce sujet.
Rigueur, objectivité et respect des délais plus grands dans les enquêtes
que le Service correctionnel du Canada mène en vertu de l'article 19 et au
sujet d'incidents de recours à la force.
Enquêter sur des problèmes particuliers (délinquantes sous responsabilité
fédérale et délinquants autochtones), les régler et
assurer un leadership à cet égard.
Le Service correctionnel du Canada règle de manière satisfaisante
les questions particulières liées aux délinquantes sous responsabilité
fédérale et aux délinquants autochtones, et il prend des mesures
correctives, si nécessaire.
Le Service correctionnel du Canada se conforme invariablement aux mesures prises
antérieurement, ainsi qu'aux dispositions législatives, aux politiques
et aux procédures concernant des questions particulières aux délinquantes
sous responsabilité fédérale et aux délinquants autochtones.
D. Information sommaire
Raison d'être de l'organisme et résultat stratégique
Les Canadiens accordent beaucoup d'importance à la nature démocratique
des actions des ministères et organismes de leur gouvernement fédéral
et au respect de la primauté du droit par ces mêmes ministères
et organismes. Ils accordent une importance toute particulière aux programmes
qui ont une incidence directe significative sur la liberté, la santé,
la sécurité et les droits de la personne de tous les citoyens, y compris
ceux faisant partie des segments les plus vulnérables de notre société.
Les délinquants canadiens sous responsabilité fédérale
confiés aux soins et au contrôle du Service correctionnel du Canada
(SCC) font partie de ce groupe. La population du Canada souhaite que le gouvernement
fédéral, dans l'exercice des mécanismes régulateurs
qui assurent la démocratie, surveille de près son système correctionnel
pour s'assurer qu'il est juste, sûr, compatissant et efficace et que les problèmes
cernés sont tous réglés de façon opportune et raisonnable.
L'obligation de s'acquitter de cette responsabilité est à la fois
la raison d'être du Bureau de l'enquêteur correctionnel (BEC) et le
résultat stratégique qu'il tente d'atteindre au nom de tous les Canadiens.
Ressources financières et humaines de l'organisme en 2005-2006
|
Bureau de l'enquêteur correctionnel
|
2005-2006
|
|
(milliers de $)
|
Budget princ. des dépenses
|
Dépenses prévues
|
Total des autorisations
|
Dépenses réelles
|
|
Dépenses de fonctionnement (Crédit 60)
|
|
Salaires
|
1 806
|
1 806
|
2 091
|
2 091
|
|
F et E
|
752
|
752
|
822
|
663
|
|
Total
|
2 558
|
2 558
|
2 913
|
2 754
|
|
Contributions au régime d'avantages sociaux des employés (crédit
5)
|
361
|
361
|
361
|
361
|
|
Grand total
|
|
|
3 274
|
3 115
|
|
Équivalents temps plein
|
22
|
22
|
22
|
24
|
* La différence s'explique par les rajustements effectués à
la suite du Budget principal des dépenses, incluant le Budget supplémentaire
des dépenses, etc.
Priorités de l'organisme
|
|
2005-06
|
|
Situation du rendement
|
Dépenses prévues
|
Dépenses réelles
|
|
Résultat stratégique : Le règlement des problèmes
des délinquants qui se trouvent dans le système correctionnel fédéral,
promptement et de manière satisfaisante
|
|
Harmonisation avec les résultats du gouvernement du Canada : Le mandat du
BEC est de faire en sorte que le système correctionnel fédéral
soit juste, compatissant et efficace, afin que les délinquants puissent retourner
dans la société en tant que citoyens respectueux de la loi. Ce faisant,
le BEC contribue à l'obtention du résultat plus global du gouvernement
du Canada qui vise à rendre sûres les collectivités.
|
|
Priorité
|
Résultat escompté
|
Situation du rendement
|
|
Enquêter sur les problèmes individuels des délinquants et les
régler
(Permanent)
|
Le Service correctionnel du Canada règle de manière satisfaisante
les plaintes particulières des délinquants et prend des mesures correctives,
si nécessaire.
|
Atteint
|
1,256
|
1,240
|
|
Enquêter sur les problèmes systémiques touchant les délinquants,
en surveiller l'évolution et les régler
(Permanent)
|
Le Service correctionnel du Canada reconnaît les problèmes systémiques
touchant les délinquants, les règle de façon satisfaisante
et prend les mesures correctives qui s'imposent.
Le Service correctionnel du Canada se conforme invariablement aux mesures prises
antérieurement, ainsi qu'aux dispositions législatives, aux politiques
et aux procédures pertinentes
|
Atteint en partie
|
677
|
710
|
|
Suivre, évaluer et commenter la gestion par le SCC de questions reliées
au mandat (art. 19, mort ou blessures graves et incidents reliés au recours
à la force).
(Permanent)
|
Dans les enquêtes qu'il mène aux termes de l'article 19 et au sujet
d'incidents de recours à la force, le Service correctionnel du Canada fait
preuve d'une rigueur et d'une objectivité accrues et il respecte les délais
impartis
|
Atteint en partie
|
199
|
250
|
|
Enquêter, résoudre et fournir des conseils stratégiques sur
des questions spécifiques (délinquantes sous responsabilité
fédérale et délinquants autochtones).
(Permanent)
|
Le Service correctionnel du Canada règle de manière satisfaisante
les questions particulières liées aux délinquantes sous responsabilité
fédérale et aux délinquants autochtones, et il prend des mesures
correctives, si nécessaire.
Le Service correctionnel du Canada se conforme invariablement aux mesures prises
antérieurement, ainsi qu'aux dispositions législatives, aux politiques
et aux procédures concernant des questions particulières aux délinquantes
sous responsabilité fédérale et aux délinquants autochtones.
|
Atteint en partie
|
300
|
136
|
E. Rendement de l'organisme
La prestation de services correctionnels est une tâche difficile, et parfois
ingrate, mais elle est essentielle au système de justice pénale du
Canada. Le mandat du SCC consiste à gérer les peines imposées
aux délinquants par les tribunaux en respectant la législation pertinente,
les droits individuels de la personne et les droits collectifs, tout en accordant
la primauté à la protection du public. Les Canadiens s'attendent à
ce que leur système correctionnel offre aux délinquants des conditions
de détention sécuritaires et humaines et favorise leur réinsertion
sociale.
La fonction première de l'enquêteur correctionnel à titre d'ombudsman
pour les délinquants sous responsabilité fédérale est
d'enquêter de façon indépendante et de faciliter le règlement
des questions individuelles concernant les délinquants. En 2005-2006, le
personnel du Bureau s'est occupé de près de huit mille plaintes de
délinquants, il a passé près de quatre cents jours ouvrables
dans les établissements fédéraux, il a interviewé deux
mille cinq cents délinquants et au moins mille deux cent cinquante employés
des établissements. Comme pour les années antérieures, c'est
au regard du règlement des questions individuelles des délinquants
à l'échelon des établissements que le BEC s'est distingué
du point de vue de l'obtention des résultats escomptés.
Là où les réussites du BEC sont moins évidentes, c'est
dans sa tâche d'amener le SCC à reconnaître les problèmes
systémiques touchant les délinquants et à les régler
de façon opportune et raisonnable. En dépit des efforts considérables
consacrés à l'adoption d'une approche globale, à la poursuite
d'un dialogue constant avec les représentants de tous les niveaux du SCC
et en dépit du spectre étendu des recommandations en vue d'améliorer
les choses ou d'y trouver des solutions, il apparaît évident que sur
bon nombre de fronts, il est difficile d'obtenir des progrès notables. En
conséquence, le BEC doit continuer de traiter des milliers de cas de façon
individuelle, tout en se concentrant simultanément sur les questions systémiques
qui reviennent constamment.
