Rapport annuel du
Bureau de l'enquêteur
correctionnel 2005-2006
Communiqué de presse pour le Rapport
annuel 2005-2006 : Discrimination systémique à l'égard des
délinquants autochtones dans les prisons du Canada
Table des matières
Message de l'Enquêteur correctionnel
QUESTIONS PRINCIPALES
Services de santé, notamment les services de santé mentale
et l'échange d'aiguilles
Délinquantes
Délinquants autochtones
Violence dans les établissements et enquêtes sur les blessures
subies par les détenus
Griefs des détenus, allégations de harcèlement et
inconduite des employés
Préparation de cas et accès aux programmes
QUESTIONS TOUJOURS PRÉOCCUPANTS
Gestion de la population carcérale
Jeunes délinquants
Délinquants âgés
Ressources financières des détenus
Permission de sortir pour des raisons de compassion
Classement des délinquants purgeant des peines d'emprisonnement
à perpétuité
Accès des détenus aux ordinateurs
Conclusion
Annexe A : Statistiques
Annexe B : Résumé des recommandations
REPONSE DU SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA AU 33E RAPPORT
ANNUEL DE L'ENQUETEUR CORRECTIONNEL
2005-2006
© Ministre des Travaux publics et Services
gouvernementaux Canada 2006
Version papier :
No de catalogue PS100-2006
ISBN 0-662-49431-8
Version PDF :
No de catalogue PS100-2006F-PDF
ISBN 0-662-72354-6
Le 30 juin 2006
L'honorable Stockwell Day
Ministre de la Sécurité publique
Chambre des communes
Rue Wellington
Ottawa (Ontario)
Monsieur le Ministre,
Conformément à l'article 192 de la Loi sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous condition, j'ai le devoir et le privilège
de vous présenter le 33e Rapport annuel de l'Enquêteur correctionnel.
Je vous prie d'accepter, Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments distingués.
Howard Sapers
Enquêteur correctionnel
LES PILIERS D'UNE APPROCHE CORRECTIONNELLE JUDICIEUSE :
- La nécessité absolue d'encourager une culture solide fondée
sur les droits de la personne au sein du
SCC.
- L'exigence selon laquelle les employés et les cadres supérieurs du
SCC doivent être
tenus responsables de leurs actes dans l'application des lois et politiques.
- L'exigence d'aider les délinquants à une réinsertion au temps
opportun et sécuritaire dans la collectivité.
MESSAGE DE L'ENQUETEUR CORRECTIONNEL
Le travail dans le domaine correctionnel exige passion, dévouement
et optimisme.
Les Canadiens ont de la chance que les employés du Service correctionnel
du Canada possède nt pour la plupart ces caractéristiques. Les hommes
et les femmes qui travaillent au Service tiennent à se comporter avec un
niveau élevé de professionnalisme et de compétence.
Il existe malheureusement des cas isolés et des difficultés systémiques
et structurelles. Le Service n'est après tout qu'une entreprise humaine,
sujette aux erreurs et à l'échec.
Mon rapport, qui porte sur les problèmes des délinquants, se penche
forcément sur les exceptions, les échecs et les difficultés
structurelles.
Dans mon dernier rapport annuel de 2004-2005, j'ai mis l'accent sur trois éléments
fondamentaux d'une pratique correctionnelle judicieuse : la protection des droits
de la personne, l'acceptation de la responsabilisation et la réinsertion
sociale sécuritaire, soutenue et au temps opportun. Le respect de ces trois
principes de base est essentiel pour que le Service remplisse ses deux obligations
légales : assurer la garde sécuritaire et humaine des délinquants
et leur apporter une aide, au moyen de programmes de réadaptation et d'une
étroite surveillance, afin qu'ils réintègrent leurs collectivités
comme citoyens respectueux des lois.
Tout d'abord, le respect et la protection des droits et libertés fondamentaux
de la personne doivent être les éléments principaux de toute
tentative correctionnelle. Les responsabilités et fonctions normales de tous
les employés du système correctionnel - comme le recours à
la force, les fouilles, le placement en isolement et le transfèrement à
une unité de sécurité plus élevée - peuvent empiéter
considérablement sur les droits de la personne. Le
SCC a un grand pouvoir sur tous les aspects de la vie des délinquants.
Pour cette raison, les mesures prises par le
SCC doivent tenir compte de la primauté du droit et respecter
les dispositions législatives sur la protection des droits de la personne.
En respectant les droits des délinquants, nous, comme société,
transmettons un message ferme selon lequel chacun de nous, peu importe les circonstances,
la race, l'état civil, le sexe ou la religion, doit être traité
avec respect et dignité.
Deuxièmement, la responsabilisation est essentielle pour notre régime
démocratique. La responsabilisation et la transparence dans le processus
de prise de décision sont les caractéristiques fondamentales d'un
système correctionnel efficace. Le
SCC doit posséder les moyens, stratégies et méthodes
pour évaluer son rendement et être en mesure de montrer au Parlement
et aux Canadiens et Canadiennes l'efficacité et l'équité de
ses décisions. La structure de gouvernance générale doit permettre
de prévenir, de détecter, d'intervenir et de régler au temps
opportun les cas de violation des lois et politiques. La responsabilisation dans
le système correctionnel signifie également être sensible aux
questions préoccupantes soulevées par les délinquants.
Enfin, la Loi habilitante du Service correctionnel du Canada, la Loi sur
le système correctionnel et la mise en liberté sous condition,
prend appui sur le principe selon lequel la réadaptation réussie et
la réinsertion en toute sécurité des délinquants dépendent
du traitement humain et des formes les moins restrictives possible de garde et de
surveillance, tout en assurant la sécurité publique. La réinsertion
réussie, sans danger et au temps opportun est plus probable lorsque les programmes
de réadaptation axés sur des éléments de preuve solides
sont exécutés dès le début et tout au long de la peine
du délinquant. Ces programmes peuvent viser des problèmes comme la
santé mentale, la maîtrise de la colère et la toxicomanie. D'autres
programmes, comme l'acquisition des compétences en matière d'emploi
et l'éducation, doivent aussi être accessibles aux délinquants
pour mieux les préparer en vue de leur retour éventuel dans la collectivité.
Avec la nomination d'un nouveau Commissaire au Service correctionnel du Canada l'année
dernière, le Service passe par une période de transition vers de nouvelles
priorités pour répondre aux exigences du nouveau Commissaire. Une
telle transition est une excellente occasion pour le Service de se renouveler, de
se tourner vers l'avenir et de chercher de nouvelles façons de réaliser
ses buts et objectifs.
On ne peut pas cependant se tourner vers l'avenir avec optimisme sans passer soigneusement
en revue l'histoire de l'organisme. Depuis plus d'une décennie, le Service
fait l'objet d'un grand nombre d'examens et de recommandations sur la façon
de régler les problèmes de longue date. Il faut se tourner vers l'avenir
tout en revoyant le passé, puisque l'histoire du système correctionnel
fédéral abonde en occasions ratées qui auraient pu être
saisies pour régler des questions systémiques.
Le Service est un organisme vaste, complexe et décentralisé. Il évolue
dans un environnement comportant des demandes conflictuelles, où l'échec
est peu toléré. Les ressources limitées continuent d'être
exploitées au maximum, et « faire plus avec moins de ressources »
est devenu le mode de fonctionnement habituel. Quoique la situation soit difficile,
elle ne justifie pas que le Service ne respecte pas son cadre législatif
et de politique. Si les ressources posent problème et que les exigences opérationnelles
rendent impossible leur réaffectation, de nouvelles ressources devront alors
être obtenues. Il faut toujours faire ce qui convient et respecter les trois
éléments fondamentaux indiqués ci-dessus.
De façon générale, malgré des efforts considérables,
la mise en application des huit recommandations formulées dans le Rapport
annuel de l'année précédente n'a pas vraiment avancé.
Les Canadiens doivent en être informés, étant donné que
l'insuffisance de progrès a des répercussions claires sur la sécurité
publique. Le public canadien n'est pas bien servi lorsque le Service ne fait pas
ce qu'il doit faire pour aider à la réadaptation des délinquants.
Cette réaction inappropriée est souvent attribuable aux problèmes
structurels qui résistent au changement. Plusieurs problèmes auxquels
fait face le Service prennent naissance bien loin des établissements. Malgré
cela, et même si le Service n'est pas responsable des conditions sociales
et des décisions des politiques qui façonnent la population carcérale,
il se doit de fonctionner conformément à la Loi.
Peut-être, jusqu'à un certain point, les recommandations faites dans
le passé n'étaient-ils pas suffisamment axées sur les résultats,
ce qui a obligé le Service à y répondre de façon bureaucratique.
Je crois que les raisons pour lesquelles ces recommandations ont été
faites se perdent très souvent dans un dédale de plans d'action, de
plans de politique ainsi que de groupes et d'équipes de travail. Au fil des
ans, beaucoup trop d'efforts ont été investis dans les processus bureaucratiques,
avec peu ou pas de changement aux « résultats ».
Au fil des ans, beaucoup trop d'efforts ont été investis dans
les processus bureaucratiques, apportant ainsi peu ou pas de changement aux « résultats ».
En ma qualité d'ombudsman, mon rôle consiste à examiner les
plaintes des délinquants et à faire des commentaires sur les questions
relatives à la conformité et à l'équité - et
non pas à orienter le Service sur la meilleure façon
d'assurer sa gestion. Comme ombudsman indépendant qui a l'avantage d'examiner
objectivement les points qui posent problème, je dois faire au Service des
recommandations qui visent l'amélioration de la responsabilisation des gestionnaires
et employés du Service, dans le but d'assurer une garde et une surveillance
des délinquants qui soient sécures, humaines et qui respectent les
lois.
Dans le présent Rapport annuel (2005-2006), je ferai donc des recommandations
qui visent surtout l'amélioration des « résultats »,
de façon à garder à l'esprit leur intention, et j'espère
que le Service y répondra et montrera son engagement à régler
les questions systémiques, en améliorant le rendement en ce qui a
trait à un ensemble de « résultats » clés
pour chacun des points déterminés.
En novembre 2005, le Service a annoncé ses cinq nouvelles priorités
: régime de transition (retour dans la collectivité); sécurité
en établissement; délinquants autochtones; santé mentale; renforcement
des pratiques de gestion. Ces priorités représentent un grand intérêt
pour leBureau de l'enquêteur correctionnel (BEC),
et nous sommes heureux de voir que le Service est en train d'établir l'ordre
des priorités des nombreux défis à relever et de déterminer
les résultats mesurables. Nous espérons que cette activité
donnera en fin de compte des résultats concrets et importants qui nous aideront
à répondre avec plus d'efficacité à ces questions prioritaires.
En automne 2006, lorsque le présent rapport sera déposé devant
le Parlement, j'aurai été l'ombudsman des établissements correctionnels
fédéraux du Canada pendant deux ans et demi - au juste milieu de ma
nomination de cinq ans. Ce sera donc une bonne occasion pour moi d'examiner l'efficacité
de mon bureau en ce qui a trait à la réalisation de son mandat.
Depuis ma nomination comme Enquêteur correctionnel, j'ai très bien
compris que la force du BEC
tient de sa capacité à régler les plaintes individuelles des
délinquants dans les établissements. C'est le dévouement et
le professionnalisme des personnes chargées des enquêtes et du règlement
des plaintes qui font du
BEC un organisme important et efficace. Notre indépendance,
ainsi que l'équité et le professionnalisme dont font preuve le personnel
d'enquête et les gestionnaires sont les éléments clés
du rendement d'un bureau d'ombudsman. Il importe de souligner que plus souvent qu'autrement,
les employés et gestionnaires dans les établissements du Service sont
réceptifs à nos observations et sont, par conséquent, des partenaires
de réussite.
Malheureusement, il est clair aussi que la plus grande faiblesse du
BEC est sa capacité limitée d'amener le Service à
régler raisonnablement les questions systémiques et de faire en sorte
que ses activités soient parfaitement conformes à son cadre législatif
et de politique. Le BEC
est par conséquent confronté aux mêmes questions d'une année
à l'autre et a été incapable de briser ce cercle vicieux et
de prévenir les causes originales des plaintes. Il est intéressant
de noter qu'il en est de même pour la procédure de règlement
interne des griefs, car le Service se trouve contraint de répondre aux milliers
de plaintes et griefs similaires déposés d'année en année,
avec une capacité limitée de régler les questions systémiques
qui sont la cause profonde des plaintes déposées par les délinquants.
Le plus important problème dans cet état de choses, c'est l'absence
d'une amélioration soutenue. Les questions suivantes n'ont pas été
réglées et empêchent le Service de se conformer à son
cadre législatif et de politique :
- le Service n'a pas réussi à se conformer à son obligation légale
de fournir les soins de santé mentale essentiels et un accès raisonnable
aux soins de santé mentale non essentiels, conformément aux normes
professionnelles reconnues. Au cours de la dernière décennie, le nombre
de délinquants souffrant de troubles mentaux a plus que doublé, et
pourtant le niveau des services de santé mentale dans les établissements
est resté le même ou a même diminué;
- le Service continue de fournir des services de santé physique dans les installations
qui n'ont pas été accréditées et qui ne répondent
pas aux normes professionnelles reconnues;
- même si on ne peut pas nier les avantages des initiatives de réduction
des méfaits, un programme d'échange d'aiguilles n'a pas encore été
établi pour réduire la propagation des maladies infectieuses comme
l'hépatite C et le VIH
à l'intérieur et à l'extérieur des pénitenciers;
- le Service n'a pas encore établi de « procédure de règlement
juste et expéditif des griefs des délinquants ». Le BEC a soulevé
le caractère inadéquat de la procédure de règlement
des griefs du SCC dans
chaque rapport annuel depuis 1987; l'effet net est que la procédure actuelle
ne respecte pas les exigences législatives et des politiques;
- le Service n'a pas réussi à mettre en application sa politique sur
le harcèlement. Malgré les recommandations faites il y a dix ans par
la juge Louise Arbour1 sur la nécessité
immédiate de mettre totalement en ouvre une politique sur le harcèlement
dans le but de protéger les délinquants, le Service n'est toujours
pas capable de respecter les dispositions législatives de sa « nouvelle »
politique sur le harcèlement, qui a été établie il y
a environ trois ans;
- j'ai recommandé à répétition que soit annulée
la politique qui exige que les délinquants sous responsabilité fédérale
condamnés à perpétuité comme peine minimale pour meurtre
au premier degré ou au deuxième degré soient placés
dans un établissement à sécurité maximale pendant les
deux premières années de leur incarcération. La politique,
qui est contraire à toutes les autres politiques de classement, est en vigueur
depuis 2001, et par conséquent des centaines de délinquants sont injustement
surclassés2 (et à
un coût très élevé);
- le Service continue à utiliser les outils d'évaluation du risque qui,
a-t-on observé à plusieurs reprises, surclassent les délinquants
autochtones et les délinquantes. Depuis que la juge Arbour a exprimé
ses préoccupations à ce sujet en 1996, plusieurs observateurs ont
par la suite confirmé que le Service ne devrait pas utiliser ces outils.
Jusqu'à ce que de nouveaux outils soient élaborés, les délinquants
autochtones et les délinquantes continueront à être injustement
surclassés, et à faire l'objet de discrimination;
- un nombre élevé de délinquants, souffrant souvent de troubles
mentaux, purgent une grande partie de leur peine en isolement préventif.
Depuis le Rapport Arbour de 1996, plusieurs rapports internes et externes ont prôné
l'application de l'arbitrage indépendant pour les décisions sur l'isolement
préventif, en vue d'assurer la conformité à la Loi.
Dix ans après, le Service continue de soutenir, sans preuve à l'appui,
qu'un examen amélioré des cas d'isolement effectué à
l'interne peut assurer l'équité et la primauté du droit, et
réduire le nombre de placements en isolement préventif;
- le Service s'appuie de plus en plus sur des unités restrictives et la création
de sous-populations correctionnelles, sans tenir compte du cadre juridique de la
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition,
pour gérer les délinquants sans qu'ils béneficient de garanties
procédurales adéquates;
- le Service ne respecte pas son obligation légale de garantir le droit des
délinquants autochtones à une aide efficace en vue de leur réinsertion
sociale. Les statistiques du SCC
confirment que les conditions des délinquants autochtones se détériorent
dans plusieurs domaines où le Service pourrait avoir une influence positive
: retards importants en matière de réinsertion sociale au moment opportun
en toute sécurité; sous-représentation dans les établissements
à sécurité minimale; sur-représentation dans les établissements
à sécurité maximale et en isolement préventif; recours
limité aux dispositions législatives destinées à améliorer
la réinsertion sociale des délinquants autochtones; nombre élevé
de renvois pour maintien en incarcération. Pour ce qui est du classement
selon le niveau de sécurité et de la libération conditionnelle
au temps opportun des délinquantes autochtones, la situation est encore pire;
- malgré les efforts déployés par le passé, le Service
n'a pas réussi à mettre en application une solution de rechange plus
humaine et moins restrictive à l'isolement préventif à long
terme des délinquantes. Des barrières importantes font toujours obstacle
à la réinsertion sociale au temps opportun et efficace des délinquantes
comme l'accès aux programmes, les services de santé mentale, l'emploi
dans les établissements et le logement après la mise en liberté;
- le Service accuse des retards indus lorsqu'il s'agit d'ordonner que des enquêtes
soient menées sur les cas de blessures graves subies par les détenus
ou de décès. Les enquêtes terminées, d'autres retards
se produisent avant que ne soit obtenue la réponse du Commissaire aux recommandations
faites dans les rapports d'enquête et les plans d'action qui s'ensuivent;
- le Service du Canada n'a pas réglé les retards excessifs relatifs
à la présentation des cas à la Commission nationale des libérations
conditionnelles, pour faire l'objet d'un examen. En outre, le nombre de délinquants
qui participent aux programmes de placement à l'extérieur et de permissions
de sortir sans escorte continue de baisser, même lorsque les taux de réussite
de ces types de libération conditionnelle ont été historiquement
très élevés.
Je sais que dans le passé, le Service n'a pas souvent été en
désaccord avec les lacunes que j'ai relevées, et il ne s'est pas non
plus opposé à mes recommandations. Une des barrières qui fait
obstacle au règlement de ces questions par le Service, c'est la difficulté
de gérer efficacement, avec les ressources limitées, les questions
prioritaires concurrentielles. Cela dit, j'encourage ceux qui sont responsables
des finances publiques et qui sont au bout du compte chargés de veiller à
ce que le Service réalise entièrement son mandat à lire mon
rapport.
Le besoin pour le Service d'apporter des changements fondamentaux durables visant
à régler les questions indiquées ci-dessus continue d'être
la première préoccupation du
BEC. Le pouvoir d'un ombudsman se limite à faire des recommandations.
Si le Service et le Parlement ne s'engagent pas sérieusement à régler
ces questions de longue date, les délinquants sous responsabilité
fédérale continueront à vivre dans un environnement où
est enracinée la violence, où les conditions n'encouragent pas le
changement positif, les soins de santé mentale et physique ne sont pas appropriés
et les services requis pour contribuer à la réinsertion sociale des
délinquants en tant que citoyens respectueux des lois sont limités.
En fin de compte, tous ces facteurs ont une incidence négative sur la sécurité
publique.
Je crois sincèrement que, si elles sont appliquées, les recommandations
que j'ai formulées aideront le Service à réaliser son mandat.
Le point fort d'une organisation responsable et confiante est sa capacité
d'accepter la critique et la surveillance externes, et d'adapter ses activités
en conséquence. C'est avec plaisir que je collaborerai avec le Service pour
apporter des améliorations significatives et durables au cours de l'année
à venir.
Howard Sapers
Enquêteur correctionnel du Canada
QUESTIONS PRINCIPALES :
- Services de santé, notamment les services de santé mentale et l'échange
d'aiguilles
- Délinquantes
- Délinquants autochtones
- Violence dans les établissements et enquêtes sur les blessures subies
par les détenus
- Griefs des détenus, allégations de harcèlement et inconduite
des employés
- Préparation de cas et accès aux programmes
QUESTIONS PRINCIPALES
Les éléments suivants sont la cible principale des plaintes des délinquants.
SERVICES DE SANTE, NOTAMMENT LES SERVICES DE SANTE MENTALE ET L'ECHANGE D'AIGUILLES
Selon la Loi, le Service doit fournir des soins de santé essentiels
à chaque détenu, conformément aux normes professionnelles reconnues.
(A) Normes professionnelles reconnues
Depuis des années, les questions relatives aux soins de santé ont
été la cible principale des plaintes des délinquants qui sont
déposées dans le cadre du processus de règlement des griefs
du BEC et du
Service. Selon la Loi, le Service doit fournir des soins de santé
essentiels à chaque détenu, conformément aux normes professionnelles
reconnues. La Loi ne prévoit pas d'autres mesures, comme les normes
sociales ou provinciales.
Pour répondre à cette obligation, le Service s'est engagé en
2001 à faire accréditer toutes les infirmeries et installations régionales
de santé mentale. L'accréditation consiste en un examen détaillé
des services offerts et de ses modes de fonctionnement.
Le Service a demandé l'aide du Conseil canadien d'agrément des services
de santé pour examiner et améliorer la qualité des soins et
services de santé qu'il fournit aux délinquants. Le Conseil est un
organisme indépendant reconnu à l'échelle internationale qui
a accrédité plus de 1 500 personnes ou installations provinciales,
onze organismes nationaux et trois organisations internationales. D'après
le Conseil, l'accréditation n'est pas un examen à réussir ou
à échouer, mais plutôt un processus d'amélioration continue
et une évaluation objective du progrès par rapport à un ensemble
de normes professionnelles établies.
Le Conseil applique un processus d'accréditation en deux étapes. La
première étape consiste en une autoévaluation : l'organisation
qui demande l'accréditation évalue sa conformité aux normes
nationales du Conseil. La deuxième étape consiste en une visite d'accréditation
effectuée par un évaluateur externe qui utilise les mêmes normes
nationales pour évaluer sur place l'organisation de façon indépendante.
Les résultats de la visite d'accréditation sont résumés
dans un rapport écrit.
Le Service a terminé la première étape du processus du Conseil,
qui consiste essentiellement en une vérification préalable pour accroître
les chances de réussite de la deuxième étape (l'accréditation).
Vingt-neuf installations d'un total de 54 ont passé à la deuxième
étape de l'accréditation. Vingt-neuf installations d'un total de 54
ont passé à la deuxième étape de l'accréditation.
Certains services de santé n'ayant pas obtenu l'accréditation,
des questions sont soulevées sur la conformité du Service correctionnel
à son obligation légale de respecter les normes professionnelles reconnues.
Pour une organisation qui fournit des soins de santé depuis plus de 100 ans,
j'ai été fortement préoccupé de savoir que 52 % des
installations (15) n'ont pas obtenu l'accréditation, que 38 % (11) ont été
accréditées avec différentes conditions et que seulement 10
% (3) l'ont été entièrement. Le caractère inadéquat
de la structure de gouvernance clinique et l'absence d'études et de formation
permanentes pour les professionnels des services de santé en sont une des
causes principales. L' accréditation des autres installations a été
suspendue pour le moment.
En l'absence de toute autre mesure d'évaluation objective, le fait que certains
services de santé n'ont pas obtenu l'accréditation soulève
des questions sur la conformité du Service à son obligation légale
de respecter les « normes professionnelles reconnues ».
Si des changements positifs ne sont pas apportés au cours de l'année
prochaine, je recommanderai que la prestation des services de santé soit
attribuée à des fournisseurs publics accrédités autres
que le Service.
1. Je recommande que le Service montre qu'il se conforme à son obligation
légale de fournir à chaque détenu les soins de santé
essentiels conformément aux normes professionnelles reconnues, et que toutes
les installations de soins de santé soient accréditées d'ici
un an.
