Rapport annuel du
Bureau de l'enquêteur
correctionnel 2002-2003
Communiqué de presse pour le Rapport annuel 2002-2003
© Ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada 2003
No de cat. JA1-2003F-HTML
ISBN 0-662-66770-0
Internet : www.oci-bec.gc.ca
TABLE DES MATIÈRES
APERÇU DE L'ENQUÊTEUR CORRECTIONNEL
RÔLE DU BUREAU DE L'ENQUÊTEUR CORRECTIONNEL
INSTANTANÉS
PRINCIPALES QUESTIONS EN SUSPENS
1. Délinquants autochtones
2. Délinquantes
3. Harcèlement sexuel
4. Préparation des cas et accès aux programmes
5. Blessures subies par les détenus et surveillance de la violence
dans les établissements
6. Enquêtes
7. Unité spéciale de détention
8. Double occupation des cellules
9. Recours à la force
10. Accusations d'inconduite portées contre le personnel
11. Transfèrement imposé et consentement aux interventions
psychiatriques
12. Politique relative à la fouille à nu
13. Ressources financières des détenus
14. Transfèrements
15. Procédure de règlement des griefs des détenus
16. Jeunes contrevenants et délinquants âgés
17. Classement des délinquants condamnés à perpétuité
SERVICES DE SANTÉ
TOUR D'HORIZON
PROPOSITION DE RÈGLEMENT
SOMMAIRE DES RECOMMANDATIONS
STATISTIQUES
RÉPONSE DU CANADA AU 30e RAPPORT ANNUEL DE L'ENQUÊTEUR CORRECTIONNEL
Introduction
Délinquants autochtones
Délinquantes
Harcèlement sexuel
Préparation des cas et accès aux programmes
Blessures subies par les détenus et surveillance de la violence
dans les établissements
Enquêtes
Unité spéciale de détention
Double occupation des cellules
Recours à la force
Accusations d'inconduite portées contre le personnel
Transfèrement imposé et consentement aux interventions psychiatriques
Politique relative à la fouille à nu
Ressources financières des détenus
Transfèrements
Procédure de règlement des griefs des détenus
Jeunes contrevenants et délinquants âgés
Classement des délinquants condamnés à perpétuité
Services de santé
Tour d'horizon
Proposition de règlement
APERÇU DE L'ENQUÊTEUR CORRECTIONNEL
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel (BEC)
doit maintenir une voie de recours accessible et indépendante pour les plaintes
des contrevenants et formuler des recommandations en temps opportun au commissaire
du Service correctionnel du Canada (SCC)
et au solliciteur général sur les questions qui ont fait l'objet de
plaintes.
Nous nous employons à mettre en oeuvre cet énoncé de mission
tout en nous conformant à la loi. Cela s'applique non seulement à
notre objectif prévu dans la loi, soit de résoudre les problèmes
des détenus, mais aussi au mandat légal fondamental du Service correctionnel
du Canada, qui est d'assurer la garde des délinquants dans des conditions
sécuritaires et humaines et faciliter en temps opportun leur réinsertion
sociale.
À de nombreux égards, rien n'a beaucoup changé en ce qui a
trait à nos opérations et aux résultats obtenus. Au cours de
la dernière année, le Bureau s'est de nouveau employé à
remplir son mandat en faisant enquête sur les plaintes des délinquants
de façon approfondie, rapide et impartiale. Nous nous sommes de nouveau efforcés
de formuler des recommandations judicieuses et raisonnables pour régler de
la façon la plus efficace possible les problèmes soulevés par
les délinquants sur l'organisation du
SCC. Une fois de plus, nous avons davantage réussi à
régler ces problèmes sur le plan opérationnel plutôt
que sur le plan de l'administration centrale.
Toutefois, il convient de signaler que nous essayons de remédier de deux
façons à la situation concernant les problèmes systémiques.
Premièrement, nous avons élaboré une approche prometteuse,
en collaboration avec la commissaire du Service correctionnel, pour parvenir à
une entente sur le règlement des principaux problèmes permanents.
Deuxièmement, lorsque ce mécanisme n'est pas efficace, nous décidons
de prendre d'autres mesures nécessaires pour régler ces problèmes.
Opérations quotidiennes et résultats
Cette année, notre personnel a de nouveau réussi à traiter
sur le plan opérationnel un grand nombre de problèmes soulevés
par les délinquants. En effet, nous avons répondu à 6 988 demandes
ou plaintes présentées par les délinquants et mené 3
257 enquêtes de complexité variable. Nous avons procédé
à 2 451 entrevues avec les délinquants en 373 jours-personnes de visite
dans les établissements. Selon les données du
SCC, il y a eu 120 incidents qui ont entraîné de graves
blessures ou la mort en 2002-2003. Conformément à l'article 19 de
la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition
(LSCMLC),
nous avons examiné tous les rapports d'enquête portant sur ces incidents
qui nous ont été présentés par le
SCC. De plus, nous avons reçu de l'information sur 1 127 incidents
mettant en cause le recours à la force pour maîtriser des détenus.
Nous avons examiné cette information et l'avons portée, au besoin,
à l'attention des gestionnaires régionaux et nationaux du SCC responsables du respect
des loi et des enquêtes.
Cette année, nous avons commencé à déterminer « quatre
secteurs d'intervention privilégiée » en tant qu'indicateurs
de rendement des établissements sur des questions qui touchent particulièrement
les détenus. Nous avons obtenu de façon systématique des établissements
des données portant sur ces quatre secteurs et les avons examinées.
Nous visons ainsi à évaluer l'efficacité des établissements
dans des secteurs qui sont problématiques et qui concernent fondamentalement
les conditions d'incarcération des détenus et les progrès réalisés
en vue de leur mise en liberté. Les secteurs d'intervention privilégiée,
déterminés dans le cadre de notre cycle de planification annuelle,
sont les suivants :
- Programmes, mise en liberté sous condition et préparation des cas;
- Isolement préventif;
- Classement des détenus selon le niveau de sécurité et transfèrements;
- Équité en matière de procédures, recours et griefs.
Nos gestionnaires, notre avocat-conseil et les coordonnateurs des Questions autochtones
et du Secteur des délinquantes rencontrent fréquemment la direction
et le personnel du Service correctionnel ainsi que des représentants d'organismes
gouvernementaux et non gouvernementaux qui sont actifs dans le domaine de la justice
pénale et des droits de la personne.
Je tiens à profiter de l'occasion pour féliciter les employés
du Bureau de leur rendement exemplaire malgré les tâches difficiles
que je leur avaient confiées. Ils ont réussi à traiter les
problèmes soulevés par les délinquants grâce aux solides
valeurs, aux nombreuses compétences et à la patience admirable dont
ils ont fait preuve dans le travail.
Principales questions en suspens
Au début de l'année visée par le présent rapport, comme
cela a été le cas au cours des années précédentes,
le Service correctionnel nous a fait parvenir un certain nombre de réponses
à nos recommandations (que le
BEC a reçues le 4 septembre 2002), qui continuaient dans bien
des cas de se faire beaucoup trop attendre, de présenter des explications
défensives et de ne pas s'accompagner d'engagements fermes. J'en ai été
très déçu, étant donné particulièrement
les recommandations que j'avais formulées dans le rapport annuel de 2001-2002
pour que le Service s'attache spécialement au fond des questions soulevées.
Le 8 octobre 2002, j'ai fait part de mes préoccupations à ce sujet
à la commissaire du Service correctionnel :
Votre réponse indique clairement que le fond des questions et les aspects
particuliers des recommandations n'ont pas, pour la plupart, été pris
en considération de manière raisonnable. Les questions exposées
en détail dans le présent rapport sont importantes, et notre intérêt
consiste à faire en sorte que les préoccupations des délinquants
soient prises en considération rapidement et de façon raisonnable.
Je suis d'avis que, s'il y a une volonté collective, ces questions pourront
être abordées de cette manière.
J'ai indiqué à la commissaire que j'examinerais toutes les questions
en suspens afin de déterminer celles qui doivent être portées
à l'attention du ministre en l'absence d'une entente avec le Service correctionnel.
J'ai alors invité la commissaire à désigner des cadres supérieurs
pour discuter de
ces questions avec le BEC.
Toutefois, les discussions qui ont suivi ont montré que les questions n'étaient
pas en voie d'être abordées rapidement et de façon raisonnable.
À mon avis, le principal problème réside, non pas dans les
questions en litige, mais plutôt dans les relations opérationnelles
globales avec le SCC,
puisque cela a influé sur la réussite de notre processus d'établissement
de rapports. De façon plus particulière, étant donné
le manque de réceptivité du Service correctionnel à nos constatations
et à nos recommandations, il nous a été presque impossible
de mettre l'accent sur le fond des questions soulevées et de résoudre
celles-ci. Notre rôle d'ombudsman prévoit que la réponse corresponde
à la question posée.
Par conséquent, le 17 décembre 2002, j'ai écrit au solliciteur
général conformément à l'article 180 de la Loi sur le
système correctionnel et la mise en liberté sous condition
. Dans cette lettre, j'ai indiqué en partie ce qui suit :
Le fait que le Service ait rejeté presque toutes nos recommandations et qu'il
n'ait présenté aucune proposition importante pour régler ces
questions montre qu'il maintient le statu quo, ce qui est totalement déraisonnable.
Cela montre également qu'il ne reconnaît pas l'importance des questions
exposées en détail ni les engagements qu'il avait pris pour régler
celles-ci.
Ce qui m'inquiète, c'est que sans l'obligation de rendre compte publiquement
de ces questions, le Service correctionnel aura tout le loisir de continuer à
ignorer le fond des questions et les aspects particuliers des recommandations formulées
pour régler celles-ci.
Le solliciteur général a répondu à ma lettre le 6 février
2003. Je l'ai ensuite pour rencontré discuter plus en détail de ces
questions et l'informer des plus récentes mesures que nous avions prises
pour régler la plupart des principaux problèmes soulevés.
Je suis heureux d'annoncer que la commissaire du Service correctionnel et moi avons
convenu des moyens à prendre pour tenter de régler ces problèmes.
Nous avons tenu une série de réunions auxquelles ont assisté
le directeur exécutif du Bureau et la sous-commissaire principale, afin de
traiter des principales questions soulevées dans le rapport annuel. Nous
avons décidé dès le début que ces réunions devraient
viser si possible à régler de façon définitive les problèmes
cernés et :
- si nous sommes en désaccord, établir une justification de la décision
du Service en ce qui a trait à nos constatations et à nos recommandations;
- si nous sommes d'accord, établir des plans, accompagnés d'échéanciers
déterminés, de résultats mesurables, de cadres d'évaluation
appropriés pour mettre en oeuvre les ententes que nous aurons conclues.
Comme on pouvait s'y attendre, ce processus n'a pas entraîné la résolution
immédiate ou complète de tous les problèmes. Aucun processus
de négociation n'est parfait. Toutefois, nous sommes parvenus à un
consensus sur certaines questions, mais, pour d'autres sujets de préoccupation,
nous avons au moins élaboré un plan prévoyant des engagements
clairs sur les mesures que le Service prévoit prendre et à quel moment.
Cette approche m'a incité à modifier la présentation de mon
rapport, en ce qui a trait aux principales questions à régler. Je
souhaite fournir de l'information pertinente de façon à ce que les
lecteurs puissent comprendre les questions soulevées et évaluer le
succès des mesures que nous prenons pour les régler. Elle les aidera
peut-être aussi à comprendre les autres mesures que prendra le Bureau
si les solutions convenues ou les dispositions préliminaires visant à
trouver ces solutions ne sont pas prises.
Par conséquent, pour chaque question, je présenterai :
- un bref aperçu de son importance pour les délinquants du point de
vue juridique et politique;
- la situation relative à chaque question au début de l'année
visée par le rapport ainsi que notre position et celle du Service;
- les résultats particuliers de nos discussions actuelles avec le Service y
compris, s'il y a lieu, les plans adoptés pour régler les problèmes.
Lorsque nous sommes parvenus à une entente sur ces questions, j'ai indiqué
les conditions fondamentales de celle-ci. Là où nous ne sommes pas
parvenus à un consensus final au cours du processus, j'ai recommandé
les mesures qui s'imposent.
J'estime que le Bureau et le Service ont entamé un processus d'examen efficace
des problèmes soulevés. Il s'agit de mettre l'accent sur la position
du BEC à
ce sujet, d'en tenir compte dans la réponse et de concevoir une solution
qui réponde aux besoins des délinquants de façon raisonnable
et pratique.
Tout le personnel du Bureau, moi y compris, nous engageons à faire tout en
notre possible pour assurer le succès de ce processus de façon à
parvenir à un règlement fondamental des problèmes soulevés
par les délinquants.
Toutefois, même si ce processus a permis de réaliser certains progrès,
dont la réponse du Service au présent rapport tiendra compte je l'espère,
je suis conscient de la nécessité de régler les problèmes
soulevés et de ne pas simplement les reporter au rapport annuel. Je suis
de nouveau disposé à essayer de régler ces questions à
certaines conditions et à traiter encore des mêmes problèmes
que s'ils ont de bonnes chances d'être réglés.
Par conséquent, si les problèmes persistants ne sont pas traités
comme il est recommandé ou autrement décidé, je recommanderai
immédiatement la prise de mesures pour y parvenir. Celles-ci comprendront,
au besoin, des rapports spéciaux prévus à l'article 193 de
la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition
.
Nouvelles caractéristiques du rapport annuel
Le rapport annuel de cette année comprend notamment un certain nombre de
sections qui s'ajoutent à la partie sur les principales questions en suspens.
Ces sections visent à préciser nos fonctions quotidiennes et nos défis.
Les constatations et les recommandations de notre rapport annuel ne représentent
qu'un aspect du travail que nous accomplissons afin de régler les problèmes
dans le cadre de nos opérations courantes. Par conséquent, nous essayons
d'apporter un cachet particulier à notre milieu de travail.
Outre les cas individuels, nos devons fréquemment traiter des principaux
services et programmes du SCC
découlant de la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté
sous conditionet son règlement connexe. Il s'agit de questions complexes
qui ne se prêtent pas facilement à des constatations ou à des
recommandations particulières, mais qui sont toutefois essentielles à
notre mandat. J'ai ainsi inclus une section qui porte surtout sur l'une des fonctions
principales du Service correctionnel, les Services de santé, et sur certaines
anomalies qui peuvent résulter de la mise en oeuvre du mandat législatif
de la Direction des services de santé dans un contexte législatif
où les préoccupations en matière de garde et de sécurité
dominent.
J'ai également ajouté une section sur les perspectives pour la prochaine
année. Il s'agit de questions qui ne sont pas encore préoccupantes,
mais qui pourraient devenir très importantes d'ici à ce que le présent
rapport soit déposé au Parlement.
Finalement, j'ai inclus une proposition visant à régler une question
de longue date qui avait d'abord été soulevée dans les recommandations
de la Commission d'enquête Arbour de 1995 sur les événements
survenus à la Prison des femmes, soit l'intervention judiciaire, l'examen
interne et la responsabilité dans le système correctionnel. J'espère
que cette section donnera lieu à une vaste discussion et à des mesures
pour tenir compte des concepts fondamentaux.
J'espère recevoir des commentaires de toutes les personnes qui liront le
rapport de cette année.
RÔLE DU BUREAU DE
L'ENQUÊTEUR CORRECTIONNEL
Établi aux termes de la partie III de la Loi sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous condition(LSCMLC),
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel (BEC)
agit comme ombudsman pour les délinquants sous responsabilité fédérale.
Nous faisons enquête et nous veillons à ce qu'on donne suite aux plaintes
des délinquants. De plus, nous devons examiner les politiques et les pratiques
du Service correctionnel du Canada (SCC)
qui donnent lieu aux plaintes afin de cerner les carences systémiques et
d'y porter remède et faire des recommandations en ce sens.
Nous pouvons instituer une enquête en réponse à une plainte
ou de notre propre initiative. Nous sommes les seuls habilités à décider
si une enquête doit être menée et de quelle manière elle
le sera.
Pour nous acquitter de nos fonctions, nous exerçons un large éventail
d'activités. Un échantillonnage de ces fonctions figure dans la section
« Instantanés » à la page 13.
Le BEC aborde
la grande majorité des questions soulevées par les plaintes des détenus
à l'établissement, au cours de discussions et de négociations.
Dans les cas où l'on ne parvient pas à les résoudre à
l'établissement, la question en litige est portée, selon le sujet
de préoccupation, à l'attention de l'administration régionale
ou centrale, pour qu'elle y soit examinée et que des mesures correctives
soient prises.
Lorsque j'estime qu'une question n'est pas abordée de façon appropriée,
nous présentons nos constatations et nos recommandations à la commissaire
du Service correctionnel aux termes des articles 177 à 179 de la
LSCMLC. Ce rapport expose tout le fondement informel de nos constatations
et de nos recommandations.
Si, à cette étape, j'estime que la commissaire n'a pas abordé
la question de façon raisonnable et en temps opportun, celle-ci est portée
à l'attention du ministre et est exposée en détail dans un
rapport annuel ou un rapport spécial.
Dans le cours d'une enquête, le personnel du
BEC dispose d'une autorité considérable pour entrer
dans des lieux et obtenir de l'information provenant de dossiers ou de personnes.
Cette autorité est tempérée par la stricte obligation que nous
avons de limiter la divulgation des informations recueillies dans l'exercice de
nos fonctions. Cette confidentialité offre une assurance complète
aux personnes qui pourraient souhaiter nous fournir de l'information. Elle reflète
le caractère indépendant de l'approche selon laquelle le
BEC joue un rôle d'ombudsman par rapport aux autres formes d'enquête
et d'arbitrage.
Nous sommes avant tout un organisme d'ombudsman qui établit un équilibre
fondamental entre le pouvoir et les fonctions qui caractérisent depuis longtemps
le rôle d'ombudsman.
D'une part, la législation nous offre les outils opérationnels et
les pouvoirs discrétionnaires pour mener des enquêtes approfondies
sur un large éventail de problèmes de délinquants.
D'autre part, nous pouvons seulement recommander des solutions aux problèmes
des délinquants, quoique à tous les paliers, du personnel en établissement
et de la direction, du personnel des administrations régionales et de l'administration
centrale et du commissaires du Service correctionnel, au solliciteur général
du Canada et ultimement, au moyen du rapport annuel ou de rapports spéciaux
par l'entremise du ministre aux deux chambres du Parlement.
Comme pour tout autre organisme d'ombudsman, cet équilibre donne lieu à
deux caractéristiques qui sous-tendent notre efficacité par rapport
à d'autres mécanismes d'enquête ou d'arbitrage :
1. Notre accès amélioré et direct à l'information nous
permet de régler assez rapidement la plupart des problèmes, habituellement
à l'établissement.
2. Étant donné que la persuasion découle de notre pouvoir de
seulement recommander des mesures à prendre :
- nous avons tendance à aborder les questions les plus urgentes ou les plus
importantes à régler dans nos rapports;
- nous devons essayer d'appuyer nos constatations et nos recommandations par
un examen approfondi et, nous l'espérons, probant de l'information à
l'appui.
Comme nous sommes un organisme d'ombudsman, la pertinence et la force probante des
preuves que nous fournissons ainsi que la précision et la solidité
de nos conclusions déterminent les résultats de nos efforts.
Notre travail est surtout axé sur l'équité. Dans mon rapport,
j'invoque donc en partie l'équité procédurale pour m'assurer
que le Service tient compte des commentaires appropriés des délinquants
au moment de rendre des décisions pouvant être défavorables.
Plus important encore, je fais allusion à l'équité au sens
courant et souple du terme. Nous voulons que les décisions du
SCC tiennent compte des besoins et des intérêts de toutes
les parties concernées. Nous croyons que les décisions et les mesures
ne devraient pas être faussées par des idées préconçues,
des « alliances », des stéréotypes ou le simple
fait de négliger d'accorder à la question l'attention qu'elle mérite.
Au-delà de la complexité de la loi et des politiques, j'estime que
cela reflète la raison pour laquelle le Parlement a créé le
Bureau de l'enquêteur correctionnel.
Si le comportement de chacun est évalué suivant une norme judicieuse,
équilibrée et impartiale, il est plus que probable que les problèmes
soient réglés suivant les règles établies. Si les autorités
compétentes qui appliquent la norme agissent de façon impartiale et
indépendante et qu'elles sont perçues comme telles, elles réussiront
vraisemblablement à remplir leur mission.
INSTANTANÉS
Il est 9 h 30 (heure de l'Est)
- Un de nos agents de service.
- un établisse-ment à sécurité maximale. Il y « incorpore »
l'avis juridique d'un avocat sur une question d'équité administrative
dans des réexamens des cas d'isolement.
- Notre coordonnateur de l'examen des cas de recours à la force examine une
vidéo sur le transfèrement d'un détenu à une unité
d'isolement effectué par l'équipe d'intervention en cas d'urgence
en établissement.
- Dans un établissement à sécurité moyenne de la région
des Prairies, un de nos enquêteurs et notre coordonnateur des questions autochtones
PRINCIPALES QUESTIONS EN SUSPENS
DÉLINQUANTS AUTOCHTONES
Notre examen des données du Service correctionnel et des plaintes des délinquants
révèle que les obstacles disproportionnés à la mise
en liberté en toute sécurité et en temps opportun des délinquants
constituent un problème permanent et une source d'embarras, ce qui est davantage
le cas pour les délinquantes autochtones.
Nous préconisons depuis longtemps la prise de mesures en vue de régler
ces problèmes pour assurer la présence des Autochtones et la présentation
de leurs vues à des réunions de la haute direction et de faire effectuer
un examen indépendant et éclairé des politiques et des procédures
du Service en ce qui a trait aux obstacles discriminatoires à la réinsertion
sociale en temps opportun des délinquants.
Compte tenu de l'importance accordée aux questions autochtones dans le discours
du Trône de 2000, le Comité de direction du Service correctionnel a
indiqué qu'il fallait prendre des mesures particulières pour remédier
à la position désavantageuse des délinquants autochtones. La
commissaire a indiqué pour la première fois que le Service devait
« s'assurer que les initiatives créées donnent lieu à
des résultats ».
Recommandations de 2001-2002
Que le Service produise, chaque trimestre, un rapport sur les délinquants
autochtones axé sur les questions suivantes :
n les transfèrements;
- la mise en isolement;
- les mesures disciplinaires;
- les permissions de sortir et les placements à l'extérieur;
- les renvois en vue du maintien en incarcération;
- les reports de l'examen du cas en vue de la libération conditionnelle;
- les suspensions et les révocations de la mise en liberté sous condition.
Que le rapport trimestriel sur les délinquants autochtones, lequel comprendra
une analyse de l'information consignée, soit un élément permanent
à l'ordre du jour des comités de gestion supérieure du Service.