La tension créée par la charge de travail du BEC peut en grande partie
être liée à un certain nombre de nouvelles tendances dans l'environnement
opérationnel du BEC.
Au premier rang de ces pressions, il y a la croissance rapide du nombre de délinquants
ayant des problèmes de santé mentale. Le rapport produit par le Sénat
canadien en mai 2006, De l'ombre à la lumière, fait ressortir
les lacunes dans les services offerts aux délinquants sous responsabilité
fédérale en matière de santé mentale.
Au niveau opérationnel, cela a eu une portée considérable.
La surreprésentation des délinquants atteints de problèmes
de santé mentale a eu une incidence sur la qualité de vie dans les
établissements, tout en ayant un effet négatif sur la sécurité
et la protection des détenus et des employés, ainsi que sur le respect
des droits fondamentaux des délinquants. La preuve de cela se trouve dans
une multitude d'indices, notamment le nombre et la durée des placements en
isolement préventif ou des mécanismes de détention particuliers
similaires, l'accroissement du nombre d'incidents teintés de violence dans
les établissements et d'incidents où le personnel a recouru à
la force contre les délinquants. À leur tour, toutes ces manifestations
donnent lieu à un nombre croissant de questions extrêmement délicates
et complexes portées à l'attention du BEC, qui sont liées soit
directement soit indirectement aux lacunes du traitement des délinquants
présentant des problèmes de santé mentale.
Ce phénomène de l'accroissement du nombre de délinquants présentant
des problèmes de santé mentale n'est qu'une dimension du changement
de profil de la population des délinquants. Cette dernière se compose
de plus en plus de délinquants plus jeunes, plus violents et plus souvent
associés à un gang, qui tentent de reproduire dans les établissements
fédéraux la sous-culture des gangs de rue. Il en a résulté
un accroissement important du degré de violence dans les établissements
entre les détenus, mais également un accroissement du nombre d'incidents
où des agents de correction du SCC et des équipes pénitentiaires
d'intervention en cas d'urgence ont dû recourir à la force contre des
détenus. Le personnel consacré aux examens du recours à la
force et aux enquêtes sur le décès de détenus ou les
blessures graves infligées à des détenus a plus que triplé
au cours des cinq dernières années.
Une autre source de tensions liées à la charge de travail pour le
BEC provient de l'incapacité chronique du SCC de réaliser des progrès
au regard du traitement pénitentiaire offert aux Canadiens autochtones, qui
continuent d'être surreprésentés dans la population des délinquants.
Dans les établissements à sécurité plus élevée,
cette surreprésentation est également due en grande partie à
l'utilisation encore maintenant d'outils de classification de sécurité
non sensibles aux différences culturelles, en dépit du fait qu'ils
ont été jugés comme injustes et inefficaces, non seulement
par le BEC, mais également par bon nombre d'intervenants des services correctionnels
aux Autochtones, et dans les milieux universitaires.
En outre, les délinquants autochtones sont toujours surreprésentés
parmi les délinquants qui purgent le gros ou la totalité de leur peine
à l'intérieur des pénitenciers, plutôt que de profiter
d'une mise en liberté sous condition opportune dans leur collectivité.
Ils continuent également d'être surreprésentés parmi
les délinquants dont la mise en liberté sous condition est suspendue
et/ou révoquée avant l'expiration de leur mandat.
Pour comprendre pleinement et se rendre compte des raisons pour lesquelles les délinquants
autochtones subissent un tel sort au sein du système correctionnel, il faut
dépasser les généralités sur les différences
culturelles et la discrimination systémique, ainsi que les limites de l'établissement.
Il faut également se concentrer sur le manque de possibilités d'emploi,
de logements adéquats, de soins de santé accessibles, de services
de santé mentale et de soins post-pénaux. Nous renvoyons les lecteurs
qui désirent avoir une autre perspective sur cette question, au chapitre
5 du Rapport de la vérificatrice générale du Canada - 2006.
Aux questions habituelles liées aux charges de travail exigeantes s'ajoutent
les caractéristiques particulières de l'environnement des services
correctionnels et du public que nous servons. La méfiance est grande entre
les personnes se trouvant de chaque côté des barreaux des prisons.
Les sujets de préoccupation soulevés dans les plaintes ont souvent
des incidences immédiates et continues et, dans plusieurs cas, ont trait
à des questions liées aux droits, à la liberté et à
la sécurité personnelle. Les éléments défavorisés
de notre société, les membres de minorités, les personnes ayant
des problèmes de santé mentale et les pauvres sont fortement surreprésentés
dans nos pénitenciers. Le public comprend peu le processus correctionnel
et, en tant que groupe, les délinquants sous responsabilité fédérale
obtiennent peu de soutien de la part du public.
Ces facteurs posent un défi à la façon habituelle de l'ombudsman
d'intervenir en vue du règlement des divers problèmes. Dans le milieu
correctionnel, les mécanismes internes officiels de recours sont perçus
avec suspicion par les délinquants et, en l'absence de l'intervention de
tiers, on parvient rarement à des règlements à l'amiable. Un
nombre important de plaintes exigent une intervention rapide et ne permettent pas
une enquête approfondie suivie de conclusions et de recommandations officielles;
elles exigent une intervention et une réaction immédiates. La diversité
de la population des détenus exige l'adoption de perspectives différentes,
par exemple en ce qui concerne les préoccupations relatives aux délinquants
autochtones, aux délinquantes et aux délinquants présentant
des problèmes de santé mentale.
À l'extérieur, le Bureau a maintenu ses activités de liaison
relatives à la justice pénale et à l'éducation du public.
Il a tenu une conférence de presse officielle à la suite de la publication
de son Rapport annuel 2004-2005, qui s'est concentré notamment sur les délinquants
sous responsabilité fédérale atteints de maladie mentale et
a fait l'objet de nombreux reportages. Tant la direction que le personnel du BEC
ont établi des liens avec bon nombre d'intervenants et ont diffusé
de l'information sur le mandat, le rôle et les responsabilités de notre
organisme, auprès de diverses parties, à l'occasion entre autres de
conférences aux échelons local, provincial, national et international.
À l'interne, le Bureau a offert une gamme étendue de possibilités
de formation au personnel de réception des plaintes et au personnel d'enquête.
L'objectif poursuivi est de faire en sorte que le personnel du BEC continue d'être
informé et d'être en mesure de fournir une aide opportune aux délinquants
relativement aux pratiques, aux tendances et aux questions habituelles et nouvelles
en matière correctionnelle. Malgré notre présence physique
limitée dans les établissements fédéraux, nous avons
maintenu la fréquence de nos rencontres avec les organismes pour délinquants,
les fraternités d'Autochtones, les associations de détenus de race
noire et les groupes de détenus condamnés à perpétuité.
Notre processus d'information des directeurs d'établissement à la
fin des visites aux établissements vise à nous assurer que les préoccupations
auxquelles on peut s'attaquer immédiatement sont réglées en
temps opportun. Nous avons continué en outre d'examiner les sujets d'inquiétude
précis avec les gestionnaires de l'établissement au cours de chaque
visite. Ces sujets d'inquiétude sont l'ensemble des questions souvent soulevées
dans les plaintes et les préoccupations liées aux droits et aux libertés,
tels que l'isolement, le processus interne de griefs et les transfèrements
non sollicités.
