BUREAU DE L'ENQUÊTEUR CORRECTIONNEL
RAPPORT SUR LE RENDEMENT
Pour la période
se terminant
le 31 mars 2004
Anne A. McLellan
Solliciteur général du Canada
TABLE DES MATIÈRES
Section I: Message de l'enquêteur correctionnel
Section II: Déclaration de la direction
Section III: Contextes sociétal et opérationnel
Section IV: Rendement de l'organisme
4.1 Résumé du rendement - Priorités dans
le RPP de 2003-2004
4.2 Mandat
4.3 Énoncé de mission
4.4 Secteur d'activité et ressources
4.5 Organigramme
4.6 Modèle logique du BEC
4.7 Profil des dépenses par activité
4.8 Aperçu du rendement de l'organisme
Annexe A: Aperçu du rendement financier
Tableau financier 1
Tableau financier 2
Tableau financier 3
Annexe B: Autres informations
i) Personnes ressources pour d'autres informations
ii) Site Web de l'organisme
iii) Adresse électronique de l'organisme
iv) Lois appliquées et règlements connexes
v) Rapports annuels prévus par la loi et autres rapports
Section I: Message de l'enquêteur correctionnel
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel est chargé d'agir comme ombudsman
pour les délinquants sous responsabilité fédérale. Les
Canadiens estiment qu'un organisme chargé de la surveillance efficace des
opérations correctionnelles constitue un élément essentiel
d'un système de justice pénale ouvert et responsable. Ils s'attendent
à ce que le système correctionnel fédéral soit juste,
sûr, humain et équitable. Les actions du BEC tendent vers ce résultat
stratégique.
La surveillance indépendante des services correctionnels ne se limite pas
à l'examen des plaintes et à la présentation de rapports. L'efficacité
du Bureau dépend de sa capacité de maintenir un processus d'enquête
souple et des changements positifs qui résultent de ses conclusions et recommandations.
Des progrès importants ont été accomplis en ce qui concerne
ces deux aspects.
Le Bureau a mis en oeuvre son Plan général stratégique adopté
en janvier 2002. Il a modifié ses priorités, son organigramme et ses
activités pour s'acquitter de son mandat avec le plus d'efficacité
possible. De plus, ce processus de changement a permis de renforcer considérablement
la capacité du Bureau de faire face aux nouvelles questions et d'explorer
rapidement les nouvelles orientations stratégiques.
La gouvernance du BEC s'appuie sur un cadre de gestion et de responsabilisation
bien structuré et s'inspire des normes éthiques les plus rigoureuses
de la fonction publique.
Par conséquent, le BEC continuera de viser l'excellence dans l'atteinte de
son résultat stratégique et de présenter aux élus et
aux Canadiens des rapports concis et compréhensibles sur son rendement. Il
sera guidé dans toutes ses actions par un ensemble clair de valeurs, qui
respectent et renforcent les institutions de la démocratie canadienne. Le
BEC fera aussi preuve de discipline et de prudence dans toutes les questions financières
en recourant à une saine gestion des risques et à une administration
rigoureuse, en rendant des comptes et en effectuant ses dépenses de manière
responsable.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel est déterminé à
être un organisme fédéral responsable et bien géré
qui offre des services axés sur le citoyen. Il continuera de collaborer avec
les autres organismes gouvernementaux et non gouvernementaux pour contribuer à
faire en sorte que les Canadiens continuent d'avoir confiance dans leur système
de justice pénale.
Howard Sapers
Enquêteur correctionnel
Section II: Déclaration de la direction
Déclaration de la direction
Je soumets, en vue de son dépôt au Parlement, le Rapport sur le rendement
de 2003-2004 du Bureau de l'enquêteur correctionnel.
Le document a été préparé conformément aux principes
de présentation de rapport et aux exigences de déclaration énoncées
dans le
Guide de préparation des rapports ministériels sur le rendement
de 2003-2004. À ma connaissance, les renseignements donnent un portrait
global, juste et transparent du rendement de l'organisation pour l'exercice 2003-2004.