Compte tenu de la situation désavantageuse persistante des délinquants
autochtones :
- qu'un cadre supérieur responsable des programmes pour les Autochtones et
de la liaison avec les collectivités autochtones soit nommé à
titre de membre votant permanent des comités de gestion supérieure
au palier des établissements, des régions et de l'administration centrale;
- que les politiques et les procédures actuelles du Service soient immédiatement
examinées afin de repérer et d'éliminer les formes de discrimination
systémique qui font obstacle à la réinsertion sociale des Autochtones.
Cet examen devra être effectué par un organisme indépendant
du Service correctionnel du Canada, et avec l'entier appui et la participation d'organisations
autochtones.
Réponse du SCC
Le SCC considère
comme hautement prioritaire les questions liées à la préparation
des délinquants autochtones en vue de leur mise en liberté sans danger
et au moment opportun. Dans son Rapport sur les plans et les priorités pour
2002-2003, le Service appuie l'engagement du gouvernement qui souhaite avant tout
réduire le taux d'incarcération chez les Autochtones, tel qu'il a
été annoncé dans le discours du Trône (janvier 2002).
Même s'ils représentent seulement 2,8 % de la population canadienne,
les Autochtones comptent pour 17 % de la population carcérale des établissements
fédéraux. La proportion des délinquants autochtones incarcérés
est de 68 % contre 58 % pour les délinquants non autochtones. En plus de
présenter un taux d'incarcération élevé, les Autochtones
ont plus de difficulté à répondre aux exigences liées
aux préparatifs en vue de leur réinsertion sociale,
par comparaison avec les délinquants non autochtones.
Par exemple, en moyenne, les délinquants autochtones purgent 52 % de leur
peine avant de pouvoir bénéficier d'une mise en liberté sous
condition, contre 47 % pour les autres.
Selon les recherches effectuées, même si, en général,
les délinquants autochtones ont tendance à recevoir des peines légèrement
plus courtes, ils sont plus susceptibles d'être condamnés pour des
infractions graves et ont de nombreux démêlés avec le système
de justice pénale dans leur jeunesse et à l'âge adulte. En outre,
les délinquants autochtones ont des besoins culturels très variés
puisqu'ils sont d'origines diverses : Premières nations, Métis et
Inuits. Ils peuvent préférer ou non une orientation traditionnelle
et bon nombre d'entre eux choisissent la vie urbaine plutôt qu'une réserve.
Les interventions correctionnelles à l'égard des délinquants
autochtones deviennent alors plus difficiles à appliquer.
Dans son rapport, l'enquêteur correctionnel cite une étude remontant
à dix ans, qui constate l'existence d'une discrimination systémique
au sein de l'organisation. Depuis lors, le
SCC a beaucoup investi dans des interventions spécifiquement
culturelles. Il n'en demeure pas moins que les décisions touchant la mise
en liberté doivent être fondées sur une évaluation du
risque pour protéger la sécurité du public. Nous devons continuer
de surveiller nos pratiques afin d'améliorer notre rendement à ce
chapitre.
À noter que certaines améliorations ont été apportées
:
- même si 68 % des délinquants autochtones sont actuellement incarcérés,
cela représente une diminution par rapport au 73 % de l'exercice 1997-1998.
Le SCC examine les renseignements
touchant les délinquants autochtones aux réunions du Comité
de direction. Les informations connexes sont mises à la disposition de tous
dans le Système d'établissement de rapports, mis à jour chaque
semaine.
Conformément aux grandes orientations gouvernementales en ce qui concerne
le traitement des Autochtones au sein du système de justice pénale,
le SCC a également
constaté l'existence de lacunes dans la prestation des programmes. Cette
année, le SCC
renforcera le rôle des comités consultatifs nationaux et régionaux
sur les Autochtones en y incluant une importante représentation des divers
groupes et régions géographiques autochtones. Les comités orienteront
davantage nos efforts et nous conseilleront quant aux façons d'améliorer
notre capacité de mieux préparer les délinquants en vue d'une
réinsertion sociale en toute sécurité.
En ce qui concerne une recommandation de créer un poste de niveau élevé
responsable des questions autochtones, le
SCC considère que la réinsertion des délinquants
autochtones est une responsabilité partagée entre tous les niveaux
de gestion du SCC et
les délinquants eux-mêmes, puisque ces derniers doivent assumer la
responsabilité de leurs gestes, ainsi que les autorités communautaires.
En effet, le SCC a la
chance de pouvoir bénéficier de l'intérêt et des efforts
de nombreux chefs autochtones qui ont accepté de s'attaquer au problème
de la sécurité dans leurs collectivités.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous avons trouvé que cette réponse était vague et qu'elle
ne donnait pas suite à nos recommandations particulières. Il y avait
une allusion caractéristique aux intentions globales qui ne justifient pas
les retards considérables dans la mise en oeuvre des programmes et des politiques.
Ces retards étaient en grande partie attribuables à des problèmes
de dotation à la Direction des questions autochtones du Service.
La réponse à nos recommandations concernant le cadre supérieur
nommé à titre de membre votant aux réunions du Comité
de direction ne tenait pas compte de la nécessité d'une responsabilisation
opérationnelle centrale et uniforme.
Le SCC n'a pas donné
suite à toutes nos recommandations concernant un examen indépendant
des formes de discrimination qui font obstacle à la réinsertion sociale
des Autochtones.
Nos discussions ultérieures avec le Service ont donné lieu à
des réunions avec la commissaire et la sous-commissaire principale les 21
mars et 4 avril 2003.
Par suite de ces réunions, le Service s'est engagé à :
- produire, à compter de juin 2003, des rapports trimestriels sur les principaux
facteurs influant sur les taux comparatifs de réinsertion sociale des délinquants
autochtones dans le système correctionnel;
- examiner ces rapports deux fois par année aux réunions du Comité
de direction du SCC;
- examiner la structure de gouvernance pour les questions autochtones d'ici juin 2003
pour déterminer si des changements doivent être apportés aux
rapports hiérarchiques;
- examiner et à mettre à jour les plans d'action sur les initiatives
autochtones d'ici le 5 mai 2003;
- fournir des renseignements sur les réunions entre le Service et les organismes
autochtones, particulièrement en ce qui a trait à la validité
des outils d'évaluation utilisés pour classer les délinquants
autochtones aux fins de placement.
Nous continuons actuellement à croire qu'il doit y avoir à tous les
paliers du SCC des gestionnaires
ayant le pouvoir direct de prendre les mesures visant à améliorer
les programmes et le soutien dans la collectivité qui sont nécessaires
pour remédier à la position désavantageuse actuelle des délinquants
autochtones. Ces mesures comprendraient notamment un cadre supérieur qui
relèverait au moins directement de la sous-commissaire principale dans ce
domaine et qui aurait accès aux outils de recherche et de vérification
ainsi qu'aux outils budgétaires nécessaires pour obtenir les résultats
escomptés. Nous espérons que l'examen que le Service effectuera de
ses structures de gouvernance donnera lieu à ces changements.
En ce qui a trait à l'examen des obstacles à la réinsertion
sociale auxquels sont confrontés les délinquants autochtones, le Service
a récemment précisé qu'il procèderait à une évaluation
de ses outils d'évaluation pour déterminer si ceux-ci sont culturellement
discriminatoires et s'ils ne répondent donc pas aux besoins des délinquants
autochtones. Si l'évaluation indique que les outils sont appropriés,
le SCC procédera
à un examen des autres obstacles qui empêchent la réinsertion
sociale efficace des délinquants autochtones.
Le dialogue avec la collectivité et des évaluations particulières
des outils d'évaluation seront utiles pour examiner les obstacles auxquels
se heurtent les délinquants autochtones, mais ils ne produiront pas le vaste
examen qui est nécessaire comme point de départ.
Le mécanisme d'examen indépendant de la situation des Autochtones
qui avait été recommandé par le sous-comité de la Chambre
des communes chargé de l'examen de la
LSCMLC était le vérificateur général.
À l'heure actuelle, il semble peu probable que celui-ci puisse être
en mesure de procéder à un tel examen dans un avenir prévisible.
Par conséquent, nous croyons qu'un autre expert indépendant devrait
être choisi et chargé de procéder à un examen de la discrimination
systémique dont sont victimes les Autochtones.
Je reconnais les avantages éventuels des engagements que le Service a pris
cette année, mais je ne suis pas convaincu que les efforts déployés
permettront de donner l'orientation ou l'indépendance requise pour procéder
à l'examen nécessaire afin de commencer à remédier à
la situation discriminatoire actuelle.
Comme je l'ai indiqué dans le passé, le problème va bien au-delà
de la surreprésentation des Autochtones dans les pénitenciers fédéraux.
Il faut examiner plus particulièrement ce qui arrive aux délinquants
autochtones pendant qu'ils sont pris en charge par le Service. Au 31 mars 2003,
41 % des délinquants non autochtones bénéficiaient d'une certaine
forme de liberté sous condition, tandis que seulement 29 % des délinquants
autochtones sous responsabilité fédérale purgeaient leur peine
dans la collectivité. Dans le cas des délinquantes autochtones, l'écart
est encore plus grand. En effet, 60 % des délinquantes non autochtones purgent
leur peine dans la collectivité, tandis que seulement 40 % des délinquantes
autochtones bénéficient d'une liberté sous condition.
Comme les formes de discrimination faisant obstacle à la réinsertion
sociale des Autochtones au moment opportun sont encore les mêmes, je réitère
mes recommandations de 1999 :
- qu'un cadre supérieur responsable des programmes pour les Autochtones et
de la liaison avec les collectivités autochtones soit nommé à
titre de membre votant permanent des comités de gestion supérieure
au palier des établissements, des régions et de l'administration centrale;
- que les politiques et les procédures du Service soient immédiatement
examinées afin de repérer et d'éliminer les formes de discrimination
systémique qui font obstacle à la réinsertion sociale des Autochtones.
Cet examen devra être effectué par un organisme indépendant
du Service correctionnel du Canada, et avec l'entier appui et la participation d'organisations
autochtones.
DÉLINQUANTES
Les observations que j'ai formulées dans le rapport de l'an dernier demeurent
pertinentes :
L'état actuel des services correctionnels pour les délinquantes sous
responsabilité fédérale doit être vu dans le contexte
de la « vision du changement » présentée il
y a plus de dix ans par le Groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine
fédérale (La création de choix, 1990). Le thème central
du rapport La création de choix est « que les besoins des femmes
en matière correctionnelle sont profondément différents de
ceux des hommes et que pour rendre justice aux buts visés par l'imposition
d'une peine à des femmes, le système correctionnel devrait tenir compte
du sexe » (Commission Arbour, 1996).
La Commission d'enquête sur certains événements survenus à
la Prison des femmes de Kingston (Commission Arbour, 1995) a donné au Service
correctionnel à la fois une impulsion et une tribune pour qu'il s'engage
à mettre en pratique une série de principes opérationnels pour
la gestion future des services correctionnels destinés aux délinquantes.
En plus de faire de longs commentaires sur l'« absence troublante d'engagements
de la part du Service correctionnel à l'égard des idéaux de
la justice », le rapport d'avril 1996 de la juge Arbour présente
une série de recommandations précises qui vise à faire en sorte
que les pratiques correctionnelles répondent à l'avenir aux besoins
des délinquantes.
La réponse initiale au rapport Arbour a été positive. En juin
1996, le solliciteur général a accepté l'idée maîtresse
du rapport, c'est-à-dire que « le Service correctionnel est tenu
de respecter la règle du droit dans l'exercice de ses responsabilités ».
Le ministre a annoncé que serait créé un poste de sous-commissaire
pour les femmes et que seraient apportés « les changements organisationnels
ou touchant les programmes recommandés ». On a dit à l'époque
de certaines recommandations du rapport « qu'il faudra[it] les étudier
plus à fond avant de déterminer quelle serait la meilleure façon
d'atteindre l'objectif qui sous-tend chacune d'entre elles ». Ces recommandations
devraient être « traitées dans le cadre du plan définitif
de suivi.
Recommandations de 2001-2002
La Commission d'enquête Arbour a été un processus très
public et très général dans son orientation. Son rapport fait
date dans les services correctionnels en ce pays. Ses conclusions et ses recommandations
ont polarisé notre attention non seulement sur les possibilités qui
s'offrent dans le domaine des services correctionnels destinés aux femmes
mais aussi sur l'obligation de faire preuve de transparence, d'impartialité
et de responsabilité dans les opérations correctionnelles.
Le déplacement des femmes des pénitenciers pour hommes vers les établissements
régionaux entraînera un certain nombre de difficultés à
surmonter pour le Service, dans l'immédiat et à long terme. Pour les
surmonter, il faudra qu'il se concentre à la fois sur les possibilités
qui s'offrent aux services correctionnels destinés aux femmes et sur l'obligation
de transparence, d'impartialité et de responsabilité.
Je recommande que cette réorientation commence par :
- l'achèvement, par le Service correctionnel, d'un « plan définitif
de suivi » aux recommandations de la juge Arbour, d'ici octobre 2002;
- la distribution de ce plan aux intéressés (dans l'administration fédérale
et à l'extérieur), d'ici novembre 2002;
- le lancement d'une consultation publique, d'ici janvier 2003;
- la publication d'un rapport final sur l'état des recommandations de la juge
Arbour, d'ici avril 2003.
Réponse du SCC
Le paragraphe 4h) et l'article 77 de la
LSCMLC exposent des directives spécifiques sur la prise en charge
et la garde des délinquantes. On consulte constamment les principaux intervenants
au sujet des questions concernant les délinquantes.
Le SCC a répondu
à toutes les recommandations du rapport Arbour relevant de sa compétence.
Celles qui concernent les nouvelles dispositions législatives sur l'administration
des peines ont été transmises au ministère de la Justice. Le
processus de mise en oeuvre a été marqué par de nombreuses
discussions, des consultations poussées et plusieurs rapports sur les dispositions
prises. Il existe des structures de gestion appropriées pour la planification,
l'exécution, la mise en oeuvre et le suivi des recommandations touchant les
nouvelles questions correctionnelles permanentes.
Les résultats correctionnels obtenus à l'égard des délinquantes,
par exemple les taux de récidive des délinquantes sous surveillance,
sont demeurés assez stables depuis six ans. Les données concernant
les interventions et les résultats correctionnels sont surveillés
par le Comité de direction.
Faits nouveaux en 2002-2003
La réponse du Service sur la question des délinquantes était
au mieux mal définie et n'abordait pas les aspects spécifiques des
questions soulevées dans mes recommandations.
J'ai rencontré la commissaire le 7 avril 2003. Nous avons exposé en
détail nos préoccupations mentionnées ci-dessus, et le Service
a pris les engagements suivants :
- examiner la possibilité d'une réponse publique d'un gouvernement aux
recommandations de la juge Arbour;
- déterminer les résultats des considérations du ministère
de la Justice concernant la recommandation de la juge Arbour en ce qui a trait aux
mécanismes législatifs « qui prévoient des sanctions
pour interférence correctionnelle dans l'intégrité d'une peine »;
- déterminer comment faire état aux intervenants des réponses
du SCC aux recommandations
de la juge Arbour.
Nous n'avons jusqu'à présent reçu aucune réponse relativement
à ces questions.
Par conséquent, je réitère mes recommandations précédentes
dans l'attente d'une réponse.
HARCÈLEMENT SEXUEL
Il est manifestement nécessaire depuis déjà quelque temps d'avoir
une méthode améliorée et efficace destinée à
examiner les plaintes de harcèlement sexuel présentées par
les délinquantes.
L'une des principales recommandations de la Commission Arbour en 1996 était
que « la politique de harcèlement sexuel du Service correctionnel
soit étendue pour s'appliquer aux détenues ».
Le BEC estime
toujours que toutes les caractéristiques de la politique du Service correctionnel
sur le harcèlement sexuel des employés devraient figurer dans sa politique
concernant les délinquants. En juillet 2001, le Service semblait être
disposé à mettre en oeuvre une telle mesure. Sa politique provisoire
contenait bon nombre des mesures que nous avions préconisées pour
assurer l'indépendance, la compétence, la minutie, la confidentialité,
le caractère délicat et l'efficacité de ce recours exceptionnel.
Recommandations de 2001-2002
Que le Service mette en oeuvre immédiatement une politique sur les enquêtes
relatives aux accusations de harcèlement sexuel portées par les délinquants,
laquelle préciserait :
- que les enquêtes seront ouvertes par la sous-commissaire pour les femmes ou,
si le plaignant est un homme, par le sous-commissaire régional compétent;
- que, dans chaque cas, la directive ordonnant la tenue de l'enquête sera transmise
au Bureau de l'enquêteur correctionnel;
- que tous les membres du comité d'enquête devront avoir reçu
une formation sur le traitement des plaintes de harcèlement sexuel;
- qu'au moins l'un des membres du comité d'enquête devra être de
l'extérieur du Service correctionnel, et qu'aucun des membres n'aura des
liens avec l'établissement correctionnel concerné;
- que le plaignant sera consulté au cours de l'enquête et avant le dépôt
du rapport afin qu'il puisse apporter des précisions et formuler des observations,
et que celles-ci figureront dans le rapport final;
- que, dans chaque cas, copie du rapport d'enquête sera rapidement transmise
au plaignant et au BEC;
- que le responsable qui a ouvert l'enquête devra prendre les mesures correctives
voulues sans attendre.
Réponse du SCC
Le SCC ne tolère
aucune forme de harcèlement, à l'endroit ou de la part du personnel,
des délinquants, des visiteurs ou des contractuels.
Les documents de politique sont en place. Le
SCC a adopté la Politique sur la prévention et le Règlement
du harcèlement en milieu de travail établie par le Conseil du Trésor,
pour prévenir et résoudre les cas de harcèlement à l'endroit
du personnel.
Il existe en outre des mécanismes appropriés de recours et de résolution
(p. ex. système de griefs, Bureau de l'enquêteur correctionnel et Commission
canadienne des droits de la personne) pour les enquêtes sur les cas présumés
d'inconduite sexuelle et d'autres graves accusations portées contre les délinquants,
par le personnel, les contractuels et les bénévoles.
Les cas particuliers d'allégations de harcèlement sexuel commis par
des employés à l'endroit des délinquants sont portés
à l'attention immédiate de la commissaire ou de la sous-commissaire
principale. Comme nous l'avons fait par le passé, nous comptons sur l'enquêteur
conectionnel pour soulever les allégations de harcèlement sexuel auprès
des directeurs d'établissement et de district. Aucun cas de harcèlement
n'a été rapporté depuis les deux dernières années.
Faits nouveaux en 2002-2003
Cette réponse a confirmé une importante volte-face de la part du Service.
En 2001, ce dernier avait publié une ébauche de Directive du commissaire
qui aurait donné suite à presque toutes nos recommandations. En effet,
cette ébauche appliquait aux délinquants les protections prévues
dans la politique pour le personnel. Nous nous attendions à ce que l'ébauche
soit finalisée au cours de l'exercice suivant et que cette question soit
réglée. Or, en septembre 2002, le Service a publié une politique
qui ne respectait pas les principes exposés dans l'ébauche et qui
reléguait les plaintes des délinquants à un examen effectué
dans le cadre d'un processus de règlement de griefs très peu modifié.
À notre avis, seuls quelques-uns des éléments qui auraient
assuré l'efficacité ou l'indépendance du processus ont été
retenus dans l'approche proposée.
Le Rapport final sur la vérification de la dotation mixte, publié
en avril 2001, est conforme aux recommandations de la Commission Arbour. Le rapport,
que le Service a commandé pour examiner les questions de harcèlement
dont sont victimes les délinquantes, recommandait fortement la mise en oeuvre
d'un système de recours efficace et contenait de nombreuses observations
sur la responsabilité du Service d'assurer que les plaintes de harcèlement
fassent l'objet d'enquêtes indépendantes effectuées de manière
rigoureuse et rapide par des personnes ayant reçu la formation nécessaire.
Le Service n'a pas encore donné suite aux recommandations du rapport à
ce sujet.
Finalement, je note que, selon les propres données du Service, il y a eu
21 griefs de harcèlement sexuel ou d'inconduite en 2001-2002 et 12 au cours
du présent exercice.
Nous avons, à de nombreuses reprises, fait part de nos sérieuses préoccupations
au Service, à la suite de quoi nous avons rencontré la commissaire
et la sous-commissaire principale le 31 mars.
Le Service correctionnel est d'avis que bon nombre des éléments de
sa politique sur les plaintes des employés sont applicables au processus
de règlement des griefs, même s'ils ne sont pas exprimés aussi
clairement qu'ils le devraient.
Nous ne sommes pas encore parvenus à une entente qui répondrait aux
intérêts des délinquants et du Service sur cette question. Toutefois,
nous avons reconnu qu'il pourrait être possible de créer un processus
d'enquête dans le cadre général du système de règlement
des plaintes et des griefs des délinquants, pourvu que ces plaintes fassent
l'objet d'enquêtes indépendantes effectuées de façon
rigoureuse et rapide par des personnes ayant reçu la formation nécessaire.
Je recommande que le Service correctionnel adopte en principe la même
politique de harcèlement des délinquants que celle qu'il a adoptée
pour le harcèlement des employés, pourvu que seuls soient apportés
les changements nécessaires en raison du fait que les délinquants
ne sont pas des employés ou des membres d'unités de négociation.
Je recommande également que cette politique soit adoptée d'ici
le 30 septembre 2003, après avoir fait l'objet de consultations auprès
des délinquants et du vérificateur de la dotation mixte.
PRÉPARATION DES CAS ET ACCÈS AUX PROGRAMMES
Le fait d'offrir aux détenus les programmes nécessaires en tenant
compte de leur date prévue de mise en liberté constitue le moyen privilégié
de favoriser leur réinsertion sociale en toute sécurité et
en temps opportun.
De plus, il est essentiel que le personnel chargé de la gestion des cas procède
à une analyse et fassent des recommandations assez tôt pour que soit
prise rapidement une décision en matière de mise en liberté.
Nous avons trouvé que des lacunes liées à ces deux éléments
avaient entraîné des retards, particulièrement dans le cas des
délinquants autochtones.
J'ai recommandé à maintes reprises que ces lacunes soient cernées
et comblées.
Recommandations de 2002
1. Que le Service entreprenne immédiatement un examen de l'accès aux
programmes et de la mise en liberté sous condition au moment opportun qui
porte sur :
- la capacité d'accueil des programmes actuels, les listes d'attente et les
mesures précises nécessaires pour combler les lacunes;
- les raisons précises des délais dans l'examen des cas par la Commission
nationale des libérations conditionnelles et les mesures requises pour en
réduire le nombre;
- les causes de recul du nombre de permissions de sortir sans escorte et de placements
à l'extérieur, et les mesures requises pour accroître la participation
à ces programmes;
- les raisons pour lesquelles les délinquants autochtones sont continuellement
défavorisés en ce qui concerne l'accès rapide à la mise
en liberté sous condition, et le plan concret requis pour remédier
à cette situation.
2. Que cet examen, assorti de plans d'action circonstanciés, soit mené
à terme d'ici novembre 2002.
Réponse du SCC
Le SCC a pour mandat
de préparer les délinquants à une mise en liberté, en
toute sécurité, dans la collectivité.