Tout au long de l'exercice 2005-2006, le Bureau a aussi abordé avec les cadres
supérieurs du Service, tant à l'échelon régional qu'à
l'échelon national, une gamme étendue de questions habituelles et
nouvelles dans le domaine des services correctionnels. Ce dialogue a permis au BEC
d'exprimer clairement sa position, de donner de l'information et des conseils et
de formuler des recommandations en vue de l'amélioration ou du règlement
des questions individuelles et systémiques, et également au sujet
de l'élaboration de politiques, et de l'examen.
Pour terminer, rappelons que le but ultime de toutes les actions ci-dessus est d'en
arriver au résultat stratégique du BEC : faire en sorte que les plaintes
des délinquants dans le système correctionnel fédéral
soient cernées et réglées de façon opportune, équitable
et raisonnable.
Section II : Analyse des activités de programme par résultat
stratégique
Le modèle logique ci-dessous fait ressortir les méthodes que privilégie
le BEC pour fournir les services lui permettant de réaliser son mandat et
d'atteindre son résultat stratégique consistant à cerner et
à régler de façon rapide et raisonnable les problèmes
vécus par les délinquants sous responsabilité fédérale.
Le modèle logique établit les liens entre les activités du
programme du BEC et la réalisation des résultats. Il précise
les activités qui composent son programme et la séquence des résultats
attendus à la suite de ces activités.
2.1 Modèle logique du BEC
Le tableau qui suit présente les dépenses prévues dans le Rapport
sur les plans et les priorités 2005-2006 (RPP) et les dépenses réelles
en 2005-2006.
2.2 Dépenses prévues dans le RPP-AAP et dépenses
réelles, pour 2005-2006
|
(milliers de $)
|
Budget principal des dépenses
|
Total des autorisations
|
|
Salaires
|
1 806
|
2 091
|
|
F et E
|
752
|
822
|
|
Total
|
2 558
|
2 913
|
|
Activité de programme
|
(milliers de $)
|
Dépenses prévues (RPP)
|
Dépenses prévues (AAP)
|
Dépenses réelles
|
|
Surveillance des opérations correctionnelles
|
Total
|
2 432*
|
2 432*
|
2 336*
|
|
Sous-activité de programme
|
(milliers de $)
|
Dépenses prévues (RPP)
|
Dépenses prévues (AAP)
|
Dépenses réelles
|
|
Plaintes individuelles des délinquants
|
Total
|
1 256
|
1 256
|
1 240
|
|
|
|
Plaintes systémiques des délinquants
|
Total
|
677
|
677
|
710
|
|
|
|
Questions liées au mandat
|
Total
|
199
|
199
|
250
|
|
|
|
Problèmes particuliers visés
|
Total
|
300
|
300
|
136
|
|
|
|
Questions administratives
|
Total
|
487
|
487
|
418
|
* Exclut les dépenses liées aux affaires administratives.
Dans son RPP de 2005-2006, le BEC a énoncé de nouveau ses plans et
ses priorités, pour être le complément de sa Structure de gestion
des ressources et des résultats (SGRR) et son Architecture des activités
de programme (AAP).
L'activité de programme (AP) du BEC est la surveillance des opérations
correctionnelles, et son résultat stratégique (RS) est que les problèmes
des délinquants au sein du système correctionnel fédéral
sont identifiés et résolus au moment opportun et de façon raisonnable.
Nos plans et priorités axés sur l'AAP correspondent à nos quatre
sous-activités de programme.
Priorité 1
Enquêter sur les problèmes individuels des délinquants et
les régler
L'enquêteur correctionnel a un rôle d'ombudsman pour les délinquants
sous responsabilité fédérale. La principale fonction du Bureau
est d'enquêter sur les plaintes individuelles des délinquants et de
les régler. La grande majorité des problèmes soulevés
dans les plaintes sont traités par le BEC au niveau de l'établissement,
dans des discussions et des négociations.
Rendement en 2005-2006
En 2005-2006, le BEC a enregistré 7 591 contacts avec les délinquants
sous responsabilité fédérale ou en leur nom, comparativement
à 7 696 contacts en 2004-2005. Il a mené 2 426 entrevues en 2005-2006
auprès de délinquants, par rapport à 2 486 au cours de l'exercice
précédent.
Ces diminutions assez peu marquées du niveau de contact avec des délinquants
sous responsabilité fédérale préoccupent le BEC, compte
tenu de l'investissement considérable qu'il a fait au cours des cinq dernières
années pour aborder le traitement des questions soulevées par les
délinquants de façon plus systémique. Le Service correctionnel
a eu moins de succès que souhaité dans les mesures qu'il a prises
pour donner suite aux recommandations du BEC visant à améliorer certains
aspects systémiques ou à régler un certain nombre de questions,
la plupart se posant depuis longtemps. En conséquence, le BEC doit, tout
en poursuivant le dialogue pour amener le Service à adopter une stratégie
plus globale et plus prévoyante face aux aspects systémiques de longue
date, continuer de traiter les plaintes d'une façon beaucoup moins efficace,
au cas par cas.
En 2005-2006, le BEC a passé 370 jours dans les pénitenciers fédéraux,
ayant passé 427 jours au cours de l'exercice précédent. Cette
diminution de 13,5 % de notre présence dans les établissements est
en grande partie attribuable au fait que sur nos vingt employés affectés
aux enquêtes deux étaient en congé de maladie, ce qui fait ressortir
les limites du BEC, vu sa taille, en ce qui a trait à la réaffectation
de ses ressources à l'interne. Le fait que le nombre véritable d'entrevues
individuelles de délinquants n'a diminué que de 2 % au cours de la
même période est une indication de l'augmentation des heures que le
personnel des enquêtes a dû passer tous les jours à des visites
en établissement pour maintenir des niveaux optimaux d'accessibilité
aux services du BEC. Des discussions sont en cours avec le Conseil du Trésor
pour régler cette impasse financière intenable, ainsi que d'autres
tensions liées à la charge de travail.
Au-delà de ces considérations, le BEC fait remarquer qu'il a bien
réussi à cerner et à régler les problèmes portés
à son attention par des délinquants sous responsabilité fédérale
ou en leur nom. Bien que l'on trouvera à la section de notre rapport annuel
consacrée aux statistiques, les détails sur les plaintes reçues
et la façon dont elles ont été réglées, qu'il
nous soit permis de mentionner qu'au terme des 3 034 contacts en 2005-2006, les
délinquants ont reçu de l'information de la part du BEC en réponse
à leurs demandes ou à leurs préoccupations sur une gamme étendue
de questions liées aux services correctionnels. À leur tour, les délinquants
ont utilisé l'information fournie pour mieux comprendre leur situation personnelle
et/ou pour régler leurs problèmes avec le Service correctionnel.
La raison pour laquelle les délinquants demandent autant d'information au
BEC, c'est qu'elle est souvent plus facilement accessible, obtenue à la suite
d'un simple appel téléphonique, qu'elle ne l'est dans l'établissement.
Cependant, la principale raison est qu'ils font davantage confiance à l'information
que leur fournit le BEC, compte tenu de l'indépendance dont le BEC jouit,
mais également de sa réputation d'objectivité et de neutralité.
Dans les 2 018 contacts, où le BEC a fait une investigation ou une enquête,
notre intervention et notre recommandation ont soit facilité le règlement
du problème qu'avait le délinquant, soit eu une incidence significative
sur la réaction subséquente du Service.
Finalement, pour 1 540 autres contacts, le BEC a renvoyé le délinquant
soit au personnel du SCC, soit au processus interne d'examen des griefs du Service.