Nom: __________________________
Titre: __________________________
Date: __________________________
Section III: Contextes sociétal et opérationnel
Les services correctionnels constituent un domaine difficile et parfois ingrat,
mais il s'agit d'un élément clé du système de justice
pénale au Canada. Le mandat du Service correctionnel consiste à gérer
la peine imposée par le tribunal conformément à la primauté
du droit, dans le respect des droits individuels et collectifs de la personne tout
en accordant la préséance à la protection du public. Les Canadiens
s'attendent à ce que le système correctionnel veille à la garde
sécuritaire et humaine des délinquants tout en assurant le succès
de leur réinsertion sociale.
La fonction principale de l'enquêteur correctionnel, à titre d'ombudsman
des délinquants sous responsabilité fédérale, consiste
à mener des enquêtes indépendantes et à contribuer à
trouver une solution aux plaintes individuelles des délinquants. En outre,
il incombe au Bureau de l'enquêteur correctionnel de procéder à
un examen, suivi de recommandations, des politiques et des procédures du
Service correctionnel concernant les plaintes des individus afin de s'assurer que
les sujets systémiques de préoccupation sont repérés
et traités de façon appropriée. L'existence d'une surveillance
indépendante favorise les pratiques correctionnelles qui sont conformes à
la primauté du droit et renforce la confiance du public dans le système
correctionnel du Canada.
À l'instar de beaucoup d'organismes de surveillance, le Bureau s'acquitte
de cette fonction malgré des ressources limitées et le fait qu'on
ait constamment recours à ses services.
Le Bureau a de nouveau l'an dernier répondu à près de sept
mille plaintes de délinquants. Le personnel chargé des enquêtes
a passé plus de quatre cents jours ouvrables dans les pénitenciers
fédéraux, a interrogé plus de 2 500 délinquants et a
rencontré régulièrement des organismes de détenus dans
tous les établissements du pays. En outre, il a examiné de multiples
sujets systémiques de préoccupation en permanence avec les dirigeants
correctionnels dans les établissements et les régions et à
l'échelle nationale du Service.
En plus des questions liées à la charge de travail exigeante, il y
a les caractéristiques particulières du milieu correctionnel et le
public que le Bureau sert. Il existe beaucoup de méfiance entre les gardiens
et les détenus. Les sujets de préoccupations soulevés dans
les plaintes ont souvent une incidence immédiate et permanente et, dans bien
des cas, ils portent sur des questions de droits, de liberté ou de sécurité
personnelle. Les personnes défavorisées de notre société,
les minorités, les personnes souffrant de problèmes de santé
mentale et les pauvres sont fortement surreprésentés dans les pénitenciers.
Le public a une connaissance limitée du processus correctionnel et, en tant
que groupe, les délinquants sous responsabilité fédérale
bénéficient peu du soutien du public.
Ces facteurs rendent difficile le recours à la méthode traditionnelle
consistant à faire office d'ombudsman pour favoriser la résolution
des problèmes. Dans le milieu correctionnel, les délinquants se méfient
des mécanismes de recours internes officiels, et il est rare qu'on parvienne
à une solution officieuse sans l'intervention d'une tierce partie. Un grand
nombre de plaintes exigent une intervention et une réponse immédiates
et ne se prêtent pas à une enquête approfondie assortie de conclusions
et de recommandations officielles. En raison de la diversité de la population
carcérale, il faut accorder une attention particulière, par exemple,
aux sujets de préoccupation des délinquants autochtones et des délinquantes.
Étant donné la perception du public concernant la population carcérale,
les rapports publics sur les questions non résolues visant à attirer
l'attention sur les injustices ou les pratiques injustes ne produisent pas toujours
le résultat escompté.
Pour relever ces défis, le Bureau doit s'assurer, en plus d'avoir des effectifs
hautement qualifiés et spécialisés, d'être accessible
aux délinquants et de répondre à leurs besoins. La mise en
oeuvre du Plan général stratégique, qui figure dans le rapport
sur le rendement de 2002-2003, a permis d'apporter un certain nombre d'ajustements
opérationnels importants.