Des analyses comme celles que propose l'enquêteur conectionnel sont effectuées
au moyen d'examens réguliers, au niveau opérationnel (c'est-à-dire
dans les établissements et les bureaux de libération conditionnelle),
ainsi que par des examens plus systématiques ayant lieu aux administrations
régionales et centrale. De plus, on instaure des tribunes pour discuter du
rendement, à la fois au sein du
SCC et entre ce dernier et la Commission nationale des libérations
conditionnelles.
Le SCC reconnaît
une diminution dans le recours aux mesures normalement associées à
une bonne préparation des délinquants en vue de leur réinsertion
sociale en toute sécurité (p. ex. permissions de sortir sans escorte,
placements à l'extérieur et formes discrétionnaires de mise
en liberté sous condition). Cette tendance signifie que les délinquants
sont incapables de démontrer que leur potentiel de récidive a diminué.
Le SCC a pris des dispositions
pour réviser son infrastructure opérationnelle et compte mettre en
application des régimes correctionnels applicables à des groupes spécifiques
de délinquants. Ces régimes sont en fait des routines carcérales
qui décriront plus précisément les comportements et les attitudes
attendues à l'égard des délinquants, sur le plan des programmes
thérapeutiques et des interactions sociales. Ces régimes ont pour
but d'enseigner aux délinquants à assumer la responsabilité
de leurs actes et de les aider dans cette démarche, ce qui les préparera
en vue d'une mise en liberté en toute sécurité dans la collectivité
en tant que citoyens respectueux des lois. De plus amples détails figurent
dans le Rapport sur les plans et priorités du
SCC.
On peut s'attendre à ce qu'un souci accru d'intervention, axée sur
des groupes sélectionnés de délinquants présentant des
caractéristiques similaires, mènera à une meilleure préparation
en vue d'une mise en liberté sans danger.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous avons trouvé que la réponse du Service correctionnel n'avait
pas abordé les aspects particuliers de nos recommandations - un examen ciblé
de l'accès aux programmes et à la mise en liberté en temps
opportun, fondé sur les éléments énumérés
et assorti de plans d'action précis et d'objectifs mesurables. Dans sa réponse,
le SCC a plutôt
indiqué que l'évolution prévue du profil de la population carcérale
était le principal obstacle à la mise en liberté en temps opportun
et a préconisé une approche future, soit le système des régimes
correctionnels, comme étant la principale solution pour régler ces
questions.
L 'an dernier, nous mentionné les faits suivants pour illustrer nos préoccupations
:
- 53,9 % des examens en vue de la libération conditionnelle totale, au quatrième
trimestre de l'année dernière ont été reportés,
ce qui était le cas de 42,8 % des examens au quatrième trimestre de
1999-2000;
- 72 % des délinquants autochtones sont incarcérés au-delà
de la date de leur admissibilité à la libération conditionnelle
totale; dans le cas des délinquants non autochtones, la proportion est
de 59 %;
- sur 100 délinquants, 13 délinquants non autochtones contre 26 délinquants
autochtones font l'objet d'un mandat de suspension de la liberté conditionnelle;
- au quatrième trimestre de 2001-2002, 56 % des délinquants non autochtones
contre 35 % des délinquants autochtones ont atteint la date d'expiration
de leur mandat sans révocation de leur mise en liberté sous condition;
- au quatrième trimestre de 1999-2000, on a enregistré 1 034 permissions
de sortir sans escorte et 831 placements à l'extérieur; au quatrième
trimestre de 2001-2002, les chiffres s'établissaient à 698 permissions
de sortir sans escorte et à 417 placements à l'extérieur;
- chez les délinquants autochtones, le nombre de permissions de sortir sans
escorte et de placements à l'extérieur a chuté de 215 au quatrième
trimestre de 1999-2000 et à 130 au quatrième trimestre de 2001-2002.
Au moment où le Service a apporté sa réponse, le système
des régimes correctionnels en était à ses premières
étapes d'élaboration, et son incidence sur nos constatations et nos
recommandations était inconnue. L 'élaboration d'un système
de régimes correctionnels dans les établissements a depuis fait l'objet
de changements d'orientation et de retards. Quoi qu'il en soit, le système
de régimes correctionnels et l'évolution du profil de la population
carcérale n'empêchent pas la prise des mesures que nous avons recommandées.
En l'absence de réponses plus tangibles, je recommande :
- que le Service correctionnel présente un rapport sur ses examens
et des conclusions en ce qui a trait aux éléments traités dans
nos recommandations précédentes d'ici octobre 2003;
- que le Service présente, d'ici la fin de décembre 2003, un
plan d'action qui explique en détail les mesures à prendre pour combler
les lacunes relevées, y compris des critères mesurables pour évaluer
le succès des mesures.
BLESSURES SUBIES PAR LES DÉTENUS ET SURVEILLANCE DE LA VIOLENCE DANS LES
ÉTABLISSEMENTS
Il est essentiel, pour assurer la garde sécuritaire et humaine des détenus,
de consigner et d'analyser exactement et rapidement les établissements et
les blessures subies par les détenus.
Nous avons donc à maintes reprises recommandé des améliorations
à la capacité du service correctionnel dans ces domaines pour veiller
à ce que les cadres supérieurs se penchent sur ces questions importantes
et prennent, au besoin, les mesures correctives appropriées en temps opportun.
Recommandations de 2001-2002
Violence dans les établissements
Que le Service prenne immédiatement les mesures suivantes pour remplir ses
engagements antérieurs à propos de la surveillance de la violence
dans les établissements :
- la mise en application d'un système d'information qui permette de recueillir
des données exactes et représentatives;
- la production de rapports d'analyse trimestriels;
- l'examen de ces rapports par le Comité de direction du Service.
Blessures subies par les détenus
Que le Service adopte une politique nationale sur le signalement, la consignation
et l'examen des blessures subies par les détenus afin d'assurer :
- la consignation rapide et exacte des blessures et des circonstances qui en sont
à l'origine;
- l'analyse et le compte rendu trimestriels de l'information recueillie au sujet des
blessures subies par les détenus;
- l'examen de ces rapports trimestriels par le Comité de direction du Service.
Réponse du SCC
La prévention et le contrôle de la violence est - et se doit d'être
- une préoccupation continue pour les systèmes correctionnels du monde
entier. Le SCC surveille
et examine tous les incidents de violence pour mieux les prévenir et les
atténuer à l'avenir.
Certes, le SCC reconnaît
que les mécanismes actuels de rapport méritent d'être améliorés
pour que tous les incidents liés à des perturbations dans les établissements
soient signalés. Le SCC
a conçu de nouveaux rapports qui seront mis en oeuvre en octobre 2002. Pendant
la phase de mise en oeuvre, on effectuera une vérification rigoureuse de
la qualité des données.
Les Comités de la sécurité et de la santé au travail
dans les établissements examinent les accidents survenus parmi les détenus,
dans le cadre de leurs mandats respectifs. Pour réduire davantage les risques
de blessures parmi les détenus et les employés, depuis six mois, seuls
les membres des Équipes pénitentiaires d'intervention en cas d'urgence
(EPIU)
ou les membres entraînés des Équipes d'extraction de cellules
procèdent à de telles extractions.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous avons trouvé que la réponse n'avait pas abordé le fond
des recommandations :
- la nécessité d'une procédure globale et d'outils détaillés
pour signaler et examiner les blessures subies par les détenus et la violence
dans les établissements;
- la production de rapports analytiques trimestriels sur la violence dans les établissements
et les blessures subies par les détenus;
- l'examen de ces rapports par le Comité de direction.
En novembre et en décembre 2002, des membres de mon personnel ont rencontré
des représentants du SCC
pour essayer de préciser les écarts marqués que nous avions
observés dans l'information sur la gravité des blessures consignées
par le Service et de remédier à la situation. Nous avons demandé
d'obtenir les rapports d'enquête, tel que l'exige l'article 19 de la Loi sur
les systèmes correctionnels et la mise en liberté sous condition,
sur un certain nombre de cas de « blessures graves », rapports
que le Service ne nous avait pas apparemment envoyés. De plus, nous avons
demandé que le Comité de direction du
SCC examine les rapports trimestriels.
Par suite des réunions et de notre correspondance subséquente avec
la sous-commissaire principale, les parties on pu s'entendre sur la nécessité
de collaborer pour assurer l'exactitude des données et l'envoi en temps opportun
au BEC des
rapports d'enquête sur le décès de détenus ou les graves
blessures subies par eux, conformément à l'article 19 de la
LSCMLC. Toutefois :
- il y avait encore des anomalies dans les rapports de cas qui nous ont été
communiqués;
- il y avait encore de la confusion sur la détermination exacte de la gravité
des blessures;
- l'analyse et l'utilisation des rapports trimestriels par le Comité de direction
n'avait pas été précisées;
- il faut encore mettre en place un mécanisme détaillé pour consigner
les données pertinentes sur la violence et les blessures et les signaler
aux gestionnaires appropriés.
Après la réunion qui a eu lieu à ce sujet avec la commissaire,
la sous-commissaire principale a fait parvenir au
BEC un registre des données qui devait préciser les
chiffres sur lesquels se fonde la haute direction pour procéder à
ces analyses de données sur les blessures subies par les détenus.
Les données figurant dans le registre, qui portaient sur le décès,
les blessures que se sont infligés les détenus, les voies de fait
mineures et les suicides, révélaient de graves écarts par rapport
aux autres sources d'information du
SCC. Nous avons suggéré de tenir une autre réunion
pour examiner ces écarts. En attendant les résultats de cette réunion
et d'autres discussions :
Je recommande que le Service donne suite à mes recommandations précédentes
sur la violence dans les établissements et les blessures subies par les détenus
et notamment :
- qu'un système de rapports trimestriels de l'information sur la violence
et les blessures subies par les détenus devant être présentés
au Comité de direction soit mis en oeuvre d'ici la fin de juin 2003;
- que le Service correctionnel fasse effectuer un examen spécial de
l'exactitude des données qu'il peut récupérer d'ici la fin
d'octobre 2003;
- que le Service adopte un système de consignation des blessures d'après
la gravité des dommages corporels et moraux causés aux détenus
et non d'après la gravité des circonstances dans lesquelles ces blessures
ont été infligées;
- que le Service correctionnel établisse un plan pour veiller, d'ici
la fin de juin 2003, à ce que tous les incidents de blessures graves subies
par les détenus fassent l'objet d'une enquête rigoureuse et rapide.
ENQUÊTES
La garde sécuritaire et humaine des détenus dépend en grande
partie d'une enquête approfondie, objective et rapide des incidents qui compromettent
ou menacent la sécurité du personnel et des détenus. Si les
renseignements tirés des rapports d'enquête sur ces incidents sont
examinés suivant des normes uniformes et utiles, ils peuvent être utilisés
par les gestionnaires du Service correctionnel pour prévenir d'autres dommages.
Nous avons trouvé que le Service ne disposait pas suffisamment de procédures
et d'outils détaillés, de données exactes et de définitions
claires nécessaires pour permettre aux gestionnaires de remplir cette fonction.
De plus, le moment approprié de mener des enquêtes est un sujet de
préoccupation depuis longtemps.
Dans le cas particulier des rapports d'enquête sur des « blessures
graves » subies par des détenus qui doivent être présentés
au BEC, conformément
à l'article 19 de la Loi sur le système correctionnel et la mise en
liberté sous condition, nous avons trouvé que, certains cas
n'avaient pas été portés à notre attention, ou fait
l'objet d'une enquête raisonnable en raison des problèmes liés
à la définition de « blessures graves subies par des détenus ».
Recommandations de 2001-2002
- Que la politique du Service sur les enquêtes prévoie des délais
précis pour l'achèvement du rapport d'enquête et la vérification
du plan d'action connexe;
- que le Service s'assure que ces délais sont respectés et qu'il communique
chaque trimestre les résultats à son comité de direction;
- que tous les rapports d'enquête relatifs à la mort de détenus
ou à des blessures graves subies par eux fassent l'objet d'examen à
l'échelle nationale et soient accompagnés de rapports récapitulatifs
au sujet des recommandations et des mesures correctrices, lequel sera produit chaque
trimestre;
- que des directives concernant la détermination de la gravité des blessures
soient intégrées à la politique du Service sur les enquêtes;
- que tous les rapports d'enquête sur les cas de décès de détenus
ou de blessures graves subies par des détenus soient transmis au Bureau de
l'enquêteur correctionnel dans les dix semaines qui suivent le début
de l'enquête.
Réponse du SCC
Le SCC s'engage à
mener les enquêtes opportunes, équitables, indépendantes, fiables
et complètes sur les incidents.
Le SCC procède
à un ajustement de son cadre de politiques afin d'améliorer l'examen
des incidents. Les propositions de l'enquêteur correctionnel ont été
en grande partie intégrées aux politiques.
La mise en oeuvre est prévue pour octobre 2002.
Faits nouveaux en 2002-2003
Le Service a publié en septembre 2002 une directive révisée
de la commissaire sur les enquêtes. La politique semblait indiquer l'intention
du Service d'examiner les incidents de façon plus coordonnée et opportune,
mais pas de donner suite à nos recommandations concernant :
- les rapports trimestriels sur le respect des délais énoncés
dans la politique;
- l'examen à l'échelle nationale de tous les rapports d'enquête
sur le décès de détenus ou des blessures graves subies par
eux, résumés dans des rapports trimestriels;
- l'intégration à la politique des lignes directrices permettant de
déterminer en quoi consiste une blessure grave;
- la transmission au BEC
des rapports d'enquête sur les cas de décès des détenus
ou de blessures graves subies par des détenus dans les dix semaines qui suivent
le début de l'enquête.
Lors des réunions qui ont eu lieu en novembre et en décembre 2002,
le SCC a convenu de prendre
les engagement suivants :
- produire des rapports trimestriels concernant les enquêtes portant sur la
mort de détenus ou les blessures graves subies par eux et nous les communiquer;
- veiller à ce que la Direction des enquêtes du
SCC et le BEC
soient informés de toute blessure grave subie par un détenu;
- intégrer au Manuel révisé des Services de santé du SCC les lignes directrices pour
préciser la définition de blessure grave;
- présenter des rapports d'enquête conformément à l'article
19 de la
LSCMLC (mort de détenus et blessures graves subies par des
eux) au Bureau dans les trois mois suivant l'incident.
Même si ces nouveaux engagements représentent des progrès, le
SCC n'a pas encore abordé
un certain nombre d'aspects particuliers de nos recommandations. De plus, nous n'avons
pas encore reçu les rapports trimestriels susmentionnés ou le signalement
uniforme d'incidents entraînant des blessures graves.
Je recommande donc que le Service correctionnel fournisse l'information qu'il
s'est engagé à nous communiquer et qu'il prenne les mesures que j'ai
recommandées dans mon dernier rapport annuel d'ici octobre 2003.
UNITÉ SPÉCIALE DE DÉTENTION
L'unité spéciale de détention (USD)
représente le niveau de garde le plus restrictif en établissement
dans le système pénitentiaire. Nous avons souvent mis en doute la
nécessité d'avoir un établissement désigné pour
accueillir les délinquants jugés très dangereux. Nous estimons
que ces cas seraient plus efficacement gérés dans des établissements
à sécurité maximale.
Notre position a été renforcée par l'incapacité manifeste
de l'USD
d'offrir des programmes répondant aux besoins de ses résidents, notamment
les besoins en santé mentale, et de motiver les détenus à participer
en grand nombre aux programmes. En l'absence de ces éléments, la fonction
réelle de l'USD
est simplement d'accueillir les détenus dangereux plutôt que de contrer
le danger qu'ils représentent.
Recommandations de 2001-2002
Que dans son examen actuel de la politique qui régit l'USD,
le Service se penche sur :
- la mesure dans laquelle l'unité spéciale de détention réussit
à atteindre son objectif explicite;
- le niveau de participation aux programmes offerts et la pertinence de ces programmes
par rapport aux besoins cernés chez les détenus de l'USD;
- les ressources nécessaires pour répondre aux besoins des détenus
actuels en fait de programmes;
- la nomination d'un coprésident indépendant qui siégera avec
la sous-commissaire principale comme décisionnaire dans le cas des détenus
de l'USD;
- la mise en place d'un protocole d'examens mensuels indépendants des cas des
détenus mis en isolement en attendant leur transfèrement à
l'USD.
Que l'examen de la politique relative à l'USD,
qui a été amorcé en mai 2001, soit mené à terme
d'ici juillet 2002.
Réponse du SCC
L'unité spéciale de détention (USD)
fournit un milieu permettant d'incarcérer les détenus qui ne peuvent
être en contact avec d'autres détenus en raison de leur propension
à la violence.
Le SCC profite de l'occasion
pour préciser qu'au cours de l'exercice 2001-2002, la population de l'USD a diminué.
Aucun détenu n'a été libéré dans la collectivité
directement à partir de l'unité par ce qu'il aurait atteint la date
d'expiration de son mandat ou sa date de libération d'office. Tous les cas
ont été évalués, puis examinés par le Comité
consultatif national (CCN). Soixante-dix-huit pour cent des décisions de
transfert à partir de l'USD
vers d'autres établissements ont été exécutées
dans un délai d'un mois.
Le SCC reconnaît
la nécessité permanente de gérer ces cas de détenus
violents et difficiles dans les limites de la loi et de manière à
les préparer à réintégrer, au moment le plus opportun
et en toute sécurité, un établissement à sécurité
maximale. Pour aider ces détenus, on élabore actuellement une stratégie
d'intervention propre à l'USD
en vue de motiver les détenus à participer à l'élaboration
d'un plan correctionnel menant à un transfèrement vers un établissement
à sécurité maximale. Ces interventions personnalisées
se baseront sur les profils des détenus, leurs niveaux de participation et
de coopération et l'envergure des changements réalisés. La
recherche de ressources sera considérée comme inhérente à
l'élaboration et la mise en oeuvre de la stratégie susmentionnée.
Actuellement, l'USD
offre des programmes sur les capacités relationnelles, la prévention
de la violence, la toxicomanie, la délinquance sexuelle et la motivation
individuelle à l'égard du traitement correctionnel. En outre, les
détenus participent activement à des thérapies psychologiques
individuelles, suivent des cours, assistent à des séances auprès
d'Alcooliques Anonymes, ou à des séances d'information autochtone
avec des Aînés, à des services d'aumônerie et à
des réunions avec leurs agents de libération conditionnelle.
Le SCC a modifié
la politique pour inclure un membre externe dans le CCN.
Faits nouveaux en 2002-2003
La réponse n'a pas donné suite à nos recommandations sur l'objet
de l'examen ou les ressources nécessaires à une approche plus efficace.
De plus, elle ne reflétait pas la situation réelle concernant la participation
de représentants dans la collectivité au processus décisionnel
de l'USD
- puisque que le comité dont faisait partie cette personne conseillait simplement
la sous-commissaire principale, soit le décisionnaire réel. Finalement,
la réponse n'indiquait pas si les examens opportuns des détenus mis
en isolement en attendant leur transfèrement à l'USD
avaient été effectués.
Toutefois, je suis heureux d'annoncer qu'il y a eu des développements positifs
depuis que le Service nous a transmis sa réponse.
Le Service a établi une procédure pour exiger qu'on effectue des examens
régionaux de la validité continue du placement à l'USD pour
les détenus mis en isolement pendant plus de six mois en attendant leur transfèrement
à l'USD.
Nous aurions préféré que cet examen ait lieu plus fréquemment
et que la décision soit prise par un gestionnaire de l'administration centrale.
De plus, nous continuons de préconiser que des intervenants de l'extérieur
contribuent à l'examen. Nous sommes cependant disposés à surveiller
pour le moment l'efficacité de l'approche.
Le Service a également déterminé que l'examen par la sous-commissaire
principale des décisions sur les placement à l'USD
et la mise en liberté devait avoir lieu de concert avec le Comité
consultatif national (CCN) de l'USD.
Cet organisme comprend notamment un représentant de la collectivité
dont le Service a recommandé la participation. De plus, nous estimons que
l'exigence relative à la participation d'intervenants de l'extérieur
dans le processus décisionnel a été respectée, quoique
pas nécessaire-ment de façon permanente et conforme aux recommandations
du sous-comité de la Chambre des communes chargé de l'examen de la
LSCMLC.
Je suis encouragé par la situation actuelle du CCN de l'USD
et par l'orientation donnée par la sous-commissaire principale. Nous continuons
d'avoir des préoccupations concernant les programmes, les niveaux de ressources
à l'appui des programmes et l'accès aux unités de santé
mentale. Ces questions seront examinées plus à fond par le CCN de
l'USD
et la sous-commissaire principale.
DOUBLE OCCUPATION DES CELLULES
Le Service correctionnel reconnaît depuis déjà longtemps l'importance
de l'occupation simple des cellules dans les établissements fédéraux.
La double occupation des cellules donne lieu à des problèmes liés
à la sécurité personnelle, à la sécurité
en établissement et à l'efficacité de la surveillance.
Toutefois, la pratique de la double occupation des cellules est en place depuis
de nombreuses années, en partie à cause des limites de l'espace physique
et de l'effectif insuffisant et en partie, à notre avis, au fait que la direction
n'est pas disposée à accorder à ce problème la priorité
qu'il mérite.
Les effets négatifs de la double occupation des cellules sont particulièrement
importants dans le cas des détenus mis en isolement et de ceux qui se trouvent
dans des cellules qui ne sont pas réservées à la population
carcérale générale, où les déplacements des détenus
sont rigoureusement restreints et les détenus sont confinés dans leurs
cellules pendant de longues périodes.
Recommandations de 2001-2002
- Que la commissaire émette immédiatement une directive interdisant
cette pratique dans les unités d'isolement;
- que le Service mette la dernière main d'ici septembre 2002 à ses plans
visant à éliminer la double occupation des cellules dans toutes les
unités qui ne sont pas destinées à la population carcérale
générale.
Réponse du SCC
Le SCC fait tout son
possible pour éliminer la double occupation des cellules tout en maintenant
la sécurité publique et en y administrant de manière responsable
les fonds publics.
Le SCC a réalisé
des progrès vers l'élimination de la double occupation des cellules
en isolement préventif. Des instructions ont été émises
sous forme d'une politique, selon laquelle le directeur de l'établissement
ne peut autoriser une dérogation à la politique habituelle en matière
de logement qu'en cas d'urgence seulement. Les mesures prévues pour éliminer
la double occupation des cellules dans les régimes carcéraux réguliers
figurent dans le Rapport sur les plans et priorités du
SCC.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous estimons que la réponse n'a pas donné suite à notre recommandation
concernant les unités spécialisées près des secteurs
d'isolement - telles que les unités de réception et d'évaluation,
où la double occupation des cellules demeure un important sujet de préoccupation.
De plus, nous avons constaté au cours de notre examen de cette question que
le Service ne disposait pas de renseignements à jour sur la double occupation
des cellules dans les unités qui ne sont pas destinées à la
population carcérale générale.