Dans les cas où la question ne relevait pas de notre mandat, des renvois
ont été faits à d'autres organismes gouvernementaux et non
gouvernementaux, tels que les ombudsmans provinciaux, des commissions d'examen des
services de police des municipalités, des sociétés médicales
et des barreaux ainsi que d'autres organismes de réglementation de professionnels.
Ces renvois adoptent le principe voulant que l'ombudsman facilite le règlement,
mais n'intervient pas nécessairement en première instance. Dans le
cas de délinquants sous responsabilité fédérale, cela
sert à diriger le cas vers la prochaine étape ou vers l'organisme
pertinent où une tentative de régler une question en première
instance aura plus de chance de réussir.
Les renvois, ainsi que la prestation d'information décrite plus tôt,
fournissent aux délinquants les connaissances voulues pour aborder les problèmes
d'une façon non violente considérablement plus productive et plus
socialement acceptable.
Priorité 2
Enquêter sur les problèmes systémiques touchant les délinquants,
en surveiller l'évolution et les régler
Alors que le rôle principal du Bureau de l'enquêteur correctionnel est
de faire enquête sur les plaintes individuelles des détenus et de les
régler, il lui incombe aussi, d'examiner les politiques et les procédures
du Service correctionnel du Canada associées aux plaintes des délinquants
et de faire des recommandations à ce sujet, de manière que les secteurs
systémiques préoccupants soient repérés et traités
correctement.
Rendement en 2005-2006
Comme on l'a souligné plus haut, le BEC est préoccupé par la
lenteur des progrès réalisés par le Service correctionnel du
Canada, relativement à un certain nombre de questions systémiques
de longue date, en dépit des importants efforts du BEC et du large spectre
des recommandations qu'il a formulées en vue de l'amélioration de
la situation ou du règlement des problèmes. En conséquence,
le Bureau a encore une fois cette année été englouti dans un
cycle d'opérations portant sur les mêmes questions dans des milliers
de cas individuels.
Parmi les questions qui demeurent les plus préoccupantes, il y a 1) la prestation
de soins de santé mentale et physique appropriés; 2) l'introduction
d'un programme d'échange d'aiguilles pour réduire les méfaits
causés par le VIH et d'autres maladies infectieuses; 3) la mise au point
d'un système interne d'examen des griefs des délinquants; 4) un processus
de placement en isolement préventif et un processus d'examen équitables;
5) l'accès en temps opportun à des programmes de traitement pénitentiaire
et à la préparation de cas en vue d'une décision par la Commission
nationale des libérations conditionnelles.
Il y a également un certain nombre de domaines où les interventions
et les recommandations du BEC au Service ont eu un succès mesuré face
aux questions systémiques. Dans trois des cinq régions, le caractère
opportun des réponses fournies au premier et au deuxième paliers du
processus d'examen des griefs des délinquants s'est considérablement
amélioré. Dans trois des cinq régions, le Service offre un
programme de traitement pénitentiaire dans le cadre du processus d'évaluation
initiale. Cela est particulièrement profitable aux délinquants purgeant
une peine de quatre ans ou moins, car cela leur permet un bon départ en ce
qui concerne les programmes requis dans leur plan correctionnel et améliore
leurs chances de se voir accorder une forme ou une autre de mise en liberté
sous condition, plus tôt au cours de leur peine. Finalement, le Service a
amélioré sa surveillance des renonciations et des reports relatifs
aux libérations conditionnelles et sa surveillance du nombre de détenus
dans des établissements d'un niveau de sécurité plus élevé
que nécessaire. Il est à souhaiter que cette surveillance entraînera
l'amélioration du rendement du Service dans ces domaines.
Priorité 3
Surveiller, évaluer et soumettre des observations sur la gestion du SCC
des questions liées au mandat (enquêtes en vertu de l'art. 19 et cas
de recours à la force)
L'article 19 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté
sous condition exige implicitement que le Bureau examine toutes les enquêtes
du Service correctionnel du Canada effectuées en cas de décès
ou de blessures graves d'un délinquant. Le BEC surveille également
les incidents en établissement où l'on recourt à la force,
conformément à la recommandation de la Commission Arbour en 1996.
Rendement en 2005-2006
Un objectif clé du de la surveillance du BEC des opérations correctionnelles
est de garantir que les délinquants sous responsabilité fédérale
sont détenus dans des environnements sûrs et protégés.
En conséquence, une des grandes préoccupations est d'assurer que le
personnel du SCC recourt à la force contre des détenus uniquement
lorsqu'il n'y a aucune autre option et, le cas échéant, n'applique
que la force exigée par la situation.
La sécurité et la sûreté de la personne sont une protection
fondamentale assurée par la Charte canadienne des droits et libertés.
Les mécanismes régulateurs tels que ceux offerts par le BEC sont peut-être
encore plus importants dans un environnement correctionnel, où la répartition
du pouvoir entre les surveillants et les surveillés est exceptionnellement
inégale.
En 2005-2006, le BEC a relevé et exprimé de façon répétée
ses inquiétudes au Service au sujet de l'augmentation du nombre d'incidents
de recours à la force. Il a aussi porté à l'attention du SCC
l'utilisation excessive dans certains établissements à sécurité
maximale de l'Équipe pénitentiaire d'intervention en cas d'urgence
(IERT) qui recourt à la force, et l'utilisation excessive du gaz poivré,
alors que d'autres établissements à sécurité maximale
réussissent à maintenir la paix et le bon ordre, au moyen de méthodes
de sécurité dynamique et d'autres moyens de règlement des conflits.
Ces sujets de préoccupation demeurent le point de mire du Bureau, qui continue
de travailler avec tous les niveaux organisationnels du SCC pour trouver des solutions.
Une autre dimension de l'attention que le BEC doit accorder à la sécurité
et la sûreté des établissements fédéraux est la
rapidité et la qualité de l'enquête que le Service doit entreprendre,
conformément à l'article 19 de la Loi sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous condition, en cas de décès
ou de blessure grave d'un détenu sous sa responsabilité.
Voilà plusieurs années que le BEC maintient que la rapidité
et la qualité du processus des enquêtes du SCC, incluant l'analyse
utile des constatations et la mise en commun des leçons apprises, étaient
absolument essentiels, pour arriver à baisser le niveau de violence dans
les établissements.
En 2005-2006, le thème dominant de nos discussions avec le Service concernait
encore la question de l'opportunité. Les retards accusés dans le déclenchement
des enquêtes, l'analyse rigoureuse des constatations, l'approbation et la
mise en ouvre des plans des mesures correctives et des plans de prévention
à long terme continuent de constituer une préoccupation permanente.
Bien que le BEC soit encouragé par la décision récente du Service
de faire de la violence dans les établissements un domaine prioritaire, il
continuera d'insister pour que le SCC investisse les ressources nécessaires
à la collecte et à l'analyse approfondie de données significatives
sur ce problème correctionnel critique.
Priorité 4
Enquêter, régler et assurer un leadership
relativement à des problèmes particuliers visés (délinquantes
et délinquants autochtones)
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel (BEC) effectue des enquêtes spécialisées
et tente de résoudre les problèmes soulevés par ou au nom des
délinquants autochtones ou des délinquantes. En coopération
avec ses partenaires du secteur gouvernemental et du secteur non gouvernemental,
le BEC présente des observations, des conseils et une orientation sur ces
questions au Service correctionnel du Canada ainsi qu'à d'autres responsables.
Rendement en 2005-2006
Les interventions du BEC et le soutien actif de plusieurs intervenants clés
ont permis au Service de réaliser certains progrès relativement au
règlement de questions systémiques de longue date.