(B) Santé Mentale
Pendant trois ans, mon bureau s'est penché sur le caractère inadéquat
des services de santé mentale fournis aux délinquants.
Dans mon dernier rapport annuel 2004-2005, j'ai souligné le fait que le nombre
de délinquants sous responsabilité fédérale ayant des
besoins en matière de santé mentale a plus que doublé au cours
de la dernière décennie. J'ai également indiqué que
les services de santé mentale fournis par le Service n'ont pas suivi le rythme
de l'augmentation dramatique du nombre de délinquants souffrant de troubles
mentaux.
Le niveau des services de santé mentale fournis continue d'être sérieusement
inadéquat et, d'après moi, le Service ne respecte pas son obligation
légale de fournir à chaque détenu les soins de santé
mentale essentiels et un accès raisonnable aux soins de santé mentale
non essentiels.
En juillet 2004, le Service a approuvé une stratégie de santé
mentale qui encourage l'adoption d'un continuum de soins dès l'admission
et tout au long de la période d'incarcération, jusqu'à la réinsertion
sociale en toute sécurité des délinquants. Les fonds ont été
obtenus pour la mise en application du dernier élément du continuum
de soins de santé mentale.
Le BEC s'est
réjoui que de nouveaux fonds ont été investis en décembre
2005 dans les services de santé mentale fournis dans la collectivité.
Les délinquants souffrant de maladies mentales recevront par conséquent
de meilleurs services au cours de leur libération conditionnelle. Des fonds
n'ont cependant pas été investis pour évaluer systématiquement
la population carcérale dès l'admission, en vue de répondre
aux besoins des délinquants en matière de santé mentale de
façon appropriée tout au long de la peine.
Bien que la santé mentale soit l'une des cinq priorités du Service,
il n'y a pas eu de changements importants dans les établissements au cours
de l'année passée. Les délinquants qui souffrent de maladies
mentales continuent d'être isolés et punis pour avoir manifesté
des symptômes de leurs maladies, et ne sont pas traités conformément
aux « normes professionnelles reconnues ». Au cours de l'année
passée, nous avons en fait remarqué une réduction de certains
services de santé mentale - par exemple une diminution du nombre de psychologues
dans la région de l'Ontario.
J'ai recommandé l'année passée que soient prises immédiatement
les mesures nécessaires pour sensibiliser et former tous les employés
de première ligne, afin qu'ils sachent correctement reconnaître les
comportements nuisibles, liés à des troubles de santé mentale,
et qu'ils apprennent à réagir en conséquence. Les séances
de formation n'ont pas encore été élaborées
- encore moins offertes. On ne peut que constater la gravité de la situation.
2. Je recommande que le Service montre qu'il se conforme à son obligation
légale de fournir à chaque détenu les soins de santé
mentale essentiels et un accès raisonnable aux soins de santé mentale
non essentiels conformément aux normes professionnelles reconnues, et que
toutes les infirmeries et tous les centres régionaux de traitement soient
accrédités d'ici un an.
3. Je recommande encore une fois que le Service prenne immédiatement
les mesures nécessaires pour sensibiliser et former tous les employés
de première ligne, afin qu'ils puissent correctement déterminer les
comportements nuisibles liés à des troubles de santé mentale
et qu'ils apprennent à réagir en conséquence.
(c) Échange d'aiguilles
En 1994, le Comité d'experts sur le sida et les prisons, établi par
le Service, a signalé une hausse de l'incidence des maladies infectieuses
dans les pénitenciers fédéraux. Le comité a conclu que
les maladies étaient causées par l'utilisation et le partage des accessoires
de consommation de drogues contaminés. La plupart des recommandations du
Comité sur l'éducation, le traitement et la réduction des méfaits
ont été suivies par le Service avant 2004. La seule recommandation
à laquelle le SCC
n'a pas donné suite consiste à mettre à la disposition des
délinquants des seringues propres, pour prévenir la propagation des
maladies comme l'hépatite C et le
VIH parmi la population carcérale et la société
en général.
Dans une lettre datée du 21 avril 2005, l'ancienne Ministre de Sécurité
publique et Protection civile Canada s'est dite prête à examiner la
viabilité de la mise en application d'un programme d'échange d'aiguilles
dans les pénitenciers canadiens. À la même époque, le
Service a signé un protocole d'entente avec l'Agence de santé publique
du Canada pour obtenir des conseils techniques et scientifiques sur les risques
éventuels et les avantages des programmes d'échange d'aiguilles dans
les pénitenciers.
Le 30 mars 2006, le Ministre de la Santé, Tony Clement, a répondu
à ma lettre :
"Je suis très préoccupé par le programme d'échange d'aiguilles
et les questions relatives à la santé de tous les Canadiens, notamment
ceux qui se trouvent dans les établissements correctionnels. En raison du
taux élevé de maladies infectieuses chez les délinquants sous
responsabilité fédérale, plus particulièrement l'hépatite
C et le VIH, les fonctionnaires
du Ministère continueront à travailler étroitement avec le
SCC."[Traduction]
Le 10 mai 2006, le Comité sénatorial permanent des affaires sociales,
des sciences et de la technologie, dont le président est l'honorable Michael
J. L. Kirby, a présenté un rapport sur la santé mentale et
la toxicomanie intitulé « De l'ombre à la lumière ».
À la suite d'une explication sur l'échange d'aiguilles dans les pénitenciers,
le rapport recommande que le Service « mette immédiatement en
ouvre dans tous les établissements correctionnels fédéraux
des mesures de réduction du préjudice ».
4. Je recommande que le Service mette immédiatement en oeuvre un
programme d'échange d'aiguilles dans les établissements, pour protéger
les délinquants et la société contre la propagation des maladies
infectieuses.
DÉLINQUANTES
En avril 1994, les délinquantes à la Prison des femmes ont fait l'objet
d'une fouille à nu par une équipe pénitentiaire d'intervention
en cas d'urgence composée seulement d'hommes. En février 1995, l'Enquêteur
correctionnel a soumis à l'intention du Solliciteur général
un rapport spécial sur les questions relatives à l'intervention de
l'équipe pénitentiaire à la Prison des femmes, aux conditions
de détention et à la durée de l'isolement préventif.
Le gouvernement a répondu au rapport en créant une commission d'enquête
parlementaire, présidée par la juge Louise Arbour, maintenant Haut
Commissaire aux droits de l'homme. Le rapport Commission d'enquête sur certains
événements survenus à la Prison des femmes de Kingston
a été déposé le 31 mars 1996. Les recommandations du
rapport étaient formulées à l'intention du Solliciteur général
du Canada à l'époque, l'honorable Herb Gray.
Dans son rapport, la juge Arbour écrit : « En soumettant des recommandations
sur divers aspects de l'emprisonnement examinés au cours de l'enquête,
mon but est d'aider le système correctionnel à se rallier à
deux idéaux constitutionnels canadiens [...] : la protection des droits de
la personne et le droit à l'égalité ».
Le 4 juin 1996, le Solliciteur général du Canada dit qu'il approuvait
le contenu de base du rapport, notamment le fait que le Service doive exercer ses
responsabilités dans le respect de la primauté du droit.
Même si le Solliciteur général a entrepris de répondre
aux recommandations de la juge Arbrour, jusqu'à maintenant seul le Service
a réagi aux recommandations en question. Depuis la parution du rapport de
la juge Arbour de 19963, plusieurs
examens supplémentaires ont été effectués sur les services
correctionnels fédéraux qui, pour la plupart, faisaient écho
à plusieurs de ses recommandations principales.
Une certaine amélioration a été signalée dans les conditions
des délinquantes. La Prison des femmes a été remplacée
par cinq nouveaux établissements régionaux et un pavillon de ressourcement,
où les délinquantes sont logées près de leurs collectivités.
Les unités à sécurité maximale pour femmes dans les
établissements pour hommes ont été fermées. Un sous-commissaire
pour les femmes est en poste depuis dix ans, ce qui a aidé à se pencher
sur les problèmes des délinquantes dans les établissements.
En réponse aux recommandations faites à répétition par
mon bureau, le Ministre de la Sécurité publique demandé en
avril 2005 au Service de publier le Rapport sur les progrès réalisés
depuis dix ans dans le domaine des services correctionnels pour femmes 1996-2006.
Le rapport, établi en avril 2006, est une autoévaluation des activités
par le Service.
Compte tenu de ces développements et en raison du grand intérêt
que portent les intervenants du système de justice pénale à
ces questions, je crois qu'il est important que le Ministre de la Sécurité
publique obtienne des avis impartiaux sur les progrès réalisés
par le Service relativement aux droits de la personne et à l'équité
depuis la parution du rapport Arbour en 1996. J'ai recommandé dans mon dernier
rapport annuel 2004-2005 que le Ministre nomme un comité d'experts pour examiner
le Rapport sur les progrès réalisés depuis dix ans dans le
domaine des services correctionnels pour femmes et consulter les intervenants,
qu'il relève les écarts entre les recommandations formulées
et les mesures prises, qu'il formule des recommandations pour combler ces écarts
et établisse un rapport directement au Ministre. J'ai également recommandé
que le rapport du comité d'experts soit rendu public.
Le Ministre a accepté partiellement ma recommandation et demandé que
le Service crée le comité d'experts, qui devrait soumettre un rapport
au Commissaire du Service correctionnel du Canada - non au Ministre, comme je l'ai
recommandé. Le Commissaire et le Ministre m'ont assuré que l'examen
sera rendu public. J'attends les résultats de l'examen du comité,
et je limiterai mes recommandations pour l'année en cours aux questions opérationnelles
immédiates.
Le BEC a remarqué
au cours des deux dernières années une hausse considérable
du nombre de délinquantes qui retournent dans la collectivité dans
le cadre d'une libération d'office plutôt que d'une semi-liberté
ou d'une libération conditionnelle totale. Nous avons également remarqué
au cours de la même période une augmentation parallèle du nombre
d'audiences de libération conditionnelle annulées ou reportées
par les délinquantes. Ces deux tendances sont encore plus évidente
chez les délinquantes autochtones. Une légère hausse du nombre
de délinquantes inscrites aux placements à l'extérieur a été
remarquée, alors que le nombre de délinquantes qui participent aux
programmes de permission de sortir sans escorte a baissé. Après une
baisse importante en 2004-2005, le nombre d'incidents où il y a eu recours
à la force dans les établissements pour femmes a considérablement
augmenté durant l'année en cours.
5. Je recommande que, d'ici un an, le Service :
- augmente considérablement l'accès à des emplois
significatifs et à des programmes d'employabilité pour toutes les
délinquantes;
- continue à accroître considérablement le nombre
de logements et les services de soutien dans la collectivité pour les délinquantes,
dans les régions où il en y a peu;
- examine les activités quotidiennes et la dotation dans les unités
de garde en milieu fermé, en vue d'éliminer le « temps
perdu4 » et d'accroître
considérablement leur accès aux programmes de traitement et de travail,
aux programmes spirituels et à l'éducation;
- augmente considérablement le nombre de délinquantes qui
se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à la première date d'éligibilité;
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités
autochtones en vertu des articles 84 et 81 de la
LSCMLC, et établisse la capacité requise5;
- augmente considérablement l'accès aux programmes et services
adaptés à la culture pour les femmes autochtones incarcérées
dans les régions de l'Atlantique, du Québec et de l'Ontario;
- examine les incidents où il y a eu recours à la force
dans les établissements pour femmes, pour s'assurer que la politique est
respectée;
- établisse des objectifs clairs et veille à ce que tout
le personnel de première ligne reçoive des séances de ressourcement
sur les approches axées sur les femmes, dans le but de répondre à
la recommandation de la Commission canadienne des droits de la personne;
- offre des séances de formation axées sur les femmes à
tous les agents de libération conditionnelle qui travaillent en communauté
avec les délinquantes.
DÉLINQUANTS AUTOCHTONES
Au cours des dix dernières années, nous avons formulé dans
nos rapports annuels des recommandations précises sur les obstacles systémiques
et discriminatoires qui empêchent les délinquants autochtones de se
prévaloir de leurs droits légaux et constitutionnels et limitent considérablement
leur réinsertion au temps opportun et en toute sécurité dans
la collectivité.
En dépit de quelques points positifs, les conditions générales
des délinquants autochtones ne se sont pas sensiblement améliorées
au cours des dernières années. Les Autochtones représentent
une grande partie de la population carcérale : ils comptent 18 % de la population
carcérale sous responsabilité fédérale; par contre,
ils ne forment que 3 % de la population canadienne générale.
La meilleure estimation du taux d'incarcération global des Autochtones
au Canada s'élève à 1 024 pour 100 000 adultes.
Pour illustrer l'importance de cette surreprésentation, selon les plus récentes
données de Statistique Canada, le taux d'incarcération général
au Canada s'élève à 130 détenus pour 100 000 adules.
Ce taux comprend les adultes incarcérés dans les établissements
provinciaux et fédéraux. D'après les chiffres de Statistique
Canada, la meilleure estimation du taux d'incarcération global chez les Autochtones
au Canada s'élève à 1 024 détenus pour 100 000 adultes.6 En utilisant la même méthode,
le taux d'incarcération chez les non-Autochtones s'élève à
117 pour 100 000 adultes.
Le SCC n'a pas de contrôle
sur les admissions dans les établissements, mais il a une obligation constitutionnelle
et légale de gérer les peines en tenant compte de la culture et sans
faire de discrimination. Les questions préoccupantes relatives aux services
correctionnels pour Autochtones dépassent de loin la surreprésentation
et exigent que soit portée une attention particulière sur ce qui se
passe lorsque les délinquants autochtones sont confiés aux soins du
Service.
Le Service a déployé beaucoup d'efforts et investi des ressources
considérables pour régler les questions autochtones. Des programmes
adaptés à la culture sont établis, et les questions autochtones
sont devenues une priorité pour le Service.
Ces efforts n'ont pas toutefois apporté les résultats escomptés
qui permettront d'améliorer les conditions générales des délinquants
autochtones. Les propres statistiques du
SCC confirment que la performance du Service vis-vis les délinquants
Autochtones ne s'améliore pas et ce dans plusieurs domaines que le Service
pourrait positivement influencer. Le Rapport final du groupe d'étude sur
les Autochtones au sein du régime correctionnel fédéralen
1988 a conclu que les délinquants autochtones étaient moins susceptibles
d'obtenir des permissions de sortir et des mises en liberté sous condition,
qu'ils obtenaient leur libération conditionnelle plus tard au cours de la
peine, qu'ils étaient plus susceptibles de voir leur libération conditionnelle
suspendue ou révoquée, et d'être surclassés pour ce qui
est du niveau de sécurité. Malheureusement, ceci est aussi vrai de
nos jours que ce ne l'était il y a presque vingt ans.
J'ai indiqué dans le Rapport annuel de l'an dernier qu'après des années
de rapports par des groupes de travail, d'examens internes, de stratégies
nationales, d'ententes de partenariat et de plans d'action, les efforts et les ressources
du Service ne sont pas ciblés et demeurent plutôt fragmentés.
J'ai également recommandé l'an dernier que le Service nomme un sous-commissaire
responsable des services correctionnels pour Autochtones et la mise en ouvre d'un
plan de politique efficace pour régler les nombreuses questions. Bien que
le Service ait apporté des changements à la structure de gouvernance,
un sous-commissaire n'a pas été nommé, et les conditions des
délinquants autochtones ne se sont pas améliorées.
J'ai appris en décembre 2004 qu'un nouveau plan de politique en matière
de services correctionnels pour Autochtones était en cours d'élaboration,
qu'il serait examiné par le Comité de direction du Service et sera
prêt avant la fin d'avril 2005. En décembre 2005, le Comité
a donné son appui à un plan de politique en matière de services
correctionnels pour Autochtones (cadre de discussion du Comité de direction).
Entre janvier et avril 2006, plusieurs consultations ont été menées
sur le cadre de politique, notamment avec leBureau de l'enquêteur correctionnel.
J'ai appris en avril 2006 que des consultations sur la mise à jour du plan
de politique étaient toujours en cours et que nous recevrions une copie en
automne 2006. Le 1er juin 2006, notre bureau a reçu un document intitulé
« Plan de politique concernant les services pour Autochtones (2006-2007
- 2010-2011) ». Je crois qu'un processus de consultation est en cours
pour élaborer des plans d'action sur la mise en ouvre de la stratégie.
Comme un plan d'action n'est toujours pas établi, ma recommandation cette
année portera sur des résultats précis, dans l'espoir que le
Service fera des progrès considérables et mesurables
pour combler l'écart entre les délinquants autochtones et non autochtones
en ce qui a trait à la libération conditionnelle au moment opportun.
6. Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le Service :
- mette en ouvre un processus de classement selon le niveau de sécurité,
qui mettra fin au surclassement des délinquants autochtones;
- accélère l'accès aux programmes et services qui
réduiront considérablement la période d'incarcération
des délinquants dans les établissements à sécurité
moyenne et maximale;
- augmente considérablement le nombre de délinquants autochtones
dans les établissements à sécurité minimale;
- augmente considérablement le nombre de permissions de sortir
sans escorte et de placements à l'extérieur;
- augmente considérablement le nombre de délinquants autochtones
qui se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à la première date d'éligibilité;
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités
autochtones en vertu des articles 81 et 84 de la
LSCMLC, et établisse la capacité requise.7
7. Je recommande que le Service améliore considérablement
(outre l'équité en matière d'emploi requise) le pourcentage
de la main-d'ouvre autochtone à tous les niveaux dans les établissements
où la majorité des délinquants sont d'origine autochtone.
VIOLENCE DANS LES ETABLISSEMENTS ET ENQUETES SUR LES BLESSURES SUBIES PAR LES DETENUS
Une des responsabilités légales du système correctionnel fédéral
est de veiller à ce que les détenus purgent leurs peines dans un environnement
sécure. Pendant des années, le
BEC exprimait ses inquiétudes sur la mesure dans laquelle le
Service assure ce type d'environnement. Le niveau général de violence
dans les établissements demeure beaucoup trop élevé. Le Service
continue de gérer ses pénitenciers en ayant recours à la force
et à l'isolement préventif à une fréquence alarmante
pour régler les différends et calmer les tensions. L'expérience
montre que d'autres mécanismes comme les interactions positives et continues
avec les délinquants et les méthodes de rechange de règlement
des différends peuvent souvent prévenir la violence dans les établissements.
Le niveau général de violence dans les établissements
demeure beaucoup trop élevé.
En outre, l'absence de services de santé mentale contribue à aggraver
la situation. Beaucoup trop de délinquants souffrant de maladies mentales
font l'objet d'abus par des délinquants prédateurs, alors que, sans
raison apparente, un nombre encore plus élevé sont victimes de violence.
L'an dernier, le Service a signalé environ mille (967) cas de recours à
la force, une hausse considérable par rapport à l'année précédente
(798). Le nombre d'interventions où il y a eu recours à la force varie
dans le pays, et est le moins élevé dans les régions de l'Ontario
et des Prairies (un cas de recours à la force pour 22,3 et 21,5 délinquants
respectivement). Les chiffres les plus élevés ont été
signalés dans les Maritimes, au Québec et dans le Pacifique (un cas
de recours à la force pour 9,7, sur 11,6 et pour 11,9 délinquants
respectivement).
La plupart des interventions où il y a recours à la force sont menées
dans les établissements à sécurité maximale, mais, encore
une fois, des différences notables existent. Si l'on examine les cas de recours
à la force par exemple, l'équipe pénitentiaire d'intervention
en cas d'urgence a apporté son aide dans 56 % des cas dans un même
établissement à sécurité maximale, alors qu'elle intervient
seulement dans 13 % des cas dans un autre établissement à sécurité
maximale. En outre, au cours de ces interventions, le poivre de cayenne est utilisé
dans 66,5 % des cas dans un établissement à sécurité
maximale, et seulement dans 22 % des cas dans un autre établissement à
sécurité maximale.
Quelques pénitenciers ont beaucoup plus souvent recours à la force
comparativement à d'autres qui semblent plutôt gérer leurs détenus
avec des mesures moins restrictives. Ces différences doivent faire l'objet
d'un examen par le Service pour assurer l'uniformité dans les établissements
et la conformité aux exigences législatives et des politiques sur
le recours à la force.
La rigueur et la rapidité du processus d'enquête sur les cas de blessures
graves subies par les délinquants ou de décès prévus
à l'article 19 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en
liberté sous condition posent problème depuis plusieurs années.
Nos plus récentes préoccupations portaient sur la rapidité
des enquêtes, sur une analyse significative des rapports d'enquête,
et sur l'approbation par le Comité de direction du Service des recommandations
et plans d'action élaborés en réponse aux rapports d'enquête
nationaux. Signalons aussi que depuis le 31 mars 2006, le Service n'a pas répondu
à onze rapports de coroners provinciaux sur le suicide de détenus,
dont certains datent de 2001.
Les blessures subies par les détenus continuent d'être un sujet de
préoccupation grave. Le Service n'a toujours pas de données suffisantes
fiables et valables à ce sujet. Au cours des dernières années,
j'ai reçu par exemple des rapports trimestriels sur les blessures subies
par les détenus dont les données ne peuvent pas être comparées
à celles des années antérieures ou provenant d'autres sources.
De plus, le Service effectue des analyses limitées sur les renseignements
fournis pour élaborer des stratégies visant à prévenir
les blessures et décès à l'avenir.
Nous sommes toujours préoccupés par la capacité du Service
à déterminer les blessures qui n'ont pas satisfait à sa définition
de « blessure grave » et à démontrer que les
incidents qui ont occasionné ces blessures font l'objet d'un examen adéquat.
Lorsque les renseignements sont recueillis, une analyse claire des causes de la
violence et des blessures est toujours absente. Le Rapport sur les besoins en soins
de santé des détenus sous responsabilité fédérale
(avril 2004) indique que « les blessures sont courantes chez les détenus »
et qu'un nombre élevé d'entre elles sont « attribuables
à des bagarres » ou sont « auto-infligées ».
Dans la section intitulée « Aspects dont il faut améliorer
la connaissance » on indique qu'il est important de recueillir des renseignements
exacts sur les « taux de blessures des détenus et les facteurs
contributifs ».
Les blessures subies par les détenus continuent d'être un sujet
de préoccupation grave. Le SCC
n'a toujours pas suffisamment de données fiables et valables à ce
sujet.
En réponse à ces questions, le Service s'est engagé l'an dernier
à élaborer une stratégie globale pour aider à la production
de rapports analytiques trimestriels de qualité sur les blessures subies
par les détenus et la violence en établissement. Bien que la violence
en établissement soit déterminée comme prioritaire par le Service,
il n'y a aucune preuve d'une collecte uniforme et précise ou d'une analyse
quelconque de données.
L'absence de renseignements fiables et les retards dans les processus d'enquête
réduisent la capacité du Service d'analyser les cas et de prendre
les décisions appropriées pour limiter les blessures subies par les
détenus et la violence en établissement.
8. Je recommande que le Comité de direction du
SCC établisse un processus d'approbation en temps opportun pour
l'élaboration de plans d'action en réponse aux rapports d'enquête
sur les blessures graves subies par les détenus ou les décès.
En aucun cas, le processus ne devrait dépasser une période de six
mois à partir de la date de l'incident.
9. Je recommande que le Service recueille des renseignements précis
et effectue des analyses exhaustives sur tous les cas de blessures subies par les
détenus, afin d'améliorer sa capacité à prendre les
mesures appropriées dans le but de limiter les blessures subies par les détenus
et la violence en établissement; je recommande aussi que ces renseignements
soient vérifiés tous les six mois dans le cadre d'un processus de
vérification interne continue.
GRIEFS DES DETENUS, ALLEGATIONS DE HARCELEMENT ET INCONDUITE DES EMPLOYES
La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition
prévoit que le Service établisse « une procédure
de règlement juste et expéditif des griefs des délinquants ».