Je recommande en ce qui a trait à la double occupation des cellules :
- que le Service mette la dernière main à ses plans visant à
éliminer la double occupation des cellules dans toutes les unités
qui ne sont pas destinées à la population carcérale générale
d'ici septembre 2003;
- que le Service établisse une base de données fiable sur la
double occupation dans ses établissements;
- que le Service établisse une politique exigeant que la double occupation
des cellules, dans les unités qui ne sont pas destinées à la
population carcérale générale, autres que dans des situations
d'urgence d'une durée de moins de 48 heures, soit approuvée par écrit
par la commissaire.
RECOURS À LA FORCE
Le Service a signalé encore cette année plus d'un millier d'incidents
dans lesquels il y avait eu recours à la force. Nous soulignons encore une
fois qu'il importe que ces mesures fassent l'objet d'un examen approfondi et objectif
pour s'assurer qu'elles sont conformes à la loi et aux politiques et que
les problèmes systémiques sont cernés de façon efficace.
Comme cela est le cas depuis 1997, tous les enregistrements sur bande vidéo
des incidents où il y a eu recours à la force et tous les documents
connexes sont examinés par le
BEC et l'administration centrale du
SCC. Les changements à la politique du
SCC apportés en 2001 exigeaient un examen plus rigoureux
des incidents aux niveaux régional et national. Même s'il y a eu une
amélioration en ce qui a trait aux interventions de recours à la force,
nous continuons de constater un certain degré de non-conformité à
la politique en ce qui concerne :
- l'autorisation et l'utilisation de gaz;
- les mesures de décontamination prises après l'utilisation de gaz;
- les soins prodigués après les incidents;
- les fouilles à nu et les mesures devant assurer le respect de la vie privée;
- le recours à la force à l'égard de détenus souffrant
de troubles mentaux;
- le recours au matériel de contrainte et l'autorisation d'y recourir;
- l'enregistrement et la prise en compte des observations des délinquants au
sujet du recours injustifié à la force ou du recours à une
force excessive.
Je trouve encore que le système d'information dont dispose actuellement le
Service concernant les incidents de recours à la force ne contient pas suffisamment
d'information sur :
- le non-respect de la politique;
- les circonstances qui ont mené à la décision de recourir à
la force;
- le suivi sur les allégations de recours à une force excessive;
- le nombre de blessures subies par les employés et les détenus.
En tant que tels, les rapports sur les incidents de recours à la force que
produit actuellement le Service présentent des données brutes sur
le nombre d'incidents et le type de force utilisée, mais l'information et
l'analyse qui aideraient le Service à réduire le nombre d'incidents
ou à régler les problèmes systémiques découlant
de ces incidents y sont limitées.
Recommandations de 2001-2002
Que la commissaire émette des directives précises en ce qui concerne
le recours à la force, pour :
- que l'on recueille de l'information relative aux blessures, au non-respect de la
politique et aux circonstances qui ont mené à l'incident;
- que l'on présente chaque trimestre aux comités de gestion aux niveaux
régional et national un rapport comprenant l'information susmentionnée,
dans le but de déterminer les questions préoccupantes et de les régler;
- que soient rapidement fournis les résultats écrits des examens menés
par le Secteur des délinquantes et celui des Services de santé;
- que les gestionnaires nationaux assurent le suivi systématiquement et rapidement;
- que l'on fasse enquête au niveau régional en cas de recours injustifié
à la force ou de recours à une force excessive, et que le comité
comporte un représentant de la collectivité.
Réponse du SCC
Dans l'intérêt de la sécurité du public, du personnel
et des délinquants, le SCC
s'est engagé à donner aux employés les outils nécessaires
pour évaluer en permanence les risques présentés par les situations
délicates. Le SCC
a élaboré un modèle de gestion des situations qui expose un
processus d'évaluation des risques et comprend des combinaisons de facteurs
justifiant des interventions différentes, selon que l'on assure la sécurité
du public, du personnel ou des délinquants.
Le recours injustifié à la force est maintenant rare.
Le SCC est toutefois
d'accord avec la nécessité d'établir des mécanismes
appropriés pour surveiller et évaluer tous les incidents nécessitant
l'usage de la force. Il recueille et analyse bel et bien des renseignements sur
ces derniers. Par exemple, l'information contenue dans le module de sécurité
du Système de gestion des délinquants et le rapport d'incident sur
le recours à la force sont analysés, cas par cas, par les gestionnaires
dans les établissements, ainsi qu'aux niveaux régional et national.
Cette analyse aide le SCC
à améliorer ses processus et à surveiller continuellement le
caractère complet des donnés recueillies.
La Direction de la sécurité, la Direction des services de santé
ainsi que le Secteur des délinquantes examinent les incidents en question
pour s'assurer que l'on s'est conformé aux règles et que les gestionnaires
effectuent un suivi uniforme et rapide. Toute infraction aux règles donne
lieu aux interventions qui s'imposent. Les Services de santé effectuent les
examens plus rapidement parce que l'on a formé des employés supplémentaires
à cette tâche.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous avons trouvé que la réponse du Service n'a pas donné suite
à nos recommandations particulières sur la nécessité
de recueillir, de signaler et d'examiner les données sur le recours à
la force, spécialement celles qui portent sur les blessures et le non-respect
de la politique. De plus, le Service n'a pas répondu à notre recommandation
selon laquelle il faudrait faire enquête au moins au niveau régional
sur les cas de recours injustifié à la force ou de recours à
une force excessive et selon laquelle il faudrait toujours que le comité
comporte des enquêteurs provenant de l'extérieur du Service.
Lors des discussions ultérieures que nous avons eues avec le Service, ce
dernier a indiqué son intention de donner une formation aux employés
des Services de santé et à ceux qui sont chargés des délinquantes
purgeant une peine de ressort fédéral pour qu'ils participent plus
efficacement aux examens sur le recours à la force. Le Service a également
annoncé des améliorations prévues aux outils informatiques
qui amélioreraient sa capacité de surveiller les cas de recours à
la force.
Même si des progrès importants ont été réalisés
en ce qui a trait à la qualité et à l'uniformité des
examens régionaux et nationaux des incidents de recours à la force,
des questions préoccupantes soulevées par le
BEC ne sont pas réglées pour la plupart.
Je recommande donc que le Service correctionnel donne suite à nos recommandations
à ce sujet, y compris des plans d'action pour mettre en oeuvre les mesures
mentionnées dans mes recommandations antérieures d'ici le 30 octobre
2003.
ACCUSATIONS D'INCONDUITE PORTÉES
CONTRE LE PERSONNEL
Aux termes de l'article 93 de la
LSCMLC, il doit y avoir pour les détenus un processus de recours
qui soit rapide, efficace et qui puisse être utilisé sans crainte de
représailles. Un tel processus est essentiel à la garde sécuritaire
et humaine des détenus et doit être perçu comme tel par ceux-ci.
De plus, il convient d'ajouter qu'un système de recours efficace et utilisé
est une source d'information nécessaire aux fins de gestion.
Ces considérations sont d'autant plus importantes dans le cas d'accusations
portées par des détenus contre des employés qui auraient commis
des actes contraires à la loi ou à la politique sur la conduite professionnelle.
Le BEC a recommandé
il y a longtemps la mise sur pied d'une procédure spéciale pour régler
ces plaintes, c'est-à-dire une procédure qui permettrait un examen
confidentiel, opportun et indépendant. Nous estimons que la procédure
habituelle de règlement des griefs n'est pas perçue comme étant
suffisamment rapide ou protégeant les détenus qui ont formulé
des plaintes. Celle-ci n'est pas non plus perçue par la population carcérale
comme étant indépendante.
Recommandations de 2001-2002
Je recommande l'élaboration d'une politique d'ensemble concernant les accusations
d'inconduite portées contre le personnel, afin que le processus soit transparent,
équitable et rapide.
Réponse du SCC
Le SCC est d'accord avec
la nécessité d'un processus uniforme et distinct pour assurer une
enquête opportune, complète et équitable sur les accusations
d'inconduite de la part du personnel.
Le SCC fournit bel et
bien aux détenus de nombreux mécanismes pour enregistrer les plaintes
contre le personnel. Les procédures d'enquête et les délais
de signalement sont déjà prévus dans plusieurs politiques du
SCC, de sorte que celui-ci
n'est pas d'accord pour mettre une autre politique à ce sujet.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous continuons de considérer ce mécanisme de recours comme étant
essentiel aux principes exposés dans la Loi sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous conditiontout en demeurant conscient
de la nécessité de ne pas inutilement faire double emploi et rendre
plus complexes les mécanismes de recours existants. Nous en avons fait part
à des représentants du
SCC lors de discussions que nous avons eues en janvier sur les modifications
à apporter au processus de règlement des plaintes
et des griefs des détenus.
Par conséquent, je recommande que la procédure de règlement
des griefs des détenus soit révisée de façon que, dans
le cas d'accusations d'inconduite portées contre le personnel :
- les détenus soient autorisés à adresser leurs plaintes
directement au directeur de l'établis-sement (ou à son supérieur
si la plainte est portée contre lui) de façon à dissimuler
la nature de la plainte;
- le directeur de l'établissement examine personnellement la plainte
pour déterminer si celle-ci est frivole ou si elle constitue un recours abusif
à la procédure et si d'autres renseignements sont nécessaires
avant de procéder à une enquête;
- si la plainte est considérée comme étant éventuellement
fondée, le directeur de l'établissement autorise la tenue d'une enquête
sur la plainte par un comité composé d'employés d'un autre
établissement et d'une personne indépendante de la collectivité;
- les résultats de l'enquête soient communiqués au directeur
de l'établissement et qu'une copie de ceux-ci soient transmis pour examen
au sous-commissaire régional et qu'on donne rapidement suite aux recommandations
découlant de l'enquête;
- les détenus qui ont porté plainte aient un accès rapide
et continu aux services d'un avocat et qu'ils soient autorisés à tout
moment à porter la question à l'attention de la police.
TRANSFÈREMENT IMPOSÉ ET CONSENTEMENT AUX INTERVENTIONS PSYCHIATRIQUES
La politique du Service correctionnel, qui est appuyée, à notre avis,
par la Loi, exige le consentement éclairé du délinquant,
non seulement pour les interventions thérapeutiques réelles, mais
aussi pour les évaluations de la santé mentale. De plus, certaines
lois provinciales exigent l'existence de circonstances spéciales pour qu'un
patient puisse être admis dans une unité de santé mentale sans
son consentement.
Le SCC maintient que
pour remplir son obligation d'évaluer le risque que présente un délinquant,
il peut lui faire subir une évaluation fondée sur une observation
passive ou un examen de son dossier. À cette fin, lorsqu'un délinquant
ne consent pas à faire l'objet d'une évaluation complète de
sa santé mentale, le Service exerce son droit de transférer les détenus
contre leur gré dans des unités de santé mentale d'établissements
à sécurité maximale, même si cela représente un
accroissement du degré de restriction des mesures de garde.
Cette approche compromet les principes de consentement éclairé et
les dispositions relatives aux conditions les moins restrictives prévues
dans la
LSCMLC. À notre avis, une « évaluation passive »
pourrait être effectuée dans l'établissement d'où le
détenu est transféré par les professionnels de la santé
mentale de cet établissement.
Avant la publication de mon dernier rapport, le Service avait signalé qu'il
procéderait à l'examen des politiques pertinentes en vue de les modifier
pour qu'elles indiquent clairement que le consentement pour les évaluations
du risque n'est pas nécessaire lorsque les évaluations :
1. n'exigent pas la participation active du délinquant au processus d'évaluation
du risque;
2. si elle n'ont pas lieu dans le but d'imposer un traitement.
Recommandations de 2001-2002
Que l'on révoque la politique visant le transfèrement imposé
de délinquants vers des établissements psychiatriques pour y être
évalués, en attendant que soient étudiées les modifications
proposées.
Réponse du SCC
L'évaluation des risques fait partie intégrante de la gestion des
cas et est essentielle à la sécurité publique. Il incombe au
SCC de voir à
ce que les évaluations soient complètes et rattachées aux décisions
en cause.
Dans l'intérêt de la sécurité publique, le SCC estime que les évaluations
du risque doivent être effectuées même sans le consentement des
délinquants. Cette pratique permet au
SCC de respecter ses obligations en vertu de la
LSCMLC de fournir tous les renseignements pertinents aux décisionnaires
(le SCC ou la CNLC).
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous avons maintenu notre position selon laquelle il n'est pas nécessaire
de transférer un détenu dans une unité de santé mentale
pour procéder à une évaluation « passive ».
Le Service a répondu qu'il « peut être nécessaire »
de le faire.
Nous reconnaissons qu'il pourrait y avoir des circonstances où il n'y a aucune
personne compétente disponible pour procéder à une évaluation
passive à l'« établissement d'origine » du
détenu. Nous croyons que de telles circonstances exceptionnelles sont rares.
Nous estimons que le Service doit examiner toutes les solutions de rechange raisonnables,
y compris d'autres méthodes d'évaluation, avant de prendre cette mesure
extrême. À cet égard, nous sommes d'avis que le Service devrait
faire tout son possible pour s'assurer que le détenu est informé de
tous les renseignements pertinents sur les options possibles de façon qu'il
puisse formuler des observations avant qu'une décision ne soit prise.
Le Service a indiqué que cette pratique ne vise pas à procéder
à de tels transfèrements et qu'il est disposé à informer
le BEC si un
tel transfèrement est envisagé. Compte tenu de cet engagement et des
principes susmentionnés (pour lequel il n'y a aucun désaccord fondamental),
je suis disposé à laisser cette question en suspens et à intervenir
si nous estimons que des mesures inappropriées sont prises.
POLITIQUE RELATIVE À LA FOUILLE À NU
La garde sécuritaire et humaine et le respect des libertés fondamentales
garanties par la Charte canadienne des droits et libertés exigent la mise
en place de mesures de protection particulières lorsque des procédures
très intrusives doivent être appliquées. Cela a été
évidemment le cas pour les fouilles à nu de détenus et de visiteurs,
et notamment lorsqu'il y a recours à la force pour exécuter une fouille.
En 1999, le BEC
a soulevé deux cas lors desquels, à notre avis, on avait enfreint
la loi et la politique pour procéder à des fouilles à nu. Dans
l'un des cas, il y a eu recours à la force et, dans l'autre, une fouille
d'urgence de tous les détenus d'un établissement. Un exposé
détaillé de ces questions figurait dans la section « Résumés
des cas » de mon rapport annuel de 1999-2000. En réponse à
notre recommandation selon laquelle ces incidents devaient être examinés
par un tiers impartial, la commissaire a créé un groupe de travail
comprenant des représentants du
BEC.
Comme j'ai cru le comprendre alors, le mandat du groupe de travail était
« d'en savoir davantage sur les méthodes de fouille à nu
utilisées dans l'ensemble du Service » de façon à
déterminer les cas de non-respect de la loi et des politiques.
Depuis la publication de notre dernier rapport annuel, le Service n'a pas encore
finalisé un rapport à ce sujet.
Recommandation de 2001-2002
Que le rapport du Groupe de travail sur les fouilles à nu mis sur pied par
le Service soit rendu public immédiatement et qu'il comporte des plans d'action
qui traitent des sujets de préoccupation soulevés.
Réponse du SCC
Le Service est d'accord avec la nécessité de réexaminer le
recours aux fouilles à nu pour dissuader les détenus d'introduire
et de dissimuler des objets interdits. La Direction de la sécurité
et le BEC ont
passé en revue les situations pertinentes et ont conclu que les fouilles
à nu sont bel et bien nécessaires. Le
BEC a indiqué que les préoccupations concernant les
fouilles à nu dans un contexte de recours à la force sont étudiées
dans le cadre des examens touchant le recours à la force. Le rapport sera
diffusé à l'automne 2002.
Faits nouveaux en 2002-2003
La réponse du Service était une présentation déformée
de notre position en ce qui a trait aux fouilles à nu et n'abordait pas les
aspects particuliers du mandat donné au Groupe de travail en décembre
2002. Un exposé détaillé de nos préoccupations est annexé
à l'ébauche du rapport sur les fouilles à nu du Service.
L'ébauche du rapport et du plan d'action a été transmise au
BEC en novembre
2002. Après que nous ayons fait état de nos préoccupations
concernant le contenu de l'ébauche, le personnel du
BEC et celui du SCC
se sont rencontrés de nouveau, et le Service s'est engagé à
répondre aux préoccupations que nous avions soulevées dans
l'ébauche du rapport. En particulier :
1. Il n'a pas examiné des cas particuliers où il y avait eu recours
à la force pour effectuer des fouilles à nu, y compris des cas que
nous avions présentés à ce sujet il y a deux ans.
2. Les détenus et les visiteurs, soit les deux groupes les plus directement
visés par les fouilles à nu, n'ont pas été consultés
par le Groupe de travail.
3. L ‘article 53 de la Loi sur le système correctionnel
et la mise en liberté sous condition, qui établit les critères
relatifs aux fouilles à nu d'urgence de tous les détenus dans une
unité ou un pénitencier, n'a pas été pris en considération.
4. Les griefs concernant les fouilles à nu n'ont pas été déterminés
ni analysés.
5. Le cas de manquement continu à la politique concernant des fouilles à
nu lors desquelles il
y a eu recours à la force n'ont pas été examinés.
6. Aucun échéancier ou plan visant à inclure l'information
sur tous les éléments des fouilles
à nu n'a été incorporé à la base de données
du Service (Système de gestion des délinquants).
7. La formation découlant de l'étude est limitée aux gestionnaires
des établissements et n'est pas donnée au personnel qui pourrait vraiment
procéder aux fouilles.
8. Le matériel d'information, y compris une brochure sur les fouilles et
une vidéo, n'est pas complet.
Je recommande :
- que le Service correctionnel comble les lacunes que nous avons relevées
en ce qui a trait à l'ébauche du Rapport sur les fouilles;
- que le Service :
a. veille à ce que la politique sur les fouilles à nu réponde
aux préoccupations que nous avons soulevées en ce qui a trait à
deux incidents que nous avons signalés en 1999;
ou
b. soumette ces deux cas à l'arbitrage par un tiers spécialiste dans
le domaine, comme nous l'avions déjà recommandé.
RESSOURCES FINANCIÈRES DES DÉTENUS
Comme je l'ai déjà indiqué à maintes reprises, il importe
que les niveaux de rémunération des détenus soient appropriés
pour les deux principales raisons suivantes :
1. combattre les effets d'une économie clandestine illicite qui existe dans
les établissements où la rémunération des détenus
est très peu élevée;
2. permettre aux délinquants d'économiser suffisamment en vue de leur
réinsertion sociale.
Pour régler ces problèmes, le
BEC a recommandé à maintes reprises que les niveaux
de rémunération des détenus, qui n'avaient pas été
augmentés depuis les quinze dernières années, soient ajustés
pour donner aux détenus suffisamment de fonds pour les achats internes et
la préparation à leur mise
en liberté.
En janvier 1998, le Service a mis en place le système téléphonique
Millennium pour régler des problèmes de sécurité. Ce
système a fait augmenter les coûts des communications téléphoniques.
En effet, le coût d'un appel a augmenté de près de 1,75 $ par
appel. Aucune mesure n'a été prise par le Service pour que ces coûts
correspondent à ceux qu'on paie dans la collectivité. De plus, il
y n'a eu aucune évaluation de l'avantage que présente le système
Millennium comme mécanisme de sécurité.
Recommandations de 2001-2002
Rémunération des détenus
Que dans l'examen de la politique du Service sur la rémunération des
détenus, on s'interroge :
- sur la suffisance des niveaux de rémunération actuelle et les effets
de l'économie clandestine illicite dans les pénitenciers;
- sur la suffisance des fonds dont disposent actuellement les délinquants au
moment de leur mise en liberté.
Système téléphonique Millennium
Que le Service fournisse immédiatement une subvention rétroactive
aux détenus, de façon à ramener le coût de leurs communications
téléphoniques au niveau en vigueur dans la collectivité;
Si le Service n'est pas disposé à offrir une subvention pour compenser
le coût déraisonnable de ce système de sécurité
pour la population carcérale, que l'on se demande sans tarder s'il est nécessaire
de conserver le système téléphonique.
Réponse du SCC
Pour comprendre les complexités de l'actuel système de paye, le SCC examine toutes les politiques
liées à l'argent des détenus, à la rémunération
ainsi qu'à la gestion de ces fonds. L 'étude abordera les questions
soulevées par l'enquêteur correctionnel, ainsi que par le public. On
consultera les intervenants, y compris le
BEC.
Pour tenter de contrôler le coût des appels téléphoniques
facturés aux détenus, sans compromettre la sécurité,
le SCC a demandé
des propositions relatives à un nouveau système téléphonique.
Après que l'on aura réglé les appels interjetés dans
le cadre du processus d'appel d'offres, le Service passera rapidement à la
mise en oeuvre. Pour le moment, il n'envisage pas de recourir à des subventions
aux détenus - toutefois, en cas d'urgence comme une maladie grave ou un décès
dans la famille ou toute autre circonstance spéciale, le
SCC peut autoriser l'autorisation par les détenus des lignes
téléphoniques gouvernementales.
Faits nouveaux en 2002-2003
En ce qui a trait à la rémunération des détenus en général,
nous avons trouvé que la réponse était vague quant au calendrier
d'exécution et aux problèmes particuliers des délinquants sur
lesquels se fondait notre recommandation.
Nous avons toutefois participé à la première série de
discussions sur les modifications à la politique sur les ressources financières
des délinquants, qui ont eu lieu en novembre 2002. Les discussions étaient
très vastes et portaient sur des questions telles que les allocations des
détenus et l'accès à des fonds qui pourraient être utilisés
comme mesures incitatives dans le cadre des régimes correctionnels.
Nous avons réitéré nos recommandations particulières
et demandé que celles-ci soient prises en considération lors de l'élaboration
de la politique. Nous n'avons encore reçu aucune réponse à
ce sujet.
Bien que nous reconnaissions qu'un examen de la nature et de l'utilisation des allocations
des détenus est approprié pour assurer la qualité des services
correctionnels, nous ne sommes pas convaincus que nos recommandations soient incompatibles
avec un tel examen ou que leur mise en oeuvre soit subordonnée à la
révision de l'ensemble de la politique.
Par conséquent, je recommande que le Service correctionnel aborde particulièrement
les questions que j'ai mentionnées dans mes recommandations précédentes,
fasse rapport à ce sujet et qu'il prenne les mesures proposées pour
apporter les changements nécessaires d'ici la fin d'octobre 2003.
En ce qui concerne le système téléphonique Millennium, le Service
continue de retarder la mise en oeuvre des améliorations au système,
lesquelles entraîneraient l'établissement de frais raisonnables pour
les détenus et leurs familles. Le Service a indiqué que ce retard
est dû aux litiges qui persistent relativement à l'impartition des
contrats relatifs aux améliorations devant être apportées au
système. Or, j'estime que cette raison n'est pas raisonnable, car elle perpétue
les graves problèmes financiers qui visent deux aspects essentiels de la
réinsertion sociale des délinquants, soit les contacts avec la collectivité
(particulièrement avec la famille) et la capacité d'économiser
en vue de leur réinsertion sociale. Le coût des litiges qui perdurent
est assumé par les détenus et leurs familles.