Le Bureau a offert plus de formation et il a élaboré des documents
de référence plus ciblés à l'intention du personnel
chargé de la réception des plaintes afin de permettre de répondre
rapidement aux plaintes des délinquants qu'il est possible de régler
en leur donnant des renseignements, en leur octroyant une aide ou en les orientant.
Les délinquants peuvent formuler une plainte urgente en composant un numéro
sans frais accessible jour et nuit. Le Bureau a accru la fréquence de ses
visites dans les établissements et il a officialisé ses réunions
avec les organismes de détenus comme les comités de détenus,
les fraternités et les sororités autochtones, les associations de
détenus noirs et les groupes de condamnés à perpétuité.
Le processus de compte rendu du Bureau à la fin des visites effectuées
dans les établissements auprès des directeurs a été
restructuré pour que les sujets de préoccupation qui peuvent être
résolus soient abordés rapidement. Il a aussi défini des « domaines
d'intérêt particulier », que les enquêteurs examinent
avec les gestionnaires des établissements pendant chaque visite. Ces domaines
constituent une combinaison de questions souvent soulevées dans les plaintes
et de sujets liés aux droits ou aux préoccupations en matière
de liberté comme l'isolement, la procédure interne de règlement
des griefs et les transfèrements imposés.
Le Bureau a créé deux postes dont les titulaires sont chargés
expressément de coordonner les questions relatives aux délinquants
autochtones et aux délinquantes. En plus d'examiner les plaintes individuelles
et systémiques, les titulaires de ces postes de coordonnateur sont restés
en liaison permanente avec des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux
actifs dans les domaines des droits des Autochtones et des femmes ainsi que des
questions de justice pénale. Il importe d'établir ces relations pour
que la position du Bureau à cet égard soit éclairée
et fondée sur une large base.
Un certain nombre d'autres initiatives visant à appuyer directement le processus
d'enquête du Bureau ont été entreprises. Tout en gérant
un processus permettant d'examiner jusqu'à mille incidents par année,
le coordonnateur du recours à la force a élaboré une procédure
de consultation avec les gestionnaires régionaux et nationaux du Service
afin de promouvoir une plus grande uniformité dans l'analyse des incidents
de recours à la force. Le Bureau a lancé à l'échelle
nationale un processus plus ciblé pour que le Service tienne compte de la
position du Bureau en ce qui concerne les questions qui ont une incidence directe
sur les droits des détenus au moment de l'élaboration et de l'examen
de sa politique. Le Bureau a renforcé davantage ses structures de consultation
et de rapports hiérarchiques à l'échelle régionale et
nationale pour que les sujets de préoccupation non résolus et permanents
des détenus soient transmis sans délai à la haute direction
du Service et qu'ils fassent l'objet d'un suivi permettant d'en favoriser la résolution
efficace.
Section IV: Rendement de l'organisme
4.1 Résumé du rendement - Priorités dans le RPP de 2003-2004
Dans son rapport sur les plans et les priorités (RPP) de 2003-2004, le BEC
a déterminé trois priorités, qui sont conformes à son
modèle logique (voir la section 4.6 plus loin).
Pour ces trois priorités, le BEC a obtenu et, à certains égards,
dépassé les résultats escomptés. Ces priorités
sont présentées ci-dessous ainsi qu'un résumé du rendement
du BEC. Les lecteurs sont priés de consulter la section 4.8 ci-dessous pour
obtenir plus de renseignements.
1. Accroître l'accessibilité au moyen de visites dans les établissements
et de contacts directs avec la population carcérale
Les enquêteurs du Bureau ont passé 409 jours dans les pénitenciers
fédéraux et ils ont tenu 2 517 entrevues avec des délinquants
par rapport à 373 jours et 2 451 entrevues l'an dernier. De plus, en 2003-2004,
le Bureau a augmenté la fréquence des réunions tenues avec
des organismes de détenus.
Le fait que les délinquants aient eu davantage accès au Bureau a permis
d'intensifier les contacts directs de celui-ci avec les décideurs du SCC
dans les établissements, et les sujets de préoccupation individuels
et systémiques ont pu ainsi être abordés plus rapidement.