Tout d'abord, parmi ces progrès, mentionnons la reconnaissance par le SCC
que son instrument de classement initial des délinquantes était discriminatoire
et engendrait des niveaux de sécurité plus élevés que
nécessaires pour les femmes. Il en a résulté la signature d'un
contrat par le Service pour l'élaboration d'un nouvel instrument de classement
initial, qui est sensible à la spécificité des sexes et reconnaît
le caractère unique des besoins et de la situation des femmes victimes de
racisme et des femmes handicapées.
Le SCC a également été en mesure d'élargir les possibilités
d'hébergement à la mise en liberté des femmes dans la collectivité,
dans les régions de l'Atlantique et du Pacifique. Ces régions étaient
mal desservies. De plus, le SCC a reconnu qu'il devait répondre aux besoins
d'emplois et au problème de l'employabilité des délinquantes,
pour arriver à réduire les risques de récidive. À ce
titre, le Service a effectué une étude sur les besoins d'emplois pour
les détenues, qui a donné lieu à l'élaboration d'un
cadre stratégique national pour l'emploi à l'intention de cette population.
Cependant, le BEC n'est pas parvenu à amener le SCC à entreprendre
des mesures correctives significatives sur un certain nombre de questions critiques.
Entre autres, le BEC est préoccupé par l'augmentation importante au
cours des deux dernières années du nombre de délinquantes qui
retournent dans la collectivité après une libération d'office,
plutôt qu'en semi-liberté ou à la suite d'une libération
conditionnelle totale. Au cours de la même période, on a observé
une augmentation correspondante de renonciations et de reports d'audiences de la
Commission nationale des libérations conditionnelles pour les délinquantes,
en particulier les délinquantes autochtones.
L'explication de ce phénomène repose au moins en partie sur le manque
d'accès opportun aux programmes correctionnels, notamment dans les unités
de garde en milieu fermé pour femmes. De plus, l'accès aux programmes
pour Autochtones à l'extérieur de la région des Prairies est
insuffisant.
La situation critique des délinquants autochtones dans le système
correctionnel fédéral a constitué une question clé pour
le BEC au cours de la dernière décennie. D'innombrables recommandations
ont été faites au cours de cette période pour corriger les
pratiques correctionnelles discriminatoires et améliorer le traitement offert
par le Service correctionnel du Canada.
En réaction, le SCC a consenti des mises de fonds considérables et
a obtenu certains résultats positifs. En général, les délinquants
autochtones ont accès à leur premier programme au cours de leur peine
à la suite de leur admission en détention, plus tôt que les
délinquants non autochtones. Les délinquants autochtones peuvent maintenant
être renvoyés à des programmes de traitement qui tiennent compte
de façon précise de leurs particularités culturelles, à
la suite de la récente élaboration de programmes à l'intention
des Autochtones. Les taux de réussite des programmes de traitement pour délinquants
autochtones qui se concentrent sur des aspects touchant les Autochtones (délinquant
violent; violence familiale; délinquant sexuel; toxicomanie; programmes d'acquisition
de compétences psychosociales) sont généralement plus élevés
que les taux pour les délinquants non autochtones dans les mêmes catégories
de programmes.
En outre, les inscriptions des délinquants autochtones aux programmes se
concentrent davantage sur des programmes plus particuliers à la culture autochtone.
Au cours de l'exercice 2005-2006, on a observé une augmentation significative
du pourcentage de délinquants autochtones affectés à de tels
programmes. Le SCC continue d'élargir la gamme des programmes à l'intention
spécifiquement des Autochtones, ajoutant régulièrement de nouveaux
programmes pour délinquants autochtones.
Malgré cela, les résultats correctionnels globaux des délinquants
autochtones ne se sont pas améliorés de façon mesurable.
La distorsion systémique des instruments de classement et de placement en
pénitencier actuels continue de donner lieu à une surreprésentation
des Autochtones dans les établissements à sécurité maximale
et une sous-représentation dans les établissements à sécurité
minimale. Les délinquants autochtones ont moins de chances d'obtenir une
permission de sortir ou la semi-liberté ou la libération conditionnelle
totale aux dates où ils y sont admissibles. Comme leur période d'incarcération
est plus longue et qu'ils sont davantage mis en liberté à la suite
d'une libération d'office ou à la date d'expiration du mandat, ils
passent moins de temps à suivre des programmes dans la collectivité,
ou à d'autres formes de programmes offerts en milieu carcéral ou d'autres
formes de surveillance.
Le nombre de délinquants autochtones qui ont vu leur mise en liberté
sous condition suspendue et révoquée a augmenté. Les délinquants
autochtones sont réincarcérés dans des établissements
fédéraux dans les deux années suivant la date d'expiration
du mandat plus souvent que les délinquants non autochtones.
Les questions correctionnelles concernant les Autochtones continuent d'être
au cour des préoccupations du BEC. Nous continuerons, avec la collaboration
de nombreux intervenants dans la collectivité autochtone, de faire le nécessaire
pour que le Service maintienne le dialogue constructif et productif qui lui permettra
de s'attaquer aux obstacles systémiques et culturels et pour qu'il adopte
des pratiques et des stratégies correctionnelles adaptées sur le plan
culturel.
Section III : Renseignements supplémentaires
A. Renseignements concernant l'organisation
3.1 Mandat
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a été établi en
1973 en vertu de la partie II de la Loi sur les enquêtes. Cette assise
légale a été modifiée en novembre 1992, à la
suite de la promulgation de la partie III de la Loi sur le système
correctionnel et la mise en liberté sous condition. Le
mandat de l'enquêteur correctionnel, tel que défini par cette loi,
est d'agir comme ombudsman pour les délinquants sous responsabilité
fédérale. Le Bureau de l'enquêteur correctionnel est indépendant
du Service correctionnel du Canada; il peut ouvrir une enquête par suite d'une
plainte présentée par un délinquant ou en son nom, à
la demande du ministre ou de sa propre initiative. L'enquêteur correctionnel
est tenu de par la loi de présenter un rapport annuel par l'entremise du
ministre de Sécurité publique et Protection civile Canada, aux deux
chambres du Parlement.
3.2 Énoncé de mission
En tant qu'ombudsman des prisons fédérales du Canada chargé
de surveiller les services correctionnels fédéraux, l'enquêteur
correctionnel contribue à la sécurité publique et à
la défense des droits de la personne en effectuant des examens indépendants
et opportuns des plaintes déposées par les délinquants. L'enquêteur
correctionnel formule des recommandations qui permettent la mise sur pied et le
maintien d'un système correctionnel fédéral responsable qui
soit équitable, compatissant et efficace.
3.3 Secteur d'activités et ressources
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel (BEC) s'occupe d'un secteur d'activités
décrit à l'article 167 de la Loi sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous condition (LSCMLC),
qui consiste à mener des enquêtes sur les problèmes des délinquants
liés aux décisions, recommandations, actes ou omissions qui proviennent
du commissaire du Service correctionnel du Canada ou d'une personne sous son autorité
ou exerçant des fonctions en son nom qui affectent les délinquants
individuellement ou en groupe.