Le Service devrait certainement reconnaître sans tarder ses obligations à
cet égard.
Quant à la validité du système Millennium comme mécanisme
de sécurité, nous continuons à douter que le système
présente effectivement les avantages prévus lors de sa mise en oeuvre,
soit la protection du public contre un abus illégal ou abusif des communications
téléphoniques par les détenus. On ne nous a jamais fourni de
données convaincantes sur le problème original qui a donné
lieu à la mise en oeuvre du système, ni d'information montrant que
ce système coûteux a contribué à remédier à
la situation.
Par conséquent, je réitère mes recommandations précédentes
à ce sujet et je recommande particulièrement que le Service procède
à une vérification de l'efficacité du système Millennium
en tant que mécanisme de sécurité.
TRANSFÈREMENTS
Des décisions appropriées sur les transfèrements :
- permettent que les détenus soient placés dans un établissement
au niveau de sécurité le moins restrictif pour assurer la sécurité
du personnel, des délinquants et du public;
- favorisent la réinsertion sociale efficace et en toute sécurité.
Ce sont là les objectifs fondamentaux de la Loi sur
le système correctionnel et la mise en liberté sous condition.
La rigueur, la rapidité, l'impartialité et la conformité à
la loi du processus de transfèrement ont fait l'objet de nombreuses plaintes
de la part des délinquants, y compris les retards liés au processus
d'évaluation lors de l'admission des délinquants au pénitencier.
En 2000-2001, le Service a entrepris d'examiner le processus, mais il n'avait pas
encore commencé à le faire au moment de la publication du rapport
annuel de 2001-2002.
Recommandations de 2001-2002
Que la commissaire :
- entame immédiatement une vérification de la qualité des données
(« mise en doute » par le Service au cours des trois dernières
années) afin d'en déterminer la validité actuelle;
- établisse un cadre pour l'évaluation du processus de transfèrement
qui tienne compte de façon précise des préoccupations soulevées;
- communique ce cadre au Bureau de l'enquêteur correctionnel d'ici la fin de
juillet 2002;
- termine d'ici novembre 2002 son évaluation du processus, laquelle comprendra
des plans d'action concrets.
Réponse du SCC
Le Service s'est engagé à prendre les décisions relatives au
transfèrement des détenus, de manière complète, objective
et opportune, et à surveiller raisonnablement le processus, afin qu'il soit
conforme aux dispositions des lois concernant l'équité administrative.
Une vérification du processus de transfèrement a été
incluse dans le plan de vérification annuel du
SCC pour l'exercice 2002-2003. Elle est actuellement en cours; ses
objectifs et ses critères reflètent les préoccupations du BEC et ont été
fournis à celui-ci, tel qu'il a été demandé.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous avons reçu des données préliminaires sur les conclusions
de la vérification le 21 février 2003 et reçu l'ébauche
finale le 18 mai 2003.
La vérification sur les transfèrements n'a pas abordé deux
aspects importants de nos préoccupations :
- pourquoi les délinquants sont placés dans des établissements
d'un niveau de sécurité supérieur à leur cote de sécurité;
- la qualité des données utilisées pour surveiller le processus
de transfèrement, mais le Service a élaboré un plan d'action
sur une série de recommandations découlant de la vérification.
De plus, il a indiqué qu'il élaborait un cadre de contrôle de
la gestion devant être utilisé par tous les établissements pour
évaluer de façon continue la conformité à la loi des
procédures et des décisions en matière de transfèrement.
Pour le moment, plutôt que de répéter des éléments
particuliers de nos préoccupations antérieures, il semble approprié
de donner au Service l'occasion de mettre en oeuvre ses plans d'action. Nous avons
demandé un exemplaire des plans d'action élaborés par les divers
établissements en réponse aux conclusions de la vérification.
Nous continuons de travailler avec le Service pour veiller à ce que le processus
de transfèrement donne lieu à des décisions rigoureuses, objectives
et opportunes, conformément aux dispositions en matière d'équité
de la législation et de la politique sur les transfèrements.
PROCÉDURES DE RÈGLEMENT DES GRIEFS DES DÉTENUS
La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous conditionoblige
le système à prévoir une « procédure de règlement
juste et expéditif des griefs des délinquants... ».
Pour le BEC,
cela suppose nécessairement un système qui suscitera la confiance
du public dans un examen rigoureux et impartial. De plus, cela signifie que le processus
doit être utilisé, non seulement pour régler les problèmes
individuels, mais aussi pour prendre des mesures en matière de gestion visant
à remédier aux problèmes relevés par le processus de
règlement des griefs aussi bien sur le plan de la politique que dans la pratique.
Recommandations de 2001-2002
Que :
- le Service prenne les mesures immédiates, à tous les niveaux de la
procédure, pour éliminer l'arriéré des griefs à
traiter et faire en sorte que l'on donne suite rapidement aux griefs;
- le Service établisse des directives précises qui obligent les secteurs
des Services de santé, des Autochtones et des délinquantes à
analyser rigoureusement, chaque trimestre, les données sur les griefs;
- le rapport de vérification du Service, qui devait être terminé
en juin 2001, soit transmis immédiatement aux comités des détenus
sous forme de version préliminaire, pour qu'ils le commentent;
- le Service rende public l'examen du processus de règlement des griefs entrepris
par la Direction des questions autochtones;
- le Service revoie sa décision de rejeter les recommandations formulées
par la juge Arbour sur la responsabilité des hauts fonctionnaires quant au
règlement des griefs ou le renvoi de ceux-ci pour examen devant une instance
externe.
Réponse du SCC
Le SCC prend au sérieux
son obligation légale d'établir une marche à suivre permettant
de résoudre de manière équitable et rapide les plaintes formulées
par les détenus.
Nous sommes d'accord avec la nécessité d'une intervention. Le SCC est à la recherche
de nouveaux moyens de répondre au nombre croissant de plaintes formulées
par les délinquants. Par exemple, le
SCC explore actuellement des options afin de mieux gérer le
cas des auteurs de griefs multiples, car ceux-ci représentent environ 40
% de toutes les plaintes et de tous les griefs. Une révision de la procédure
applicable aux griefs formulés par les détenus sera mise en application
en janvier 2003.
On s'est efforcé, aux niveaux national et régional, de régler
l'arriéré en matière de griefs. Malheureusement, au cours du
présent exercice, il y a eu une augmentation imprévue et sans précédent
du nombre des griefs. Le troisième échelon en a reçu 25 % en
plus en 2001-2002 qu'au cours de l'exercice précédent, tandis que,
dans les régions, la hausse était de près de 40 %.
Le SCC produit des rapports
trimestriels de données sur les griefs des détenus.
Le rapport de vérification du Service, portant sur le système de griefs,
a été mis au point en juin 2002, Tous les directeurs d'établissement
ont reçu l'instruction d'en remettre un exemplaire à leurs comités
respectifs des détenus.
Le SCC considère
que la participation des cadres supérieurs à l'examen et à
la détermination de tous les griefs entraîne bel et bien une analyse
finale objective et équitable des cas où les délinquants n'acceptent
pas les réponses d'un établissement.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous avons trouvé que la réponse n'avait pas abordé les aspects
particuliers de nos recommandations. L ' évaluation qu'a faite le Service
de l'efficacité de la participation de la haute direction aux examens du
processus de règlement des griefs ne se fondait pas sur des résultats
mesurables et ne faisait pas allusion à la responsabilité ni à
la recommandation de la juge Arbour concernant un examen devant une instance externe.
Des discussions ultérieures ont porté surtout sur la question des
retards. Le Service a indiqué :
- que les retards au niveau des administrations régionales et de l'administration
centrale se poursuivaient, et que certaines améliorations avaient été
apportées pour éliminer l'arriéré des griefs à
traiter;
- qu'il avait établi un certain nombre de mesures opérationnelles qui
semblent prometteuses, notamment le recours à des techniques de médiation,
l'élaboration d'un outil et de politiques de gestion du savoir pour mieux
gérer le cas des auteurs de griefs multiples.
Le 24 janvier 2003, nous avons rencontré des employés du Service pour
discuter de l'ébauche du rapport de vérification du système
de règlement des plaintes et des griefs des détenus et avons fait
un certain nombre de suggestions :
- rendre le système plus rapide;
- assurer l'équité procédurale en ce qui a trait à toute
l'information prise en considération dans le processus;
- assurer une enquête et une analyse plus rigoureuses et éclairées
des griefs;
- améliorer l'accès à d'autres méthodes de règlement
des différends au niveau de l'établissement;
- fournir une méthode indépendante de règlement des griefs fondée
sur le respect des droits fondamentaux ou sur des questions qui influent sur l'ensemble
du Service;
- veiller à ce que les griefs et leurs résultats constituent un outil
pour le processus décisionnel en matière de gestion à tous
les niveaux du Service;
- établir des procédures spéciales pour traiter les plaintes
de nature délicate concernant les services de santé, l'inconduite
du personnel et le harcèlement.
Nous attendons encore la réponse du Service concernant les suggestions particulières
que nous avons formulées. Par conséquent, en l'absence de preuve d'un
changement significatif, je réitère les points que nous avions soulevés
au cours des années précédentes et nous formulons d'autres
recommandations sur de plus récents sujets de discussion.
Je recommande que :
- d'ici le 31 octobre 2003, le Service correctionnel mette la dernière
main à un plan d'action contenant des objectifs réalistes et mesurables
et des normes d'évaluation en vue d'éliminer de façon permanente
l'arriéré des griefs à traiter et qu'il mette immédiatement
ce plan en oeuvre pour qu'il soit mené à terme d'ici la fin de l'exercice
2003-2004;
- que le Service établisse des directives précises qui obligent
les Secteurs des services de santé, des questions autochtones et des délinquantes
à analyser rigoureusement, chaque trimestre, les données sur les griefs,
et qu'il présente un rapport à ce sujet d'ici la fin de septembre
2003;
- que le Service revoie sa décision de rejeter
les recommandations formulées par la juge Arbour sur la responsabilité
des hauts fonctionnaires quant au règlement des griefs ou le renvoi de ceux-ci
pour examen devant une instance externe.
En ce qui a trait particulièrement à la recom-mandation de la
juge Arbour, je recommande également que le Service, en consultation avec
le Bureau et les intervenants compétents de la collectivité, mette
sur pied un projet pilote sur l'examen indépendant des griefs au troisième
palier qui ont une importance à l'échelle nationale ou qui sont liés
à des questions fondamentales de liberté personnelle, de sécurité
ou de conformité à la loi.
Finalement, je recommande que le Service donne suite aux suggestions du Bureau
sur les changements à apporter à la procédure de règlement
des plaintes et des griefs des délinquants d'ici la fin de juin 2003.
JEUNES CONTREVENANTS ET DÉLINQUANTS ÂGÉS
Nous continuons d'être d'avis que, conformément au droit international,
la législation devrait interdire l'incarcération des mineurs dans
les pénitenciers.
Les pénitenciers ne constituent simplement pas un milieu approprié
pour les mineurs, pour les jeunes adultes, notamment ceux qui ont 20 ans ou moins.
L'expérience que vivent en pénitencier les délinquants le confirme
immanquablement. Un nombre disproportionnellement élevé de jeunes
délinquants atteignent leur date de libération d'office sans avoir
de plan efficace de réinsertion sociale et après avoir passé
beaucoup de temps dans les unités d'isolement ou autre secteur d'isolement.
À notre avis, le Service correctionnel n'a pas correctement cerné
les besoins des jeunes contrevenants ou ne leur a pas offert des programmes appropriés
répondant à leurs besoins.
Les délinquants âgés représentent un groupe important
et croissant considéré comme ayant des besoins spéciaux. Contrairement
aux jeunes délinquants, les délinquants âgés ont des
besoins qui ont été bien cernés dans les constatations et les
recommandations d'un rapport interne produit par le Service correctionnel en 2000.
Malheureusement, peu de progrès ont été réalisés
en ce qui a trait à la mise en oeuvre des recommandations de ce rapport.
Nos préoccupations ont aussi été partagées par le sous-comité
de la Chambre des communes chargé de l'examen de la Loi sur le système
correctionnel et
la mise en liberté sous condition, qui a indiqué que ces
deux groupes méritent une attention spéciale, constatation approuvée
dans la réponse initiale
du gouvernement.
Recommandations de 2001-2002
- Que le Service mette immédiatement la dernière main à ses plans
d'action et amorce la mise en oeuvre des recommandations du rapport de la Division
des délinquants âgés;
- que le Service correctionnel et le solliciteur général s'efforcent
de faire adopter des modifications aux lois applicables aux jeunes contrevenants,
lesquelles interdiraient l'incarcération de ces derniers dans les pénitenciers
fédéraux;
- que le Service adopte des politiques et des procédures en matière
de logement, de programmes et de gestion des cas qui répondent aux besoins
particuliers des jeunes dont il a la charge.
Réponse du SCC
Le SCC s'est engagé
à répondre aux besoins de tous les délinquants. À mesure
que la population carcérale vieillit, on constate une intensification de
problèmes comme l'hébergement (en établissement et dans la
collectivité), les soins de santé, le placement dans des programmes
correctionnels ainsi que la formation professionnelle et l'emploi. On tient compte
des recommandations du rapport dans les plans et priorités du
SCC.
Le SCC reconnaît
la prérogative des tribunaux, conférée par les lois actuelles,
d'ordonner l'incarcération des jeunes délinquants dans un établissement
fédéral. Le SCC
continuera à s'acquitter de ses obligations juridiques envers les jeunes
délinquants condamnés à des peine de ressort fédéral.
Le 14 juin 2002, deux délinquants sur 18 se trouvaient dans des établissements
du SCC, et un autre,
sous surveillance communautaire. Les jeunes délinquants condamnés
à une peine d'incarcération dans un établissement fédéral
sont évalués d'après leur niveau de sécurité
et les programmes dont ils ont besoin. On tient compte explicitement de l'âge
des délinquants dans ces évaluations, et, par conséquent, dans
les décisions relatives à leur placement, ainsi qu'à leurs
besoins en matière de programmes et de gestion des cas.
Faits nouveaux en 2002-2003
Nous avons trouvé que la réponse du Service n'abordait pas les aspects
particuliers de nos recommandations dans lesquelles nous demandions des plans d'action
concrets qui mèneraient à des politiques et à des programmes
concrets.
La question des délinquants âgés et des jeunes contrevenants
a fait l'objet de ma première rencontre avec la commissaire du Service correctionnel
sur les questions traitées dans le rapport annuel, le 21 février 2003.
Lors de cette rencontre, la commissaire a indiqué que les installations communautaires
constituaient le meilleur moyen de répondre aux besoins des délinquants
âgés. Elle a ajouté que le Service participait à des
discussions avec la Commission nationale des libérations conditionnelles
concernant les options de mise en liberté de certains délinquants,
lesquelles pourraient nécessiter des modifications législatives.
Je suis favorable à cette approche, et j'ai demandé d'obtenir des
renseignements supplémentaires sur les délais et les options envisagés.
La rencontre avec la commissaire a aussi permis de préciser la position du
Service, qui n'entend pas élaborer une stratégie globale ayant trait
aux délinquants âgés ou aux jeunes contrevenants. Le Service
devait plutôt procéder à une étude exhaustive de sa capacité
d'offrir des programmes aux délinquants dans les établissements et
la collectivité et d'examiner comment les caractéristiques clés,
y compris l'âge, influent sur la disponibilité des programmes.
Même si nous appuyons cette approche, nous avons souligné des difficultés
auxquelles sont confrontés les détenus âgés, et qui avaient
été présentées dans le rapport interne et dans une récente
évaluation des besoins en matière de santé.
À la même rencontre, la commissaire s'est engagée particulièrement
à fournir des données à jour sur une question ayant trait aux
détenus âgés, soit la création d'un certain nombre d'unités
accessibles aux fauteuils roulants en établissement partout au pays. Il s'agit
là d'un objectif que le Service s'est fixé il y a plusieurs années.
La commissaire m'a écrit en avril pour m'informer que la plupart des objectifs
avaient été atteints, mais que certains le seraient plus tard cette
année.
Plus récemment, la sous-commissaire principale a écrit à notre
directeur exécutif et exposé en détail les engagements du Service
en ce qui a trait aux mesures d'adaptation ainsi qu'aux soins palliatifs, aux options
de réinsertion sociale et à l'élaboration de programmes en
vue de la réinsertion sociale. J'étais très heureux de constater
que ces plans étaient très détaillés.
Par conséquent, nous attendons que le Service nous informe de l'achèvement
de ses plans. Je ferai le point sur cette question en octobre de cette année.
En ce qui a trait aux jeunes contrevenants, j'ai souligné la réalité
continue des problèmes auxquels ceux-ci sont confrontés dans les pénitenciers,
soit les conflits avec d'autres délinquants, l'adhésion accrue à
des gangs, de longues périodes d'isolement et la mise en liberté très
tardive.
Comme étape préliminaire, le
SCC a tenu en juin 2003 une réunion à laquelle ont assisté
un éventail d'intervenants, y compris des représentants des administrations
fédérale et provinciales, des spécialistes en intervention
correctionnelle auprès des jeunes et des experts juridiques en questions
relatives aux jeunes contrevenants. Cette réunion avait pour but de commencer
à aborder les préoccupations des jeunes contrevenants et à
établir des solutions pratiques concernant les placements à l'extérieur
et les programmes appropriés. Je crois que cette réunion a permis
d'examiner à fond plusieurs questions relatives à la façon
dont le système correctionnel fédéral répond aux besoins
des jeunes contrevenants suivant les principes de protection des jeunes qui sont
prévus dans la Loi sur le système de justice pénale pour les
adolescents, qui est entrée en vigueur le 1er avril 2003.
Le Service a entrepris d'utiliser ces travaux dans la mise en oeuvre de la nouvelle
Loi, notamment :
- veiller à ce que les politiques du Service tiennent compte des principes
relatifs à la protection des jeunes prévus dans la Loi;
- examiner la pertinence des procédures de gestion des cas qui sont appliquées
dans le cas de jeunes contrevenants;
- veiller à ce que la vie privée des jeunes contrevenants soit respectée.
Comme première étape de cet examen, le Service rencontrera les représentants
du ministère de la Justice et du
BEC pour examiner les conditions exposées dans la Loi sur le système
de justice pénale pour les adolescents et la façon dont
le
SCC s'assurera de la
conformité aux dispositions applicables.
Nous considérons les premières étapes très utiles et
espérons qu'elles donneront lieu à des améliorations que nous
continuons de recommander.
En ce qui concerne les arguments présentés par le Service aux audiences
judiciaires sur le placement en pénitencier aux termes de la Loi sur le système
de justice pénale pour les adolescents, nous avons confirmé
notre opinion selon laquelle les pénitenciers ne sont pas un endroit approprié
pour ces délinquants. Le Service a réitéré sa volonté
d'adopter cette position générale, mais il convient de noter qu'il
a semblé adopter une position plus claire sur les inconvénients liés
au placement en pénitencier. Il y a actuellement environ 400 jeunes contrevenants,
âgés de 20 ans ou moins, dans les pénitenciers fédéraux.
Le Service a convenu de déterminer et d'analyser les données qui indiqueront
si les jeunes détenus sont désavantagés, par rapport aux autres
détenus, en ce qui a trait à des facteurs importants liés à
leur expérience dans le système fédéral, tels que l'accès
à la mise en liberté, l'achèvement avec succès des programmes
et les périodes passées en isolement. Nous avons offert nos conseils
et notre aide lors de ce processus. Nous espérons recevoir sous peu les résultats
de cet examen.
Cela représente une première étape utile, une bonne base de
référence pour la prise d'autres mesures.
Nous espérons que cette question sera réglée au cours de la
prochaine année.
Dans l'intervalle, nous recommandons :
- que le Service utilise l'information obtenue lors de sa réunion de
juin et, en consultation avec des détenus et d'autres interventions communautaires,
présente au Comité de direction, d'ici la fin de septembre 2003, un
plan d'action pour la coordination, avec d'autres administrations, des placements,
du logement et des programmes offerts aux jeunes contrevenants;
- que ce plan d'action donne des résultats mesurables et comporte un
échéancier et un cadre d'évaluation appropriés;
- que le plan d'action soit fondé sur un examen des politiques et des
opérations du SCC
pour assurer la conformité à la Loi sur le système de justice
pénale pour les adolescents;
- que le Service revoie l'information qu'il présente aux tribunaux
aux termes de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents
pour indiquer les effets négatifs observés sur les jeunes détenus
qui purgent leurs peines dans un pénitencier.
CLASSEMENT DES DÉLINQUANTS CONDAMNÉS À PERPÉTUITÉ
Cette question est la source d'un différend profond entre le
BEC et le Service correctionnel depuis que la politique a été
conçue en février 2001. Avec l'appui d'un certain nombre d'intervenants
communautaires, nous préconisons sans cesse l'annulation de cette politique.
Cette dernière est contraire à la Loi et ne favorise pas une approche
correctionnelle judicieuse. La politique prévoit que les délinquants
qui purgent une peine à perpétuité passent au moins les deux
premières années de leur peine dans un établissement à
sécurité maximale.
La politique attribue de façon arbitraire une valeur élevée
suivant l'Échelle de classement par niveau de sécurité aux
nouveaux délinquants condamnés à des peines à perpétuité.
Contrairement aux autres éléments qui sont exposés dans cet
outil actuariel, les valeurs attribuées n'ont aucune pertinence historique.
Cette approche a été appliquée simplement pour assurer le placement
des délinquants à perpétuité dans un établissement
à sécurité maximale. Elle est contraire au Règlement
sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition,
qui exige que chaque délinquant soit placé à un niveau de sécurité
suivant un large éventail de critères.
Seule la commissaire adjointe des Opérations et des Programmes correctionnels
(CAOPC)
a le pouvoir de déroger en ce qui a trait au placement suivant la nouvelle
politique dans des circonstances exceptionnelles non définies. En fait, presque
aucune décision n'a fait l'objet d'une dérogation, même s'il
y avait, à notre avis, des raisons impérieuses de réexaminer
certaines de ces décisions.
Recommandations en 2001-2002
Je recommande encore une fois l'annulation de la politique des deux ans en faveur
d'un système qui prévoit l'évaluation de la nécessité
du placement en sécurité maximale en tenant compte de tous les autres
facteurs qui doivent être pris en considération dans la détermination
du niveau de sécurité nécessaire.
Je recommande en outre que le Service veille à ce qu'il existe une procédure
de recours équitable, rigoureuse et rapide contre les décisions prises
aux termes de la politique existante.
Réponse du SCC
Le SCC n'abrogera pas
cette politique. Il existe une procédure de recours contre les décisions
et un processus concernant les cas exceptionnels.