2. Créer des postes de spécialistes chargés de s'occuper
des questions touchant les délinquantes et les délinquants autochtones
Deux postes de spécialistes (coordonnatrice des questions relatives aux délinquantes
et coordonnateur des questions autochtones) ont été créés
dans la structure organisationnelle du BEC et sont comblés en permanence.
Leur incidence sur le rendement du Bureau a été immédiate et
importante. Le BEC a pu établir et maintenir pour les délinquantes
et les délinquants autochtones un processus d'enquête approfondi, objectif,
à jour, adapté aux différences culturelles et aux sexes. L'approche
des coordonateurs a consisté à établir un contact direct avec
des délinquants et des groupes de délinquants, à prodiguer
des conseils et à présenter une orientation sur les politiques et
procédures du Service. Par conséquent, les délinquants traitent
plus efficacement avec le SCC lorsque des problèmes surgissent.
De plus, le fait que les coordonnateurs du BEC donnent une orientation et des conseils
fondés sur des preuves concernant les sujets de préoccupation des
délinquants a sensibilisé davantage le Service aux besoins divers
et urgents des délinquantes et des délinquants autochtones.
En réponse, le SCC a donné suite à certaines préoccupations
et recommandations de longue date du BEC, notamment le déménagement
de certaines délinquantes dites « à sécurité
maximale », qui étaient logées dans des établissements
pour hommes, dans de nouvelles unités de garde en milieu fermé au
sein d'établissements pour délinquantes sous responsabilité
fédérale et une approche plus ciblée des questions autochtones,
à l'échelle régionale et nationale.
Enfin, les coordonnateurs ont permis au BEC d'établir et d'entretenir des
liens beaucoup plus productifs avec ses partenaires gouvernementaux et les ONG qui
s'occupent des questions relatives à la justice pénale pour les délinquantes
et les délinquants autochtones. Les vastes consultations entreprises avec
la Commission canadienne des droits de la personne en vue de la
préparation de son rapport spécial intitulé « Protégeons
leurs droits - Examen systémique des droits de la personne dans les services
correctionnels destinés aux femmes purgeant une peine de ressort fédéral »
constituent un exemple digne de mention. Une copie de la réponse du Bureau
au document de consultation de la Commission figure dans son site Web.
3. Accroître la capacité du Bureau de faire l'examen et le suivi
des enquêtes, aux termes de l'article 19 de la Loi sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous condition, ainsi que des enregistrements
vidéo des interventions où il y a recours à la force, conformément
aux recommandations de la commission Arbour.
Le BEC a maintenant complètement éliminé l'arriéré
des dossiers sur le recours à la force et les enquêtes menées
aux termes de l'art. 19. Il peut maintenant traiter plus rapidement les cas à
mesure qu'il les reçoit du Service correctionnel du Canada (SCC).
Pendant la période de référence, les examens du Bureau et ses
discussions ultérieures avec la direction du SCC l'ont amené à
se conformer beaucoup plus aux lignes directrices sur le recours à la force.
En outre, le Service a apporté un certain nombre de modifications importantes
à ces lignes directrices, particulièrement en ce qui concerne le recours
à la force dans le cas des détenus souffrant de problèmes de
santé mentale.
À la fin de l'exercice, le Service a adopté divers changements fondamentaux
à son processus d'enquête que le BEC recommandait depuis longtemps
afin d'améliorer la qualité et le délai de présentation
de ses rapports sur les enquêtes menées aux termes de l'art. 19. Le
BEC fera maintenant porter ses efforts sur la mise en oeuvre efficace de ces mesures.
4.2 Mandat
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel a été créé
en 1973 en vertu de la Partie II de la Loi sur les enquêtes. Cette base légale
a été modifiée en novembre 1992 par suite de la promulgation
de la Partie III de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté
sous condition. Le mandat de l'enquêteur correctionnel, défini par
cette Loi, est d'agir comme ombudsman pour les délinquants sous responsabilité
fédérale. Le Bureau de l'enquêteur correctionnel est indépendant
du Service correctionnel du Canada; il peut ouvrir une enquête par suite d'une
plainte présentée par un délinquant ou en son nom, à
la demande du ministre ou de sa propre initiative. L'enquêteur correctionnel
présente un rapport annuel, par l'entremise du solliciteur général,
aux deux chambres du Parlement.