Dans le rapport annuel de l'année dernière, j'ai conclu que le processus
existant est inefficace en ce qui a trait au règlement juste et expéditif
des griefs des délinquants, plus particulièrement à l'échelle
nationale. À l'époque, j'ai fait deux recommandations :
(a) Je recommande que le Service prenne immédiatement les mesures nécessaires
pour réorganiser ses activités et politiques liées au traitement
des griefs des détenus, en vue d'un règlement juste et expéditif
des griefs et plaintes des délinquants. L'examen doit inclure un volet sur
les griefs en matière de harcèlement et l'inconduite des employés.
(b) Je recommande qu'un consultant soit embauché pour aider le SCC dans l'examen de ses activités
et politiques en vue d'un règlement juste et expéditif des griefs
des délinquants, et pour trouver des moyens de mieux utiliser les stratégies
fondées sur les preuves en vue d'assurer une uniformité dans le traitement
des problèmes des délinquants.
Le Service a initialement « approuvé » les recommandations,
mais l'examen national du processus de grief des détenus a été
effectué à l'interne. Un rapport final sur l'examen a été
établi en mai 2006. Le rapport confirme que les activités actuelles
ne répondent pas aux exigences légales, mais un plan d'action pour
régler raisonnablement la question n'a pas encore été établi.
En 1998, le Service a prolongé les délais du processus de grief des
détenus pour tenir compte du temps nécessaire pour le traitement.
Le BEC s'inquiète
du fait que cette prolongation ne respecte pas l'engagement du Service de mettre
en ouvre « un processus de recours efficace et au temps opportun pour
les délinquants ». Au cours de 2005-2006, seulement 15 % des griefs
ont été traités au niveau du Commissaire dans ces délais
prolongés.
Le Service a présenté une procédure révisée il
y a trois ans, dans une tentative de régler raisonnablement les plaintes
de harcèlement des délinquants, et ce, sept ans après la recommandation
de la juge Arbour d'élaborer et de mettre en ouvre « immédiatement »
une politique adéquate. Les questions relatives aux plaintes de harcèlement
ont été soulevées à plusieurs reprises comme priorité
principale dans nos rapports annuels et le plus récent rapport (2003) de
la Commission canadienne des droits de la personne. Même si le Service semble
finalement avoir élaboré une politique adéquate en matière
de harcèlement, nous sommes très préoccupés par le fait
que très peu de progrès aient été réalisés
pour assurer la conformité à la politique et aux dispositions législatives
portant sur une question tellement prioritaire.
10. Je recommande que le Service se conforme immédiatement à
ses obligations légales et établisse une « procédure
de règlement juste et expéditif des griefs des délinquants ».
11. Je recommande que d'ici un an le Service démontre que les statistiques
sur les plaintes et griefs sont utilisées pour déterminer et régler
les questions systémiques soulevées par les délinquants.
PREPARATION DE CAS ET ACCES AUX PROGRAMMES
Dans son rapport annuel de 1988-1989, le
BEC a soulevé pour la première fois la question des
retards dans la préparation de cas et l'accès aux programmes. À
l'époque, l'accent a été mis sur l'incapacité accrue
du SCC d'établir
les dossiers des délinquants de façon exhaustive et dans les délais
prescrits, aux fins de la prise en considération de la mise en liberté
conditionnelle. D'après notre examen des griefs reçus à l'époque,
il est évident que beaucoup de retards étaient liés directement
à l'incapacité du SCC
d'effectuer les évaluations nécessaires et d'établir les programmes
de traitement avant la date des audiences de libération conditionnelle. Dix-huit
ans plus tard, ces questions ne sont toujours pas réglées de façon
adéquate.
Dans une tentative de donner suite à quelques-unes de nos recommandations,
un groupe de travail conjoint, créé en décembre 2004 par le
SCC, la Commission nationale
des libérations conditionnelles (CNLC)
et le BEC,
a produit un document intitulé Rapport sur les facteurs causant des retards
dans le traitement des demandes présentées à la Commission
nationale des libérations conditionnelles. Dans le rapport du groupe
de travail conjoint, on a fait des recommandations concrètes visant à
faciliter le traitement des demandes par la
CNLC. On a également recommandé que les délinquants
qui se présentent devant la
CNLC reçoivent l'aide nécessaire et suivent les programmes
requis pour une réinsertion sociale en toute sécurité. Les
questions soulevées dans le rapport continuent de préoccuper considérablement
tous les organismes intéressés. Dans le Rapport annuel de l'an dernier,
j'ai recommandé que le Service « élabore immédiatement
un plan d'action adapté pour mettre en application les recommandations contenues
dans le Rapport [...] du comité conjoint d'examen ». Bien que
le SCC ait « accepté »
les recommandations, aucun plan d'action n'a été approuvé.
Ma recommandation cette année portera donc sur les résultats, dans
l'espoir que le Service fasse des progrès considérables et mesurables
pour améliorer la préparation de cas et l'accès aux programmes.
12. Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le SCC :
- augmente considérablement le nombre de délinquants qui
se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à leur première date d'éligibilité respective;
- réduise considérablement les listes d'attente pour les
programmes faisant partie des plans correctionnels, dans le but d'accroître
la réinsertion sociale au temps opportun et en toute sécurité;
- accélère l'accès aux programmes et services qui
réduiront considérablement la période d'incarcération
des délinquants dans les établissements à sécurité
maximale;
- augmente considérablement le nombre de permissions de sortir
sans escorte et de placements à l'extérieur, nombre qui a extrêmement
baissé au cours des dernières années et dont le taux de réussite
est pourtant très élevé.
QUESTIONS TOUJOURS PRÉOCCUPANTES
- Gestion de la population carcérale
- Jeunes délinquants
- Délinquants âgés
- Ressources financières des détenus
- Permissions de sortir pour des raisons de compassion
- Classement des délinquants purgeant des peines d'emprisonnement à
perpétuité
- Accès des détenus aux ordinateurs
QUESTIONS TOUJOURS PREOCCUPANTES
GESTION DE LA POPULATION CARCERALE
Malgré qu'on demande depuis des années des réformes fondamentales,
le SCC continue à
placer les délinquants en isolement préventif et dans d'autres environnements
restrictifs comme outil principal de règlement des différends et de
réduction des tensions dans les établissements.
Dans son rapport de 1996, la juge Arbour conclut : « La gestion de l'isolement
préventif qu'il m'a été donné d'observer est en contradiction
avec l'esprit de la Charte qui imprègne d'autres secteurs de l'administration
de la justice pénale ».
Elle ajoute ensuite : « Je ne vois aucune autre solution au recours abusif
à l'isolement de longue durée sauf celle de recommander qu'il soit
placé sous le contrôle et la surveillance des tribunaux. En l'absence
de bonne volonté de soumettre l'isolement à une surveillance judiciaire,
je recommanderais que les décisions relatives au placement en isolement au
niveau d'un établissement soient sous réserve de la confirmation d'un
arbitre indépendant dans les cinq jours ».
Au cours des dix dernières années, des questions similaires relatives
à l'équité et à la non-conformité dont fait état
le rapport de la juge ont été soulevées dans plusieurs autres
rapports internes et externes.8
Des recommandations similaires ont été faites sur l'application de
l'arbitrage indépendant pour les cas d'isolement préventif. Cependant,
le SCC a constamment
rejeté l'arbitrage indépendant et continue jusqu'à maintenant
de soutenir qu'un processus amélioré d'examen interne des cas d'isolement
préventif peut assurer l'équité et la primauté du droit.
Le 8 mai 2006, le Commissaire a répondu à la recommandation que j'ai
formulée dans le Rapport annuel de l'année dernière au sujet
de l'arbitrage indépendant dans le cadre de décisions sur l'isolement
préventif. Il m'a informé que cette fois-ci, au lieu de l'arbitrage
indépendant, le Service introduira de nouvelles initiatives, notamment une
vérification interne, pour améliorer la conformité à
la politique et accroître l'équité.
Je suis ravi de toute initiative qui améliorera la situation, mais je crois
fortement que l'arbitrage indépendant pour les cas d'isolement préventif
est nécessaire, pour que les audiences soient équitables et impartiales.
Il est également important pour assurer la conformité au cadre législatif
du Service, l'accès des détenus aux programmes et services en établissement
au cours de leur incarcération et la mise en application des plans de réinsertion
sociale, afin que les autorités correctionnelles utilisent les mesures les
moins restrictives possible dans l'administration de la peine.
Au fur et à mesure que le Service continue d'essayer d'améliorer ses
processus internes, les conditions des délinquants placés en isolement
préventif se détériorent. Au cours des trois dernières
années, le nombre de délinquants qui ont passé plus de 90 jours
en isolement sollicité a triplé, tandis que le nombre de délinquants
qui ont passé plus de 90 jours en isolement préventif contre leur
gré a doublé.
Au fur et à mesure que le
SCC continue d'essayer d'améliorer ses processus internes, la situation
des délinquants placés en isolement préventif continue de se
détériorer.
Comme je l'ai indiqué dans mon dernier rapport annuel, le
BEC a vu au cours des dernières années « s'élargir
la portée » des environnements correctionnels restrictifs. La
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous
condition fait mention de deux types d'incarcérés seulement : ceux
qui font partie de la population carcérale générale et ceux
qui sont placés en isolement préventif. La Loi prévoit précisément
les droits et privilèges des deux populations et fournit en détail
des procédures rigoureuses en matière d'équité pour
le placement en isolement préventif, comme les avis, les examens, les audiences
et les visites de routine par les responsables des établissements et des
soins de santé.
Au fil des ans, le SCC
a recensé plusieurs différentes sous-populations de délinquants
(p. ex., unités de transition) qui se situent entre ces deux populations.
Un grand nombre de délinquants purgent actuellement une grande partie de
leur peine dans ces unités de transition qui sont plus restrictives, sans
bénéficier d'une stratégie de réinsertion sociale proactive
et d'examens officiels de routine, comme c'est le cas pour les délinquants
placés en isolement préventif.
En réponse à notre recommandation formulée l'an dernier à
ce sujet, le Service s'est engagé à effectuer un examen pour s'assurer
que les unités de transition existantes sont conformes à la Loi et
à la politique. Le rapport préliminaire sur les résultats de
l'examen, qui devait être terminé avant mars 2006, a été
établi mais n'a pas encore été présenté à
la haute direction du Service.
13. Je recommande qu'au cours de l'année qui vient, le Service :
- mette proactivement en application les mesures les moins restrictives
et réduise considérablement le nombre total de placements en isolement
préventif;
- réduise considérablement la période moyenne du
placement en isolement préventif;
- réduise considérablement la période de temps avant
le transfèrement des délinquants dans une même région
ou entre les régions.
14. Je recommande que le Service fournisse immédiatement des garanties
procédurales raisonnables pour tous les délinquants incarcérés
qui ne sont pas considérés comme faisant partie de la population carcérale
générale, et assure la conformité à la Loi en ce qui
a trait aux droits et privilèges des délinquants et à leur
accès aux programmes.
15. Je recommande que le Ministre assume un leadership
et demande au Comité permanent de la sécurité publique et nationale
de la Chambre des communes d'examiner la possibilité de l'arbitrage indépendant
pour les décisions sur l'isolement préventif, lorsqu'il procédera
à l'examen d'autres modifications à apporter à la Loi sur le
système correctionnel et la mise en liberté sous condition.
JEUNES DÉLINQUANTS
Le BEC a souvent
remarqué que le Service ne répond pas aux besoins spéciaux
en matière de services ou programmes des délinquants âgés
de 20 ans ou moins. Les jeunes délinquants dont le nombre atteint environ
400 en permanence, se trouvent très souvent dans de mauvaises situations
: ils sont placés en isolement, subissent de mauvais traitements de la part
d'autres détenus ou ont difficilement accès aux programmes, et leur
taux de réussite des programmes auxquels ils participent est faible; enfin,
ils sont souvent affiliés à des gangs, et leur mise en liberté
sous condition est souvent retardée. Selon les données existantes,
il y a une surreprésentation des délinquants autochtones parmi les
jeunes délinquants. À titre d'exemple, le 9 mai 2006, le nombre de
délinquants incarcérés de 20 ans ou moins s'élevait
à 343 - dont 96 ou 28 % d'origine autochtone. La situation est plus alarmante
dans la région des Prairies, où 58 % des délinquants (72 de
125) âgés de 20 ans et moins sont d'origine autochtone.
Très souvent, les jeunes délinquants se trouvent dans de mauvaises
situations - isolement préventif, abus par d'autres détenus, accès
aux programmes et réussite limités, adhésion aux gangs et libération
conditionnelle retardée.
Le Service ne fournit pas d'unités spéciales de logement, de programmes
ou autres services spéciaux aux jeunes délinquants. Il soutient que
les programmes offerts à l'ensemble des détenus peuvent être
adaptés aux besoins des jeunes délinquants, alors qu'en réalité,
ces jeunes délinquants et délinquantes se trouvent dans des situations
défavorables comme celles qui sont indiquées ci-dessus.
Ma recommandation cette année vise les résultats, dans l'espoir que
le Service fera des progrès considérables et mesurables
pour améliorer les conditions défavorables des jeunes délinquants.
16. Je recommande que, d'ici un an, le Service :
- élabore et mette en application de nouvelles politiques, de nouveaux
programmes et services précisément pour répondre aux besoins
uniques des délinquants âgés de 20 ans ou moins, afin de réduire
considérablement la période d'incarcération dans les établissements
à sécurité maximale et moyenne ainsi qu'en isolement préventif;
- élabore et mette en application des programmes et services pour
répondre aux besoins uniques des délinquants âgés de
20 ans et moins, afin de favoriser fortement une réinsertion sociale sûre
et au temps opportun.
DÉLINQUANTS ÂGÉS
Les délinquants âgés représentent un groupe de plus en
plus important de détenus ayant des besoins spéciaux. En 2000, le
SCC a effectué
un examen interne approfondi et a cerné un vaste éventail de questions
qu'il fallait régler, afin de répondre de façon appropriée
aux besoins de ces détenus. À l'époque, le Service a accordé
tellement d'importance à la situation qu'il a créé une nouvelle
division dont le mandat était de régler les questions liées
à l'hébergement, aux soins palliatifs, aux possibilités de
réinsertion sociale et à l'élaboration de programmes.
Dans son article « Évaluation des besoins en soins de santé
des détenus sous responsabilité fédérale »
la Revue canadienne de santé publique (mars-avril 2004), indiquait
que depuis 1993 le nombre de détenus âgés de 50 ans et plus
a augmenté de 60 %, tandis que de nombre de détenus de 65 ans et plus
a augmenté de 87 %. La Revue traite également de la nécessité
de recueillir plus de renseignements sur les soins de santé offerts à
ce segment de la population carcérale et de porter une attention particulière
à leurs besoins dans ce domaine.
Malheureusement, la situation difficile dont fait état le rapport interne
du Service en 2002 et la Revue canadienne de santé publique en 2004
n'a pas changé; en fait, elle s'est détériorée avec
le nombre toujours croissant de délinquants âgés.
17. Je recommande que le Service réponde aux besoins spéciaux
des délinquants âgés et améliore considérablement
les éléments principaux, notamment l'hébergement, l'élaboration
de programmes, les soins palliatifs et les possibilités de réinsertion
sociale.
RESSOURCES FINANCIÈRES DES DÉTENUS
Il y a presque vingt ans que les indemnités accordées aux détenus
pour leur travail et leur participation aux programmes n'ont pas été
augmentées, ce qui a réduit grandement leur capacité à
faire des achats à l'intérieur des établissements. Nous estimons
que cette situation a accru le niveau de violence associé à la concurrence
à laquelle se livrent les détenus pour obtenir les rares marchandises
disponibles en établissement. Dans certaines régions, le manque de
travail a aggravé la difficulté des détenus à acquérir
des ressources financières suffisantes. En outre, il y a eu une diminution
générale des indemnités que reçoivent les détenus
pour leur travail et leur participation aux programmes, ce qui a eu une incidence
négative sur les économies qu'ils peuvent faire pour faciliter leur
réinsertion sociale pendant l'étape initiale de leur mise en liberté.
L'historique de la rémunération des détenus fait ressortir
clairement le caractère inadéquat des indemnités versées
aux détenus pour leur travail et leur participation aux programmes. En 1981,
le Comité du Cabinet chargé du développement social a approuvé
un nouveau programme de rémunération des détenus. Avec l'aide
de Statistique Canada, le Cabinet a calculé les taux de rémunération
des détenus, et le taux de rémunération maximal était
établi à 7,55 $ par jour. Aujourd'hui, le taux de rémunération
maximal est de 6,90 $ par jour. En 1981, le Service a créé un « panier
de cantine type » pour contrôler les prix des produits qu'achètent
le plus souvent les détenus. En 1981, le panier de cantine coûtait
8,49 $, alors que de nos jours son prix s'élève à 61,59 $,
ou 725 % de plus.
18. Je recommande que le Service augmente immédiatement les indemnités
des détenus pour leur travail et leur participation aux programmes. Je recommande
aussi que dorénavant les indemnités des détenus soient indexées
en fonction du taux d'inflation.
PERMISSIONS DE SORTIR POUR DES RAISONS DE COMPASSION
La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition
prévoit les permissions de sortir pour des raisons de compassion, afin de
permettre à un détenu de « s'occuper d'affaires urgentes
concernant des membres de sa famille immédiate ou d'autres personnes avec
lesquelles il a une relation personnelle étroite ». Dans la plupart
des cas, les détenus demandent des permissions de sortir pour des raisons
de compassion afin de visiter un membre de la famille mourant et/ou d'assister à
ses funérailles.
Au cours des deux dernières années, le
BEC a reçu quelques plaintes sur le rejet par le Service de
demandes de permission de sortir pour des raisons de compassion. Le
BEC estime que pour ces cas, le
SCC n'a pas exercé son pouvoir discrétionnaire dans
le respect de ses obligations légales.
Dans certains cas, nous n'avons pas approuvé l'interprétation du SCC de « membres
de sa famille immédiate ou d'autres personnes avec lesquelles il a une relation
personnelle étroite ». Des modifications apportées récemment
à la politique exigent également que le détenu choisisse
soit de visiter un membre de sa famille mourant ou une personne avec
laquelle il a une relation personnelle étroite ou d'assister
aux funérailles de la personne en question. Lorsqu'on demande à une
personne dans le chagrin de faire un tel choix, on fait preuve de manque de compassion,
élément essentiel de l'exigence légale.
En plus, le fait que des retards administratifs dans la coordination des permissions
de sortir pour des raisons de compassion ont empêché quelques délinquants
d'assister à des funérailles est une question préoccupante;
la position du Service dans de telles situations étant que si le détenu
a manqué les funérailles en raison de retards administratifs, d'une
question de logistique ou de temps, il n'est plus admissible à la permission
de sortir puisque la question n'est plus « urgente ». En outre,
les délinquants autochtones et les délinquantes sont injustement lésés
par cette situation, parce qu'ils sont plus souvent incarcérés loin
de leurs collectivités. Une fois de plus, je considère que la position
adoptée par le SCC
est loin de répondre à l'exigence essentielle de compassion.
19. Je recommande que le Service :
- modifie immédiatement sa politique exigeant que le détenu
choisisse soit de visiter un membre de sa famille mourant ou une autre personne
avec laquelle il a une relation personnelle étroite soit d'assister aux funérailles
de la personne en question;
- accélère immédiatement le traitement des demandes
de permission de sortir pour des raisons de compassion, et permette au détenu
de faire une visite au lieu de sépulture ou encore une visite des membres
de sa famille si les circonstances ne lui permettent pas d'assister aux funérailles.
CLASSEMENT DES DELINQUANTS PURGEANT DES PEINES D'EMPRISONNEMENT A PERPETUITE
Le 23 février 2001, le SCC
a produit le Bulletin politique nº 107, selon lequel les délinquants
sous responsabilité fédérale condamnés à l'emprisonnement
à perpétuité comme peine minimale pour meurtre au premier ou
au deuxième degré doivent être classés au niveau de sécurité
maximale pendant au moins les deux premières années de leur incarcération
dans un établissement fédéral. Depuis que le Bulletin a été
établi, j'ai considéré la politique contraire à l'esprit
de la Loi et recommandé son annulation immédiate.
Je ne suis pas le seul à exprimer cette opinion. Dans son rapport spécial
de 2003, la Commission canadienne des droits de la personne a conclu que « l'ajout
d'un élément punitif à l'exécution de la peine n'est
pas lié logiquement au but légitime de l'évaluation des risques.
De fait, cela est contraire à l'esprit de la Loi sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous conditionet de la Loi canadienne sur les
droits de la personne. » La Commission a recommandé
que le SCC annule immédiatement
sa politique (deux premières années de détention dans un établissement
à sécurité maximale). Plusieurs intervenants, notamment l'Association
canadienne des sociétés Elizabeth Fry, la Société Saint-Léonard
du Canada, l'Association du Barreau canadien et le Conseil des Églises pour
la justice et la criminologie ont exprimé leur mécontentement à
l'égard de cette politique.
En septembre 2005, le Service a modifié sa politique de deux ans pour permettre
aux directeurs d'établissement d'utiliser leur jugement pour ne pas tenir
compte du classement selon l'échelle de classement par niveau de sécurité.
La modification apportée à la politique a eu une incidence sur les
pratiques de placement, mais nous estimons que cette modification de procédure
n'a rien changé à la légalité de la politique.
20. Je recommande que le Service effectue immédiatement un examen
individuel de classement selon le niveau de sécurité pour tous les
délinquants sous responsabilité fédérale, conformément
à la Loi et aux règlements.
ACCÈS DES DÉTENUS AUX ORDINATEURS
En 2003, après avoir examiné les rapports établis sur un ensemble
d'incidents liés à l'utilisation abusive des ordinateurs dans les
cellules, le SCC a décidé
d'interdire l'introduction de nouveaux ordinateurs dans les cellules individuelles.
Le Service a par la suite mis à la disposition des détenus un nombre
limité d'ordinateurs dans des endroits communs désignés à
l'extérieur des cellules. Le
BEC, les détenus et plusieurs intervenants de la collectivité
ont exprimé leurs préoccupations quant à la nécessité
des mesures prises et à l'incidence considérable que l'accès
réduit aux ordinateurs pourrait avoir sur les programmes destinés
aux délinquants, la réinsertion sociale et l'utilisation des ordinateurs
à des fins personnelles (régler des litiges ou se divertir).
Le nombre d'ordinateurs disponibles dans les endroits désignés ne
suffit pas à répondre à la demande, étant donné
que de plus en plus de délinquants entrent dans le système sans avoir
accès à leur propre ordinateur. Les pressions exercées par
les détenus pour avoir accès à un ordinateur en vue de participer
aux programmes et de se trouver un emploi continuent de croître.
En octobre 2004, le Service a créé un comité consultatif pour
examiner la façon d'améliorer l'accès des délinquants
aux ordinateurs. Le comité n'a pas encore établi son rapport final
et il n'a pas non plus présenté ses recommandations au Comité
de direction du SCC.
21. Je recommande que le Service :
- mette à la disposition des détenus des ordinateurs dans
des endroits désignés à l'extérieur des cellules, selon
un ratio raisonnable entre le nombre de délinquants et d'ordinateurs;
- permette aux détenus d'avoir des ordinateurs dans leurs cellules.