Faits nouveaux en 2002-2003
Malgré notre constatation précédente selon laquelle la politique
viole la loi ainsi que l'incapacité du Service de répondre de façon
à tenir compte du sens précis de la loi, je ne vois aucune raison
de croire que le Service abrogera la politique à moins qu'il ne soit tenu
de le faire par les tribunaux. Comme il y a actuellement des poursuites concernant
cette question, je m'abstiendrai de faire d'autres recommandations directes, mais
je me réserve le droit de participer à toute procédure judiciaire
que je considère appropriée pour remplir notre mandat.
En ce qui a trait au réexamen opportun des cas suivant la « règle
de deux ans », nous avons entamé des discussions avec le Service
sur les deux questions suivantes :
- assurer un examen opportun et uniforme des décisions initiales en matière
de classement selon le niveau de sécurité;
- établir des critères pertinents permettant d'envisager la dérogation.
Jusqu'à présent, nous avons réalisé certains progrès,
mais ne sommes parvenus à aucun consensus.
En ce qui concerne le processus, nous estimons que c'est le cadre supérieur
qui devrait déterminer s'il y a lieu de déroger au classement dans
la catégorie
« sécurité maximale », puisqu'il est le mieux
placé pour examiner la mise en oeuvre de la politique suivant des conditions
uniformes.
Par suite de cette discussion, je recommande :
- que toute décision prise par un directeur d'établissement pour assujettir
un détenu à la règle ou pour recommander la dérogation
à la règle, soit immédiatement communiquée pour examen
à la commissaire adjointe, Opérations et Programmes correctionnels
(CAOPC);
- qu'on donne au détenu les raisons complètes justifiant la décision
initiale et l'occasion de présenter des arguments à la
CAOPC;
n que la
CAOPC détermine s'il faut assujettir le détenu à
la règle dans les 30 jours suivant la réception des documents concernant
la décision initiale;
- que le détenu ait droit de présenter directement à la commissaire
un grief prioritaire concernant la décision de la
CAOPC.
En ce qui a trait aux critères relatifs à la prise de décision
concernant la dérogation à la règle, nos avons noté
un certain nombre de questions qui ont mené à des conséquences
différentes pour les délinquants ou qui révèlent de
graves problèmes liés au placement dans un établissement à
sécurité maximale.
Premièrement, certains des délinquants seront admis dans un établissement
fédéral après avoir déjà purgé une peine
dans un établissement provincial à sécurité maximale.
La politique est discriminatoire envers tous ces délinquants en exigeant
qu'ils passent plus de temps dans un établissement à sécurité
maximale que les autres délinquants qui se trouvent plus rapidement dans
un établissement fédéral.
Deuxièmement, la politique ne tient pas compte de la situation des détenues.
Les unités de garde en milieu fermé qui ouvrent dans les établissement
régionaux pour accueillir les femmes qui se trouvent actuellement dans des
unités à sécurité maximale situées dans des établissements
pour hommes visent à favoriser l'intégration rapide à la population
générale de l'établissement. Il s'agit là d'un élément
important des programmes destinés aux délinquantes. Le fait d'obliger
ces délinquantes à purger automatiquement une période deux
ans dans ces unités va à l'encontre de l'objectif pour lequel ces
unités ont été mises sur pied.
Troisièmement, dans bon nombre de cas, le placement dans des établissements
à sécurité maximale n'est pas approprié en raison de
la situation des délinquants. Au cours de la période qui a précédé
immédiatement la mise en oeuvre de la politique, 50 % des nouveaux détenus
qui purgent une peine à perpétuité ont été placés
dans un établissement à sécurité moyenne. Il importe
de réorienter les facteurs qui devraient empêcher le placement dans
un établissement à sécurité maximale - de façon
que les détenus puissent s'y reporter s'ils présentent des arguments
sur les décisions défavorables en matière de placement.
Nous espérons que le Service prendra des mesures au moins pour tenir compte
de ces considérations dans la mise en oeuvre de ce qui demeure une politique
très imparfaite.
SERVICES DE SANTÉ
J'estime qu'un rapport annuel peut aller au-delà de son objet principal qui
est d'essayer de résoudre des principaux problèmes. Le rapport peut
également décrire les activités du
BEC qui ne se prêtent pas à des constatations ou à
des recommandations particulières, mais qui peuvent quand même permettre
de comprendre certains problèmes de délinquants et les difficultés
que nous éprouvons à les régler.
À cette fin, j'ai décidé de mettre à l'essai un nouveau
chapitre, qui met l'accent un « service correctionnel » et
examine, dans ce contexte, les points qui influent sur son succès et sur
notre capacité de régler les problèmes pertinents.
Les Services de santé constituent un sujet parfait pour cette première
initiative. Peu de directions répondent à des besoins aussi fondamentaux
et tangibles des délinquants tout en essayant de favoriser le bien-être
et la sécurité des détenus, de leur famille, du personnel et
du public. Rares sont les fonctions qui se fondent sur des considérations
aussi fondamentales et souvent contradictoires sur les plans juridique, politique
et opérationnel.
Soins et garde dans les services de santé
Notre personnel interagit fréquemment avec le personnel des Services de santé
du SCC. Il s'agit de
professionnels dévoués qui essaient d'accomplir un travail important
dans des conditions difficiles. Par conséquent, nous pouvons souvent résoudre
des problèmes qui ont trait à la prestation quotidienne de soins de
façon assez efficace.
C'est surtout au niveau des politiques et de l'affectation des ressources des Services
de santé que le personnel des Services de santé et nous rencontrons
des obstacles. Ces derniers n'entraînent pas toujours des différends
entre le BEC
et les Services de santé. Les différends sont souvent liés
à des contradictions inhérentes à la prestation des soins dans
un milieu axé sur la sécurité.
Je crois que l'examen de certaines de ces contradictions permettra de mieux comprendre
cet important secteur. L'examen peut aider à aller au-delà des questions
superficielles de rétribution et de réadaptation qui caractérisent
les discussions relatives aux prisons et à préciser certaines questions
de droit assez complexes et de véritables problèmes humains auxquels
sont régulièrement confrontés les délinquants, le personnel
correctionnel et les employés du
BEC.
Les Services de santé dans les pénitenciers canadiens sont fournis
par le personnel du Service correctionnel ou par des professionnels contractuels
du SCC. Ce dernier administre
des hôpitaux, y compris des hôpitaux psychiatriques partout au pays,
habituellement situés dans l'enceinte des pénitenciers. Les programmes
sont directement financés par le gouvernement du Canada (les détenus,
comme des membres des forces armés, ne sont pas visés par l'assurance-maladie
aux termes de la Loi canadienne sur la santé). Chaque établissement
fédéral possède un service de santé.
Des objectifs contradictoires découlent de la situation au travail du personnel
des services de santé.
En ce qui a trait au diagnostic ou au traitement, le Service doit aux termes de
la
LSCMLC :
- veiller à ce que chaque détenu reçoive les soins de santé
essentiels et qu'il ait accès, dans la mesure du possible, aux soins en santé
mentale qui peuvent faciliter sa réadaptation et sa réinsertion sociale;
- offrir les soins suivant les normes professionnelles reconnues;
- fournir les services seulement avec le consentement éclairé du patient
(à moins que celui-ci soit jugé incapable de donner son consentement
conformément aux lois applicables);
- examiner les besoins en santé mentale du détenu au moment de rendre
des décisions influant sur sa garde ou sa mise en liberté.
De plus, les professionnels des Services de santé et les hôpitaux du
SCC sont assujettis aux
lois provinciales et aux codes professionnels qui régissent les normes de
diagnostic et de soins ainsi que le fonctionnement des services de soins de santé.
Par ailleurs, en ce qui concerne la sécurité, les employés
des Services de santé sont des employés ou des agents du
SCC. Leurs services doivent être fournis dans un contexte où
des exigences législatives strictes sont imposées pour la garde et
la surveillance des délinquants et où toutes les relations entre le
personnel et les délinquants ne favorisent pas toujours un milieu qui contribue
à un traitement efficace.
J'ai choisi trois sujets qui, à mon avis, illustrent la convergence des deux
rôles. J'examinerai certaines des solutions que j'ai proposées et les
obstacles qui empêchent de les réaliser, et je présenterai mon
point de vue à ce sujet.
Confidentialité des renseignements médicaux
Dans toutes les administrations, les professions médicales exigent que leurs
membres se conforment à ce principe. La confidentialité est nécessaire,
non seulement en raison de la nature très personnelle de la relation clinique,
mais parce qu'il s'agit d'un besoin essentiel pour s'assurer que les patients peuvent
fournir aux pourvoyeurs de soins des renseignements pertinents sans craindre que
ceux-ci soient divulgués. En ce sens, ce principe encourage les patients
à rechercher les soins dont ils ont besoin.
Dans les pénitenciers, le traitement et la protection de la confidentialité
présentent une importance particulière étant donné le
nombre disproportionné de graves problèmes physiques et mentaux. Ces
derniers peuvent influer non seulement sur la capacité des délinquants
de vivre une vie saine et productive et de se réinsérer avec succès
dans la collectivité, mais aussi sur la sécurité des délinquants,
du personnel et du public.
De plus, la confiance est très importante en prison, et les détenus
peuvent être très réticents à fournir des renseignements
s'ils doutent même un instant que ceux-ci pourraient être divulgués
à d'autres personnes.
Or, l'exigence législative ayant trait à la divulgation des renseignements
lorsque ceux-ci sont nécessaires pour évaluer le risque et la protection
d'autres personnes va à l'encontre des considérations susmentionnées.
La Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous conditionimpose
clairement au personnel l'obligation de protéger les délinquants,
les employés et d'autres personnes et de fournir aux employés chargés
de la mise en liberté et de la surveillance des délinquants tous les
renseignements liés à ces fonctions.
Où doit-on établir un équilibre? Lorsqu'un détenu fait
des confidences à une infirmière, par exemple sur une maladie infectieuse
ou une obsession, est-ce que le personnel des Services de santé doit favoriser
une relation clinique en assurant la confidentialité de ces renseignements
ou doit-il protéger autrui du risque éventuel en divulguant ces renseignements?
Depuis plus de deux ans, le Service tente d'élaborer une politique à
ce sujet. Le BEC
a beaucoup contribué au processus d'élaboration de cette politique.
Les thèmes qui se dégagement semblent être les suivants :
1. Il faut établir une distinction entre les renseignements obtenus aux fins
d'un diagnostic et d'un traitement et ceux qui sont obtenus pour évaluer
le risque (pour prendre une décision en matière de surveillance ou
de mise en liberté). Dans le premier cas, les renseignements ne devraient
pas être divulgués à l'extérieur de l'équipe des
Services de santé. Dans le second cas, la divulgation des renseignements
peut être appropriée pour régler des questions en matière
de mise en liberté, de surveillance dans la collectivité ou d'autres
questions liées à la sécurité.
2. Par ailleurs, lorsqu'on a des raisons de croire qu'un tort pourrait être
causé si des renseignements sont gardés confidentiels, il faut divulguer
ceux-ci même s'il s'agit de renseignements liés au traitement.
Ces principes de base n'ont pas encore été entièrement « approuvés »
par l'ensemble du Service. Des arguments juridiques ou politiques peuvent inciter
celui-ci à adopter une approche plus libérale ou conservatrice en
matière de confidentialité.
De plus, les principes mêmes soulèvent d'autres questions en matière
de définition, d'équité et de gestion, par exemple :
- Où se situe la limite entre le « traitement » et « l'évaluation
du risque »?
- Comment établit-on, au moment où un délinquant est sur le point
de fournir des renseignements, si ceux-ci seront considérés comme
renseignements liés au traitement ou à l'évaluation du risque?
- Quel devrait être le statut des renseignements liés au traitement qui
s'appliquent au risque, si ceux-ci sont obtenus de façon inappropriée
ou par hasard?
- Dans quelle mesure le tort éventuel doit-il être grave et immédiat
pour justifier la divulgation des renseignements?
- Qui devrait décider si ces renseignements doivent ou non être divulgués?
- Où devraient être entreposés les renseignements sur la santé
des détenus et comment devraient-ils être protégés?
- Quel rôle et quelle influence devrait avoir le patient dans la décision
qui sera prise sur la divulgation des renseignements?
- Que devrait-on dire au patient au sujet de la divulgation éventuelle des
renseignements avant de lui demander de fournir au personnel des renseignements
liés à sa santé?
Le BEC a adopté
la position suivante :
- les renseignements liés à la santé aux fins de l'évaluation
du risque devraient être divulgués seulement lorsque le détenu,
avant de fournir ces renseignements, a clairement été informé
de ce qui sera divulgué et à quelles fins. Toute autre fin serait
interdite;
- tout autre renseignement lié à la santé qui est fourni ne devrait
simplement pas être divulgué sans le consentement du patient;
- les décisions sur la divulgation devraient être prises par le personnel
des services de santé qui a suivi la formation nécessaire;
- le délinquant en question devrait être autorisé à présenter
des observations avant que soit prise toute décision en matière de
divulgation;
- il y aurait des exceptions à ce qui précède s'il y a un risque
de danger de tort immédiat à des personnes identifiables si les renseignements
n'étaient pas divulgués (test adopté par la Cour suprême
du Canada).
J'adopte une telle position, parce que je crois qu'elle est justifiée par
la loi et qu'il risque d'y avoir un nombre élevé de délinquants
non traités parce qu'ils refusent de se confier à des professionnels
de la santé de crainte que ceux-ci divulguent les renseignements qu'ils leur
ont confiés.
Les Services de santé du SCC
semblent encore avoir une position claire au sujet des renseignements liés
à la santé obtenus aux fins de diagnostic et de traitement. Ceux-ci
doivent être gardés au sein de l'équipe des Services de santé
et ne pas être divulgués sauf dans les circonstances les plus urgentes,
ou lorsque la divulgation est nécessaire pour protéger d'autres personnes
de torts dont elles peuvent victimes. Cette position est conforme à la jurisprudence
bien établie à ce sujet.
En ce qui a trait aux renseignements acquis aux fins de l'évaluation du risque,
les Services de santé estiment que la divulgation de renseignements à
des décisionnaires appropriés peut être autorisée, pourvu
que le consentement du délinquant ait été obtenu avant qu'on
ait demandé à celui-ci de fournir des renseignements.
Il semble que l'approche susmentionnée soit davantage réalisable dans
le cas des renseignements sur des problèmes physiques (p. ex. maladies infectieuses),
lorsque des normes professionnelles et des interprétations légales
sont relativement établies et uniformes. Bon nombre de difficultés
susmentionnées se présentent lorsqu'il s'agit de renseignements sur
les problèmes de santé mentale de délinquants.
J'espère que la discussion d'une politique appropriée se poursuivra
au cours de la prochaine année. De plus, j'espère qu'on parviendra
à élaborer au moins un processus pour veiller à ce que les
décisions en matière de divulgation de renseignements soient prises
avec circonspection seulement après avoir donné aux délinquants
la possibilité de présenter leurs observations au sujet de ces décisions.
Maladies infectieuses
Je ne veux pas présenter une fois de plus les statistiques inquiétantes
concernant les maladies infectieuses. Il suffit de dire que les maladies infectieuses,
notamment le VIH/sida
et l'hépatite C, représentent un grave problème dans les pénitenciers.
Ce problème est plus sérieux que dans la population canadienne générale,
et encore plus grave chez les détenues.
Depuis la publication du rapport de 1996 du Comité d'experts sur le sida
et les prisons (CESP),
les Services de santé ont mis en oeuvre certaines des recommandations du
rapport, et ont réussi, quoique récemment, à offrir une thérapie
de traitement à la méthadone et commencé à mettre en
oeuvre les plans d'action pour guider les mesures institutionnelles visant à
prévenir les maladies infectieuses.
Cependant, trois des recommandations du
CESP n'ont étonnamment pas encore été mises en
oeuvre, puisqu'elles concernent les objectifs contradictoires que j'ai décrits
précédemment.
Le CESP
a recommandé :
- que de la recherche soit effectuée pour déterminer les mesures nécessaires,
y compris l'accès à du matériel d'injection stérile
qui réduirait les risques liés à l'utilisation clandestine
par les détenus de matériel d'injection contaminé;
- que le tatouage et le perçage soit légalisés et disponibles
aux détenus, pourvu que des professionnels ou des détenus reçoivent
une formation sur les procédures de sécurité applicables;
- que la confidentialité des renseignements sur les maladies infectieuses des
détenus soit assurée et qu'un dépistage volontaire des détenus
soit favorisé.
Le dernier point est clairement un élément important des problèmes
dont j'ai discutés dans la section précédente - problèmes
qui ont été abordés, mais qui n'ont pas été complètement
réglés.
Les progrès réalisés concernant les deux autres recommandations
sont plus lents.
Le Service refuse toujours de mettre en oeuvre le concept d'échange de seringues
et n'a que récemment entrepris d'élaborer un projet pilote sur le
tatouage, lequel devrait être présenté à la commissaire.
Il existe des approches fondamentales concernant la toxicomanie et ses conséquences
- le traitement par rapport à l'interdiction.
D'autres administrations nous ont fourni des renseignements fiables indiquant que
des mesures de réduction des méfaits, telles que l'échange
de seringues et le tatouage sécuritaire, qui répondent aux besoins
en santé des utilisateurs, contribuent à éviter la transmission
des maladies et à encourager la participation au traitement.
Toutefois, le personnel du SCC
exprime souvent des craintes concernant l'utilisation d'objets pointus comme armes,
et le public se préoccupe des mesures qui tolèrent un comportement
illégal ou antisocial, particulièrement aux dépens du public.
Il faut donc se demander « Quel est le rôle d'une prison? »
Nous estimons qu'une prison n'a pas pour rôle de perpétuer des pratiques
dangereuses ni de limiter l'accès à un traitement dont pourrait bénéficier
non seulement le détenu, mais aussi la personne à qui celui-ci pourrait
faire du tort s'il ne reçoit pas les soins appropriés ou s'il a accès
à des instruments qui transmettent la maladie.
De ce point de vue, nous croyons qu'il y a clairement lieu de favoriser la mise
en oeuvre de mesures de réduction des méfaits.
Il est possible de réduire le danger que courent les détenus ou les
employés en contrôlant la mise en oeuvre de mesures de réduction
des méfaits. Je ne sous-estime pas la nécessité de la planification,
des soins et de la surveillance, mais je crois qu'il existe des « pratiques
exemplaires » très utiles appliquées dans d'autres milieux
où les détenus ont un accès à des articles dangereux
(p. ex. dans les cuisines). Quoi qu'il en soit, comme les détenus ont déjà
accès illégalement à des seringues ou à du matériel
de tatouage, il faut se demander dans quelle mesure les dangers pourraient s'accroître
si l'on mettait en place un régime visant à fournir un accès
contrôlé et sécuritaire à des articles dangereux.
Quant à l'illégalité de la réduction des méfaits,
je crois que le
CESP était au courant de la loi lorsqu'il a formulé
ses recommandations. Cependant, le Comité a déterminé que la
situation était presque critique et que, dans les circonstances, le principe
fondamental de sécurité de la personne devait être soupesé
en fonction des effets négatifs qu'entraîne le fait de tolérer
des activités qui sont sanctionnées par le droit pénal et qui
se produisent de toute façon. Je partage donc les conclusions du CESP.
Il faudrait certainement appuyer le Service dans ses efforts visant à contrôler
l'entrée de substances illégales dans les pénitenciers. Toutefois,
on peut donner un traitement tout en prenant des mesures de sécurité
valables, ce qui constitue un aspect essentiel d'une stratégie de prestation
de services de santé axée sur le traitement. Cela est ici manifestement
le cas.
Le recours à l'isolement pour les soins de santé mentale
Dans les traitements de santé mentale, il arrive parfois qu'on isole des
patients des autres au moment de la tenue d'activités liées aux programmes
ou activités sociales. Cela peut être le cas lorsque l'on considère
que l'interaction avec les autres peut présenter des risques ou que la privation
de privilèges est utile pour favoriser la participation au traitement ou
des comportements appropriés (modification du comportement).
Le recours à l'isolement est régi par les lois provinciales et les
normes professionnelles. Celles-ci prévoient essentiellement que :
- le recours à l'isolement doit être autorisé par un médecin;
- le droit d'isoler un patient existe pourvu que celui-ci ait consenti au programme
de traitement ou à un aspect de celui-ci;
- exceptionnellement, un patient peut être mis en isolement contre son gré
s'il ne peut donner un consentement ou s'il y a un urgent besoin de protéger
cette personne du tort qu'il peut se faire à lui-même ou à d'autres;
- dans de tels cas, les patients peuvent obtenir l'aide d'avocats-conseils ou de conseillers
juridiques et que des procédures de recours de durée limitée
doivent être mises à leur disposition.
Les unités de santé mentale du
SCC sont régies par les mêmes règles. Toutefois,
comme elles se trouvent dans des pénitenciers, elles sont également
assujetties à des règles fédérales, y compris les lois
qui régissent l'isolement. Ces dernières prévoient que les
détenus peuvent être mis en isolement contre leur gré seulement
lorsqu'il faut protéger la sécurité de personnes ou de l'établissement
ou si le détenu a été reconnu coupable d'une grave infraction
disciplinaire. De plus, dans les cas non disciplinaires, ces règles prévoient
un examen systématique des cas d'isolement et pour la réinsertion
rapide dans la population carcérale générale, si possible.
En outre, les détenus mis en isolement ont normalement droit aux mêmes
effets et services personnels que les détenus de la population carcérale
générale.
Il y lieu d'examiner certaines complications découlant de ces situations :
- Si un patient ne souhaite pas être mis en isolement, le consentement au traitement
prend-il fin et toute autre mesure destinée à l'isoler doit-elle être
considérée comme de l'isolement?
- Dans un programme de traitement, si un membre du personnel isole un patient parce
qu'il souhaite le contrôler ou le protéger des autres, s'agit-il vraiment
d'une mesure d'isolement?
- Si le détenu sait qu'en ne donnant pas son consentement à l'isolement,
il peut être retiré d'un programme de traitement et retourné
à l'établissement d'origine, comment cela influe-t-il sur la question
de savoir s'il a vraiment donné un consentement éclairé sans
avoir fait l'objet de contrainte?
- En plus de simplement pouvoir refuser un traitement, quel mécanisme de recours
devrait être prévu lorsqu'un détenu n'est pas d'accord sur la
décision de le mettre en isolement ou une condition liée à
l'isolement?
Le Service a indiqué qu'il présenterait bientôt une politique
à ce sujet.
J'espère que l'approche du Service visera à assurer que, au cours
d'un traitement, la nécessité initiale et continue de l'isolement
sera régulièrement examinée et que le patient aura en temps
opportun l'occasion de se plaindre de tout problème. Autrement, il faudra
appliquer la simple règle suivante : l'isolement sans consentement ou sans
que le patient soit jugé incapable de donner son consentement constitue une
mesure d'isolement et doit être considérée comme telle.
Conclusions
Je comprends le défi auquel doit faire face le Service pour justifier les
intérêts apparemment contradictoires de la sécurité et
du traitement.