4.3 Énoncé de mission
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel doit maintenir une voie de recours
accessible et indépendante pour les plaintes des délinquants et formuler
des recommandations en temps opportun au commissaire du Service correctionnel du
Canada et au solliciteur général sur les questions qui ont fait l'objet
de plaintes.
4.4 Secteur d'activité et ressources
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel (BEC) n'a qu'un secteur d'activité
qui, comme il est mentionné à l'article 167 de la Loi sur le système
correctionnel et la mise en liberté sous condition, est de mener des enquêtes
sur les problèmes des délinquants liés aux décisions,
recommandations, actes ou omissions attribuables au commissaire du Service correctionnel
ou à une personne sous son autorité ou exerçant des fonctions
en son nom qui influent sur les délinquants individuellement ou en groupe.
De plus, l'article 19 de la LSCMLC exige que le Bureau examine toutes les enquêtes
effectuées par le Service correctionnel du Canada en cas
de décès d'un détenu ou de blessure grave subie par celui-ci.
Conformément aux recommandations de la Commission Arbour,
le BEC s'est également engagé à procéder à un
examen semblable concernant le recours à la force.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel est dirigé par l'enquêteur
correctionnel qui rend des comptes au Parlement par l'entremise du solliciteur général.
Les ressources de l'organisme consistent en 22 équivalents temps plein, dont
15 participent directement comme agents de réception des plaintes, coordonnateurs
ou directeurs à l'examen quotidien des plaintes des détenus. Les ressources
totales s'élèvent à 3 044 000 $ pour l'exercice 2003-2004.
4.5 Organigramme
4.6 Modèle logique du BEC
Le modèle logique présenté ci-après indique comment
le BEC envisage d'assurer les services nécessaires pour favoriser l'accomplissement
de son mandat et remplir son engagement stratégique de prestation de services
correctionnels responsables, humains, justes et efficaces.
Le modèle logique montre les liens qui existent entre les activités
du programme du BEC et l'atteinte des résultats visés. Il précise
les activités qui forment le programme du BEC et la série de résultats
escomptés de ces activités.
4.7 Profil des dépenses par activité
Les élus et la population canadienne portent un intérêt légitime
à la manière dont le BEC a utilisé ses ressources. Ci-après
sont exposés les profils de dépenses, qui correspondent aux principales
activités indiquées dans le modèle logique du BEC.
Les principales fonctions du BEC consistent à répondre aux plaintes
de détenus découlant de l'incarcération ainsi que de prévenir
et de régler des questions plus systémiques qui surviennent périodiquement
(p. ex. questions touchant les Autochtones et les femmes qui purgent une peine de
ressort fédéral, enquêtes menées en vertu de l'article
19, recours à la force). Les deux fonctions comprennent les services de base
offerts par le BEC et cela se reflète dans le profil des dépenses
ci-après.