CONCLUSION
Le Service a fait des progrès dans un nombre limité de secteurs, depuis
mon dernier rapport annuel. Je voudrais saisir l'occasion pour souligner les secteurs
où le personnel enquêteur a signalé quelques améliorations
et réalisations :
- l'ensemble des programmes pour Autochtones continue de s'accroître,
et de nouveaux programmes ont été établis;
- le Service a effectué une enquête sur les besoins en matière
d'emploi pour les délinquantes incarcérées et les délinquantes
en libération conditionnelle. Il s'est également engagé à
élaborer une stratégie d'emploi pour les délinquantes;
- un nombre plus élevé de délinquants autochtones
ont maintenant accès aux pavillons de ressourcement;
- le Service a approuvé une nouvelle structure de gouvernance pour
les Services de santé, ce qui pourrait aider à ne pas réaffecter
les fonds de soins de santé pour combler certains besoins financiers;
- le Secteur des délinquantes a lancé un examen semi-annuel
des griefs déposés par les délinquantes pour que les questions
systémiques préoccupantes soient déterminées et réglées
de façon uniforme;
- même si le Service accuse des retards indus lorsqu'il s'agit d'ordonner
que des enquêtes soient tenues sur les cas de blessures graves subies par
les délinquants ou de décès, la qualité des rapports
d'enquête établis est considérablement meilleure comparativement
à l'exercice précédent.
J'espère sincèrement que le Service prolongera considérablement
sa liste de réalisations au cours de l'année prochaine, en donnant
suite aux recommandations formulées cette année. Le rapport de l'année
en cours explique très clairement ce que le Service doit faire pour se conformer
à son cadre législatif et de politique. Nous serons heureux de travailler
avec le Service lorsqu'il répondra aux nombreuses questions énumérées
dans le présent rapport.
L'année prochaine sera difficile du fait que plusieurs facteurs peuvent avoir
une incidence sur la capacité du Service de régler ces questions urgentes.
Une nouvelle politique en matière de justice pénale peut être
appliquée et avoir comme conséquence l'accroissement de la population
carcérale. D'après notre expérience et les recherches effectuées,
le Service ne pourra pas réaliser le mandat que lui confère la Loi
si une telle hausse n'est pas assortie d'importants investissements dans les initiatives
de réinsertion sociale, les programmes et les services de santé.
Deux autres questions des politiques préoccupent également le BEC : l'appui du
Canada au Protocole facultatif à la Convention contre la torture
et les conditions des détenus en vertu d'un certificat de sécurité.
Tout d'abord, le protocole a été adopté par l'Assemblée
générale des Nations Unies en décembre 2002. Le Canada faisait
partie du groupe qui a rédigé le protocole, et a voté pour
son adoption. Le protocole prévoit un système de visites régulières
effectuées par des organismes indépendants nationaux et internationaux
dans les installations où des personnes sont privées de liberté,
afin de prévenir la torture et tout autre traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Dans mon dernier rapport annuel 2004-2005, j'ai encouragé le gouvernement
canadien à prendre une fois de plus l'initiative en signant et en ratifiant
cet instrument important en matière de droits de la personne. En procédant
au temps opportun à la ratification du protocole, le Canada élargirait
sa tradition historique de promotion et de défense des droits de la personne
et des valeurs démocratiques à l'échelle nationale et internationale.
Ce serait également une occasion d'examiner le rôle et le mandat des
organismes de surveillance qui sont chargés de la surveillance et des inspections
des lieux de détention, et de renforcer les mécanismes de surveillance
au besoin.
La deuxième question de politique qui préoccupe mon bureau, ce sont
les conditions des détenus en vertu de certificats de sécurité.
Un certificat de sécurité national est une mesure de renvoi que prend
le gouvernement du Canada contre des résidents permanents et des ressortissants
étrangers qui sont inadmissibles au Canada pour des raisons de sécurité
nationale. Le gouvernement fédéral a décidé de transférer
les détenus en vertu d'un certificat de sécurité qui sont incarcérés
dans des établissements de l'Ontario conformément à la Loi
sur l'Immigration et la protection des réfugiés à
un établissement fédéral, en attendant leur renvoi du Canada.
Dans les établissements de l'Ontario, les détenus pouvaient déposer
des plaintes sur les conditions de détention auprès du Bureau de l'Ombudsman.
Le Bureau avait le pouvoir d'enquêter sur les plaintes déposées
par les détenus en vertu de la Loi sur l'ombudsman.
Le Centre de surveillance de l'Immigration a été construit à
Kingston dans le périmètre de l'Établissement de Millhaven.
L'Agence des services frontaliers du Canada a conclu un contrat avec le Service
pour utiliser l'établissement de détention et obtenir les services
du personnel de sécurité. L'Agence des services frontaliers du Canada
a également un contrat avec la Croix-Rouge, une organisation sans but lucratif,
pour surveiller les soins et le traitement des détenus dans les centres de
surveillance de l'Immigration, notamment le nouveau Centre de surveillance de Kingston.
La Croix-Rouge, une organisation non gouvernementale, n'a pas de cadre législatif
pour assumer le role d'organisme de surveillance.
Le transfèrement des détenus des établissements de l'Ontario
au Centre de surveillance de Kingston signifie que ceux-ci perdront les avantages
d'un cadre législatif rigoureux qui leur permet de déposer des plaintes
sur les soins et le traitement qu'ils reçoivent. Le Bureau de l'Enquêteur
correctionnel s'inquiète du fait que les détenus ne bénéficieront
plus de ces avantages ni de la protection légale que leur procure un bureau
d'ombudsman. Selon le protocole facultatif à la Convention contre la torture,
une organisation sans but lucratif qui ne bénéficie pas d'un cadre
législatif, comme la Croix-Rouge, ne peut pas répondre à l'exigence
de surveillance interne prévue dans le protocole.
Enfin, j'aimerais signaler l'engagement que j'ai pris dans le Rapport annuel de
l'année dernière d'améliorer les activités du BEC relatives à
l'engagement des citoyens et aux renseignements, et parler de nouvelles questions
préoccupantes.
L'an dernier, mon bureau a participé à un nombre sans précédent
d'activités d'information. Nous avons officiellement consulté plusieurs
organisations non gouvernementales, des organisations et des experts en matière
de santé mentale, des groupes communautaires et des organisations qui représentent
les peuples autochtones et les minorités visibles. J'entretiens également
plus de relations avec les médias et je participe davantage aux événements
publics, pour faire connaître mon rôle et mes responsabilités
comme ombudsman du système correctionnel fédéral. Mes employés
et moi avons rédigé plusieurs articles qui ont paru dans différentes
publications. Ces activités représentent plusieurs possibilités
pour le public de comprendre les avantages de la surveillance indépendante
dans les établissements.
Pour ce qui est de l'année prochaine, je serai principalement préoccupé
par le nombre élevé des décès et des blessures auto-infligées
dans les établissements au cours des dix dernières années.
Mon bureau s'inquiète particulièrement des nombreuses recommandations
qui sont faites d'une année à l'autre par les enquêteurs nationaux
du Service, les coroners provinciaux et les médecins légistes; il
s'inquiète également de la capacité du Service à donner
suite à ces recommandations de façon uniforme dans tout le pays. Un
suivi au temps opportun et systématique des mesures correctives est nécessaire
pour que des mesures préventives soient prises, ce qui réduira la
fréquence des blessures auto-infligées et des décès.
Au cours de l'année prochaine, mon bureau effectuera un examen exhaustif
des rapports et recommandations qui portent sur les décès et les blessures
graves en établissement, particulièrement les suicides et les blessures
auto-infligées.
Beaucoup d'efforts devront être déployés pour rendre
le système correctionnel du Canada plus équitable, plus humain et
plus efficace; nous nous appuyons toutefois sur une solide fondation.
Le présent rapport annuel est le résultat de discussions entre le
BEC, le SCC, les délinquants
et autres intervenants. De par sa nature, il fait une évaluation approfondie
et souligne les problèmes, non les réussites. Les lecteurs ne devront
surtout pas conclure que le système correctionnel au Canada est un organisme
inefficace parce que ce n'est pas le cas. Beaucoup d'efforts devront être
déployés pour rendre le système correctionnel du Canada plus
équitable, plus humain et plus efficace; nous nous appuyons toutefois sur
un fondement solide.
Un grand merci à toutes les personnes - en particulier mes employés
- qui m'ont aidé à réaliser mon mandat au cours de l'année.
ANNEXE A : STATISTIQUES
TABLEAU A : PLAINTES (1) PAR CATÉGORIE
|
CATÉGORIE
|
TYPE DE CAS
|
|
|
R/I (2)
|
ENQ (3)
|
TOTAL
|
|
|
|
Isolement préventif
|
|
|
|
|
Conditions
|
16
|
87
|
103
|
|
Placement/Examen
|
121
|
243
|
364
|
|
Total
|
137
|
330
|
467
|
|
|
|
Préparation de cas
|
|
|
|
|
Libération conditionnelle
|
64
|
134
|
198
|
|
Postsuspension
|
17
|
18
|
35
|
|
Permission de sortir
|
21
|
28
|
49
|
|
Transfèrement
|
62
|
66
|
128
|
|
Total
|
164
|
246
|
410
|
|
|
|
Effets gardés en cellule
|
193
|
424
|
617
|
|
Placement en cellule
|
42
|
76
|
118
|
|
|
|
Réclamations contre la Couronne
|
|
|
|
|
Décisions
|
14
|
17
|
31
|
|
Traitement
|
16
|
14
|
30
|
|
Total
|
30
|
31
|
61
|
|
|
|
Programmes communautaires/Surveillance dans la collectivité
|
9
|
11
|
20
|
|
Conditions de détention
|
161
|
266
|
427
|
|
Correspondance
|
31
|
48
|
79
|
|
Décès ou blessures graves
|
2
|
13
|
15
|
|
Décisions (en général) - Mise en application
|
26
|
23
|
49
|
|
|
|
Régime alimentaire
|
|
|
|
|
Raisons de santé
|
5
|
33
|
38
|
|
Motifs religieux
|
12
|
19
|
31
|
|
Total
|
17
|
52
|
69
|
|
|
|
Discipline
|
|
|
|
|
Décisions de PI
|
14
|
4
|
18
|
|
Décisions de tribunal disciplinaire pour infractions mineures
|
10
|
13
|
23
|
|
Procédures
|
12
|
30
|
42
|
|
Total
|
36
|
47
|
83
|
|
|
|
Discrimination
|
11
|
8
|
19
|
|
Emploi
|
61
|
88
|
149
|
|
|
|
Renseignements au dossier
|
|
|
|
|
Accès - Divulgation
|
58
|
75
|
133
|
|
Correction
|
92
|
59
|
151
|
|
Total
|
150
|
134
|
284
|
|
|
|
Questions financières
|
|
|
|
|
Accès
|
48
|
78
|
126
|
|
Rémunération
|
62
|
87
|
149
|
|
Total
|
110
|
165
|
275
|
|
|
|
Services alimentaires
|
17
|
38
|
55
|
|
Procédure de règlement des griefs
|
101
|
192
|
293
|
|
Harcèlement
|
12
|
17
|
29
|
|
Santé et sécurité - Lieu de travail
|
9
|
5
|
14
|
|
Détecteur ionique/Chien détecteur de drogue
|
9
|
16
|
25
|
|
|
|
Soins de santé
|
|
|
|
|
Accès
|
104
|
388
|
492
|
|
Décisions
|
101
|
279
|
380
|
|
Soins dentaires
|
12
|
29
|
41
|
|
Total
|
217
|
696
|
913
|
|
|
|
Santé mentale
|
|
|
|
|
Accès
|
9
|
34
|
43
|
|
Programmes
|
0
|
3
|
3
|
|
Total
|
9
|
37
|
46
|
|
|
|
Méthadone
|
15
|
45
|
60
|
|
Langues officielles
|
5
|
6
|
11
|
|
Opérations/Décisions du
BEC
|
54
|
14
|
65
|
|
|
|
Programmes
|
|
|
|
|
Accès
|
75
|
146
|
211
|
|
Qualité/Contenu
|
34
|
36
|
70
|
|
Total
|
109
|
182
|
291
|
|
|
|
Procédures de mise en liberté
|
29
|
31
|
60
|
|
Sécurité des délinquants
|
61
|
138
|
199
|
|
Fouilles et saisies
|
32
|
47
|
79
|
|
Classement selon le niveau de sécurité
|
85
|
142
|
227
|
|
Administration de la peine - Calcul
|
34
|
38
|
72
|
|
Réceptivité du personnel
|
170
|
193
|
363
|
|
Téléphone
|
57
|
138
|
195
|
|
Décision - Permission de sortir
|
23
|
57
|
80
|
|
|
|
Transfèrement
|
|
|
|
|
Exécuté
|
58
|
110
|
168
|
|
Imposé
|
75
|
101
|
176
|
|
Placement pénitentiaire
|
26
|
31
|
57
|
|
Sollicité
|
98
|
114
|
212
|
|
Total
|
257
|
356
|
613
|
|
|
|
Analyse d'urine
|
9
|
13
|
22
|
|
Recours à la force
|
3
|
30
|
33
|
|
|
|
Visites
|
|
|
|
|
Générales
|
84
|
178
|
262
|
|
Visites familiales privées
|
38
|
84
|
122
|
|
Total
|
122
|
262
|
384
|
|
|
|
Décisions sur la libération conditionnelle
|
234
|
-
|
234
|
|
Autres questions
|
86
|
-
|
86
|
|
|
|
|
|
|
TOTAL GÉNÉRAL
|
2 936
|
4 655
|
7 591
|
(1) Voir glossaire.
(2) R/I : Réponse interne - voir glossaire
(3) ENQ : Enquête - voir glossaire
GLOSSAIRE
Plainte : Les plaintes peuvent être formulées par
un délinquant, ou par une personne agissant en son nom, par téléphone,
par télécopieur, par lettre ou au cours d'entrevues tenues par le
personnel enquêteur du
BEC dans les établissements correctionnels.
Réponse interne : Toute réponse fournie à
un plaignant qui ne nécessite pas la consultation de sources d'information
à l'extérieur du
BEC.
Enquête : Tout contact exigeant de la part du personnel enquêteur
du BEC certaines
recherches auprès du SCC
ou l'analyse de documents, avant que ne puisse être fournie l'aide ou l'information
demandée par le délinquant.
Les enquêtes varient considérablement en ce qui a trait à leur
portée, à leur complexité, à leur durée et aux
ressources requises. Certaines questions peuvent se régler au temps opportun,
mais d'autres exigent une étude approfondie des documents pertinents, de
nombreuses entrevues et une correspondance soutenue avec les divers paliers de gestion
du SCC.
TABLEAU B : PLAINTES PAR ÉTABLISSEMENT
|
Région/Établissement
|
Nombre de plaintes
|
Nombre d'entrevues
|
Nombre de Jours Passés en incarcération
|
|
|
|
ÉTABLISSEMENTS POUR FEMMES
|
|
|
|
|
Établissement d'Edmonton pour femmes
|
114
|
35
|
7
|
|
Fraser Valley
|
43
|
14
|
3
|
|
Grand Valley
|
122
|
28
|
6
|
|
Maison Isabel McNeill
|
5
|
2
|
0,5
|
|
Joliette
|
92
|
13
|
4,5
|
|
Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci
|
8
|
2
|
1
|
|
Nova
|
69
|
15
|
4,5
|
|
Centre psychiatrique régional (Prairies)
|
6
|
3
|
2
|
|
Total
|
459
|
112
|
28,5
|
|
|
|
ATLANTIQUE
|
|
|
|
|
Atlantique
|
217
|
62
|
9
|
|
Dorchester
|
256
|
68
|
9,5
|
|
Centre de rétablissement Shepody
|
29
|
14
|
2
|
|
Springhill
|
147
|
52
|
6,5
|
|
Westmorland
|
44
|
12
|
2
|
|
Total pour la région
|
693
|
208
|
28
|
|
|
|
ONTARIO
|
|
|
Bath
|
221
|
93
|
12
|
|
Beaver Creek
|
8
|
1
|
1,5
|
|
Collins Bay
|
126
|
43
|
7,5
|
|
Fenbrook
|
118
|
29
|
3,5
|
|
Frontenac
|
44
|
6
|
3
|
|
Joyceville
|
238
|
45
|
10
|
|
Pénitencier de Kingston
|
319
|
82
|
8,5
|
|
Millhaven
|
166
|
55
|
7
|
|
Pittsburgh
|
28
|
2
|
2
|
|
Centre régional de traitement
|
50
|
42
|
4
|
|
Warkworth
|
246
|
54
|
9
|
|
Total pour la région
|
1 564
|
452
|
68
|
|
|
|
PACIFIQUE
|
|
|
|
|
Ferndale
|
31
|
10
|
2
|
|
Kent
|
388
|
99
|
13
|
|
Kwikwèxwelhp
|
11
|
3
|
1
|
|
Matsqui
|
65
|
21
|
6
|
|
Mission
|
198
|
70
|
10
|
|
Mountain
|
304
|
113
|
13
|
|
Pacifique et CRT
|
179
|
74
|
11
|
|
William Head
|
21
|
25
|
4
|
|
Total pour la région
|
1 193
|
415
|
60
|
|
|
|
PRAIRIES
|
|
|
|
|
Bowden
|
240
|
93
|
11,5
|
|
Drumheller
|
190
|
89
|
12
|
|
Edmonton
|
302
|
68
|
12
|
|
Grande Cache
|
52
|
14
|
2
|
|
Centre Pê Sâkâstêw
|
12
|
4
|
2
|
|
Centre psychiatrique régional
|
94
|
35
|
6
|
|
Riverbend
|
10
|
4
|
1
|
|
Rockwood
|
14
|
4
|
2
|
|
Pénitencier de la Saskatchewan
|
227
|
77
|
12
|
|
Stan Daniels
|
8
|
6
|
2
|
|
Stony Mountain
|
271
|
105
|
12
|
|
Willow Cree
|
8
|
7
|
2
|
|
Total pour la région
|
1 428
|
250
|
76,5
|
|
|
|
|
|
|
QUEBEC
|
|
|
|
|
Archambault
|
250
|
151
|
11
|
|
Cowansville
|
245
|
122
|
14,5
|
|
Donnacona
|
218
|
90
|
15
|
|
Drummond
|
170
|
111
|
11,5
|
|
Centre fédéral de formation
|
112
|
28
|
3
|
|
La Macaza
|
205
|
66
|
13,5
|
|
Leclerc
|
198
|
110
|
9
|
|
Montée St-François
|
39
|
20
|
5
|
|
Port Cartier
|
391
|
222
|
15
|
|
Centre régional de réception/USD
|
169
|
66
|
10
|
|
Ste-Anne-des-Plaines
|
20
|
3
|
1
|
|
Total pour la région
|
2 017
|
989
|
108,5
|
|
|
|
|
|
|
TOTAL GÉNÉRAL
|
7 354
|
2 426
|
369,5
|
TABLEAU C : PLAINTES ET POPULATION CARCÉRALE - PAR RÉGION
|
Région
|
Nombre total de plaintes (*)
|
Population carcérale (**)
|
|
|
|
Atlantique
|
792
|
1 397
|
|
Québec
|
2 169
|
3 321
|
|
Ontario
|
1 751
|
3 603
|
|
Prairies
|
1 586
|
3 293
|
|
Pacifique
|
1 225
|
1 956
|
|
|
|
|
|
TOTAL
|
7 523
|
13 570
|
(*) Exclut 68 plaintes d'établissements provinciaux.
(**) Données obtenues en mars 2006, selon le Système intégré
de rapports du Service correctionnel du Canada.
TABLEAU D : SUITE DONNÉE SELON LE TYPE DE CAS
|
TYPE DE CAS
|
Suite donnée
|
Nombre de Plaintes
|
|
|
|
|
|
Réponse interne
|
Renseignements fournis
|
2 004
|
|
|
Renvois
|
791
|
|
|
Plaintes retirées
|
141
|
|
|
|
|
Total
|
2 936
|
|
|
|
Enquête
|
Renseignements fournis
|
1 029
|
|
|
Non fondées
|
359
|
|
|
En suspens
|
313
|
|
|
Renvois
|
749
|
|
|
Plaintes réglées
|
793
|
|
|
Plaintes retirées
|
187
|
|
|
Recommandation/
Conséquences principales
|
1 225
|
|
|
|
|
Total
|
4 655
|
|
|
|
TOTAL GÉNÉRAL
|
|
7 591
|
TABLEAU E : SUJETS DE PRÉOCCUPATION LES PLUS INDIQUÉS PAR LES DÉLINQUANTS
|
|
|
POPULATION CARCÉRALE TOTALE
|
|
Soins de santé
|
913
|
|
Effets gardés en cellule
|
617
|
|
Transfèrement
|
613
|
|
Isolement préventif
|
467
|
|
Conditions de détention
|
427
|
|
Préparation de cas
|
410
|
|
Visites et visites familiales privées
|
384
|
|
Réceptivité du personnel
|
363
|
|
Procédure de règlement des griefs
|
293
|
|
Programmes/Services
|
291
|
|
|
|
DÉLINQUANTS AUTOCHTONES
|
|
Transfèrement
|
108
|
|
Soins de santé
|
84
|
|
Isolement préventif
|
82
|
|
Effets gardés en cellule
|
68
|
|
Préparation de cas
|
61
|
|
Réceptivité du personnel
|
57
|
|
Conditions de détention
|
55
|
|
Visites et visites familiales privées
|
52
|
|
Programmes/Services
|
48
|
|
Téléphone
|
36
|
|
|
|
DÉLINQUANTES
|
|
Soins de santé
|
66
|
|
Conditions de détention
|
29
|
|
Réceptivité du personnel
|
26
|
|
Sécurité des délinquantes
|
25
|
|
Effets gardés en cellule
|
24
|
|
Préparation de cas
|
24
|
|
Isolement préventif
|
23
|
|
Renseignements au dossier (accès, correction et communication)
|
23
|
|
Transfèrement
|
21
|
|
Classement selon le niveau de sécurité
|
20
|
ANNEXE B : RÉSUMÉ DES RECOMMANDATIONS
1. Je recommande que le Service montre qu'il se conforme à son obligation
légale de fournir à chaque détenu les soins de santé
essentiels conformément aux normes professionnelles reconnues, et que toutes
les installations de soins de santé soient accréditées d'ici
un an.
2. Je recommande que le Service montre qu'il se conforme à son obligation
légale de fournir à chaque détenu les soins de santé
mentale essentiels et un accès raisonnable aux soins de santé mentale
non essentiels conformément aux normes professionnelles reconnues, et que
toutes les infirmeries et tous les centres régionaux de traitement soient
accrédités d'ici un an.
3. Je recommande encore une fois que le Service prenne immédiatement les
mesures nécessaires pour sensibiliser et former tous les employés
de première ligne, afin qu'ils puissent correctement déterminer les
comportements nuisibles liés à des troubles de santé mentale
et qu'ils apprennent à réagir en conséquence.
4. Je recommande que le Service mette immédiatement en ouvre un programme
d'échange d'aiguilles dans les établissements, pour protéger
les délinquants et la société contre la propagation des maladies
infectieuses.
5. Je recommande que, d'ici un an, le Service :
- augmente considérablement l'accès à des emplois significatifs
et à des programmes d'employabilité pour toutes les délinquantes
- continue à accroître considérablement le nombre de logements
et les services de soutien dans la collectivité pour les délinquantes,
dans les régions où il y en a peu;
- examine les activités quotidiennes et la dotation dans les unités
de garde en milieu fermé, en vue d'éliminer le « temps
perdu » et d'accroître considérablement leur accès
aux programmes de traitement et de travail, aux programmes spirituels et à
l'éducation;
- augmente considérablement le nombre de délinquantes qui se présentent
devant la Commission nationale des libérations conditionnelles à la
première date d'éligibilité;
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités autochtones
en vertu des articles 81 et 84 de la LSCMLC, et établisse la capacité
requise;
- augmente considérablement l'accès aux programmes et services adaptés
à la culture pour les femmes autochtones incarcérées dans les
régions de l'Atlantique, du Québec et de l'Ontario;
- examine les incidents où il y eu recours à la force dans les établissements
pour femmes, pour s'assurer que la politique a été respectée;
- établisse des objectifs clairs et veille à ce que tout le personnel
de première ligne reçoive des séances de ressourcement sur
les approches axées sur les femmes, dans le but de répondre à
la recommandation de la Commission canadienne des droits de la personne;
- offre des séances de formation axées sur les femmes à tous
les agents de libération conditionnelle qui travaillent en communauté
avec les délinquantes.
6. Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le Service :
- mette en oeuvre un processus de classement selon le niveau de sécurité,
qui mettra fin au surclassement des délinquants autochtones;
- accélère l'accès aux programmes et services qui réduiront
considérablement la période d'incarcération des délinquants
dans les établissements à sécurité moyenne et maximale;
- augmente considérablement le nombre de délinquants autochtones
incarcérés dans les établissements à sécurité
minimale;
- augmente considérablement le nombre de permissions de sortir sans escorte
et de placements à l'extérieur;
- augmente considérablement le nombre de délinquants autochtones
qui se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à la première date d'éligibilité;
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités autochtones
en vertu des articles 81 et 84 de la LSCMLC, et établisse la capacité
requise.
7. Je recommande que le Service améliore considérablement (outre l'équité
en matière d'emploi requise) le pourcentage de la main-d'ouvre autochtone
à tous les niveaux dans les établissements où la majorité
des délinquants sont d'origine autochtone.
8. Je recommande que le Comité de direction du
SCC établisse un processus d'approbation en temps opportun pour
l'élaboration de plans d'action en réponse aux rapports d'enquête
sur les blessures graves subies par les détenus ou les décès.
En aucun cas, le processus ne devrait dépasser une période de six
mois à partir de la date de l'incident.
9. Je recommande que le Service recueille des renseignements précis et effectue
des analyses exhaustives sur tous les cas de blessures subies par les détenus,
afin d'améliorer sa capacité à prendre les mesures appropriées
dans le but de limiter les blessures subies par les détenus et la violence
en établissement; je recommande aussi que ces renseignements soient vérifiés
tous les six mois dans le cadre d'un processus de vérification interne continue.
10. Je recommande que le Service se conforme immédiatement à ses obligations
légales et établisse une « procédure de règlement
juste et expéditif des griefs des délinquants ».
11. Je recommande que d'ici un an le Service démontre que les statistiques
sur les plaintes et griefs sont utilisées pour déterminer et régler
les questions systémiques soulevées par les délinquants.
12. Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le Service :
- augmente considérablement le nombre de délinquants qui se présentent
devant la Commission nationale des libérations conditionnelles à leur
première date d'éligibilité respective;
- réduise considérablement les listes d'attente pour les programmes
faisant partie des plans correctionnels, dans le but d'accroître la réinsertion
sociale au temps opportun et en toute sécurité;
- accélère l'accès aux programmes et services qui réduiront
considérablement la période d'incarcération des délinquants
dans les établissements à sécurité maximale;
- augmente considérablement le nombre de permissions de sortir sans escorte
et de placements à l'extérieur, qui a extrêmement baissé
au cours des dernières années et dont le taux de réussite est
pourtant très élevé.
13. Je recommande qu'au cours de l'année, le Service :
- mette proactivement en application les mesures les moins restrictives et réduise
considérablement le nombre total des placements en isolement préventif;
- réduise considérablement la durée moyenne du placement
en isolement préventif;
- réduise considérablement le temps avant le transfèrement
des délinquants dans une même région ou entre les régions.
14. Je recommande que le Service fournisse immédiatement des garanties procédurales
raisonnables pour tous les délinquants incarcérés qui ne sont
pas considérés comme faisant partie de la population carcérale
générale, et assure la conformité à la Loi en ce qui
a trait aux droits et privilèges des délinquants et à leur
accès aux programmes.
15. Je recommande que le Ministre assume un leadership
et demande au Comité permanent de la sécurité publique et nationale
de la Chambre des communes d'examiner la possibilité de l'arbitrage indépendant
pour les décisions sur l'isolement préventif, lorsqu'il procédera
à l'examen d'autres modifications à apporter à la Loi sur le
système correctionnel et la mise en liberté sous condition.
16. Je recommande que d'ici un an, le Service :
- élabore et mette en application de nouvelles politiques, de nouveaux
programmes et services précisément pour répondre aux besoins
uniques des délinquants âgés de 20 ans ou moins, afin de réduire
considérablement la période d'incarcération dans les établissements
à sécurité maximale et moyenne ainsi qu'en isolement préventif;
- élabore et mette en application des programmes et services pour répondre
aux besoins uniques des délinquants âgés de 20 ans et moins,
afin de favoriser fortement une réinsertion sociale au temps opportun et
sûre.
17. Je recommande que le Service réponde aux besoins spéciaux des
délinquants âgés et améliore considérablement
les éléments principaux, notamment l'hébergement, l'élaboration
de programmes, les soins palliatifs et les possibilités de réinsertion
sociale.
18. Je recommande que le Service augmente immédiatement les indemnités
des détenus pour leur travail et leur participation aux programmes. Je recommande
aussi que dorénavant les indemnités des détenus soient indexées
en fonction du taux d'inflation.
19. Je recommande que le Service :
- modifie immédiatement sa politique exigeant que le détenu choisisse
soit de visiter un membre de sa famille mourant ou une autre personne avec laquelle
le délinquant a une relation personnelle étroite soit d'assister aux
funérailles de la personne en question;
- accélère immédiatment le traitement des demandes de permissions
de sortir pour des raisons de compassion, et permette au détenu de faire
une visite au lieu de sépulture ou encore une visite des membres de sa famille
si les circonstances ne lui permettent pas d'assister aux funérailles.
20. Je recommande que le Service effectue immédiatement un examen individuel
de classement selon le niveau de sécurité pour tous les délinquants
sous responsabilité fédérale, conformément à
la loi et aux règlements.
21. Je recommande que le Service :
- mette à la disposition des détenus des ordinateurs dans des endroits
désignés à l'extérieur des cellules, selon un ratio
raisonnable entre le nombre de délinquants et d'ordinateurs;
- permette aux délinquants d'avoir des ordinateurs dans leurs cellules.
[1] Commission d'enquête sur
certains événements survenus à la Prison des femmes de Kingston
(1996).
[2] Le « surclassement »
s'entend du placement des délinquants dans des établissements dont
le niveau de sécurité est plus élevé que nécessaire
pour assurer la sécurité publique - le délinquant est par exemple
classé dans un établissement à sécurité maximale
alors qu'un établissement à sécurité moyenne serait
suffisant.
[3] Par exemple, voir : le rapport
du Groupe de travail sur les droits de la personne (présidé par Maxwell
Yalden), 1997; le rapport du Comité permanent de la Chambre sur la justice
et les droits de la personne, 2000; le projet de vérification de la dotation
mixte, 2000; le rapport du vérificateur général, 2003; le rapport
du Comité des comptes publics, 2003; le rapport de la Commission canadienne
des droits de la personne, 2004.
[4] Le « temps perdu »
s'entend d'une situation où les délinquants n'ont pas grand chose
à faire, alors qu'ils devraient participer à des programmes et activités.
[5] Les articles 81et 84 de la Loi
sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition
prévoient la participation directe des collectivités autochtones aux
services correctionnels en vue d'une libération conditionnelle au temps opportun.
[6] En 2003-2004, environ 19 % des
adultes admis (c.-à-d. établissements provinciaux et pénitenciers
fédéraux) étaient d'origine autochtone. Le nombre de personnes
incarcérées au Canada était de 32 000. D'après le recensement
de 2001, la population autochtone au Canada comptait 594 000 personnes, tandis que
la population adulte non autochtone s'élevait à environ 22 064 000.
Le taux d'incarcération global des adultes s'élevait en 2003-2004
à 130 détenus pour 100 000 adultes. Le taux d'incarcération
des délinquants autochtones (1 024 pour 100 000 adultes) n'est qu'une estimation
: les admissions et les données chiffrées ne sont pas directement
comparables puisque les données chiffrées portent sur les délinquants
qui purgent des peines de longue durée. Pourtant, de façon plus générale,
nous savons que le pourcentage des admissions chez les Autochtones correspond aux
données chiffrées générales. Veuillez prendre en note
que pour les comparaisons internationales, le taux d'incarcération comprend
les jeunes délinquants et est donc basé sur la population totale.
Au Canada par exemple, le nombre de personnes incarcérées s'élève
à 108 (adultes et jeunes) pour 100 000 habitants (Aperçu statistique
: le système correctionnel et la mise en liberté sous condition, 2005).
[7] Les articles 81 et 84 de la
Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition
prévoient la participation directe des collectivités autochtones aux
services correctionnels en vue d'une libération conditionnelle au temps opportun.
[8] Parmi ceux-ci figurent le rapport
du Groupe de travail sur l'isolement préventif, 1997; le rapport du Groupe
de travail sur les droits de la personne, présidé par Maxwell Yalden
in 1997; Le rapport du Comité permanent de la Chambre sur la justice et les
droits de la personne, 2000; le projet de vérification de la dotation mixte,
2000; Justice Behind the Wall, par Michael Jackson en 2002; The Litmus
Test of Legitimacy: Independent Adjudication and Administrative Segregation,
par Michael Jackson, Revue canadienne de criminologie et de justice pénale,
Vol. 48, numéro 2, 2006, p. 157-196; le rapport de la Commission canadienne
des droits de la personne, 2003; le rapport du ministère de la Sécurité
publique et de la Protection civile du Canada, 2004.
REPONSE DU SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA AU 33E RAPPORT ANNUEL DE L'ENQUETEUR
CORRECTIONNEL
2005-2006
INTRODUCTION
Au Canada, le système de justice pénale a pour but de contribuer au
maintien d'une société juste, vivant en paix et en sécurité.
À titre d'organisme fédéral responsable de la gestion des pénitenciers
canadiens et de la surveillance des délinquants sous responsabilité
fédérale mis en liberté sous condition dans la collectivité,
le Service correctionnel du Canada (SCC)
joue un rôle important en contribuant à la sécurité publique.
La recherche a montré que, pour la plupart des délinquants, la meilleure
façon d'assurer la sécurité publique est de favoriser la réinsertion
sociale réussie des délinquants au moyen d'une mise en liberté
graduelle en misant à la fois sur une surveillance, un soutien et des programmes
efficaces. Pour atteindre ces résultats, le
SCC doit inciter activement et aider les délinquants à
devenir des citoyens respectueux des lois, tout en exerçant sur eux un contrôle
raisonnable, sûr, sécuritaire et humain dans ses établissements
et en assurant une surveillance efficace dans la collectivité1. Ce faisant, il doit en tout temps s'assurer
que c'est la sécurité publique qui prime dans le processus correctionnel.
L'enquêteur correctionnel (EC) agit comme ombudsman pour les délinquants
qui purgent une peine de ressort fédéral. La fonction première
du Bureau de l'enquêteur correctionnel (BEC)
consiste à faire enquête et à s'assurer qu'on donne suite aux
plaintes des délinquants. Le
BEC doit également examiner les politiques et les pratiques
du SCC à l'origine
des plaintes afin de cerner les carences systémiques et les porter à
l'attention du SCC; il
doit également formuler des recommandations en ce sens.
Au fil des ans, le SCC
et l'EC se sont efforcés
d'établir une relation de travail respectueuse et d'examiner et résoudre
des questions de préoccupation commune. Dans son Rapport annuel, l'EC expose un point de vue important
et indépendant sur les activités du
SCC et donne ainsi au SCC
une autre vision de son propre rendement.
Dans son rapport de cette année, l'enquêteur correctionnel compile
les questions qui ont été soulevées sur une période
de plusieurs années et détermine les domaines dans lesquels il estime
que le SCC n'a pas répondu
à ses attentes. L'importance et l'ampleur des recommandations présentées
dans ce rapport exigent une réponse globale décrivant le contexte
dans lequel le SCC exécute
ses activités ainsi que les efforts continus qu'il déploie pour améliorer
ses résultats.
Bien que les recommandations de l'EC
ne soient pas exécutoires, le Service correctionnel n'en prend pas moins
ce rapport très au sérieux et procède à une analyse
approfondie de chaque recommandation, dans l'intention de s'attaquer aux problèmes
cernés qui sont les plus urgents et qui peuvent être résolus
avec les ressources mises à sa disposition.
Il est important de comprendre que même s'il était d'accord avec toutes
les recommandations de l'EC
- ce qui n'est pas le cas, tel qu'il est expliqué plus loin - le Service
correctionnel du Canada ne peut donner suite à l'ensemble d'entre elles,
compte tenu de ses ressources humaines et financières limitées. Cependant,
le SCC est engagé
dans un processus continu d'amélioration et d'apprentissage, et ce rapport
lui fournit une occasion de progresser dans cette double démarche.
Dans un contexte général, la question la plus fondamentale qui doit
être soulevée ici est que, compte tenu de la transformation du profil
des délinquants, l'approche du
SCC doit continuer d'évoluer rapidement, ne serait-ce que pour
maintenir le niveau actuel de résultats correctionnels. La réalité,
c'est que les délinquants d'aujourd'hui présentent un éventail
plus large de risques et de besoins qu'à tout autre moment de notre histoire.
Par exemple, les délinquants adultes et les jeunes contrevenants ont des
antécédents criminels plus lourds et plus violents :
- Au cours du dernier exercice, environ 90 % des délinquants nouvellement admis
dans nos établissements fédéraux avaient déjà
été condamnés par un tribunal pour jeunes contrevenants ou
pour adultes;
- Près de 50 % des délinquants admis en 2004-2005 avaient déjà
purgé une peine comme jeunes contrevenants;
- Aujourd'hui, la grande majorité des délinquants incarcérés
dans des établissements fédéraux purgent des peines pour des
infractions avec violence (76 %);
- 26 % des délinquants sous responsabilité fédérale ont
été déclarés coupables d'un homicide. Près de
1 000 délinquants sous responsabilité fédérale purgent
actuellement des peines pour meurtre au premier degré;
- 80 % des délinquants admis dans un établissement fédéral
ont un problème de toxicomanie, et la moitié d'entre eux déclarent
avoir commis leur crime sous l'influence de substances intoxicantes, de la drogue
ou de l'alcool;
- Une proportion croissante de délinquants sous responsabilité fédérale,
hommes et femmes, a maintenant des liens avec les gangs et le crime organisé
(une augmentation de 33 % entre 1997 et 2005).
En outre, environ 12 % des délinquants et 26 % des délinquantes présentent
des problèmes de santé mentale au moment de leur admission. Ces pourcentages
ont augmenté depuis 1997 (de 7 % à 12 % pour les hommes, soit une
hausse de 71 %, et de 13 % à 26 % pour les femmes, soit une hausse de 100
%). Par conséquent, le SCC
doit rapidement renforcer et intégrer les mesures qu'il prend pour répondre
aux besoins des délinquants souffrant de maladie mentale qui sont incarcérés
dans les établissements et sous surveillance dans la collectivité.
De plus, la plupart des délinquants ont aujourd'hui des antécédents
professionnels instables et un faible niveau de scolarité; ils sont généralement
en moins bonne santé que les autres Canadiens et sont proportionnellement
beaucoup plus nombreux à être atteints d'une maladie infectieuse telle
que le VIH et l'hépatite.
De plus, les Autochtones sont encore surreprésentés dans le système
correctionnel; environ 3 % de la population canadienne est d'origine autochtone,
mais les Autochtones forment environ 18 % de la population carcérale sous
responsabilité fédérale.
En outre, plus de 50 % des délinquants nouvellement admis purgent actuellement
des peines de moins de trois ans. Cette tendance à imposer des peines plus
courtes s'est accentuée depuis près d'une décennie, ce qui
laisse moins de temps pour modifier un modèle d'attitudes et de comportements
de toute une vie.
Par ailleurs, le pourcentage de personnes qui sont mises en liberté sous
surveillance, à la suite de décisions discrétionnaires, est
à la baisse, et le pourcentage de personnes libérées d'office,
qui passent moins de temps dans la collectivité sous la surveillance du SCC, est à la hausse.
Ces facteurs sont des obstacles de taille à l'efficacité de la gestion,
du traitement et de l'emploi des délinquants pendant leur incarcération,
et à la réussite de leur éventuelle réinsertion dans
la collectivité. Dans ce contexte, le
SCC devra mettre au point des approches plus subtiles et plus intégrées,
tout en respectant son cadre de responsabilité financière, s'il veut
maintenir sa contribution à la sécurité publique, comme l'espèrent
et le méritent les Canadiens et Canadiennes.
COMMENT LE SCC ABORDE
CES DEFIS
Le SCC administre 58
pénitenciers, 16 centres correctionnels communautaires et 71 bureaux de libération
conditionnelle au Canada, qui tous accueillent des délinquants condamnés
à une peine d'emprisonnement de deux ans ou plus. Lors d'une journée
type, environ 12 400 délinquants sont incarcérés dans les établissements
fédéraux et 8 300 sont sous surveillance dans la collectivité.
En tenant compte des allées et venues, le
SCC gère quelque 26 000 délinquants par année.
Afin d'être en mesure de relever les défis que pose la transformation
du profil des délinquants, ci-haut décrite, le
SCC devra, au cours des trois prochaines années, centrer ses
efforts sur cinq priorités stratégiques qui lui permettront d'atteindre
les résultats suivants :
1. La transition en toute sécurité des délinquants dans la
collectivité;
Une réduction du taux de récidive avec violence chez les délinquants,
aussi bien pendant qu'ils sont dans la collectivité, sous la surveillance
du
SCC, qu'à la
fin de leur peine;
2. La sécurité accrue du personnel et des délinquants dans
nos établissements;
Une réduction des comportements violents dans les établissements du
SCC;
3. La capacité accrue d'intervenir efficacement auprès des délinquants
issus des Premières nations et des délinquants métis et inuits;
Un rétrécissement de l'écart entre le taux de récidive
des délinquants autochtones et celui des délinquants non autochtones,
aussi bien pendant qu'ils sont dans la collectivité, sous la surveillance
du
SCC, qu'à la
fin de leur peine;
4. La capacité accrue de répondre aux besoins en santé mentale
des délinquants;
Une amélioration des résultats correctionnels chez les délinquants
sous responsabilité fédérale souffrant de troubles mentaux;
5. Renforcer nos pratiques de gestion.
Une amélioration des pratiques de gestion à tous les niveaux, dans
les établissements et dans la collectivité.
Des stratégies ont été élaborées pour ces cinq
priorités et sont maintenant prises en compte dans les plans d'activités
courants. Les stratégies pour les quatre priorités opérationnelles,
ainsi que les résultats souhaités, ont été élaborées
en s'appuyant sur les conclusions d'une vaste étude criminologique montrant
que la mise en liberté graduelle et contrôlée des délinquants
dans la collectivité, lorsqu'elle peut se faire sans danger, qu'on exerce
une surveillance appropriée et qu'on apporte un bon soutien, est efficace
pour assurer la sécurité à court et à long terme de
nos collectivités. Les délinquants qui ont bénéficié
d'interventions ciblées sont moins enclins à commettre de nouveaux
crimes.
Les stratégies pour réaliser la cinquième priorité stratégique,
c'est-à-dire le renforcement des pratiques de gestion, consistent entre autres
à porter une attention toute spéciale à la définition
des rôles et des responsabilités; à s'assurer de l'efficacité
des communications internes; à instaurer le travail d'équipe au-delà
des limites organisationnelles et des disciplines; à veiller à ce
que les méthodes de gestion soient transparentes et les décisions
fondées sur les valeurs de la fonction publique, à savoir, qualité
et efficacité par rapport au coût, afin d'obtenir, pour la population
canadienne, des résultats en matière de sécurité publique.
CADRE DE LA RÉPONSE
Le Rapport annuel de l'enquêteur correctionnel comprend 42 recommandations
(incluant les sous-recommandations) couvrant un large éventail de sujets.
Étant donné que le SCC
a clairement établi ses cinq priorités pour l'exercice 2006-2007 et
les suivants, et que les recommandations de l'EC
peuvent être reliées à ces priorités, la réponse
du SCC à ces 42
recommandations est organisée en fonction du lien qui existe entre chacune
des recommandations et les priorités du Service.
Cette réponse structurée sera claire pour le lecteur qui voudra peut-être
se reporter à tout autre rapport du
SCC, y compris, bien entendu, au Rapport sur les plans et les priorités,
2006-2007, et aux autres rapports présentés au Parlement2; elle permettra également au
SCC de suivre de près, s'il y a lieu, les progrès
réalisés, qui ont un lien avec sa réponse, dans le cadre de
son travail continu de mise en ouvre de son plan d'activités. Pour revoir
la réponse du SCC,
selon l'ordre numérique des recommandations de l'EC,
veuillez consulter l'index des renvois, à l'annexe B.
Le SCC est d'avis que
certaines des 42 recommandations requièrent une attention immédiate
et d'autres pas. Dans bien des cas, bien qu'il soit d'accord avec l'orientation
générale de la recommandation formulée par l'EC,
c'est parce que le SCC
a déjà pris des mesures dans bon nombre de ces domaines. À
titre d'exemple, tel qu'il est décrit plus loin, des améliorations
à l'exécution des programmes et à la prestation des services
dans les établissements et les bureaux de libération conditionnelle,
visant à assurer la transition graduelle en toute sécurité
des délinquants dans la collectivité, sont déjà apportées
et auront des effets positifs qui ne sont pas reconnus dans le rapport de l'EC.
Le SCC continuera de
travailler en étroite collaboration avec l'EC
sur bon nombre des sujets traités dans le Rapport annuel. Le
SCC a grandement profité de l'expérience et des suggestions
des membres du BEC
en ce qui concerne l'élaboration des politiques et l'amélioration
des processus. Ainsi, le
BEC a joué un rôle instrumental en formulant des recommandations
qui ont amélioré le processus d'examen des incidents où il
y a eu recours à la force.
Il faut mentionner que le
SCC a pris la décision de ne pas répondre à la
recommandation 15 contenue dans le rapport de l'EC
parce qu'elle s'adresse au ministre de la Sécurité publique et de
la Protection civile plutôt qu'au
SCC :
Je recommande que le ministre assume un leadership
et demande au Comité permanent de la sécurité publique et nationale
de la Chambre des communes d'examiner la possibilité de l'arbitrage indépendant
pour les décisions sur l'isolement préventif, lorsqu'il procédera
à l'examen d'autres modifications à apporter à la Loi sur le
système correctionnel et la mise en liberté sous condition.
La position du SCC sur
cette question a été clairement communiquée à l'EC.
Le SCC n'est pas favorable
à la mise en ouvre d'un processus d'arbitrage indépendant et n'appuie
pas cette mesure pour l'instant.
Cette réponse au Rapport annuel de l'EC
a été élaborée dans le but d'étoffer davantage
le contexte que dans les réponses antérieures. Elle devrait donc aider
le lecteur à mieux comprendre à quel point il est difficile et complexe
de gérer une population carcérale qui change rapidement, et comment,
au cours des prochaines années, le
SCC entend optimiser sa contribution à la sécurité
publique en se concentrant sur cinq priorités stratégiques.
PRIORITÉ 1 - TRANSITION DANS LA COLLECTIVITÉ
La transition en toute sécurité des délinquants dans la collectivité
Compte tenu de la transformation du profil des délinquants, décrite
ci-dessus, le SCC est
confronté à certaines difficultés dans la préparation
des délinquants à une transition en toute sécurité dans
la collectivité. Tout indique qu'une mise en liberté graduelle et
supervisée dans la collectivité donne les meilleurs résultats,
mais la complexité et les exigences plus grandes de la population carcérale
posent un défi de taille au
SCC. Les délinquants présentent aujourd'hui des risques
et des besoins de nature plus diverse qui nécessitent des programmes et des
interventions correctionnels ciblés et une surveillance étroite de
la mise en ouvre des plans correctionnels de chacun. Dans ce contexte, l'une des
grandes priorités du SCC
est d'améliorer ses approches afin de s'assurer que les délinquants
peuvent être renvoyés en toute sécurité dans la collectivité.