J'estime que la sécurité et le traitement, tout comme la garde et
la réadaptation, peuvent souvent être conciliés, mais je sais
qu'il y aura des circonstances où, lorsqu'il devra à la fois assurer
la sécurité et donner des soins, le Service se trouvera dans des situations
apparemment conflictuelles.
Cela nous amène à nous poser des questions plus générales
- Est-ce que la solution consisterait à séparer, sur le plan de la
structure, la dotation, la direction et la prestation de soins de santé des
autres fonctions du Service? Par exemple, faut-il faire en sorte que les soins de
santé relèvent de la compétence de Santé Canada ou créer
un organisme opérationnel indépendant pour les soins de santé?
Est-ce que la solution serait de prévoir des catégories distinctes
pour établir la distinction entre les questions qui relèvent du contrôle
exclusif des Services de santé et celles qui relèvent de la compétence
des autres membres du personnel? Ou est-ce que le Service ne devrait pas simplement
essayer d'élaborer et d'appliquer une politique et une pratique visant à
prévoir les d'objectifs conflictuels.
Quelle que soit l'option retenue, je crois que le principe des droits du patient
à la protection des renseignements personnels et au consentement éclairé
à la participation au traitement doit être primordial.
Nous remercions une fois de plus le personnel des Services de santé de sa
collaboration qu'il a apportée à notre personnel, laquelle a contribué
aux discussions positives que nous avons eues avec les représentants des
Services de santé de l'administration centrale.
TOUR D'HORIZON
Il y a un certain nombre de questions qui font actuellement l'objet de discussions
avec le Service et qui ne sont pas exposées en détail dans la section
« Principales questions en suspens » du rapport. Même
si notre examen de ces questions n'a pas encore donné lieu à des constatations
et à des recommandations particulières, je crois que, en raison de
leur importance pour la population carcérale, il y a lieu d'en prendre note.
Isolement préventif
Les unités d'isolement demeurent pleines ou presque, et le nombre de cas
d'isolement à long terme est encore inutilement élevé. Il faudra
trouver de nouvelles solutions et examiner la façon de mettre plus efficacement
en oeuvre la loi et la politique sur l'isolement préventif afin de régler
ce problème.
La question de l'examen indépendant des placements est un aspect de l'isolement
préventif qui fait depuis longtemps l'objet de discussions. Comme je l'ai
indiqué ailleurs dans le rapport, les spécialistes sont très
favorables à cette approche. Le Service vient de terminer la mise à
l'essai d'un système
« amélioré » dans le cadre duquel les membres
de la collectivité participent aux examens. Il est maintenant possible d'examiner
les projets pilote et d'entamer une vaste consultation sur les recommandations du
sous-comité parlementaire sur l'arbitrage indépendant des décisions
en matière d'isolement.
Maladies infectieuses
En ce qui a trait à l'incidence et à la transmission du
VIH/sida et de l'hépatite C dans nos établissements,
je crois qu'une décision immédiate doit être prise sur la mise
en oeuvre de mesures de réduction des méfaits, telles que l'accès
à du matériel de tatouage propre et les échanges de seringues.
Bien que le milieu correctionnel présente des difficultés dans ce
domaine, il faut une stratégie cohérente en matière de drogues
pour assurer de façon raisonnable la santé et la sécurité
du personnel et des délinquants.
Soins de santé mentale
Le Service procède actuellement à un examen de ses unités régionales
de santé mentale. Il s'agit là d'une étude opportune et importante
étant donné l'incidence des problèmes de santé mentale
sur les soins, la garde et la réadaptation des délinquants. Le Service
nous consulte concernant cet examen, et j'estime que notre contribution à
cet examen des sujets de préoccupations liés au traitement de la santé
mentale est très importante.
Évaluation des renseignements de sécurité
Cette année, le Service a finalement publié des directives sur les
normes et lignes directrices en matière de sécurité préventive.
La mise en oeuvre de nouvelles politiques nous donne ainsi qu'au Service l'occasion
d'examiner une fonction importante découlant des principes fondamentaux exposés
dans les politiques, soit l'identification, l'évaluation et l'utilisation
des renseignements de sécurité dans les décisions qui influent
sur le niveau de garde et les possibilités de mise en liberté des
délinquants.
Détecteurs ioniques
Des questions ont été soulevées concernant le fonctionnement
des instruments qui décèlent la présence de substances sur
la peau et les vêtements des personnes, et l'exactitude des résultats
des examens des détecteurs ioniques. De plus, on a discuté de l'importance
qui devrait être accordée aux résultats des détecteurs
ioniques dans les décisions concernant l'octroi des visites dans les établissements.
En octobre 2003, il y aura une médiation officielle relative à cette
question, c'est-à-dire l'efficacité de l'équipement, le niveau
de son utilisation et son importance dans la prise de décision sur les visites.
Les participants comprendront notamment du personnel compétent du Service,
les employés du BEC,
des représentants des détenus et des spécialistes juridiques
de la collectivité.
Ordinateurs des détenus
En juin de cette année, le Service a décidé d'interdire l'achat
d'ordinateurs par les détenus. Étant donné l'incidence de cette
décision sur la population carcérale, nous avons communiqué
avec le Service pour entreprendre un examen de
ce changement de politique et des solutions de rechange possibles.
Accès à la justice
L'accès des détenus aux services des avocats constitue un problème
grandissant. Les restrictions s'appliquant à l'aide juridique et à
son financement dans les diverses administrations provinciales et territoriales
auront pour effet de réduire la portée des questions pour lesquelles
les détenus peuvent consulter des avocats et retenir leurs services ainsi
que le nombre d'avocats qui peuvent défendre des cas de détenus et
qui sont disposés à le faire.
L'accès à un avocat est un droit important de tout citoyen. De plus,
il est extrêmement important dans le contexte correctionnel, où des
questions complexes et importantes se posent souvent. La
LSCMLC et son règlement connexe contiennent un certain nombre
de dispositions qui garantissent l'accès aux services d'un avocat, comme
les cas où les détenus sont mis en isolement ou accusés de
graves infractions disciplinaires. En outre, la Loi prévoit des garanties
de communication confidentielle de détenus avec des avocats. Les détenus
ont des droits qu'ils n'ont pas les moyens de faire respecter.
Nous croyons qu'il faut mener une vaste consultation auprès des partenaires
du système de justice pénale, y compris des représentants de
la collectivité et des détenus, pour voir à ce que des mécanismes
soient établis pour régler le problème.
Établissements à sécurité maximale
En mai de cette année, une équipe de cadres supérieurs du Service
a entamé un examen des établissements à sécurité
maximale. Le but de cet examen, est, à mon avis, d'essayer d'élaborer
des interventions qui pourraient être réalisées par le personnel,
tout en respectant les droits de la personne, pour aider les détenus à
mener à bien leur plan correctionnel visant leur mise en liberté éventuelle.
Les établissements à sécurité maximale sont depuis longtemps
un sujet de préoccupation au
BEC. Comme ils mettent l'accent sur le contrôle des déplacements
et des activités des délinquants, ils ont tendance à entraver
les progrès vers la réinsertion sociale et gèrent souvent leurs
opérations d'une façon qui n'est pas conforme au principe exposé
dans la
LSCMLC qui consiste à prendre la mesure de garde la moins restrictive
possible suivant les besoins des détenus.
Par conséquent, nous attendons d'obtenir les résultats de cet examen
et de la discussion qui suivra concernant l'incidence de celui-ci dans
les établissements.
PROPOSITION DE RÈGLEMENT
INTERVENTION JUDICIAIRE, EXAMEN EXTERNE ET RESPONSABILITÉ
DANS LES SERVICES CORRECTIONNELS
La juge Arbour, dans son rapport 1996 sur les événements survenus
à la prison des femmes, a fait des observations sur l'incapacité de
respecter les droits fondamentaux des délinquants :
J'ai traité en détail du rôle joué par l'enquêteur
correctionnel dans cette affaire. À mon avis, il est clair que le mandat
dont la loi l'investit devrait continuer d'être soutenu et facilité.
Parmi tous les observateurs indépendants du Service correctionnel, l'enquêteur
correctionnel se trouve dans une situation unique; il peut à la fois faciliter
la résolution des problèmes individuels et faire des déclarations
publiques sur les carences systémiques du Service. De tous les mécanismes
et organismes internes et externes conçus pour rendre le Service correctionnel
ouvert et responsable, le bureau de l'enquêteur correctionnel est de loin
le plus efficace et le mieux équipé pour exécuter cette fonction.
Ce n'est qu'en raison de l'incapacité de l'enquêteur correctionnel
par ses conclusions de contraindre l'application de la loi par le Service et de
l'absence de volonté manifeste du Service de l'accepter spontanément
dans de nombreuses instances, que je recommande un meilleur accès des détenus
aux tribunaux en faveur de l'application efficace de leurs droits et du respect
de la primauté du droit.
Dans son rapport, la juge Arbour en a conclu qu'« il y a peu d'espoir
que la primauté du droit s'impose d'elle-même dans la culture correctionnelle
sans l'aide et le contrôle du Parlement et des tribunaux ». Le
rapport contenait une série de recommandations destinées à
ajouter au processus correctionnel une orientation judiciaire et un mécanisme
décisionnel externe.
Au cours des sept ans qui ont suivi, un certain nombre de rapports provenant de
différentes sources, y compris les personnes chargées par le SCC de fournir des conseils
d'experts, ont formulé une autre série de recommandations sur les
questions de l'examen externe et de la responsabilité. Ces recommandations,
pour reprendre une phrase tirée du récent livre du professeur Michael
Jackson intitulé Justice Behind the Walls - Human Rights
in Canadian Prisons, visaient à faire en sorte que les opérations
du Service correctionnel du Canada s'inscrivent dans une culture qui respecte les
droits juridiques et constitutionnels.
Jusqu'à présent, le Service a résisté à cette
tendance et maintient, de façon générale, sa position.
Au cours des dernières années, le Service s'est efforcé d'améliorer
ses propres mécanismes internes visant à favoriser les droits de la
personne et les droits prévus dans la loi, mais il n'est pas encore disposé
à faire l'objet d'examens par d'autres parties.
Cette absence de volonté est évidente dans la réponse du Service
concernant une large gamme d'initiatives :
- La demande présentée par la Commission Arbour pour qu'il y ait un
recours juridique contre l'interférence correctionnelle en ce qui a trait
à l'intégrité d'une peine;
- la recommandation du
BEC pour qu'il y ait un tribunal administratif chargé de régler
les différends sur des questions qui influent sur les droits des délinquants;
- la recommandation formulée par M. Max Yalden, ancien commissaire en chef
de la Commission canadienne des droits de la personne, pour que les questions non
réglées, entre le
BEC et le SCC,
concernant les obligations en matière des droits de la personne soit soumises
à l'arbitrage;
- les recommandations de la Commission Arbour concernant un processus décisionnel
indépendant pour certains griefs présentés par les détenus
et les placements en isolement;
- les recommandations du sous-comité
parlementaire, de M. Yalden et du groupe de travail du Service sur l'isolement préventif
concernant l'arbitrage indépendant des cas d'isolement;
- la recommandation du vérificateur de la dotation mixte du Service pour qu'un
« organisme indépendant » mène des enquêtes
sur les plaintes de harcèlement sexuel des délinquants présentées
par les délinquants.
La responsabilité comporte un aspect interne et externe. L'organisation responsable
doit faire plus que mettre davantage l'accent sur les valeurs fondamentales et sa
capacité d'en tenir compte dans sa propre structure et dans ses processus
décisionnels. Elle doit aussi être ouverte à une surveillance
indépendante pour assurer les personnes visées par ses décisions,
et la collectivité dans son ensemble, que toute lacune dans le processus
interne sera examinée et corrigée avant qu'un tort considérable
soit causé aux valeurs en question et à l'intégrité
perçue de l'organisation. Cela est davantage le cas dans le milieu correctionnel
où les droits et libertés sont souvent en jeu.
Les questions concernant l'intervention judiciaire, l'examen externe et la responsabilité
n'ont pas encore été traitées de façon raisonnable.
Par conséquent, je propose qu'une vaste discussion publique sur ces questions
ait lieu au cours du prochain exercice, et j'offre l'entière collaboration
du Bureau pour assurer l'efficacité de celle-ci.
À cette fin, le BEC
produira, d'ici la fin d'octobre 2003, un document de travail exposant nos vues
sur les questions et nos propositions de règlement que nous proposons. Nous
assurerons une large diffusion de ce document et inviterons le Service et d'autres
intervenants du processus de justice pénale, y compris des organismes gouvernementaux,
des partenaires de la collectivité et des représentants des délinquants,
à présenter par écrit leurs opinions à ce sujet. Je
proposerais ensuite que le Service et le Bureau convoquent une vaste conférence
au début de 2004 pour essayer de déterminer les mesures permettant
de clore la question.
Je me réjouis à la perspective de cette conférence et j'invite
le Service et d'autres intervenants à me faire part de leurs commentaires
sur la façon dont elle devrait se dérouler.
SOMMAIRE DES RECOMMANDATIONS
Délinquants autochtones
Que le Service produise, chaque trimestre, un rapport sur les délinquants
autochtones axé sur les questions suivantes :
- les transfèrements;
- la mise en isolement;
- les mesures disciplinaires;
- les permissions de sortir et les placements à l'extérieur;
- les renvois en vue du maintien en incarcération;
- les rapports de l'examen du cas en vue de la libération conditionnelle;
- les suspensions et les révocations de la mise en liberté sous condition.
Que le rapport trimestriel sur les délinquants autochtones, lequel comprendra
une analyse de l'information consignée, soit un élément permanent
à l'ordre du jour des comités de gestion supérieure du Service.
Compte tenu de la situation désavantageuse persistante des délinquants
autochtones :
- qu'un cadre supérieur responsable des programmes pour les Autochtones et
de la liaison avec les collectivités autochtones soit nommé à
titre de membre votant permanent des comités de gestion supérieure
au palier des établissements, des régions et de l'administration centrale;
- que les politiques et les procédures actuelles du Service soient immédiatement
examinées afin de repérer et d'éliminer les formes de discrimination
systémique qui font obstacle à la réinsertion sociale des Autochtones.
Cet examen devra être effectué par un organisme indépendant
du Service correctionnel du Canada, et avec l'entier appui et la participation d'organisations
autochtones.
Délinquantes
La Commission d'enquête Arbour a été un processus très
public et très général dans son orientation. Son rapport fait
date dans les services correctionnels en ce pays. Ses conclusions et ses recommandations
ont polarisé notre attention non seulement sur les possibilités qui
s'offrent dans le domaine des services correctionnels destinés aux femmes
mais aussi sur l'obligation de faire preuve de transparence, d'impartialité
et de responsabilité dans les opérations correctionnelles.
Le déplacement des femmes des pénitenciers pour hommes vers les établissements
régionaux entraînera un certain nombre de difficultés à
surmonter pour le Service, dans l'immédiat et à long terme. Pour les
surmonter, il faudra qu'il se concentre à la fois sur les possibilités
qui s'offrent aux services correctionnels destinés aux femmes et sur l'obligation
de transparence, d'impartialité et de responsabilité.
Je recommande que cette réorientation commence par :
- l'achèvement, par le Service correctionnel, d'un
« plan définitif de suivi » aux recommandations de
la juge Arbour, d'ici le 30 octobre 2003;
- la distribution de ce plan aux intéressés (dans l'administration fédérale
et à l'extérieur), d'ici le 30 novembre 2003;
- le lancement d'une consultation publique, d'ici janvier 2004;
- la publication d'un rapport final sur l'état des recom-mandations de la juge
Arbour, d'ici avril 2004.
Harcèlement sexuel
Je recommande que le Service correctionnel adopte en principe la même politique
de harcèlement des délinquants que celle qu'il a adoptée pour
le harcèlement des employés, pourvu que seuls soient apportés
les changements nécessaires en raison du fait que les délinquants
ne sont pas des employés ou des membres d'unités de négociation.
Je recommande également que cette politique soit adoptée d'ici le
30 septembre 2003, après avoir fait l'objet de consultations auprès
des délinquants et du vérificateur de la dotation mixte.
Préparation des cas et accès aux programmes
Je recommande :
- que le Service correctionnel présente un rapport sur ses examens et des conclusions
en ce qui a trait aux éléments traités dans nos recommandations
précédentes d'ici octobre 2003;
- que le Service présente, d'ici la fin de décembre 2003, un plan d'action
qui explique en détail les mesures à prendre pour combler les lacunes
relevées, y compris des critères mesurables pour évaluer le
succès des mesures.
(Recommandations de 2001-2002)
Que le Service entreprenne immédiatement un examen de l'accès aux
programmes et de la mise en liberté sous condition au moment opportun qui
porte sur :
- la capacité d'accueil des programmes actuels, les listes d'attente et les
mesures précises nécessaires pour combler les lacunes;
- les raisons précises des délais dans l'examen des cas par la Commission
nationale des libérations conditionnelles et les mesures requises pour en
réduire le nombre;
- les causes de recul du nombre de permissions de sortir sans escorte et de placements
à l'extérieur, et les mesures requises pour accroître la participation
à ces programmes;
- les raisons pour lesquelles les délinquants autochtones sont continuellement
défavorisés en ce qui concerne l'accès rapide à la mise
en liberté sous condition, et le plan concret requis pour remédier
à cette situation.
Blessures subies par les détenus et surveillance de la violence dans
les établissements
Je recommande :
- qu'un système de rapports trimestriels de l'information sur la violence et
les blessures subies par les détenus devant être présentés
au Comité de direction soit mis en oeuvre d'ici la fin de juin 2003;
- que le Service correctionnel fasse effectuer un examen spécial de l'exactitude
des données qu'il peut récupérer d'ici la fin d'octobre 2003;
- que le Service adopte un système de consignation des blessures d'après
la gravité des dommages corporels et moraux causés aux détenus
et d'après la gravité des circonstances lors desquelles ces blessures
ont été infligées;
- que le Service correctionnel établisse un plan pour veiller, d'ici la fin
de juin 2003, à ce que tous les incidents de blessures graves subies par
les détenus fassent l'objet d'une enquête rigoureuse et rapide.
Enquêtes
Le SCC a convenu de prendre
les engagements suivants :
- que la politique sur les enquêtes prévoie des délais précis
pour l'achèvement du rapport d'enquête et la vérification des
plans d'action connexes;
- trimestre.
Je recommande que, d'ici la fin d'octobre 2003, le Service correctionnel fournisse
l'information qu'il s'est engagé à fournir et prenne les mesures que
j'ai recommandées dans mon dernier rapport annuel, notamment :
- que la politique sur des enquêtes prévoie des délais précis
pour l'achèvement du rapport d'enquête et la vérification des
plans d'action connexes;
- que le Service s'assure que ces délais sont respectés;
- que tous les rapports d'enquête relatifs à la mort des détenus
ou à des blessures graves subies par eux fassent l'objet d'examens à
l'échelle nationale et soient accompagnés d'un rapport récapitulatif
au sujet des recommandations et des mesures correctrices, lequel sera produit chaque
trimestre.
Double occupation des cellules
Je recommande :
- que le Service mette la dernière main à ses plans visant à
éliminer la double occupation des cellules dans toutes les unités
qui ne sont pas destinées à la population carcérale générale
d'ici septembre 2003;
- que le Service établisse une base de données fiable sur la double
occupation dans ses établissements;
- que le Service établisse une politique exigeant que la double occupation
des cellules, dans les unités qui ne sont pas destinées à la
population carcérale générale, autres que dans des situations
d'urgence d'une durée de moins de 48 heures, soit approuvée par écrit
par la commissaire.
Recours à la force
Je recommande donc que le Service correctionnel donne suite à nos recommandations,
y compris des plans d'action pour mettre en oeuvre les mesures mentionnées
dans mes recommandations antérieures d'ici le 30 octobre 2003.
(Recommandations de 2001-2002)
Que la commissaire émette des directives précises en ce qui concerne
le recours à la force, pour :
- que l'on recueille de l'information relative aux blessures, au non-respect de la
politique et aux circonstances qui ont mené à l'incident;
- que l'on présente chaque trimestre aux comités de gestion aux niveaux
régional et national un rapport comprenant l'information susmentionnée,
dans le but de déterminer les questions préoccupantes et de les régler;
- que soient rapidement fournis les résultats écrits des examens menés
par le secteur des délinquantes et celui des Services de santé;
- que les gestionnaires nationaux assurent le suivi systématiquement et rapidement;
- que l'on fasse enquête au niveau régional en cas de recours injustifié
à la force ou de recours à une force excessive, et que le comité
comporte un représentant de la collectivité.
Accusations d'inconduite portées contre le personnel
Par conséquent, je recommande que la procédure de règlement
des griefs des détenus soit révisée de façon à
ce que, dans le cas des accusations d'inconduite portées contre le personnel
:
- les détenus qui ont porté plainte aient un accès rapide et
continu aux services d'un avocat et qu'ils soient autorisés à tout
moment à porter la question à l'attention de la police.
Politique relative à la fouille à nu
Je recommande :
a. veille à ce que la politique sur les fouilles à nu réponde
aux préoccupations que nous avons soulevées en ce qui a trait à
deux incidents signalée en 1999;
ou
b. présente ces deux cas à l'arbitrage par un tiers spécialiste
dans le domaine, comme nous l'avions déjà recommandé.
Ressources financières des détenus
1. Considérations d'ordre général
Je recommande que le Service correctionnel aborde particulièrement les questions
que j'ai mentionnées dans mes recommandations précédentes,
fasse rapport à ce sujet et qu'il prenne les mesures proposées pour
apporter les changements nécessaires d'ici la fin d'octobre 2003.
(Recommandations de 2001-2002)
Que dans l'examen de la politique du Service sur la rémunération des
détenus, on s'interroge :
- sur la suffisance des niveaux de rémunération actuelle et les effets
de l'économie clandestine illicite dans les pénitenciers;
- sur la suffisance des fonds dont disposent actuellement les délinquants au
moment de leur mise en liberté.
2. Système téléphonique Millennium
Je réitère mes recommandations de l'an dernier :
- que le Service fournisse immédiatement une subvention rétroactive
aux détenus, de façon à ramener le coût de leurs communications
téléphoniques au niveau en vigueur dans la collectivité;
- que, si le Service n'est pas disposé à offrir une subvention pour
compenser le coût déraisonnable de ce système de sécurité
pour la population carcérale, que l'on se demande sans tarder s'il est nécessaire
de conserver le système téléphonique Millennium.
Je recommande spécifiquement :
- que le Service procède à une vérification de l'efficacité
du système Millennium en tant que mécanisme de sécurité.
Procédures de règlement des griefs des détenus
Je recommande :
- que d'ici le 31 octobre 2003, le Service correctionnel mette la dernière
main à un plan d'action contenant des objectifs réalistes et mesurables
et des normes d'évaluation en vue d'éliminer de façon permanente
des griefs à traiter qu'il mette immédiatement ce plan en oeuvre pour
qu'il soit mené à terme d'ici la fin de l'exercice 2003-2004;
- que le Service établisse des directives précises qui obligent les
Secteurs des services de santé, des questions autochtones et des délinquantes
à analyser rigoureusement, chaque trimestre, les données sur les griefs
et présente un rapport à ce sujet d'ici la fin de septembre 2003;
- que le Service revoie sa décision de rejeter les recommandations formulées
par la juge Arbour sur la responsabilité des hauts fonctionnaires quant au
règlement des griefs ou le renvoi de ceux-ci pour examen devant une instance
externe.