De plus, l'article 19 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en
liberté sous condition exige implicitement que l'enquêteur
correctionnel examine toutes les enquêtes effectuées par le Service
correctionnel du Canada en cas de décès ou de blessure
grave d'un détenu. Le BEC est aussi tenu de mener ce genre d'enquêtes
en cas d'intervention ayant exigé le recours à la force, conformément
aux recommandations découlant de la Commission Arbour.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel est dirigé par l'enquêteur
correctionnel qui rend compte au Parlement par l'entremise du ministre de Sécurité
publique et Protection civile Canada. Les ressources de l'organisme consistent en
22 équivalents temps plein, dont 20 affectés de façon immédiate
au travail quotidien entourant les plaintes des détenus, à titre d'agents
de réception des plaintes, de coordonnateurs ou de directeurs. Les ressources
totales se chiffrent à 3 273 900 $ pour l'exercice 2005-2006.
Pièce 3.1 - Organigramme du BEC
B. Aperçu du rendement financier
Tableau 1 : Comparaison des dépenses prévues et réelles
(incl. les ETP)
|
|
2003-2004
Réelles
|
2004-2005
Réelles
|
2005-2006
|
|
(milliers de $)
|
Budget principal des dépenses
|
Dépenses prévues
|
Total des autorisations
|
Réelles
|
|
Bureau de l'enquêteur correctionnel
|
2 790
|
2 871
|
2 919
|
2 919
|
3 274
|
3 115
|
|
Total
|
2 790
|
2 871
|
2 919
|
2 919
|
3 274
|
3 115
|
| |
|
Total
|
2 790
|
2 790
|
2 919
|
2 919
|
3 274
|
3 115
|
|
Moins : Recettes non disponibles
|
---
|
---
|
---
|
---
|
---
|
---
|
|
Plus : Coût des services reçus gratuitement*
|
256
|
258
|
258
|
258
|
258
|
258
|
|
Coût net du ministère
|
3 046
|
3 129
|
3 117
|
3 117
|
3 532
|
3 3373
|
|
|
|
Équivalents temps plein
|
22
|
22
|
22
|
22
|
22
|
24
|
Tableau 2 : Utilisation des ressources par secteurs d'activités
(ou par activités de programme)
|
2005-2006
|
|
Secteurs d'activités - SC (ou activités de programme - AP)
|
Budgétaires
|
Plus : non budgétaires
|
Total
|
|
Fonctionnement
|
Total : dépenses budgétaires brutes
|
Moins : recettes disponibles
|
Total : dépenses budgétaires nettes
|
Prêts, investissements et avances
|
|
Budget principal des dépenses
|
2 919
|
2 919
|
---
|
2 919
|
---
|
2 919
|
|
Dépenses prévues
|
2 919
|
2 919
|
---
|
2 919
|
---
|
2 919
|
|
Total des autorisations
|
3 274
|
3 274
|
---
|
3 274
|
---
|
3 274
|
|
Dépenses réelles
|
3 115
|
3 115
|
---
|
3 115
|
---
|
3 115
|
Tableau 3 : Postes votés et législatifs
| |
|
2005-2006
|
|
Poste voté ou législatif
|
Libellé tronqué pour le poste voté ou législatif
|
Budget principal des dépenses
|
Dépenses prévues
|
Total des autorisations
|
Réelles
|
|
50
|
Dépenses de fonctionnement
|
2 558
|
2 558
|
2 913
|
2 754
|
|
(5)
|
Contributions au régime d'avantages sociaux des employés
|
361
|
361
|
361
|
361
|
| |
Total
|
2 919
|
2 919
|
3 274
|
3 115
|
Tableau 4 : Coût net du ministère
|
(milliers de $)
|
2005-2006
|
|
Dépenses prévues nettes (Total du Budget principal des dépenses
et des rajustements indiqués au tableau des dépenses planifiées)
|
2 919
|
|
Plus : Services reçus gratuitement
|
---
|
|
Locaux fournis par Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC)
|
258
|
|
Contributions pour la part de l'employeur des prestations d'assurance des employés
et des dépenses assumées par le SCT (sans compter les fonds renouvelables)
|
|
|
Indemnités des accidentés du travail fournies par Développement
des ressources humaines Canada
|
|
|
Dépenses salariales et autres dépenses connexes pour les services
juridiques fournis par Justice Canada
|
|
|
|
|
|
Moins : Recettes non disponibles
|
---
|
|
Coût net du ministère pour 2005-2006
|
3 177
|
Tableau 5 : Loi sur les frais d'utilisation
Tableau 6 : Politique sur les normes de services pour les frais
d'utilisation
Consultation d'intervenants
Frais exigés pour le traitement de demandes d'accès faites en vertu
de la
Loi sur l'accès à l'information (LAI)
La réponse est donnée dans les 30 jours suivant la réception
de la demande; ce délai peut être prorogé conformément
à l'article 9 de la
LAI. Les avis de prorogation sont envoyés dans
les 30 jours suivant la réception de la demande.
La
Loi sur l'accès à
l'information fournit des renseignements plus complets.
La norme de service est établie par la Loi sur l'accès à l'information
et le Règlement sur l'accès à l'information. Le ministère
de la Justice et le Secrétariat du Conseil du Trésor ont consulté
les parties intéressées pour les modifications faites en 1986 et 1992.
Tableau 7 : Politiques concernant les voyages
Déclaration du BEC :
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel suit la «
Politique sur
les autorisations spéciales de voyage » du Secrétariat
du Conseil du Trésor du Canada.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel suit la «
Directive sur
les voyages d'affaires », les taux de rémunération
et les indemnités du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada.
Section IV : Autres sujets d'intérêt
A. Gouvernement en direct
Site Web : http ://www.oci-bec.gc.ca
Courriel : org@oci-bec.gc.ca
B. Lois et règlements
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition,
Lois du Canada, 1992, partie 3
C. Rapports et documents de travail
- Rapport annuel de la vérificatrice générale, 2006, chapitre
5, mai 2006 (http://www.oag-bvg.gc.ca)
- Commission canadienne des droits de la personne (rapport spécial) - Protégeons
leurs droits : Examen systémique des droits de la personne dans les services
correctionnels destinés aux femmes purgeant une peine de ressort fédéral
(2003)
(http://www.chrc-ccdp.ca)
- Rapports annuels de l'Enquêteur correctionnel, 1998-1999 à maintenant
- (http://www.oci-bec.gc.ca)
- Réponse de l'enquêteur correctionnel au document de consultation -
Rapport spécial sur la situation des délinquantes sous responsabilité
fédérale - de la Commission canadienne des droits de la personne (http://www.oci-bec.gc.ca)
- Présentation de l'enquêteur correctionnel au Comité sénatorial
permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie : Santé
mentale, maladie mentale et toxicomanie, 7 juin 2005
(http ://www.oci-bec.gc.ca)
- Document de discussion du BEC :
- Changement d'orbite - Les droits de la personne, l'examen indépendant
et la responsabilisation au sein du système correctionnel canadien (http://www.oci-bec.gc.ca)
- Rapports ministériels sur le rendement du BEC antérieurs et Rapport
sur les plans et les priorités du BEC (http
://www.oci-bec.gc.ca)
- Comité sénatorial permanent, De l'ombre à la lumière
: la transformation des services concernant la santé mentale, la maladie
mentale et la toxicomanie au Canada, mai 2006 (http
://www.parl.gc.ca)
D. Références
B.P. 3421
Succursale D
Ottawa (Ontario)
K1P 6L4
B.P. 3421
Succursale D
Ottawa (Ontario)
K1P 6L4
Coordonnateur, Services corporatifs et planification
B.P. 3421
Succursale D
Ottawa (Ontario)
K1P 6L4
E. Énoncé de la responsabilité de la direction
(non vérifié)
La responsabilité de l'intégrité et de l'objectivité
des états financiers ci-joints pour l'exercice financier terminé le
31 mars 2006 et de toute l'information figurant dans le présent rapport incombe
à la direction du Ministère. La direction a préparé
les états financiers conformément aux politiques comptables du Conseil
du Trésor, lesquelles sont fondées sur les principes comptables généralement
reconnus au Canada pour le secteur public.