Afin de contribuer à l'obtention de résultats en matière de
sécurité publique, le
SCC continue d'élaborer et d'intégrer des stratégies
axées sur les interventions significatives, les programmes correctionnels
et la surveillance efficace, ainsi que l'amélioration du suivi des progrès
réalisés par le délinquant.
Par exemple, le SCC améliore
la préparation des délinquants à leur mise en liberté
en s'efforçant d'adapter le processus d'évaluation initiale des délinquants
de façon à ce que les facteurs criminogènes soient évalués
plus tôt dans le processus et à ce qu'un plan correctionnel approprié
soit élaboré. D'autres modifications seront également apportées
à la gestion des cas et aux programmes; ces améliorations devraient
permettre des interventions plus rapides et plus significatives auprès des
délinquants qui purgent des peines de courte durée. De plus, les améliorations
prévues aux centres correctionnels communautaires, afin qu'ils puissent gérer
la transition dans la collectivité, favoriseront encore davantage la transition
en toute sécurité des délinquants dans la collectivité.
Recommandation 1 de l'EC
:
Je recommande que le Service montre qu'il se conforme à son obligation
légale de fournir à chaque détenu les soins de santé
essentiels conformément aux normes professionnelles reconnues, et que toutes
les installations de soins de santé soient accréditées d'ici
un an.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC fournit
et continuera de fournir à chaque détenu les soins de santé
essentiels et un accès raisonnable aux soins de santé non essentiels,
qui contribueront à sa réadaptation ainsi qu'à la réussite
de sa réinsertion sociale.
Les soins de santé sont dispensés par des professionnels de
la santé autorisés, conformément aux normes professionnelles
reconnues. L'accréditation de toutes les installations de soins de santé
est un objectif et non pas une obligation légale.
Tous les professionnels de la santé liés par contrat au
SCC ou employés par le
SCC sont autorisés et régis par des organismes de
réglementation professionnelle, et assujettis à des exigences réglementaires.
Conformément à la Loi sur le Système correctionnel et la mise
en liberté sous condition (LSCMLC),
le SCC n'embauche que
des professionnels de la santé autorisés pour fournir des services
de santé aux délinquants sous responsabilité fédérale.
Des mécanismes sont en place afin de s'assurer que tous les professionnels
de la santé sont titulaires d'un permis valide.
L'accréditation est un processus complexe et itératif dans lequel
le SCC est activement
engagé. C'est un objectif que le
SCC tente d'atteindre afin d'améliorer encore davantage la
prestation des soins de santé, mais l'accréditation n'est pas une
obligation légale. Toutes les unités de soins de santé du SCC, à l'exception
d'une, ont été inspectées par le Conseil canadien d'agrément
des services de santé (CCASS)
entre décembre 2004 et juin 2006. Les prochaines visites de suivi auront
lieu conformément au cycle triennal.
De plus, afin de s'assurer que les normes de soins sont respectées et les
problèmes examinés, le
SCC a mis en place un certain nombre de mécanismes, ce qui
comprend des enquêtes et des visites du Comité consultatif des soins
de santé, et a poursuivi ses démarches d'accréditation de tous
les services de santé.
Recommandation 5 de l'EC
:
Je recommande que, d'ici un an, le Service :
- augmente considérablement l'accès à des emplois
significatifs et à des programmes d'employabilité pour toutes les
délinquantes;
- continue à accroître considérablement le nombre
de logements et les services de soutien dans la collectivité pour les délinquantes,
dans les régions où il y en a peu;
- augmente considérablement le nombre de délinquantes qui
se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à la première date d'éligibilité;
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités
autochtones en vertu des articles 81 et 84 de la
LSCMLC, et établisse la capacité requise;
- augmente considérablement l'accès aux programmes et services
adaptés à la culture pour les femmes autochtones incarcérées
dans les régions de l'Atlantique, du Québec et de l'Ontario.
RÉPONSE DU
SCC :
Dans les limites des ressources dont il dispose et en s'appuyant sur les
analyses et études de besoins en cours, le
SCC continuera d'améliorer les services, programmes et stratégies
visant à répondre aux besoins particuliers des délinquantes
afin de réduire leur risque de récidive violente et accroître
leur capacité de transition en toute sécurité dans la collectivité.
- augmente considérablement l'accès à des emplois
significatifs et à des programmes d'employabilité pour toutes les
délinquantes;
Le SCC reconnaît
le rôle charnière que l'emploi joue dans la promotion de la réinsertion
des femmes dans la société, à titre de citoyennes respectueuses
des lois. Le SCC a élaboré
une Stratégie nationale d'emploi pour les délinquantes, dont la mise
en ouvre doit débuter en avril 2007. L'objectif de cette stratégie
est d'accroître les possibilités d'emplois viables et significatifs
pour les délinquantes, tant dans les établissements que dans la collectivité,
afin de contribuer à la réussite de leur réinsertion sociale.
- continue à accroître considérablement le nombre
de logements et les services de soutien dans la collectivité pour les délinquantes,
dans les régions où il y en a peu;
Au cours des dernières années, le
SCC a augmenté sa capacité d'accueil dans la région
de l'Atlantique; l'an dernier, le SCC
a également accru considérablement sa capacité d'accueil dans
la région du Pacifique, y compris pour les femmes autochtones.
L'ajout de petits logements communautaires de rechange (p. ex., les appartements
satellites et les placements dans une maison privée) pour les délinquantes,
dans les régions mal desservies, a été plutôt limité
compte tenu de la difficulté de trouver ces types de logement ayant le soutien
et la structure nécessaires, souvent pour une femme à la fois. Cependant,
le SCC maintient son
engagement de chercher de tels logements dans les régions mal desservies.
- augmente considérablement le nombre de délinquantes qui
se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à la première date d'éligibilité;
Le SCC s'efforce constamment
d'apporter à ses programmes des améliorations qui contribueront à
la mise en liberté d'une femme, à la date la plus rapprochée
(p. ex., en ciblant plus rapidement ses besoins, en assouplissant les conditions
d'admission aux programmes et en réduisant le nombre minimum de participants
requis pour commencer un programme). Le
SCC continue de suivre de près les délinquantes qui
ont dépassé les dates de leur admissibilité à la libération
conditionnelle et de favoriser la réinsertion des délinquantes dans
la collectivité.
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités
autochtones en vertu des articles 81 et 84 de la
LSCMLC, et établisse la capacité requise;
Une trousse de planification de la mise en liberté sous condition aux termes
de l'article 84 a été préparée et distribuée
dans l'ensemble du SCC,
notamment dans les établissements pour femmes, ainsi que dans les collectivités
à titre de guide complet sur ce type de mise en liberté.
Dans l'ensemble du pays, le SCC
a doté neuf postes (à temps plein) d'agent de développement
auprès de la collectivité autochtone afin de créer des liens
entre les délinquants (hommes et femmes) et les collectivités autochtones,
de susciter l'intérêt des collectivités autochtones à
participer au processus correctionnel et d'amorcer des accords aux termes de l'article
84.
- augmente considérablement l'accès aux programmes et services
adaptés à la culture pour les femmes autochtones incarcérées
dans les régions de l'Atlantique, du Québec et de l'Ontario.
Les régions de l'Atlantique (Établissement Nova), du Québec
(Établissement Joliette) et de l'Ontario (Établissement Grand Valley)
comptent moins de délinquantes autochtones que les deux régions de
l'Ouest. Les établissements dans ces régions offrent les services
d'un Aîné et d'un agent de liaison autochtone ainsi que des interventions
axées sur les besoins de chaque délinquante, notamment des sueries
et d'autres activités culturelles (p. ex., l'Établissement Grand Valley
offre le Programme des cercles de changement).
Recommandation 12 de l'EC
:
Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le Service :
- augmente considérablement le nombre de délinquants qui
se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à leur première date d'éligibilité respective;
- réduise considérablement les listes d'attente pour les
programmes faisant partie des plans correctionnels, dans le but d'accroître
la réinsertion sociale au temps opportun et en toute sécurité;
- augmente considérablement le nombre de permissions de sortir
sans escorte et de placements à l'extérieur, qui a extrêmement
baissé au cours des dernières années et dont le taux de réussite
est pourtant très élevé.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC appuie
sans réserve le principe voulant que tous les délinquants doivent
avoir accès à des programmes et traitements adaptés à
leurs besoins.
Le SCC fait tout
en son pouvoir, avec les ressources dont il dispose, pour supprimer les obstacles
à la participation des délinquants aux programmes, ce qui comprend
les permissions de sortir sans escorte (PSSE) et les placements à l'extérieur,
ainsi que les activités qui aideront à réduire le risque qu'ils
présentent pour la société, de préférence avant
qu'ils n'atteignent les dates de leur admissibilité à la libération
conditionnelle.
Le SCC ne peut
déterminer à l'avance le nombre de délinquants qui atteindront
cet objectif exigeant et ne peut pas non plus forcer un délinquant à
se présenter devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à sa première date d'admissibilité.
- augmente considérablement le nombre de délinquants qui
se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à leur première date d'éligibilité respective;
Le SCC ne peut s'engager
à augmenter le nombre de délinquants qui se présentent devant
la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC).
Outre les dates d'admissibilité à la mise en liberté, d'autres
facteurs doivent être pris en compte, le premier étant de savoir si
le délinquant est prêt à retrouver sa liberté et si sa
présence dans la collectivité peut être gérée
en toute sécurité.
Les politiques et les procédures du
SCC exigent qu'un délinquant soit préparé à
se présenter devant la
CNLC, muni de son dossier d'interventions, le plus rapidement possible
après avoir été jugé prêt à vivre sous
surveillance dans la collectivité, en toute sécurité.
- réduise considérablement les listes d'attente pour les
programmes faisant partie des plans correctionnels, dans le but d'accroître
la réinsertion sociale au temps opportun et en toute sécurité;
Les listes d'attente ne sont qu'un des indicateurs de la véritable demande
de participation aux programmes. Des comités d'inscription aux programmes
sont en place dans les établissements et dans la collectivité, et
leur rôle consiste à gérer l'inscription des délinquants
aux programmes.
Une approche présentement à l'étude consiste à réduire
la durée du processus d'évaluation initiale des délinquants
de façon à leur permettre de participer à des programmes correctionnels
plus tôt au cours de leur peine.
De nouveaux programmes et de nouveaux critères d'orientation vers les programmes
seront mis en place d'ici la fin de l'exercice 2007, l'objectif étant de
parvenir à diriger les délinquants vers les programmes qui correspondent
à leurs besoins, à leur niveau de risque et à la durée
de leur peine.
Une nouvelle politique, en voie d'élaboration, contiendra des lignes directrices
explicites pour l'orientation vers les programmes, la gestion des listes d'attente
et le fonctionnement du Comité des programmes.
- augmente considérablement le nombre de permissions de sortir
sans escorte et de placements à l'extérieur, qui a extrêmement
baissé au cours des dernières années et dont le taux de réussite
est pourtant très élevé.
Les décisions d'approuver une permission de sortir avec escorte (PSAE), une
permission de sortir sans escorte (PSSE) ou un placement à l'extérieur
sont prises au cas par cas. Il faut examiner et bien soupeser les avantages d'une
telle décision, tant du point de vue de la sécurité publique
que de la réinsertion sociale. Le
SCC ne peut donc pas s'engager à augmenter le nombre de permissions
de sortir ou de placements à l'extérieur pour l'ensemble de la population
carcérale.
Cependant, les efforts du SCC
pour simplifier les évaluations et réduire les temps d'attente contribueront
à accroître le nombre de délinquants pour qui les permissions
de sortir ou le placement à l'extérieur peuvent constituer une option
correctionnelle viable. Les efforts déployés par les agents de développement
auprès de la collectivité autochtone pour collaborer avec les collectivités
autochtones contribueront aussi à augmenter, pour les délinquants
autochtones, les possibilités d'obtenir des permissions de sortir.
Recommandation 19 de l'EC
:
Je recommande que le Service :
- modifie immédiatement sa politique exigeant que le détenu
choisisse soit de visiter un membre de sa famille mourant ou une autre personne
avec laquelle le délinquant à une relation personnelle étroite
soit d'assister aux funérailles de la personne en question;
- accélère immédiatement le traitement des demandes
de permissions de sortir pour des raisons de compassion, et permette au détenu
de faire une visite au lieu de sépulture ou encore une visite des membres
de sa famille si les circonstances ne lui permettent pas d'assister aux funérailles.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC ne dispose
pas de ressources suffisantes pour approuver toutes les demandes de permissions
de sortir pour des raisons de compassion. De plus, le
SCC ne juge pas nécessaire de modifier sa propre politique,
puisque celle-ci correspond aux principes de compassion et aux normes communautaires
actuelles.
Le SCC est tenu de répondre
aux besoins du délinquant, de gérer la sécurité publique
et d'utiliser de manière responsable les ressources limitées dont
il dispose pour relever les nombreux défis importants auxquels il est confronté.
Il existe souvent des tensions très réelles entre ces trois obligations.
Le SCC est d'avis qu'aucune
autre mesure n'est requise pour traiter les demandes de permissions de sortir pour
des raisons de compassion, puisqu'il exerce déjà et continuera d'exercer
ses pouvoirs discrétionnaires lors de l'examen de chaque demande, au cas
par cas, et conformément à la loi, aux politiques et aux principes
de la compassion.
Le SCC prend en compte
et appuie le renforcement des liens du délinquant avec sa collectivité,
et respecte l'humanité des personnes condamnées. Il fait donc tout
en son pouvoir pour permettre aux détenus qui le désirent d'assister
aux funérailles de membres de leurs familles ou de personnes avec lesquelles
ils ont une relation personnelle étroite.
Les politiques actuelles garantissent le traitement humain des délinquants
en leur permettant, dans la mesure du possible, d'assister aux funérailles
de certaines personnes avec lesquelles ils sont en relation. Mais chaque demande
est évaluée afin de déterminer la nature de la relation entre
le délinquant et la personne décédée, ainsi que le risque
que présente le délinquant.
PRIORITÉ 2 - SÉCURITÉ DANS LES ÉTABLISSEMENTS
La sécurité accrue du personnel et des délinquants dans nos
établissements
La transformation de la population carcérale a des répercussions directes
sur la sécurité des établissements. Il y a eu augmentation
du nombre de délinquants affichant de faibles capacités d'adaptation
en établissement et un comportement plus antisocial, et il y a également
eu augmentation du pourcentage de délinquants devant être placés
dans les établissements à sécurité maximale dès
leur admission3.
Le SCC doit s'efforcer
de réduire toutes les formes de violence, tant à l'endroit du personnel
que des délinquants. Parallèlement, les délinquants doivent
jouir d'un environnement qui est sécuritaire et qui favorise leur réadaptation.
En outre, la forte proportion de délinquants aux prises avec des problèmes
de toxicomanie signifie que les établissements sont exposés à
des risques de violence associés aux drogues.
Le SCC continue de chercher
des moyens d'améliorer ses pratiques, d'examiner des stratégies nouvelles
et innovatrices et de créer de meilleures conditions pour que les délinquants
parviennent à modifier leurs comportements et à reprendre leur place
dans la société.
Afin d'assurer la protection du personnel et des délinquants dans les établissements,
il faut constamment adapter les mesures de sécurité et les interventions
au profil changeant de la population carcérale. Ces ajustements sont une
priorité pour le SCC.
Recommandation 4 de l'EC
:
Je recommande que le Service mette immédiatement en ouvre un programme
d'échange d'aiguilles dans les établissements, pour protéger
les délinquants et la société contre la propagation des maladies
infectieuses.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC travaille
activement à réduire la propagation des maladies infectieuses, et
continue d'examiner des options pour diminuer le risque de transmission de maladies
infectieuses aux délinquants, aux membres du personnel et au public. Mais
pour le moment, le SCC
s'efforce surtout de réduire l'approvisionnement, l'utilisation et les effets
des drogues dans les établissements, tout en reconnaissant qu'il faudra,
au fil du temps, consentir des efforts et des ressources supplémentaires
dans les domaines de la prévention, du traitement, de l'application des lois
et de la réduction des méfaits.
L'Agence de santé publique du Canada (ASPC)
a terminé récemment une première étude sur le recours
à un programme d'échange de seringues en milieu carcéral. Le
SCC est en train d'analyser
les résultats de cette étude dans le contexte général
de la stratégie existante pour lutter contre l'usage de drogues dans les
établissements, et d'examiner l'expérience d'autres pays qui ont mis
en place des programmes d'échange de seringues. Mais à court terme,
le SCC entend centrer
ses efforts sur la réduction de l'approvisionnement en drogues dans ses établissements.
Recommandation 5 de l'EC
(suite de la priorité 1) :
Je recommande que, d'ici un an, le Service :
- examine les activités quotidiennes et la dotation dans les unités
de garde en milieu fermé, en vue d'éliminer le « temps
perdu » et d'accroître considérablement l'accès des
délinquantes aux programmes de traitement et de travail, aux programmes spirituels
et à l'éducation;
- examine les incidents où il y a eu recours à la force
dans les établissements pour femmes, pour s'assurer que la politique a été
respectée.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continue
de chercher à offrir aux délinquantes classées à sécurité
maximale des occasions supplémentaires de participer à des programmes
et activités et d'interagir avec les autres, tout en assurant la sécurité
de toutes les personnes concernées.
Tous les incidents où il y a recours à la force dans les établissements
font l'objet d'un examen approfondi; il s'agit là d'une pratique bien établie.
- examine les activités quotidiennes et la dotation dans les unités
de garde en milieu fermé, en vue d'éliminer le « temps
perdu » et d'accroître considérablement l'accès des
délinquantes aux programmes de traitement et de travail, aux programmes spirituels
et à l'éducation;
L'approche du SCC consiste
à continuellement examiner et améliorer les opérations ainsi
que l'accès aux programmes et traitements pour les délinquantes détenues
dans l'unité de garde en milieu fermé.
Le SCC centre surtout
ses efforts sur la gestion plus efficace des femmes assujetties au Protocole de
gestion4 après avoir
commis un acte qui a causé de graves préjudices au sein de l'établissement
ou qui a indûment mis en péril la sécurité des autres
durant leur incarcération. Les femmes assujetties au Protocole de gestion,
et celles placées en isolement, sont plus à risque de vivre des périodes
non structurées, ce qui représente une difficulté pour le SCC.
Le SCC tente d'obtenir
des ressources supplémentaires pour accroître ses interventions afin
de donner à ces femmes de plus nombreuses possibilités d'accéder
aux programmes de traitement et de travail, aux programmes spirituels et à
l'éducation.
- Examine les incidents où il y a eu recours à la force
dans les établissements pour femmes, pour s'assurer que la politique a été
respectée.
Dans son rapport, l'EC
indique, qu'après une baisse importante en 2004-2005, le nombre d'incidents
où il y a eu recours à la force dans les établissements pour
femmes a considérablement augmenté en 2005-2006. Par contre, les données
du SCC indiquent que
le nombre d'incidents de ce genre est demeuré relativement stable au cours
des trois derniers exercices financiers : 71 en 2003-2004; 62 en 2004-2005; et 71
en 2005-2006.
Le SCC a mis en place
des politiques et procédures qui régissent l'enregistrement, le visionnement
et la transmission des bandes vidéo, notamment la transmission de chaque
bande vidéo au BEC,
pour examen. Ces politiques et procédures précisent les rôles
et responsabilités des administrations locales, régionales et nationale
en ce qui a trait au processus d'examen, à la surveillance des incidents
où il y a eu recours à la force et à la présentation
de rapports sur ces incidents.
Toutes les interventions de l'équipe pénitentiaire d'intervention
en cas d'urgence sont enregistrées sur bande vidéo, puis examinées
par les administrations locales et régionales qui veillent à faire
respecter la politique en place. De plus, toutes les bandes vidéo des incidents
mettant en cause des délinquantes sont examinées par le Bureau de
la sous-commissaire pour les femmes, qui s'assure qu'elles sont conformes à
la politique en vigueur et qui traite tous les dossiers problématiques en
collaboration avec les établissements.
Recommandation 12 de l'EC
(suite de la priorité 1) :
Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le Service :
- accélère l'accès aux programmes et services qui
réduiront considérablement la période d'incarcération
des délinquants dans les établissements à sécurité
maximale;
RÉPONSE DU
SCC :
Dans les limites de ses ressources, le
SCC est déterminé à offrir aux délinquants
de plus nombreuses occasions de participer à tous les programmes, ce qui
comprend les permissions de sortir et le placement à l'extérieur,
qui les aideront dans leur transition graduelle et supervisée dans la collectivité.
Le SCC ne croit
pas que les objectifs numériques doivent remplacer les examens individuels
en vue de l'attribution de la cote de sécurité ou de la mise en liberté
graduelle des délinquants. Ces décisions sont fondées sur un
examen distinct de chaque cas. Le SCC
aidera les délinquants à effectuer les changements nécessaires
pour montrer qu'ils ont réduit le niveau de risque qu'ils présentent.
La recherche a montré que les interventions efficaces sont la meilleure façon
de réduire la mauvaise conduite en établissement et maintenir des
environnements sûrs et humains.
Le SCC répond
aux besoins de la population carcérale en matière de placement en
utilisant des processus simplifiés qui visent à s'assurer que, dans
toute la mesure du possible, tous les délinquants bénéficient
des interventions nécessaires.
Le but du SCC est d'améliorer
l'accès aux programmes pour tous les délinquants, ce qui contribuera
à la réduction du risque. Un risque réduit permet d'abaisser
le niveau de sécurité requis et de diminuer la période d'incarcération
dans un établissement à sécurité maximale.
En outre, afin de répondre correctement aux besoins des délinquants
autochtones5 en matière
de programmes, des révisions récentes des politiques relatives à
la gestion des cas ont tenu compte de l'histoire sociale des Autochtones dans la
planification correctionnelle et le processus de prise de décisions, conformément
aux principes qui ont guidé la décision de la Cour suprême dans
l'affaire Gladue6.
Recommandation 13 de l'EC
:
Je recommande qu'au cours de l'année, le Service :
- mette proactivement en application les mesures les moins restrictives
et réduise considérablement le nombre total des placements en isolement
préventif;
- réduise considérablement la durée moyenne du placement
en isolement préventif;
- réduise considérablement le temps avant le transfèrement
des délinquants dans une même région ou entre les régions.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continuera
d'améliorer ses pratiques afin de s'assurer que l'isolement préventif
n'est utilisé que dans le cadre d'un processus décisionnel juste et
raisonnable, et que le délinquant est renvoyé le plus rapidement possible
et en toute sécurité parmi la population carcérale générale.
- mette proactivement en application les mesures les moins restrictives
et réduise considérablement le nombre total des placements en isolement
préventif;
La transformation du profil des délinquants a rendu difficile la gestion
d'un milieu fermé avec des ressources et des possibilités limitées.
Le SCC s'est engagé
à ne recourir à l'isolement préventif que lorsque cela est
nécessaire, conformément à la
LSCMLC. Le placement en isolement préventif est d'abord revu
par le directeur de l'établissement (quand ce n'est pas lui qui a confirmé
l'ordre d'isolement) et, au bout de cinq jours, est suivi d'une recommandation du
comité d'examen afin de s'assurer que le maintien en isolement du détenu
est justifié en vertu des facteurs décrits dans la
LSCMLC.
Et pour faciliter le respect des politiques et procédures relatives à
l'isolement préventif, le SCC
continue d'offrir des séances de formation sur ce sujet aux superviseurs
correctionnels.