Profil des dépenses par activité pour les exercices 2002-2003
à 2003-2004
|
Autorisation totale
|
2002-2003
|
2003-2004
|
|
Traitements
|
1,945
|
1,890
|
|
F&E
|
904
|
795
|
Règlement de plaintes individuelles de détenus (c.-à-d.,
visites, correspondance)
|
Dépenses réelles
|
2002-2003
|
2003-2004
|
|
Traitements
|
800
|
830
|
|
F&E
|
560
|
271
|
|
Total
|
1,360
|
1,101
|
Problèmes systémiques (p. ex. isolement préventif, double
occupation des cellules)
|
Dépenses réelles
|
2002-2003
|
2003-2004
|
|
Traitements
|
240
|
445
|
|
F&E
|
80
|
130
|
|
Total
|
320
|
5751
|
Tâches assignées (article 19, conformité à la LSCMLC,
recours à la force)
|
Dépenses réelles
|
2002-2003
|
2003-2004
|
|
Traitements
|
290
|
150
|
|
F&E
|
47
|
20
|
|
Total
|
337
|
1702
|
Services corporatifs (Processus de réception des plaintes, services administratifs)
|
Dépenses réelles
|
2002-2003
|
2003-2004
|
|
Traitements
|
375
|
290
|
|
F&E
|
120
|
70
|
|
Total
|
495
|
360
|
Politiques particulières (Autochtones, femmes purgeant une peine de ressort
fédéral)
|
Dépenses réelles
|
2002-2003
|
2003-2004
|
|
Traitements
|
175
|
175
|
|
F&E
|
45
|
50
|
|
Total
|
220
|
225
|
|
Dépenses réelles
|
2002-2003
|
2003-2004
|
|
Traitements
|
1,880
|
1,890
|
|
F&E
|
852
|
541
|
|
Total
|
344
|
359
|
|
Total global
|
3,076
|
2,790
|
4.8 Aperçu du rendement de l'organisme
La fonction principale du Bureau de l'enquêteur correctionnel est de mener
des enquêtes indépendantes et d'essayer de trouver une solution aux
plaintes individuelles des délinquants. En outre, le Bureau est tenu de procéder
à un examen, suivi de recommandations, des politiques et des procédures
du Service concernant les plaintes des individus afin de s'assurer que les sujets
systémiques de plaintes sont repérés et traités de façon
appropriée.
Le rapport annuel de cette année, qui figurera dans notre site Web (www.oci-bec.gc.ca)
dès qu'il sera déposé au Parlement, contient des observations
et des recommandations précises relativement à des questions comme
les transfèrements, la double occupation des cellules, la violence dans les
établissements, les jeunes délinquants, les maladies infectieuses,
les délinquants autochtones et les délinquantes. Ce faisant, le Bureau
vise à assurer au public canadien que les sujets de préoccupation
importants relatifs aux services correctionnels sont abordés.
Toutes les plaintes reçues par le Bureau sont examinées et font l'objet
d'une enquête préliminaire pour permettre de bien comprendre le problème
en cause. Après cet examen initial, s'il est déterminé que
le domaine de la plainte n'entre pas dans le mandat du Bureau, on indique au plaignant
la voie de recours appropriée et, si c'est nécessaire, la manière
d'y avoir accès.
Dans les cas qui relèvent du mandat du Bureau, diverses options sont examinées
pour aider le plaignant à trouver une solution à ses préoccupations.
Dans certains cas, il peut suffire de donner une explication des politiques et procédures
du Service qui s'appliquent à son cas. Dans d'autres cas, le délinquant
est orienté directement vers le personnel du SCC ou un mécanisme de
recours interne, comme la procédure de règlement des griefs des détenus.
Il y a toutefois un nombre important de questions plus difficiles qui font l'objet
d'une plainte et qui ne peuvent être résolues qu'à la suite
de nombreuses enquêtes ou d'une enquête longue et complexe du BEC. Un
relevé détaillé des plaintes reçues et de leur règlement
figurent à la section sur les « statistiques » du rapport
annuel du BEC.
En plus de répondre à des plaintes individuelles, le Bureau rencontre
régulièrement les comités de détenus et d'autres organisations
de délinquants. Deux fois l'an, il procède à des visites annoncées
dans chaque établissement, visites au cours desquelles les enquêteurs
rencontrent tout détenu ou groupe de détenus qui en fait la demande.
Entre le 1er avril 2003 et le 31 mars 2004, le Bureau a reçu 6,892 plaintes
de délinquants ou en leur nom, comparativement à 6 988 et 7 993 en
2002-2003 et 2001-2002 respectivement. Les enquêteurs du Bureau ont passé
409 jours dans les pénitenciers fédéraux contre 373 et 344
jours pendant les deux exercices précédents et ils ont effectué
2 517 entrevues comparativement à 2 451 et 2 838 entrevues lors des deux
périodes de référence précédentes.
Au-delà de la nature cyclique de la demande concernant les services du Bureau,
la tendance à la baisse du nombre de plaintes individuelles formulées
par des délinquants peut être attribuée en grande partie au
fait que le BEC a recours à une approche plus systémique de la résolution
des différends et à la restructuration de son processus de compte
rendu dans les établissements pour que les plaintes individuelles soient
traitées plus rapidement.