La direction est responsable de l'intégrité et de l'objectivité
de l'information contenue dans cet état financier. Une partie de cette information
est fondée sur les meilleurs jugements et estimations de la direction et
elle tient compte, comme il se doit, de l'importance relative. Afin de satisfaire
à ses obligations redditionnelles, la direction tient à jour un ensemble
de comptes qui garantit l'enregistrement centralisé des opérations
financières du Ministère. L'information financière sur le Bureau
contenue dans le Rapport sur le rendement du Ministère et soumise aux Comptes
publics du Canada concorde avec le présent état financier.
La direction tient à jour un système de gestion financière
et de contrôle interne destiné à garantir, avec une certitude
raisonnable, que l'information financière est fiable, que les actifs sont
protégés, que les opérations sont exécutées conformément
à la Loi sur la gestion des finances publiques, dans le respect
de la réglementation en vigueur et dans les limites des autorisations parlementaires,
et que ces opérations sont enregistrées comme il convient pour pouvoir
rendre compte de l'usage des fonds publics. La direction tente également
d'assurer l'objectivité et l'intégrité des données de
son état financier en choisissant avec soin un personnel qualifié,
en lui offrant la formation et le perfectionnement requis, en négociant des
arrangements qui assurent une répartition adéquate des responsabilités,
et en adoptant des programmes de communication visant à garantir que les
règlements, politiques, normes et pouvoirs directoriaux sont compris partout
dans le Bureau.
Les états financiers du Bureau n'ont pas été vérifiés.
État de la situation financière (non vérifié)
Au 31 mars
(en dollars)
2006
2005
Actif
Actif financier
Comptes débiteurs et avances (Note 4)
26,235
167,134
Passif et avoir du Canada
Passif
Créditeurs et frais courus
160,593
359,640
Vacances et congés compensatoires
137,680
137,680
Prestations de départ des employés (Note 5)
407,778
323,033
Avoir du Canada
(679,816)
(653,219)
Les notes font partie intégrante des états financiers.
État de l'avoir du Canada (non vérifié)
Pour l'exercice achevé le 31 mars
(en dollars)
2006
2005
Avoir du Canada, au début de l'exercice
(653,219)
(599,181)
Coût de fonctionnement net
(3,510,112)
(3,098,755)
Crédits de l'exercice utilisés (Note 3)
3,167,758
2,871,029
Variation de la situation nette du Trésor (Note 3)
57,757
(84,312)
Services fournis gratuitement par d'autres ministères (Note 6)
258,000
258,000
Avoir du Canada, à la fin de l'exercice
(679,816)
(653,219)
Les notes font partie intégrante des états financiers.
État des résultats (non vérifié)
Pour l'exercice achevé le 31 mars
(en dollars)
2006
2005
Dépenses
Salaires et avantages sociaux
2,589,737
2,146,007
Services professionnels et spéciaux
298,478
307,691
Déplacements et réinstallations
238,318
286,706
Installations
258,000
258,931
Communication
51,903
44,344
Services publics, fournitures et approvisionnements
21,512
18,320
Location d'équipement
4,686
2,466
Coût de fonctionnement net
3,510,112
3,098,755
Les notes font partie intégrante des états financiers.
État des flux de trésorerie (non vérifié)
Pour l'exercice achevé le 31 mars
(en dollars)
2006
2005
Activités de fonctionnement
Coût de fonctionnement net
3,510,112
3,098,755
Éléments n'affectant pas l'encaisse :
Services fournis gratuitement par d'autres ministères
(258,000)
(258,000)
Variations de l'état de la situation financière :
Augmentation (diminution) des débiteurs et des avances
(140,899)
143,809
(Augmentation) diminution du passif
114,302
(197,847)
Activités de financement
Encaisse nette fournie par le gouvernement du Canada
(3,225,515)
(2,786,717)
Les notes font partie intégrante des états financiers.
Notes complémentaires aux états financiers (non vérifiées)
1. Mandat et objectifs
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a été
établi en 1973 en vertu de la Partie II de la Loi sur les enquêtes.
Cette base légale a été modifiée en novembre 1992 avec
la promulgation de la Partie III de la Loi sur le système correctionnel et
la mise en liberté sous condition. Le mandat de l'enquêteur
correctionnel, tel que défini par cette Loi, est d'agir en tant qu'Ombudsman
pour les délinquants sous responsabilité fédérale. Le
Bureau de l'enquêteur correctionnel est indépendant du Service correctionnel
du Canada et peut ouvrir une enquête par suite d'une plainte émanant
d'un délinquant ou détenu ou présentée en son nom, que
ce soit à la demande du Ministre ou de sa propre initiative. L'enquêteur
correctionnel est tenu en vertu de la loi de présenter un rapport annuel
aux deux chambres du Parlement par l'entremise du ministre de la Sécurité
publique.
De plus, l'article 19 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en
liberté sous condition exige que le Service correctionnel du Canada
fasse enquête en cas de décès ou de blessure grave d'un délinquant
et qu'il remette une copie de son rapport à l'enquêteur correctionnel.
2. Principales conventions comptables
Les états financiers ont été préparés conformément
aux conventions comptables du Conseil du Trésor, qui sont conformes aux principes
comptables généralement reconnus du Canada pour le secteur public.
Les principales conventions comptables sont les suivantes :
(a) Crédits parlementaires
Le Bureau est financé par le gouvernement du Canada au moyen de crédits
parlementaires. Les crédits consentis au Bureau ne correspondent pas à
la présentation des rapports financiers en conformité avec les principes
comptables généralement reconnus étant donné que les
crédits sont fondés, dans une large mesure, sur les besoins de trésorerie.
Par conséquent, les postes comptabilisés dans l'état des résultats
et dans l'état de la situation financière ne sont pas nécessairement
les mêmes que ceux qui sont prévus par les crédits parlementaires.
La note 3 présente un rapprochement général entre les deux
méthodes de rapports financiers.
(b) Encaisse nette fournie par le gouvernement
Le Bureau fonctionne au moyen du Trésor, qui est administré par le
receveur général du Canada. La totalité de l'encaisse reçue
par le ministère est déposée au Trésor, et tous les
décaissements faits par le ministères sont prélevés
sur le Trésor. L'encaisse nette fournie par le gouvernement est la différence
entre toutes les rentrées de fonds et toutes les sorties de fonds, y compris
les opérations entre les ministères au sein du gouvernement fédéral.
(c) Variation de la situation nette du Trésor
La variation de la situation nette du Trésor correspond à la différence
entre l'encaisse nette fournie par le gouvernement et les crédits utilisés
au cours d'un exercice, à l'exclusion du montant des revenus non disponibles
comptabilisés par le Bureau. Il découle d'écarts temporaires
entre le moment où une opération touche un crédit et le moment
où elle est traitée par le Trésor.
(d) Dépenses
Les charges sont comptabilisées selon la méthode de la comptabilité
d'exercice :
- Les indemnités de vacances et de congés compensatoires sont passées
en charges au fur et à mesure que les employés en acquièrent
le droit en vertu de leurs conditions d'emploi respectives.
- Les services fournis gratuitement par d'autres ministères pour les locaux,
les cotisations de l'employeur aux régimes de soins de santé et de
soins dentaires et les services juridiques sont comptabilisés à titre
de charges de fonctionnement à leur coût estimatif.