- réduise considérablement la durée moyenne du placement
en isolement préventif;
De multiples facteurs contribuent à rendre l'isolement préventif nécessaire.
Les efforts continus que déploie le
SCC pour améliorer les services de soutien en santé
mentale, réduire l'influence des drogues et élaborer des stratégies
pour gérer les gangs, ajoutés aux mesures prises pour diminuer la
violence dans les établissements, devraient limiter le recours à l'isolement
préventif et aider à réduire le nombre de délinquants
qui demandent à être placés en isolement.
En ce qui concerne le placement des délinquantes en isolement, le SCC a créé,
à l'Établissement d'Edmonton pour femmes, dans le cadre d'un projet
pilote d'une durée deux ans, un comité consultatif sur l'isolement
dont certains membres viennent de l'extérieur de l'établissement;
ce comité est chargé d'examiner les dossiers des femmes gardées
en isolement pendant plus de 30 jours consécutifs et ceux de toutes les femmes
qui ont passé plus de 60 jours en isolement au cours d'une année.
Le Comité doit s'efforcer de proposer des solutions de rechange raisonnables
et réalistes à l'isolement de courte ou de longue durée.
De plus, le SCC procédera
à une vérification nationale de l'isolement préventif à
l'automne 2006. Cette vérification portera principalement sur les aspects
suivants :
- estimer le caractère adéquat du cadre global de gestion de l'isolement
préventif;
- déterminer si le placement initial et l'isolement continu sont nécessaires;
- déterminer si les conditions du maintien en isolement respectent l'esprit
de la loi;
- évaluer le degré de conformité aux exigences administratives
du processus d'isolement, en ce qui concerne les examens et les évaluations
ainsi que la consignation de l'information.
- réduise considérablement le temps avant le transfèrement
des délinquants dans une même région ou entre les régions.
Il faut traiter en priorité les dossiers des délinquants qui demandent
un transfèrement sollicité afin de mettre fin à leur isolement.
En moyenne, le SCC procède
à cinq transfèrements interrégionaux sollicités par
mois afin de régler les cas d'isolement à long terme. La réussite
de ces transfèrements interrégionaux est surveillée à
l'échelon national.
De plus, pour les cas où les régions ont de la difficulté à
transférer un délinquant, la Directive du commissaire no
710-2 Transfèrement des délinquants a récemment été
modifiée afin de permettre à l'administration centrale de prendre
la décision finale lorsque deux régions ne parviennent pas à
s'entendre sur un transfèrement.
Recommandation 14 de l'EC
:
Je recommande que le Service fournisse immédiatement des garanties
procédurales raisonnables pour tous les délinquants incarcérés
qui ne sont pas considérés comme faisant partie de la population carcérale
générale, et assure la conformité à la Loi en ce qui
a trait aux droits et privilèges des délinquants et à leur
accès aux programmes.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC est responsable
de la garde sécuritaire d'une population carcérale de plus en plus
diversifiée au sein de laquelle coexistent des groupes ou des individus conflictuels.
Il entend continuer de veiller à faire respecter toutes les dispositions
de la
LSCMLC en créant, dans les établissements, un environnement
dans lequel les détenus peuvent vivre en sécurité et en harmonie,
sans que ne soit compromis leur accès aux programmes disponibles.
Le SCC a réalisé
un sondage sur les « unités de transition » et les
autres unités accueillant des sous-populations. Pour donner suite au sondage,
une Directive du commissaire sera élaborée afin de s'assurer de gérer
de manière sécuritaire et appropriée le placement des différentes
sous-populations carcérales, dont certaines sont plus exigeantes, en tenant
compte de leurs besoins. Le SCC
veillera également à faire intégralement respecter la
LSCMLC, en ce qui concerne l'uniformité des conditions d'isolement
pour toutes les populations.
Recommandation 16 de l'EC
:
Je recommande que d'ici un an, le Service :
- élabore et mette en application de nouvelles politiques, de nouveaux
programmes et services précisément pour répondre aux besoins
uniques des délinquants âgés de 20 ans ou moins, afin de réduire
considérablement la période d'incarcération dans les établissements
à sécurité maximale et moyenne ainsi qu'en isolement préventif;
- élabore et mette en application des programmes et services pour
répondre aux besoins uniques des délinquants âgés de
20 ans et moins, afin de favoriser fortement une réinsertion sociale au temps
opportun et sûre.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continuera
de répondre de manière satisfaisante aux besoins de tous les délinquants,
y compris les plus jeunes, en ayant recours à des évaluations et à
des plans individuels, tout en s'assurant qu'ils peuvent participer aux programmes
en toute sécurité.
Chaque plan correctionnel est élaboré individuellement et porte donc
sur les besoins et préoccupations propres au délinquant concerné.
Les adaptations requises en raison de besoins liés à l'âge sont
intégrées dans le plan.
Recommandation 17 de l'EC
:
Je recommande que le Service réponde aux besoins spéciaux
des délinquants âgés et améliore considérablement
les éléments principaux, notamment l'hébergement, l'élaboration
de programmes, les soins palliatifs et les possibilités de réinsertion
sociale.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continuera
de répondre de manière satisfaisante aux besoins de tous les délinquants,
y compris les plus âgés, en ayant recours à des évaluations
et à des plans individuels, tout en s'assurant qu'ils puissent participer
aux programmes en toute sécurité.
Tel qu'il est mentionné dans notre réponse à la recommandation
touchant les délinquants de moins de 20 ans, chaque plan correctionnel est
élaboré individuellement et porte donc sur les besoins et préoccupations
propres au délinquant concerné. Les adaptations requises en raison
de besoins liés à l'âge sont intégrées dans le
plan.
Recommandation 18 de l'EC
:
Je recommande que le Service augmente immédiatement les indemnités
des détenus pour leur travail et leur participation aux programmes. Je recommande
aussi que dorénavant les indemnités des détenus soient indexées
en fonction du taux d'inflation.
RÉPONSE DU
SCC :
Ce n'est pas une priorité immédiate pour le
SCC. Le SCC
examine présentement des options visant à optimiser l'utilisation
efficace des ressources actuellement affectées aux indemnités versées
aux détenus.
Le SCC reconnaît
qu'il faut modifier le système des indemnités versées aux détenus
et a travaillé en collaboration avec le
BEC au cours des six derniers mois à l'élaboration d'une
approche améliorée. Le
BEC est membre du groupe de travail qui a préparé un
rapport détaillé intitulé « Overview of Inmate Finances »
[La situation financière des détenus], déposé en décembre
2005.
L'analyse présentée par l'EC
dans ces recommandations est tirée directement du rapport. Ce rapport approfondi
a analysé la question d'un point de vue législatif et historique :
problèmes soulevés par les parties intéressées; dernières
modifications apportées à la politique; comparaisons nationales et
internationales; rémunération et motivation des détenus; et
situation financière. À la suite de cette analyse, différentes
options ont été proposées afin de créer un système
d'indemnités plus simple; ces options seront présentées à
la haute direction du SCC
à l'automne 2006.
Recommandation 20 de l'EC
:
Je recommande que le Service effectue immédiatement un examen individuel
de classement selon le niveau de sécurité pour tous les délinquants
sous responsabilité fédérale, conformément à
la Loi et aux règlements.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC ne pense
pas qu'il faille modifier ce processus pour l'instant. La méthode de classement
du SCC continuera de
s'appuyer sur les évaluations individuelles, réalisées en conformité
avec la Loi et les règlements.
Les évaluations que réalise le
SCC, en vue du classement de chaque délinquant selon le niveau
de sécurité, sont conformes à la
LSCMLC. Toutes les décisions de placement tiennent compte des
cotes attribuées aux chapitres des besoins en matière de sécurité,
des programmes disponibles, des besoins culturels et linguistiques, de la proximité
de la collectivité d'origine et de la famille, de l'adaptation à la
vie en établissement, du risque d'évasion et de la sécurité
publique.
Dans les situations où les délinquants purgent une peine d'emprisonnement
à perpétuité, le classement de sécurité est effectué
conformément à la
LSCMLC, en tenant compte des éléments susmentionnés,
de l'impact qu'une peine d'emprisonnement à perpétuité a sur
le délinquant et de la gravité de l'infraction.
PRIORITE 3 - DELINQUANTS AUTOCHTONES
La capacité accrue d'intervenir efficacement auprès des délinquants
issus des Premières nations et des délinquants métis et inuits
Tel qu'il a déjà été souligné, les Autochtones
continuent d'être surreprésentés dans le système correctionnel.
De plus, les Autochtones admis dans les établissements fédéraux
sont de plus en plus jeunes et plus nombreux à être incarcérés
pour un crime violent, à faire partie de gangs et à avoir des besoins
plus criants, notamment dans les domaines de la toxicomanie, de la santé,
de l'emploi et de l'éducation. Les besoins des hommes et des femmes autochtones
sont souvent semblables, mais nécessitent différents types d'interventions.
En outre, la recherche révèle des différences dans les antécédents,
les habitudes criminelles et les besoins des délinquants autochtones issus
des Premières nations qui vivent dans les réserves, des délinquants
autochtones issus des Premières nations qui vivent à l'extérieur
des réserves, des délinquants métis et des délinquants
inuits.
Le Plan stratégique concernant les services correctionnels pour autochtones
(de 2006-2007 à 2010-2011) aidera le
SCC à progresser dans les domaines clés qui devraient
permettre de répondre aux besoins particuliers de tous les délinquants
autochtones :
- tout en offrant un éventail complet de soins, mettre en ouvre des initiatives
qui permettent des interventions qui ciblent les facteurs criminogènes particuliers
des délinquants des Premières nations, métis et inuits et des
délinquantes sous responsabilité fédérale, et qui sont
adaptées à leurs cultures respectives;
- accroître la collaboration horizontale et la coordination à l'intérieur
du SCC, à l'intérieur
du portefeuille de la Sécurité publique et avec les autres ordres
de gouvernement, les organisations autochtones et les parties intéressées
afin de contribuer au développement des collectivités autochtones
et aider les délinquants autochtones à entreprendre et poursuivre
leur expérience de guérison;
- supprimer les obstacles systémiques internes et accroître la compétence
culturelle du SCC.
La réponse du SCC
est organisée suivant ses cinq priorités, les recommandations relatives
à la transition dans la collectivité, à la sécurité
dans les établissements, à la santé mentale et au renforcement
de la gestion sont prises en compte dans ces sections précises, puisque toutes
ces questions s'appliquent à tous les délinquants, quel que soit leur
patrimoine culturel. Ces réponses ne sont pas répétées
en regard de cette priorité.
Recommandation 6 de l'EC
:
Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le Service :
- mette en ouvre un processus de classement selon le niveau de sécurité,
qui mettra fin au surclassement des délinquants autochtones;
- augmente considérablement le nombre de délinquants autochtones
incarcérés dans les établissements à sécurité
minimale;
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités
autochtones en vertu des articles 81 et 84 de la
LSCMLC, et établisse la capacité requise.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continuera
d'élaborer et d'utiliser des outils validés qui facilitent l'évaluation
et le classement selon le niveau de sécurité de tous les délinquants,
y compris les délinquants autochtones.
Le SCC poursuit
activement des stratégies visant à continuer d'accroître sa
capacité de procéder à des interventions efficaces auprès
des délinquants issus des Premières nations et des délinquants
métis et inuits. Parallèlement, le
SCC continuera de travailler en collaboration avec ses partenaires
de la justice pénale et la collectivité afin de favoriser la transition
en toute sécurité des délinquants autochtones dans les collectivités,
y compris des délinquants qui retournent vers les zones urbaines.
- mette en ouvre un processus de classement selon le niveau de sécurité,
qui mettra fin au surclassement des délinquants autochtones
L'instrument de classement selon le niveau de sécurité que le SCC utilise convient aux délinquants
autochtones, et les critères qui servent à classer les délinquants
sont énoncés dans la
LSCMLC et le Règlement sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous condition (RSCMLC). Le
BEC n'a pas fourni de données empiriques prouvant que les délinquants
autochtones se voient attribuer des cotes de sécurité supérieures
à celles des autres délinquants.
Certains ont dénoncé les méthodes de reclassement du SCC. Le
SCC entend donc réaliser une analyse des besoins portant
sur l'efficacité et la pertinence culturelle de ses méthodes de reclassement,
et réviser ces dernières si l'analyse montre clairement que des changements
sont nécessaires.
De plus, le SCC concentre
ses efforts sur l'amélioration de l'accès aux programmes et aux interventions
qui aideront les détenus Autochtones, de façon à s'attaquer
aux facteurs criminogènes décrits dans le plan correctionnel de chacun
et, par conséquent, à améliorer le processus de mise en liberté
graduelle supervisée.
- augmente considérablement le nombre de délinquants autochtones
incarcérés dans les établissements à sécurité
minimale;
Le nombre de délinquants autochtones admissibles au transfèrement
vers un établissement à sécurité minimale s'explique
par une interaction complexe de facteurs qui ne relèvent pas tous de la responsabilité
du SCC. Cependant, le
SCC s'est engagé
à aider les délinquants Autochtones à atteindre les objectifs
correctionnels qui vont leur permettre de vivre en toute sécurité
dans un établissement à sécurité minimale. C'est pourquoi
le SCC tient compte des
besoins des délinquants autochtones dans chacune de ses activités
opérationnelles, comme les Programmes, afin d'optimiser les ressources et
l'énergie qui peuvent être dirigées vers la réalisation
de cet objectif.
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités
autochtones en vertu des articles 81 et 84 de la
LSCMLC, et établisse la capacité requise.
Article 81
En raison de la participation accrue des Aînés et de la mise en ouvre
des Sentiers autochtones7,
les pavillons de ressourcement8
(à sécurité minimale) du
SCC étaient presque remplis à pleine capacité
au 31 mars 2006. Le transfert de la responsabilité de quatre établissements
administrés par le SCC
à des collectivités autochtones et l'élaboration de nouvelles
propositions découlant d'accords conclus en vertu de l'article 81 dépendent
de la capacité de la collectivité d'en assumer la responsabilité.
Différents mécanismes de financement, qui passent par Affaires indiennes
et du Nord Canada, le ministère de la Justice (MJ) et le Centre national
de prévention du crime (CNPC), sont en place pour aider les collectivités
à développer cette capacité.
Article 84
En 2005-2006, 226 plans de libération ont été préparés
en vue de leur présentation à la
CNLC, ce qui témoigne d'une augmentation importante de la participation
des collectivités. Ces plans de libération ne constituent pas
des accords. Les agents de libération conditionnelle joignent les plans à
la documentation que la
CNLC doit examiner avant de prendre la décision d'autoriser
la mise en liberté sous condition.
Tel qu'il a été souligné dans la réponse à la
recommandation 5, le SCC
a procédé, dans l'ensemble du pays, à la dotation de postes
d'agent de développement auprès de la collectivité autochtone,
afin de créer des liens entre les délinquants (hommes et femmes) et
les collectivités autochtones, de susciter l'intérêt des collectivités
autochtones à participer au processus correctionnel et d'amorcer des accords
aux termes de l'article 84.
De plus, tel qu'il est mentionné ailleurs dans le présent document,
la trousse de planification de la mise en liberté sous condition aux termes
de l'article 84 a été préparée et distribuée
largement dans l'ensemble du SCC.
PRIORITE 4 - SANTE MENTALE
La capacité accrue de répondre aux besoins en santé mentale
des délinquants
Les délinquants souffrant de troubles mentaux sont de plus en plus nombreux,
et les problèmes de santé mentale sont jusqu'à trois fois plus
fréquents dans les établissements correctionnels que parmi la population
en général. Le SCC
doit donc offrir un éventail complet d'interventions pour répondre
aux besoins nombreux et diversifiés des délinquants en matière
de santé mentale.
À cette fin, le SCC
a élaboré, et travaille présentement à mettre en ouvre,
une stratégie multidimensionnelle globale en matière de santé
mentale. Le SCC a réussi
à obtenir des fonds pour réaliser le volet Santé mentale communautaire
de cette stratégie.
Il faudra cependant trouver du financement pour mettre en application tous les autres
volets de la stratégie. À l'heure actuelle, le
SCC travaille en collaboration avec d'autres ministères pour
tenter d'obtenir ce financement dans le cadre d'un processus interministériel
visant à améliorer les services de santé mentale au Canada.
Recommandation 2 de l'EC
:
Je recommande que le Service montre qu'il se conforme à son obligation
légale de fournir à chaque détenu les soins de santé
mentale essentiels et un accès raisonnable aux soins de santé mentale
non essentiels conformément aux normes professionnelles reconnues et que
toutes les infirmeries et tous les centres régionaux de traitement soient
accrédités d'ici un an.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continuera
de fournir à chaque détenu les soins de santé mentale essentiels.
Mais sans une augmentation importante du financement, le
SCC est actuellement limité dans sa capacité d'améliorer
les soins de santé mentale.
Le SCC souscrit
à la recommandation d'accréditer tous les centres de traitement; en
ce moment, quatre des cinq centres de traitement régionaux sont accrédités.
Le SCC possède
une stratégie globale en matière de santé mentale, dont l'objectif
est d'améliorer la prestation des services de santé mentale. La stratégie
proposée consiste à offrir un éventail complet d'interventions
pour répondre aux besoins des délinquants en matière de santé
mentale et à adopter une approche nationale uniforme en ce domaine :
- soumettre tous les délinquants à un examen initial
approfondi, procéder à une évaluation exhaustive
de ceux qui montrent des signes de troubles mentaux, élaborer des plans de
traitement officiels, le cas échéant, et réunir des renseignements
sur la nature réelle des problèmes de santé mentale détectés
chez les détenus sous responsabilité fédérale;
- offrir un traitement aux détenus éprouvant des problèmes de
santé mentale, en ayant recours à des équipes spécialisées
en soins de santé mentale primaires, dans tous les établissements
du SCC;
- créer des unités de soins de santé mentale intermédiaires
dans certains établissements pour hommes afin d'offrir des soins de santé
mentale plus spécialisés aux détenus qui ont besoin d'un soutien
quotidien dans un environnement sûr et sécuritaire;
- améliorer la dotation en personnel et les installations dans les
centres de traitement en santé mentale afin de les élever
au rang d'hôpitaux psychiatriques en ce qui a trait aux soins dispensés
aux détenus aux prises avec de graves problèmes de santé mentale;
- continuer d'offrir un soutien global aux délinquants
sous surveillance dans la collectivité afin d'assurer leur réinsertion
sociale en toute sécurité.
Le volet communautaire de la Stratégie est financé et en voie de réalisation,
mais le SCC est à
la recherche de financement pour mettre en ouvre les autres volets de la Stratégie.
Le volet communautaire de la Stratégie en matière de santé
mentale devrait faciliter la réinsertion sociale des délinquants éprouvant
des problèmes de santé mentale en augmentant les possibilités
de soutien et d'intervention en santé mentale dans la collectivité,
et, par le fait même, la réussite de la réinsertion sociale
et la sécurité publique.
En ce qui concerne les centres régionaux de traitement, le Centre de rétablissement
Shepody est le seul centre de traitement qui n'est pas encore accrédité;
son accréditation est prévue en 2008.
Du côté des délinquantes, chaque établissement pour femmes
possède une unité d'habitation de huit places en milieu de vie structuré,
qui permet de répondre aux besoins des femmes qui éprouvent des problèmes
de santé mentale et qui ont une cote de sécurité minimale et
moyenne, et de minimiser les risques qu'elles présentent. L'unité
d'habitation en milieu de vie structuré est surveillée 24 heures par
jour et est dotée d'une équipe interdisciplinaire qui reçoit
une formation supplémentaire, notamment une formation spécialisée
en santé mentale. Lors de son inspection de septembre 2005 à l'Établissement
Nova pour femmes et à l'Établissement Grand Valley pour femmes, le
Bureau d'inspection des prisons de Sa Majesté en Angleterre et au pays de
Galles a déclaré que les unités d'habitation en milieu de vie
structuré étaient un modèle impressionnant. Pour les femmes
qui ont besoin d'une intervention intensive en matière de santé mentale,
le SCC possède
une unité distincte pour femmes au Centre psychiatrique régional (région
des Prairies) ainsi qu'à l'Institut Philippe Pinel de Montréal.
Recommandation 3 de l'EC
:
Je recommande encore une fois que le Service prenne immédiatement
les mesures nécessaires pour sensibiliser et former tous les employés
de première ligne, afin qu'ils puissent correctement déterminer les
comportements nuisibles liés à des troubles de santé mentale
et qu'ils apprennent à réagir en conséquence.
RÉPONSE DU
SCC :
Dans la Stratégie en matière de santé mentale, le SCC renforce son engagement de
former les employés en ce domaine et de les aider à atteindre et à
conserver le niveau de compétence requis pour remplir leurs fonctions.
Un cours de formation est en train d'être élaboré à l'intention
du personnel de première ligne; ce cours sera axé sur la reconnaissance
du comportement découlant de problèmes de santé mentale ainsi
que sur les interventions en présence d'un tel comportement. Les établissements
seront encouragés à intégrer le module de formation en santé
mentale dans leurs plans de formation existants, tandis que le
SCC cherche des ressources supplémentaires qui permettraient
d'élaborer une stratégie officielle de formation. Pour être
en mesure d'offrir la formation à tous les membres du personnel de première
ligne, le SCC doit d'abord
disposer d'un financement suffisant, étant donné que le financement
requis excède, et de loin, sa capacité financière actuelle.
Dans le cadre de l'initiative sur la santé mentale dans la collectivité,
les employés des bureaux de libération conditionnelle, des centres
correctionnels communautaires et des établissements résidentiels communautaires
recevront une formation annuelle en santé mentale, qui débutera au
cours de l'exercice 2006-2007. De plus, les membres du personnel des établissements
résidentiels communautaires pour délinquantes recevront aussi cette
année une formation supplémentaire en santé mentale.
Tout le personnel de première ligne et tout le personnel des unités
en milieu de vie structuré, dans les établissements pour femmes, sont
initiés à la thérapie comportementale dialectique qui cible
le déséquilibre affectif et les diverses difficultés de comportement
qui lui sont associées.
PRIORITE 5 - RENFORCEMENT DE NOS PRATIQUES DE GESTION
Une amélioration des pratiques de gestion à tous les niveaux, dans
les établissements et dans la collectivité.
Le SCC est une organisation
qui emploie près de 15 000 personnes, dans de nombreuses disciplines, et
qui fonctionne 365 jours par année, 24 heures par jour, dans toutes les régions
géographiques du pays. Le SCC
est aussi l'un des plus importants gardiens des biens immobiliers fédéraux.
La plupart de ces installations n'ont pas bénéficié de rénovations
cycliques ou de remplacements d'infrastructures majeures au cours de leur cycle
de vie. C'est pourquoi une stratégie est en voie d'élaboration afin
d'examiner rigoureusement les besoins en infrastructures du
SCC, à la lumière des exigences liées à
la gestion d'une population carcérale composée de délinquants
dont le profil n'est plus le même qu'auparavant.
Dans ce contexte, et pour que le SCC
puisse réaliser ses priorités, l'analyse de la planification des ressources
humaines et financières doit être intégrée dans les processus
existants de planification et de détermination des priorités. Le SCC est bien déterminé
à instaurer une gestion transparente et responsable à tous les échelons
de son organisation, à aligner les systèmes de surveillance du rendement
sur les engagements en matière de résultats et à améliorer
les processus d'élaboration des politiques et d'exécution des programmes.
Ces mesures devraient assurer une plus grande cohérence dans l'obtention
de meilleurs résultats correctionnels pour les Canadiens et Canadiennes.
S'il veut obtenir de meilleurs résultats, le
SCC doit poursuivre ses efforts pour améliorer ses pratiques
de gestion. Quatre stratégies sont maintenant en place afin de réaliser
cette priorité; ces stratégies consistent à préciser
les rôles et responsabilités de chacun, à promouvoir les valeurs
et le programme d'éthique, à améliorer les communications internes
et à prévoir les besoins à long terme en matière d'infrastructures
ainsi que la détérioration des installations.