Les mesures prises à l'échelle régionale et nationale par les
coordonnateurs des questions relatives aux délinquants autochtones et aux
délinquantes (voir la section 4.1 ci-dessus)
témoignent de cette évolution. Est également révélatrice
l'augmentation du nombre de rencontres (400 contre 350 et 300 lors des deux exercices
précédents) que le BEC a tenues avec les divers organismes de délinquants
dans les établissements fédéraux.
Afin de se conformer aux recommandations de la Commission Arbour3, le Bureau a examiné 863 bandes vidéo,
montrant des interventions par les équipes pénitentiaires d'intervention
en cas d'urgence (EPIU) et autres documents relatifs au recours à la force,
comparativement à 1 127 au cours de l'exercice précédent et
à 1 037 en 2001-2002.
Tout au long de l'année sur laquelle porte le rapport, le Bureau a constaté
que, conformément à son modèle logique, ses recommandations
ont contribué à des améliorations aux politiques, procédures
et pratiques du SCC en ce qui concerne le recours à la force. Cela se reflète
en partie dans la réduction du nombre d'incidents où l'on a eu recours
à la force.
Parmi ces améliorations figurent les modifications aux lignes directrices
concernant le recours à la force et, en particulier, dans le cas des délinquants
éprouvant des problèmes de santé mentale. De plus, il vaut
la peine de signaler l'amélioration générale du degré
de conformité aux lignes directrices actuelles et les progrès résultant
de l'amélioration à la formation qu'offre le SCC pour répondre
en partie aux recommandations du BEC qui a relevé régulièrement
des cas de non-conformité aux lignes directrices au moment d'incidents où
l'on a eu recours à la force.
Pour le bénéfice des lecteurs moins familiers avec le domaine correctionnel,
le but visé par les recommandations du Bureau est de faire en sorte que le
recours à la force contre les détenus ne soit pas abusif ou excessif
et qu'il soit bien documenté, lorsqu'il doit se produire, afin que tout le
processus soit ouvert et transparent. Cet objectif n'est pas seulement conforme
au résultat stratégique du modèle logique (voir
la section 4.6 ci-dessus), mais aussi aux valeurs et aux attentes légitimes
des Canadiens concernant le traitement juste et humain des détenus.
Au cours de la période faisant l'objet du présent rapport, le Bureau
a également examiné 119 rapports relatifs à des enquêtes
menées par le Service Correctionnel du Canada (SCC) sur le décès
de détenus ou des blessures corporelles graves.
Le SCC a pris un certain nombre de mesures correctrices (voir
la section 4.1 ci-dessus), mais le BEC continuera de surveiller activement
la qualité et la rapidité d'exécution de ces enquêtes.
Ces préoccupations ont trait directement à celles que le BEC a exprimées
et qu'il continue d'exprimer au sujet de la violence dans les établissements
et de son effet négatif sur le traitement correctionnel offert par le Service
aux Canadiens incarcérés. Le BEC a recommandé au SCC d'améliorer
sa méthode de collecte et d'analyse des données sur la violence dans
les établissements et de mettre en oeuvre des stratégies viables et
efficaces pour réduire la fréquence de celle-ci et son incidence sur
la qualité de la vie en milieu carcéral.
L'objectif ultime du BEC est, conformément aux résultats stratégiques
énoncés dans son modèle logique, de s'assurer que toute lacune
touchant le maintien d'un milieu carcéral sûr et sécuritaire,
auquel s'attendent légitimement les Canadiens, fait l'objet sans délai
d'une enquête et est corrigée efficacement.
Au cours de ses enquêtes et examens, le BEC a, conformément à
son modèle logique (voir la section 4.6 ci-dessus),
amorcé un processus permanent d'examen et de consultation avec la haute direction
du Service au sujet des recommandations figurant dans son Rapport annuel de
2002-2003.