(e) Avantages sociaux futurs
Prestations de retraite : Les employés admissibles participent
au Régime de retraite de la fonction publique (nommez le régime visé),
un régime multi employeurs administré par le gouvernement du Canada.
Les cotisations du Bureau au régime sont passées en charges dans l'exercice
au cours duquel elles sont engagées et elles représentent l'obligation
totale du ministère découlant du régime. En vertu des dispositions
législatives en vigueur, le Ministère n'est pas tenu de verser des
cotisations au titre de l'insuffisance actuarielle du régime.
Indemnités de départ : Les employés ont droit
à des indemnités de départ, prévues dans leurs conventions
collectives ou les conditions d'emploi. Le coût de ces indemnités s'accumule
à mesure que les employés effectuent les services nécessaires
pour les gagner. Le coût des avantages sociaux gagnés par les employés
est calculé à l'aide de l'information provenant des résultats
du passif déterminé sur une base actuarielle pour les prestations
de départ pour l'ensemble du gouvernement.
(f) Incertitude relative à la mesure
La préparation de ces états financiers conformément aux conventions
comptables du Conseil du Trésor du Canada, qui sont conformes aux principes
comptables généralement reconnus du Canada pour le secteur public,
exige de la direction qu'elle fasse des estimations et pose des hypothèses
qui influent sur les montants déclarés des actifs, des passifs, des
revenus et des charges présentés dans les états financiers.
Au moment de la préparation des présents états financiers,
la direction considère que les estimations et les hypothèses sont
raisonnables. Les principaux éléments pour lesquels des estimations
sont faites sont le passif éventuel, les passifs environnementaux, le passif
pour les indemnités de départ et la durée de vie utile des
immobilisations corporelles (énumérez au besoin). Les résultats
réels pourraient différer des estimations de manière significative.
Les estimations de la direction sont examinées périodiquement et,
à mesure que les rajustements deviennent nécessaires, ils sont constatés
dans les états financiers de l'exercice où ils sont connus.
3. Crédits parlementaires
Le Bureau reçoit la plus grande partie de son financement au moyen de crédits
parlementaires annuels. Les éléments comptabilisés dans l'état
des résultats et l'état de la situation financière d'un exercice
peuvent être financés au moyen de crédits parlementaires qui
ont été autorisés dans des exercices précédents,
pendant l'exercice en cours ou qui le seront dans des exercices futurs. En conséquence,
les résultats de fonctionnement nets du Bureau diffèrent selon qu'ils
sont présentés selon le financement octroyé par le gouvernement
ou selon la méthode de la comptabilité d'exercice. Les différences
sont rapprochées dans les tableaux suivants :
a) Rapprochement du coût de fonctionnement net et des crédits
parlementaires de l'exercice en cours :
Coût de fonctionnement net
3,510,112
3,098,755
Rajustements pour les postes ayant une incidence sur le coût de fonctionnement
net, mais qui n'ont pas d'incidence sur les crédits :
Ajouter (déduire) :
Rajustements des créditeurs à la fin de l'exercice
391
-
Indemnités de départ des employés
(84,745)
30,274
Services fournis gratuitement par d'autres ministères
(258,000)
(258,000)
Crédits de l'exercice en cours utilisés
3,167,758
2,871,029
(b) Crédits fournis et utilisés :
Dépenses des programmes - Crédit 60
2,558,000
2,558,000
Crédit supplémentaire 60a
-
128,150
Transfert du CT - Crédit 15
-
11,000
Mandats spéciaux du gouverneur général
354,900
-
Crédits annulés
(158,593)
(246,715)
Contributions au régime d'avantages des employés
413,451
420,594
Crédits de l'exercice en cours utilisés
3,167,758
2,871,029
(c) Rapprochement de l'encaisse nette fournie par le gouvernement et des
crédits de l'exercice en cours utilisés :
Encaisse nette fournie par le gouvernement
3,225,515
2,786,717
Variation de la situation nette du Trésor:
Remboursement/rajustement des dépenses des exercices précédents
391
-
(Augmentation) diminution des débiteurs
140,899
(143,591)
Augmentation (diminution) des créditeurs
(199,047)
227,903
Crédits de l'exercice en cours utilisés
3,167,758
2,871,029
4. Débiteurs et avances
Le tableau qui suit donne des précisions sur les débiteurs et les
avances :
Débiteurs des autres ministères et organismes fédéraux
25,635
166,534
Avances aux employés
600
600
5. Avantages sociaux
(a) Prestations de retraite
Les employés du Bureau participent au Régime de retraite de la fonction
publique, qui est parrainé et administré par le gouvernement du Canada.
Les prestations de retraite s'accumulent sur une période maximale de 35 ans
au taux de 2 % par année de services validables multiplié par la moyenne
des gains des cinq meilleures années consécutives. Les prestations
sont intégrées aux prestations du Régime de pensions du Canada
et du Régime de rentes du Québec et sont indexées à
l'inflation.
Tant les employés que le Bureau versent des cotisations couvrant le coût
du régime. Les charges présentées ci-dessous correspondent
à environ 2,6 fois les cotisations des employés.
Charge au titre des prestations de retraite
305,954
308,296
La responsabilité du Bureau relative au régime de retraite se limite
aux cotisations versées. Les excédents ou les déficits actuariels
sont constatés dans les états financiers du gouvernement du Canada,
en sa qualité de répondant du régime.
Le Bureau verse des indemnités de départ aux employés en fonction
de l'admissibilité, des années de service et du salaire final. On
calcule l'obligation accumulée à la fin de l'année au titre
des prestations en multipliant un ratio (23,2 % en 2006 et 21,39 % en 2005) par
la charge salariale brute du Ministère assujettie aux indemnités de
départ, ce qui correspond à la charge salariale associée aux
employés nommés pour une période indéterminée.
Les ratios sont déterminés par le Secrétariat du Conseil du
Trésor. Ces indemnités ne sont pas capitalisées d'avance. Les
prestations seront prélevées sur les crédits futurs. Voici
quelles étaient les indemnités de départ au 31 mars :
Obligation accumulée au titre des indemnités au début de l'exercice
323,033
323,033
Charge pour l'exercice
84,745
-
Obligation accumulée au titre des indemnités à la fin de l'exercice
407,778
323,033
6. Opérations entre apparentés
En vertu du principe de propriété commune, le Bureau est apparenté
à tous les ministères, organismes et sociétés d'État
du gouvernement du Canada. Le Bureau conclut des opérations avec ces entités
dans le cours normal de ses activités et selon des modalités commerciales
normales. De plus, au cours de l'exercice, le ministère reçoit gratuitement
des services d'autres ministères, comme il est indiqué à la
partie a).
(a) Services fournis gratuitement par d'autres ministères
Au cours de l'exercice, le Bureau reçoit gratuitement des services d'autres
ministères. Ces services gratuits ont été constatés
comme suit dans l'état des résultats du ministère :
Installations
258,000
258,000
Le gouvernement a structuré certaines de ses activités administratives
de manière à optimiser l'efficience et l'efficacité de sorte
qu'un seul ministère mène sans frais certaines activités au
nom de tous. Le coût de ces services, qui comprennent les services de paye
et d'émission des chèques offerts par Travaux publics et Services
gouvernementaux Canada, ne sont pas inclus à titre de charge dans l'état
des résultats du Bureau.
(b) Comptes créditeurs et débiteurs à la fin de l'exercice
entre apparentés :
Débiteurs - Autres ministères et organismes
25,635
166,533
Créditeurs - Autres ministères et organismes
12,993
69,846