GESTION DES RESSOURCES HUMAINES :
Recommandation 5 de l'EC
(suite - voir la priorité 1 et la priorité 2) :
Je recommande que, d'ici un an, le Service :
- établisse des objectifs clairs et veille à ce que tout
le personnel de première ligne reçoive des séances de ressourcement
sur les approches axées sur les femmes, dans le but de répondre à
la recommandation de la Commission canadienne des droits de la personne;
- offre des séances de formation axées sur les femmes à
tous les agents de libération conditionnelle qui travaillent en communauté
avec les délinquantes.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continuera
d'offrir à ses employés, en temps opportun, une formation de qualité
supérieure qui leur permettra d'acquérir les compétences dont
ils ont besoin pour remplir leurs fonctions. Un cours de perfectionnement sur les
approches centrées sur les femmes fait maintenant partie des Normes nationales
de formation; il fait l'objet d'une étroite surveillance visant à
s'assurer qu'il respecte ces normes.
- établisse des objectifs clairs et veille à ce que tout
le personnel de première ligne reçoive des séances de ressourcement
sur les approches axées sur les femmes, dans le but de répondre à
la recommandation de la Commission canadienne des droits de la personne;
Le SCC a promis à
la Commission canadienne des droits de la personne (CNDP) d'offrir, à tous
les deux ans, un cours de perfectionnement. Le
SCC a respecté cet engagement en élaborant un cours
de perfectionnement et en veillant à ce que les membres de son personnel
suivent cette formation à tous les deux ans, conformément aux Normes
nationales de formation.
Tout le personnel de première ligne a suivi récemment ce cours de
perfectionnement. Dès qu'il aura eu la possibilité d'évaluer
l'impact des normes actuelles et les besoins en formation, le
SCC déterminera s'il y a lieu d'offrir plus fréquemment
la formation en question.
- offre des séances de formation axées sur les femmes à
tous les agents de libération conditionnelle qui travaillent en communauté
avec les délinquantes.
Bon nombre des agents de libération conditionnelle ouvrant dans les unités
de surveillance des femmes ont reçu la formation axée sur les femmes.
Le SCC examinera les
moyens qu'il pourrait prendre pour que cette formation soit offerte rapidement à
tous les agents de libération conditionnelle qui travaillent dans les unités
de surveillance des femmes.
Au besoin, des mesures de soutien (notamment la formation axée sur les femmes)
seront disponibles pour les autres agents de libération conditionnelle qui
pourraient être appelés à surveiller une délinquante,
seulement sur une base irrégulière.
Recommandation 7 de l'EC
:
Je recommande que le Service améliore considérablement (outre
l'équité en matière d'emploi requise) le pourcentage de la
main-d'ouvre autochtone à tous les niveaux dans les établissements
où la majorité des délinquants sont d'origine autochtone.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC est le
deuxième plus important employeur fédéral d'Autochtones, mais
il poursuivra ses efforts afin d'accroître encore davantage le niveau de représentation
d'employés et de gestionnaires autochtones au sein de l'organisation.
Les estimations actuelles de la disponibilité de main-d'ouvre au Canada,
basées sur le recensement de 2001, indiquent que 4,7 % de la population active
estimée se sont déclarés d'origine autochtone. Les données
disponibles au 31 mars 2006 montrent que 970 (6,7 %) des 14 479 employés
du SCC se sont eux-mêmes
désignés comme étant d'origine autochtone. Il vaut également
la peine de mentionner que le SCC
se situe au deuxième rang, juste derrière le ministère des
Affaires indiennes et du Nord canadien, en ce qui concerne le recrutement et la
représentation des Autochtones dans la fonction publique fédérale.
Le SCC ne cessera de
s'appuyer sur les principes de l'équité en emploi afin de se constituer
un effectif plus diversifié qui sera non seulement représentatif de
la société canadienne, mais aussi de la population carcérale.
Des mesures continuent d'être proposées pour supprimer les obstacles
systémiques et mettre fin à la sous-représentation continue
des groupes désignés dans différentes catégories et
à différents niveaux professionnels.
Une stratégie de gestion intégrée des ressources humaines,
visant à encourager le recrutement, le perfectionnement et le maintien en
poste d'employés autochtones, sera achevée d'ici la fin de l'exercice
2007. Une première étape critique dans l'élaboration de cette
stratégie consistera à préparer l'évaluation des besoins
en fonction des activités du
SCC et à réaliser une analyse des écarts afin
de déterminer la capacité que les différents secteurs du Service
devront posséder à long terme. Cette évaluation orientera les
consultations avec le Conseil pour le développement des ressources humaines
autochtones du Canada et avec des organisations autochtones visant à dresser
une liste de mesures qui pourraient être prises pour répondre aux besoins
cernés.
SURVEILLANCE DU RENDEMENT :
Recommandation 8 de l'EC
:
Je recommande que le Comité de direction du
SCC établisse un processus d'approbation en temps opportun pour
l'élaboration de plans d'action en réponse aux rapports d'enquête
sur les blessures graves subies par les détenus ou les décès.
En aucun cas, le processus ne devrait dépasser une période de six
mois à partir de la date de l'incident.
RÉPONSE DU
SCC :
Tous les incidents ayant causé des blessures à un détenu
ou provoqué son décès feront l'objet d'une enquête, et
les mesures correctives requises seront prises rapidement.
L'an dernier, le SCC
a apporté d'autres améliorations au processus d'enquête sur
les incidents. Ces améliorations touchaient notamment la qualité générale
des documents, le processus d'examen des rapports et de mise au point des plans
d'action, en concertation avec les membres du Comité de direction, et le
processus de surveillance de la mise en ouvre des réactions approuvées.
Durant la prochaine année, le
SCC réduira de nouveau le temps qui s'écoule entre le
moment où une enquête est demandée et celui où le Comité
de direction examine et met au point les plans d'action. Le
SCC vise à achever ce processus en moins de six mois pour toutes
les enquêtes de routine; toutefois pour les enquêtes plus complexes,
le processus pourrait s'étendre sur une période plus longue.
Recommandation 9 de l'EC
:
Je recommande que le Service recueille des renseignements précis
et effectue des analyses exhaustives sur tous les cas de blessures subies par les
détenus, afin d'améliorer sa capacité à prendre les
mesures appropriées dans le but de limiter les blessures subies par les détenus
et la violence en établissement; je recommande aussi que ces renseignements
soient vérifiés tous les six mois dans le cadre d'un processus de
vérification interne continue.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continuera
d'examiner toutes les sources de données qui aident à comprendre les
incidents violents qui se produisent dans ses établissements, et d'utiliser
ces données pour prendre les mesures correctives nécessaires; il s'efforcera
également d'améliorer la qualité des données recueillies
et fournies au sujet du comportement violent.
Le SCC s'efforce par
différents moyens de contrôler et d'éliminer les facteurs qui
contribuent à la violence et aux blessures dans les établissements,
par exemple en réduisant la présence et l'influence des drogues dans
les établissements, et en apportant aux programmes de prévention de
la violence des modifications qui les rendront plus accessibles aux personnes qui
en ont besoin. Ces améliorations devraient faire en sorte que les délinquants
soient mieux outillés pour corriger eux-mêmes les comportements pouvant
conduire à l'emploi de la violence.
Le SCC reconnaît
l'existence de lacunes dans les systèmes de consignation et d'analyse des
données nécessaires pour faire rapport d'incidents ayant causé
des blessures. Des mesures ont déjà été prises pour
corriger ces lacunes; elles permettront de réunir des renseignements plus
complets et plus précis. Le
SCC est en train de revoir le processus utilisé pour consigner
tous les incidents de violence, et entend peaufiner et améliorer ce processus
au cours de la prochaine année.
SYSTÈME DE RECOURS :
Recommandations 10 et 11 de l'EC
:
Je recommande que le Service se conforme immédiatement à ses
obligations légales et établisse une « procédure
de règlement juste et expéditif des griefs des délinquants ».
Je recommande que d'ici un an le Service démontre que les statistiques
sur les plaintes et griefs sont utilisées pour déterminer et régler
les questions systémiques soulevées par les délinquants.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC continuera
de revoir et d'améliorer le processus actuellement utilisé pour donner
suite aux plaintes et griefs des délinquants, à tous les échelons
de l'organisation.
Le SCC continuera
de recourir à la procédure nationale de règlement des griefs
des délinquants pour résoudre les questions soulevées dans
des griefs au troisième niveau, et de procéder à des analyses
systémiques des tendances ou des sujets de préoccupation à
l'intérieur de l'organisation.
La qualité des réponses aux griefs s'est améliorée au
cours des deux dernières années. Le système de gestion du savoir,
déployé dans les régions cette année, a aidé
le personnel de tous les niveaux à fournir des réponses plus cohérentes
et plus claires.
Le personnel régional et opérationnel, appelé à revoir
les motifs plus complets et plus clairement présentés pour les décisions
rendues dans les griefs au troisième niveau, utilise l'information pour mieux
comprendre les exigences relatives aux droits de la personne dans le contexte de
son travail et donner à son tour de meilleures réponses aux griefs
présentés aux niveaux inférieurs du système de recours,
tout en contribuant à une culture correctionnelle plus respectueuse des droits
de la personne.
Le système de révision plus intensif a permis de cerner plus clairement
les problèmes systémiques ainsi que le caractère parfois nébuleux
et incomplet des politiques existantes. Les responsables des politiques et les gestionnaires
des opérations se voient constamment rappeler l'importance de régler
les problèmes dès leur découverte. Des analyses systémiques
des tendances et des sujets de préoccupation ont été réalisées
selon les besoins du moment; mais le
SCC reconnaît que des améliorations s'imposent dans ce
domaine et a pris des mesures, décrites ci-dessus, pour remédier à
l'absence d'analyses continues. Il faut signaler que le rapport de l'enquêteur
correctionnel (page 29) commente favorablement les analyses entreprises par le Secteur
des délinquantes, du SCC,
sur les plaintes et griefs concernant les délinquantes. Ces analyses sont
courantes et continueront d'être fournies à l'EC.
De nouvelles affectations de ressources ont permis d'éliminer l'arriéré
des griefs au troisième niveau, à la fin de l'exercice 2005-2006.
La simplification des processus et l'amélioration des politiques sont des
mesures qui permettront de préserver ces gains et de garantir des réponses
rapides aux griefs à l'échelon national. Soixante-dix neuf pour cent
(79 %) des 19 000 plaintes et griefs examinés en 2005-2006 ont été
traités dans les délais prescrits. Sur les 13 000 plaintes et griefs
examinés dans les établissements, 87 % ont été traités
dans les délais prescrits.
ACCES DES DETENUS AUX ORDINATEURS :
Recommandation 21 de l'EC
:
Je recommande que le Service :
- mette à la disposition des détenus des ordinateurs dans
des endroits désignés à l'extérieur des cellules, selon
un ratio raisonnable entre le nombre de délinquants et d'ordinateurs;
- permette aux délinquants d'avoir des ordinateurs dans leurs cellules.
RÉPONSE DU
SCC :
Le SCC reconnaît
les avantages que l'accès à un ordinateur peut procurer au détenu
pour ses études et sa formation professionnelle, et continuera de gérer,
avec les ressources dont il dispose, le risque que peut poser l'accès aux
ordinateurs.
Depuis 2004, le SCC a
travaillé de très près et de manière très productive
sur cette question avec un large éventail d'intervenants et de spécialistes
en technologie de l'information, et a établi la règle d'un minimum
de quatre ordinateurs par établissement et d'un ordinateur pour 50 détenus.
Le SCC est en train de
réaliser une étude visant à déterminer s'il y a lieu
d'ajuster le ratio d'ordinateurs aux besoins des détenus, et d'établir
un protocole pour l'accès des détenus aux ordinateurs appartenant
au SCC. L'étude
comprendra également une évaluation du risque et de la menace que
pose l'utilisation d'ordinateurs dans les cellules.
[1] Voir le mandat du SCC à l'annexe A.
[2] Le Rapport sur les plans
et les priorités est déposé chaque année au
Parlement et oriente la planification de toutes les activités au SCC.
[3] Depuis 2001, la politique
de placement initiale du SCC
stipule que chaque délinquant condamné pour meurtre doit être
placé en établissement à sécurité maximale pour
au moins deux ans.
[4] Le Protocole de gestion
est un cadre déterminant la structure, la surveillance et la supervision
requises pour assurer la sécurité des membres du personnel, des autres
détenues et du public en stabilisant les activités quotidiennes des
détenues.
[5] Pour des renseignements
plus détaillés sur les efforts du
SCC pour réaliser cette priorité, voir, Priorité
3 Délinquants autochtones, La capacité accrue d'intervenir efficacement
auprès des délinquants issus des Premières nations et des délinquants
métis et inuits.
[6] En 1999, l'arrêt
R. c. Gladue de la Cour suprême du Canada a reconnu que les croyances
des Autochtones concernant la justice et la réconciliation, et l'interdépendance
entre les personnes, les familles et les collectivités (urbaines, rurales
ou dans les réserves) avaient leur place dans le système de justice
pénale.
[7] Sentiers autochtones :
milieu traditionnel pour les délinquants autochtones qui souhaitent vivre
une expérience de guérison.
[8] Pavillons de ressourcement
: établissements qui offrent des services et programmes adaptés à
la culture, dans un environnement qui intègre les traditions et croyances
des Autochtones..
ANNEXE A
MANDAT DU SCC
La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition
(LSCMLC)
fournit le cadre législatif pour le travail du
SCC. Le mandat du Service correctionnel du Canada est de contribuer
au maintien d'une société juste, vivant en paix et en sécurité
:
- d'une part, en assurant l'exécution des peines par des mesures de garde et
de surveillance sécuritaires et humaines;
- et d'autre part, en aidant au moyen de programmes appropriés dans les pénitenciers
ou dans la collectivité, à la réadaptation des délinquants
et à leur réinsertion sociale à titre de citoyens respectueux
des lois.
Les services offerts par le SCC
sont également guidés par la Charte canadienne des droits et libertés
et un grand nombre de lois, de règlements, de politiques et de conventions
internationales. Le respect des dispositions de ces différents documents
aide à s'assurer que le SCC
exerce sur les délinquants un contrôle raisonnable, sûr, sécuritaire
et humain, et qu'il s'acquitte de son mandat en se montrant responsable sur le plan
financier.
Conformément à la
LSCMLC, l'Énoncé de mission du
SCC reflète les valeurs des Canadiens et Canadiennes, notamment
la reconnaissance de la primauté du droit et un placement sous garde humain,
sécuritaire et sûr. La Mission prône l'ouverture et l'intégrité
dans la reddition de comptes au public et soutient la relation du
SCC avec l'enquêteur correctionnel en général
et, plus particulièrement, la transparence et la responsabilisation à
l'endroit de la population canadienne.
ANNEXE B
LISTE DES RECOMMANDATIONS DE L'ENQUETEUR CORRECTIONNEL ET DES REPONSES DU SERVICE
CORRECTIONNEL DU CANADA
Recommandations de l'enquêteur correctionnel
Recommandation 1 :
Je recommande que le Service montre qu'il se conforme à son obligation légale
de fournir à chaque détenu les soins de santé essentiels conformément
aux normes professionnelles reconnues, et que toutes les installations de soins
de santé soient accréditées d'ici un an.
Recommandation 2 :
Je recommande que le Service montre qu'il se conforme à son obligation légale
de fournir à chaque détenu les soins de santé mentale essentiels
et un accès raisonnable aux soins de santé mentale non essentiels
conformément aux normes professionnelles reconnues, et que toutes les infirmeries
et tous les centres régionaux de traitement soient accrédités
d'ici un an.
Recommandation 3 :
Je recommande encore une fois que le Service prenne immédiatement les mesures
nécessaires pour sensibiliser et former tous les employés de première
ligne, afin qu'ils puissent correctement déterminer les comportements nuisibles
liés à des troubles de santé mentale et qu'ils apprennent à
réagir en conséquence.
Recommandation 4 :
Je recommande que le Service mette immédiatement en ouvre un programme d'échange
d'aiguilles dans les établissements, pour protéger les délinquants
et la société contre la propagation des maladies infectieuses.
Recommandation 5 :
Je recommande que, d'ici un an, le Service :
- augmente considérablement l'accès à des emplois significatifs
et à des programmes d'employabilité pour toutes les délinquantes
- continue à accroître considérablement le nombre de logements
et les services de soutien dans la collectivité pour les délinquantes,
dans les régions où il y en a peu;
- examine les activités quotidiennes et la dotation dans les unités
de garde en milieu fermé, en vue d'éliminer le « temps
perdu » et d'accroître considérablement leur accès
aux programmes de traitement et de travail, aux programmes spirituels et à
l'éducation;
- augmente considérablement le nombre de délinquantes qui se présentent
devant la Commission nationale des libérations conditionnelles à la
première date d'éligibilité;
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités autochtones
en vertu des articles 81 et 84 de la
LSCMLC, et établisse la capacité requise;
- augmente considérablement l'accès aux programmes et services adaptés
à la culture pour les femmes autochtones incarcérées dans les
régions de l'Atlantique, du Québec et de l'Ontario;
- examine les incidents où il y eu recours à la force dans les établissements
pour femmes, pour s'assurer que la politique a été respectée;
- établisse des objectifs clairs et veille à ce que tout le personnel
de première ligne reçoive des séances de ressourcement sur
les approches axées sur les femmes, dans le but de répondre à
la recommandation de la Commission canadienne des droits de la personne;
- offre des séances de formation axées sur les femmes à tous
les agents de libération conditionnelle qui travaillent en communauté
avec les délinquantes.
Recommandation 6 :
Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le Service :
- mette en oeuvre un processus de classement selon le niveau de sécurité,
qui mettra fin au surclassement des délinquants autochtones;
- accélère l'accès aux programmes et services qui réduiront
considérablement la période d'incarcération des délinquants
dans les établissements à sécurité moyenne et maximale;
- augmente considérablement le nombre de délinquants autochtones
incarcérés dans les établissements à sécurité
minimale;
- augmente considérablement le nombre de permissions de sortir sans escorte
et de placements à l'extérieur;
- augmente considérablement le nombre de délinquants autochtones
qui se présentent devant la Commission nationale des libérations conditionnelles
à la première date d'éligibilité;
- ait recours davantage aux accords conclus avec les collectivités autochtones
en vertu des articles 81 et 84 de la
LSCMLC, et établisse la capacité requise.
Recommandation 7 :
Je recommande que le Service améliore considérablement (outre l'équité
en matière d'emploi requise) le pourcentage de la main-d'ouvre autochtone
à tous les niveaux dans les établissements où la majorité
des délinquants sont d'origine autochtone.
Recommandation 8 :
Je recommande que le Comité de direction du
SCC établisse un processus d'approbation en temps opportun
pour l'élaboration de plans d'action en réponse aux rapports d'enquête
sur les blessures graves subies par les détenus ou les décès.
En aucun cas, le processus ne devrait dépasser une période de six
mois à partir de la date de l'incident.
Recommandation 9 :
Je recommande que le Service recueille des renseignements précis et effectue
des analyses exhaustives sur tous les cas de blessures subies par les détenus,
afin d'améliorer sa capacité à prendre les mesures appropriées
dans le but de limiter les blessures subies par les détenus et la violence
en établissement; je recommande aussi que ces renseignements soient vérifiés
tous les six mois dans le cadre d'un processus de vérification interne continue.
Recommandation 10 :
Je recommande que le Service se conforme immédiatement à ses obligations
légales et établisse une « procédure de règlement
juste et expéditif des griefs des délinquants ».
Recommandation 11 :
Je recommande que d'ici un an le Service démontre que les statistiques sur
les plaintes et griefs sont utilisées pour déterminer et régler
les questions systémiques soulevées par les délinquants.
Recommandation 12 :
Je recommande qu'au cours de l'année prochaine, le Service :
- augmente considérablement le nombre de délinquants qui se présentent
devant la Commission nationale des libérations conditionnelles à leur
première date d'éligibilité respective;
- réduise considérablement les listes d'attente pour les programmes
faisant partie des plans correctionnels, dans le but d'accroître la réinsertion
sociale au temps opportun et en toute sécurité;
- accélère l'accès aux programmes et services qui réduiront
considérablement la période d'incarcération des délinquants
dans les établissements à sécurité maximale;
- augmente considérablement le nombre de permissions de sortir sans escorte
et de placements à l'extérieur, qui a extrêmement baissé
au cours des dernières années et dont le taux de réussite est
pourtant très élevé.
Recommandation 13 :
Je recommande qu'au cours de l'année, le Service :
- mette proactivement en application les mesures les moins restrictives et réduise
considérablement le nombre total des placements en isolement préventif;
- réduise considérablement la durée moyenne du placement
en isolement préventif;
- réduise considérablement le temps avant le transfèrement
des délinquants dans une même région ou entre les régions.
Recommandation 14 :
Je recommande que le Service fournisse immédiatement des garanties procédurales
raisonnables pour tous les délinquants incarcérés qui ne sont
pas considérés comme faisant partie de la population carcérale
générale, et assure la conformité à la Loi en ce qui
a trait aux droits et privilèges des délinquants et à leur
accès aux programmes.
Recommandation 15 :
Je recommande que le Ministre assume un leadership et
demande au Comité permanent de la sécurité publique et nationale
de la Chambre des communes d'examiner la possibilité de l'arbitrage indépendant
pour les décisions sur l'isolement préventif, lorsqu'il procédera
à l'examen d'autres modifications à apporter à la Loi sur le
système correctionnel et la mise en liberté sous condition.
Recommandation 16 :
Je recommande que d'ici un an, le Service :
- élabore et mette en application de nouvelles politiques, de nouveaux
programmes et services précisément pour répondre aux besoins
uniques des délinquants âgés de 20 ans ou moins, afin de réduire
considérablement la période d'incarcération dans les établissements
à sécurité maximale et moyenne ainsi qu'en isolement préventif;
- élabore et mette en application des programmes et services pour répondre
aux besoins uniques des délinquants âgés de 20 ans et moins,
afin de favoriser fortement une réinsertion sociale au temps opportun et
sûre.
Recommandation 17 :
Je recommande que le Service réponde aux besoins spéciaux des délinquants
âgés et améliore considérablement les éléments
principaux, notamment l'hébergement, l'élaboration de programmes,
les soins palliatifs et les possibilités de réinsertion sociale.
Recommandation 18 :
Je recommande que le Service augmente immédiatement les indemnités
des détenus pour leur travail et leur participation aux programmes. Je recommande
aussi que dorénavant les indemnités des détenus soient indexées
en fonction du taux d'inflation.
Recommandation 19 :
Je recommande que le Service :
- modifie immédiatement sa politique exigeant que le détenu choisisse
soit de visiter un membre de sa famille mourant ou une autre personne avec laquelle
le délinquant a une relation personnelle étroite soit d'assister aux
funérailles de la personne en question;
- accélère immédiatment le traitement des demandes de permissions
de sortir pour des raisons de compassion, et permette au détenu de faire
une visite au lieu de sépulture ou encore une visite des membres de sa famille
si les circonstances ne lui permettent pas d'assister aux funérailles.
Recommandation 20 :
Je recommande que le Service effectue immédiatement un examen individuel
de classement selon le niveau de sécurité pour tous les délinquants
sous responsabilité fédérale, conformément à
la loi et aux règlements.
Recommandation 21 :
Je recommande que le Service :
- mette à la disposition des détenus des ordinateurs dans des endroits
désignés à l'extérieur des cellules, selon un ratio
raisonnable entre le nombre de délinquants et d'ordinateurs;
- permette aux délinquants d'avoir des ordinateurs dans leurs cellules.