Même s'il ne comble pas le fossé entre le Bureau et le Service concernant
certaines questions importantes relatives aux soins de santé, aux délinquants
autochtones et aux délinquantes, ce processus a entraîné des
changements importants pour un certain nombre de sujets de préoccupation
de longue date. Des changements fondamentaux et opérationnels ont eu lieu
dans les domaines des enquêtes, du recours à la force et des allégations
de harcèlement et d'inconduite du personnel. Le Service s'est de plus engagé
à poursuivre son examen et son évaluation des questions liées
aux jeunes délinquants, à la procédure de règlement
des griefs des détenus, aux blessures des détenus et à la violence
dans les établissements. De plus, deux consultations médiatisées
ont eu lieu au sujet des politiques et des procédures du Service concernant
l'accès des détenus aux ordinateurs et le filtrage des visiteurs.
Ces consultations ont ouvert une voie de recours encourageante pour les délinquants,
qui fait intervenir non seulement le Service correctionnel et le Bureau, mais aussi
des représentants des détenus et les tiers intéressés.
Un relevé détaillé de toutes ces activités figure dans
le rapport annuel de 2003-2004 du Bureau avec les réponses du Service à
ses recommandations (www.oci-bec.gc.ca).
Les activités et les résultats du Bureau sont conformes à son
modèle logique et son mandat législatif. Tout en demeurant soucieux
de l'efficience, de l'efficacité et de la gestion prudente des ressources
publiques, le Bureau a augmenté sa contribution au traitement sécuritaire,
juste, humain et équitable des délinquants sous responsabilité
fédérale.
Le Bureau contribue aussi à la sécurité de toutes les collectivités
en aidant à faire en sorte que les délinquants sous responsabilité
fédérale mis en liberté soient non seulement traités
de façon juste et humaine, mais aient également accès à
une aide appropriée dans leurs efforts pour devenir des citoyens respectueux
de la loi.
Annexe A: Aperçu du rendement financier
Tableau financier 1
Sommaire des crédits approuvés
Besoins financiers par autorisation (en milliers de dollars)
Bureau de l'enquêteur correctionnel
Dépenses de fonctionnement
Subventions et contributions
Enquêteur correctionnel - Traitement et allocation pour automobile
Contributions aux régimes d'avantages sociaux des employés
Tableau financier 2
Comparaison entre les dépenses totales prévues et les dépenses
réelles
Dépenses ministérielles prévues par rapport aux dépenses
réelles
Dépenses de fonctionnement
Subventions et contributions
Moins : Recettes disponibles
Autres recettes et dépenses
Coûts des services fournis par d'autres ministères
Tableau financier 3
Comparaison dans le temps entre les dépenses totales prévues et les
dépenses réelles
Comparaison dans le temps entre les dépenses ministérielles totales
prévues et les dépenses réelles (en millions de dollars)
Bureau de l'enquêteur correctionnel
Annexe B: Autres informations
i) Personnes ressources pour d'autres informations
C.P. 3421
Succursale D
Ottawa (Ontario)
K1P 6L4
C.P. 3421
Succursale D
Ottawa
(Ontario)
K1P 6L4
ii) Site Web de l'organisme: www.oci-bec.gc.ca
iii) Adresse électronique de l'organisme:
org@oci-bec.gc.ca
iv) Lois appliquées et règlements connexes
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition,
Partie III.
(L.R.C., 1992, Ch. 20).
v) Rapports annuels prévus par la loi et autres rapports
Disponibles sur le site Web du BEC :
Rapport annuel de l'enquêteur correctionnel
Réponse de l'enquêteur correctionnel
au document de consultation de la Commission canadienne des droits de la personne
- Rapport spécial sur la situation des délinquantes sous responsabilité
fédérale (mai 2003)
Document de consultation : Changement d'orbite
: Les droits de la personne, l'examen indépendant et la responsabilisation
au sein du système correctionnel canadien (juin 2004)
1 Un écart
positif traduit une réaffectation plus élevée que prévu
des ressources aux problèmes systémiques
2 Un écart
négatif dans les dépenses traduit l'élimination de l'arriéré
et la baisse du nombre de cas de recours à la force (voir
la section 4.1 ci-dessus pour plus de renseignements)
3 L'honorable Louise
Arbour, Commission d'enquête sur certains événements survenus
à la Prison des femmes, 1996