En ce qui a trait particulièrement à la recommandation de la juge
Arbour, je recommande également que le Service, en consultation avec le Bureau
et les intervenants compétents de la collectivité, mette sur pied
un projet pilote sur l'examen indépendant des griefs au troisième
palier qui ont une importance à l'échelle nationale ou qui sont liés
à des questions fondamentales de liberté personnelle, de sécurité
ou de conformité à la loi.
Finalement, je recommande que le Service donne suite aux suggestions du Bureau sur
les changements à apporter au processus de règlement des plaintes
et des griefs des délinquants d'ici la fin de juin 2003.
Jeunes contrevenants
Je recommande :
- que le Service utilise l'information obtenue lors de sa réunion de juin et,
en consultation avec des détenus et d'autres interventions communautaires,
présente au Comité de direction, d'ici la fin de septembre 2003, un
plan d'action pour la coordination, avec d'autres administrations, des placement,
du logement et des programmes offerts aux jeunes contrevenants;
- que ce plan d'action donne des résultats mesurables, comporte un échéancier
et un cadre d'évaluation appropriés;
- que le plan d'action soit fondé sur un examen des politiques et des opérations
du SCC pour assurer la
conformité à la Loi sur le système de justice pénale
pour les adolescents;
- que le Service envoie l'information qu'il présente aux tribunaux aux termes
de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents
pour indiquer les effets négatifs observés sur les jeunes détenus
qui purgent leurs peines dans un pénitencier.
Classement des délinquants condamnés à perpétuité
J'estime que la politique est contraire à la Loi et recommande qu'elle soit
annulée.
Je recommande également :
- que toute décision prise par un directeur d'établissement pour assujettir
un détenu à la règle ou pour recommander la dérogation
à la règle, soit immédiatement communiquée pour examen
à la commissaires adjointe, Opérations et Programmes correctionnels
(CAOPC);
- qu'on donne au détenu les raisons complètes justifiant la décision
initiale et l'occasion de présenter des arguments à la
CAOPC;
- que la
CAOPC détermine s'il faut assujettir le détenu à
la règle dans les 30 jours suivant la réception des documents concernant
la décision initiale;
- que le détenu ait droit de présenter directement à la commissaire
un grief prioritaire concernant la décision de la
CAOPC.
STATISTIQUES
TABLEAU A
CONTACTS (1) PAR CATÉGORIE
|
|
TYPE DE CAS
|
|
CATÉGORIE
|
R/I (2)
|
ENQ (3)
|
TOTAL
|
|
|
|
Isolement préventif
|
|
|
|
|
Conditions
|
27
|
42
|
69
|
|
Placement/Examen
|
166
|
158
|
324
|
|
Total
|
193
|
200
|
393
|
|
|
|
Préparation des cas
|
|
|
|
|
Mise en liberté sous condition
|
82
|
79
|
161
|
|
Post-suspension
|
11
|
11
|
22
|
|
Permission de sortir
|
10
|
24
|
34
|
|
Transfèrement
|
41
|
52
|
93
|
|
Total
|
144
|
166
|
310
|
|
|
|
Effets gardés en cellule
|
229
|
200
|
429
|
|
Placement en cellule
|
54
|
49
|
103
|
|
|
|
Réclamations contre la Couronne
|
|
|
|
|
Décisions
|
19
|
24
|
43
|
|
Traitement
|
34
|
35
|
69
|
|
Total
|
53
|
59
|
112
|
|
|
Programmes communautaires/
Surveillance
|
25
|
19
|
44
|
|
Conditions d'incarcération
|
181
|
123
|
304
|
|
Correspondance
|
61
|
37
|
98
|
|
Décès ou blessures graves
|
3
|
4
|
7
|
|
Décisions (en général) - Mise en application
|
19
|
10
|
29
|
|
|
|
Régime alimentaire
|
|
|
|
|
Pour des raisons de santé
|
7
|
17
|
24
|
|
Pour des motifs religieux
|
11
|
10
|
21
|
|
Total
|
18
|
27
|
45
|
|
|
|
Discipline
|
|
|
|
|
Décisions d'un président de l'extérieur
|
6
|
9
|
15
|
|
Décisions relatives à une infraction mineure
|
8
|
5
|
13
|
|
Procédures
|
32
|
20
|
52
|
|
Total
|
46
|
34
|
80
|
|
|
|
Discrimination
|
14
|
10
|
24
|
|
Emploi
|
85
|
60
|
145
|
|
|
|
Information versée au dossier
|
|
|
|
|
Accès - Divulgation
|
64
|
40
|
104
|
|
Correction
|
147
|
64
|
211
|
|
Total
|
211
|
104
|
315
|
|
|
|
Questions financières
|
|
|
|
|
Accès
|
32
|
49
|
81
|
|
Rémunération
|
52
|
50
|
102
|
|
Total
|
84
|
99
|
183
|
|
|
|
Services alimentaires
|
30
|
20
|
50
|
|
Procédure de règlement des griefs
|
142
|
147
|
289
|
|
Santé et sécurité - Lieu de travail
|
6
|
3
|
9
|
|
Détecteur ionique
|
9
|
9
|
18
|
|
|
|
Soins de santé
|
|
|
|
|
Accès
|
194
|
361
|
555
|
|
Décisions
|
90
|
200
|
290
|
|
Total
|
284
|
561
|
845
|
|
|
|
Santé mentale
|
|
|
|
|
Accès
|
4
|
20
|
24
|
|
Programmes
|
3
|
7
|
10
|
|
Total
|
7
|
27
|
34
|
|
|
|
Méthadone
|
7
|
11
|
18
|
|
Langues officielles
|
3
|
8
|
11
|
Fonctionnement/Décisions
du BEC
|
25
|
10
|
35
|
|
Placement pénitentiaire
|
90
|
27
|
117
|
|
|
|
Programmes
|
|
|
|
|
Accès
|
75
|
102
|
177
|
|
Qualité/contenu
|
10
|
3
|
13
|
|
Total
|
85
|
105
|
190
|
|
|
|
Procédures de mise en liberté
|
2
|
25
|
77
|
|
Demande de renseignements
|
151
|
|
151
|
|
Sécurité des détenus
|
66
|
109
|
175
|
|
Fouille et confiscation
|
40
|
39
|
79
|
|
Classement de sécurité
|
90
|
66
|
156
|
|
Administration des peines - Calcul
|
24
|
16
|
40
|
|
Réceptivité du personnel
|
260
|
117
|
377
|
|
Téléphone
|
59
|
93
|
152
|
|
Décision relative à une permission de sortir
|
45
|
72
|
117
|
|
|
|
Transfèrement
|
|
|
|
|
Décision-Refus
|
111
|
99
|
210
|
|
Exécution
|
79
|
87
|
166
|
|
Non sollicité
|
168
|
112
|
280
|
|
Total
|
358
|
298
|
656
|
|
|
|
Analyse d'urine
|
15
|
10
|
25
|
|
Recours à la force
|
14
|
28
|
42
|
|
|
|
Visites
|
|
|
|
|
Générales
|
140
|
166
|
306
|
|
Visites familiales prévues
|
60
|
89
|
149
|
|
Total
|
200
|
255
|
455
|
|
|
|
Cas hors mandat
|
|
|
|
| |
|
Condamnation/Peine - Peine actuelle
|
14
|
-
|
14
|
| |
|
Immigration/Expulsion
|
5
|
-
|
5
|
| |
|
Avocat - Compétence
|
5
|
-
|
5
|
| |
|
Tribunal à l'extérieur - Accès
|
22
|
-
|
22
|
| |
|
Décisions - libérations conditionnelles
|
182
|
-
|
182
|
| |
|
Mesures policières
|
10
|
-
|
10
|
| |
|
Questions de compétence provinciale
|
11
|
-
|
11
|
| |
|
TOTAL GÉNÉRAL
|
3731
|
3257
|
6988
|
(1) Voir Glossaire
(2) R/I : Réponse immédiate - voir Glossaire
(3) ENQ : Enquête - voir Glossaire
GLOSSAIRE
Contact :
Tout échange entre le
BEC et un délinquant, ou une personne agissant en son nom,
au sujet d'un problème. Les contacts peuvent se faire par téléphone,
par télécopieur ou par lettre, au cours d'entrevues menées
par le personnel enquêteur du
BEC dans les installations correctionnelles fédérales.
Réponse immédiate :
Tout échange au cours duquel l'information ou l'aide demandée par
le délinquant est, de façon générale, immédiatement
fournie par le personnel enquêteur du
BEC.
Enquête :
Tout contact exigeant de la part du personnel enquêteur du
BEC certaines recherches auprès du Service correctionnel du
Canada ou l'analyse de document, avant que ne puisse être fournie l'aide ou
l'information demandée par le délinquant.
Les enquêtes varient considérablement quant à leur portée,
à leur complexité, à leur durée et aux ressources requises.
Certaines questions peuvent se régler assez rapidement, mais d'autres exigent
une étude approfondie des documents pertinents, de nombreuses entrevues et
une correspondance soutenue avec les divers niveaux de gestion du Service correctionnel
du Canada.
TABLEAU B
CONTACTS SELON L'ÉTABLISSEMENT
Région/
Établissement
|
Nombre de contacts
|
Nombre d'entrevues
|
Nombre de jours passés dans les établisse- ments
|
| |
|
Établissement pour femmes
|
|
|
|
|
Edmonton
|
65
|
31
|
5
|
|
Centre régional de réception (Québec)
|
28
|
8
|
3
|
|
Grand Valley
|
88
|
23
|
5
|
|
Maison Isabel McNeil
|
2
|
0
|
0
|
|
Joliette
|
34
|
11
|
4
|
|
Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci
|
10
|
4
|
2
|
|
Nova
|
34
|
18
|
3
|
|
Centre psychiatrique régional (Prairies)
|
19
|
7
|
2
|
|
Pénitencier de la Saskatchewan
|
28
|
9
|
5
|
|
Springhill
|
49
|
22
|
6
|
|
Total
|
357
|
133
|
35
|
|
|
|
ATLANTIQUE
|
|
|
|
|
Atlantique
|
159
|
95
|
16
|
|
Dorchester
|
286
|
112
|
13
|
|
Springhill
|
106
|
34
|
7
|
|
Westmorland
|
18
|
4
|
3
|
|
Total pour la région
|
569
|
245
|
39
|
|
|
|
ONTARIO
|
|
|
|
|
Bath
|
108
|
33
|
6
|
|
Beaver Creek
|
35
|
14
|
3
|
|
Collins Bay
|
123
|
57
|
8
|
|
Fenbrook
|
190
|
65
|
10
|
|
Frontenac
|
69
|
35
|
4
|
|
Joyceville
|
199
|
52
|
7
|
|
Pénitencier de Kingston
|
392
|
101
|
14
|
|
Millhaven
|
271
|
79
|
15
|
|
Pittsburgh
|
20
|
10
|
1
|
|
Centre régional de traitement
|
34
|
4
|
2
|
|
Warkworth
|
373
|
53
|
9
|
|
Total pour la région
|
1,814
|
503
|
79
|
|
|
|
PACIFIQUE
|
|
|
|
|
Elbow Lake
|
13
|
5
|
2
|
|
Ferndale
|
47
|
17
|
3
|
|
Kent
|
273
|
58
|
6
|
|
Matsqui
|
115
|
23
|
6
|
|
Mission
|
71
|
28
|
4
|
|
Mountain
|
225
|
66
|
8
|
|
Centre régional de santé
|
69
|
19
|
6
|
|
William Head
|
70
|
23
|
3
|
|
Total pour la région
|
883
|
239
|
38
|
| |
|
PRAIRIES
|
|
|
|
|
Bowden
|
173
|
66
|
12
|
|
Drumheller
|
160
|
68
|
10
|
|
Edmonton
|
482
|
123
|
17
|
|
Grande Cache
|
108
|
19
|
2
|
Centre
Pê Sâkâstêw
|
19
|
10
|
3
|
|
Centre psychiatrique régional
|
87
|
24
|
3
|
|
Riverbend
|
14
|
8
|
1
|
|
Rockwood
|
23
|
4
|
2
|
|
Pénitencier de la Saskatchewan
|
294
|
48
|
8
|
Stony
Mountain
|
192
|
69
|
12
|
|
Total pour la région
|
1,552
|
439
|
70
|
| |
|
QUEBEC
|
|
|
|
|
Archambault
|
187
|
66
|
9
|
|
Cowansville
|
159
|
95
|
14
|
|
Donnacona
|
160
|
93
|
13
|
|
Drummondville
|
184
|
89
|
10
|
|
Centre fédéral de formation
|
114
|
36
|
6
|
|
La Macaza
|
143
|
141
|
10
|
|
Leclerc
|
146
|
80
|
9
|
|
Montée St-François
|
48
|
25
|
4
|
|
Port Cartier
|
268
|
109
|
18
|
|
Centre régional de réception/USD
Québec
|
150
|
139
|
16
|
|
Ste-Anne des Plaines
|
30
|
19
|
3
|
|
Total pour la région
|
1,589
|
892
|
112
|
| |
|
TOTAL GÉNÉRAL
|
6,764
|
2,451
|
373
|
TABLEAU C
PLAINTES ET POPULATION CARCÉRALE - PAR RÉGION
|
Région
|
Nombre total de contacts (*)
|
Nombre de
détenus(**)
|
|
Atlantic
|
674
|
1,192
|
|
Québec
|
1,731
|
3,123
|
|
Ontario
|
1,963
|
3,398
|
|
Prairies
|
1,698
|
3,032
|
|
Pacifique
|
911
|
1,845
|
|
|
|
TOTAL
|
6,977
|
12,590
|
(*)
Ne comprend pas 11 contacts dans les établissement provinciaux
(**)
En mars 2003, selon le Système de gestion des délinquants du Service
correctionnel du Canada.
TABLEAU D
SUITE DONNÉE SELON LE TYPE DE CAS
|
TYPE DE CAS
|
Suite donnée
|
Nombre
de plaintes
|
|
Réponse immédiate
|
Renseignement fournis
|
2,111
|
|
|
Cas hors mandat
|
249
|
|
|
Aiguillage du cas
|
1,165
|
|
|
Plaintes retirées
|
206
|
|
Total
|
|
3,731
|
|
|
|
Enquête
|
Renseignements fournis
|
1,769
|
|
|
Non fondé
|
288
|
|
|
Cas en suspens
|
86
|
|
|
Aiguillage du cas
|
608
|
|
|
Réglé
|
391
|
|
|
Impossible à régler
|
43
|
|
|
Plaintes retirées
|
72
|
|
Total
|
|
3,257
|
|
|
|
TOTAL GÉNÉRAL
|
|
6,988
|
TABLEAU E
SUJETS DE PRÉOCCUPATION LES PLUS SOUVENT MENTIONNÉS PAR LES DÉLINQUANTS
|
|
|
ENSEMBLE DES DÉLINQUANTS
|
|
Soins de santé
|
845
|
|
Transfèrement
|
656
|
|
Visites et visites familiales privées
|
455
|
|
Effets gardés en cellule
|
429
|
|
Isolement préventif
|
393
|
|
Réceptivité du personnel
|
377
|
|
Renseignements consignés au dossier (accès, correction, divulgation)
|
315
|
|
Préparation des cas
|
310
|
|
Conditions d'incarcération
|
304
|
|
Procédures de règlement des griefs
|
289
|
|
|
|
DÉLINQUANTS AUTOCHTONES
|
|
|
|
Transfèrement
|
110
|
|
Soins de santé
|
96
|
|
Visites et visites familiales privées
|
76
|
|
Réceptivité du personnel
|
57
|
|
Isolement préventif
|
57
|
|
Préparation des cas
|
56
|
|
Conditions d'incarcération
|
53
|
|
Effets gardés en cellule
|
53
|
|
Renseignements consignés au dossier (accès, correction, divulgation)
|
47
|
|
Programmes/Services
|
42
|
|
|
|
DÉLINQUANTS
|
|
|
|
Soins de santé
|
67
|
|
Transfèrement
|
34
|
|
Effets gardés en cellule
|
34
|
|
Préparation des cas
|
31
|
|
Visites et visites familiales privées
|
25
|
|
Réceptivité du personnel
|
22
|
|
Conditions d'incarcération
|
21
|
|
Renseignements consignés au dossier (accès, correction, divulgation)
|
20
|
|
Permission de sortir - Décision
|
18
|
|
Décisions en matière de libération conditionnelle
|
16
|
RÉPONSE DU SERVICE CORRECTIONNEL DU CANADA AU 30e RAPPORT ANNUEL DE L'ENQUÊTEUR
CORRECTIONNEL
2002-2003
INTRODUCTION
Le mandat du Service correctionnel du Canada (SCC)
au sein du système de justice est énoncé dans la Loi sur le
système correctionnel et la mise en liberté sous condition(LSCMLC).
Le SCC vise à
contribuer au maintien d'une société juste, vivant en paix et en sécurité :
- en assurant l'exécution des peines par des mesures de garde et de surveillance
sécuritaires et humaines;
- en aidant, au moyen de programmes appropriés dans les pénitenciers
ou dans la collectivité, à la réadaptation des délinquants
et à leur réinsertion sociale à titre de citoyens respectueux
des lois.
Le SCC est également
guidé dans ses interventions par de nombreux règlements et de nombreuses
autres lois, politiques et conventions internationales (environ 60).
En raison de l'évolution du profil des délinquants admis dans les
pénitenciers fédéraux, le
SCC fait face à de plus nombreuses difficultés. En effet,
le nombre de cas de toxicomanie grave a augmenté, ainsi que les problèmes
de santé mentale, et on observe une augmentation du nombre de délinquants
associés au crime organisé ou ayant déjà été
condamnés pour des crimes commis dans leur jeunesse ou leur vie adulte. Par
conséquent, il faut des outils et des stratégies mieux ciblés
pour préparer les délinquants à retourner dans la collectivité.
La mise en liberté graduelle et bien structurée des délinquants
dans la collectivité, lorsqu'elle peut se faire sans danger et qu'on exerce
une surveillance appropriée et qu'on apporte un bon soutien, contribue à
assurer la sécurité de nos collectivités. La recherche dans
le domaine de la criminologie a démontré à maintes reprises
que l'approche du SCC,
présentée dans la
LSCMLC, est efficace. Cette approche se fonde sur les valeurs canadiennes
de la primauté du droit et du respect de la dignité humaine. Elle
s'appuie sur la conviction que les personnes peuvent changer.
Les outils d'évaluation valides et fiables permettent au
SCC de déterminer les besoins des délinquants et le
risque qu'ils présentent et d'élaborer des programmes et des traitements
fondés sur la recherche dans le but de réduire les risques de récidive
après la mise en liberté. Les délinquants proviennent des collectivités
et ils retournent y vivre après leur incarcération. Les interventions
du SCC aident à
favoriser leur réinsertion sociale.
Les citoyens peuvent aussi faciliter la réinsertion sociale des délinquants,
par leur compréhension et leur participation à des activités
de soutien, et les collectivités peuvent offrir des programmes et des services
aux délinquants, que ces derniers soient sous surveillance ou qu'ils aient
fini de purger leur peine.
Pour trouver des solutions efficaces et positives aux problèmes, le SCC a besoin que les Canadiens
et les Canadiennes ainsi que ses partenaires clés, comme l'enquêteur
correctionnel, participent à l'élaboration des politiques de justice
pénale en l'aidant à mettre en oeuvre ses initiatives. Au cours de
la dernière année, j'ai rencontré des fonctionnaires clés
du Bureau de l'enquêteur correctionnel afin de discuter de questions d'intérêt
commun et de trouver des solutions conjointes dans la mesure du possible. Ces rencontres
ont été fructueuses et montrent le désir du
SCC et de l'enquêteur correctionnel (EC) de résoudre
les problèmes soulevés par les délinquants.
L'enquêteur correctionnel fournit de bons conseils et de bonnes recommandations
et, comme en fait état notre réponse, nous avons accepté les
recommandations, de l'EC dans leurs totalité, ou en principe, et nous avons
proposé des solutions viables le cas échéant.
Les pages qui suivent contiennent les recommandations formulées par l'EC
et la réponse du SCC
à chacune de ces recommandations.
DÉLINQUANTS AUTOCHTONES
Recommandations de l'EC
1. Que le Service produise, chaque trimestre, un rapport sur les délinquants
autochtones axé sur les questions suivantes :
- les transfèrements;
- la mise en isolement;
- les mesures disciplinaires;
- les permissions de sortir et les placements à l'extérieur;
- les renvois en vue du maintien en incarcération;
- les reports de l'examen du cas en vue de la libération conditionnelle;
- les suspensions et les révocations de la mise en liberté sous
condition.
2. Que le rapport trimestriel sur les délinquants autochtones, lequel
comprendra une analyse de l'information consignée, soit un élément
permanent à l'ordre du jour des comités de gestion supérieure
du Service.
Compte tenu de la situation désavantageuse persistante des délinquants
autochtones, je réitère mes recommandations de 1999 :
3. Qu'un cadre supérieur responsable des programmes pour les Autochtones
et de la liaison avec les collectivités autochtones soit nommé à
titre de membre votant permanent des comités de gestion supérieure
au niveau des établissements, des régions et de l'administration centrale;
4. Que les politiques et les procédures actuelles du Service soient immédiatement
examinées afin de repérer et d'éliminer les formes de discrimination
systémique qui font obstacle à la réinsertion sociale des Autochtones.
Cet examen devra être effectué par un organisme indépendant
du Service correctionnel du Canada, et avec l'entier appui et la participation d'organisations
autochtones.
Réponse du SCC
Contexte
La prestation de services correctionnels efficaces aux délinquants autochtones
présente des difficultés particulières. Les Autochtones ne
représentent que 2 % de la population adulte canadienne, mais ils comptent
pour 15 % de tous les délinquants sous responsabilité fédérale
incarcérés dans les établissements ou surveillés dans
la collectivité. Cinquante pour cent (50 %) des délinquants autochtones
proviennent de Premières nations, 34 % sont des Indiens nord-américains,
14 % sont des Métis et 2 % sont des Inuits. Dans l'ensemble, les membres
du groupe des délinquants autochtones sont incarcérés pour
une infraction violente dans une proportion plus grande que les autres, ils ont
des besoins plus élevés (dans les domaines de l'emploi et de l'éducation,
par exemple) et ils sont plus nombreux à avoir eu des démêlés
avec la justice dans leur jeunesse. Une proportion extrêmement élevée
de délinquants autochtones ont déclaré avoir consommé
de la drogue ou de l'alcool (80 %), avoir été victimes de mauvais
traitements physiques (45 %) et avoir souffert de l'absence parentale ou de négligence
parentale (41 %) ainsi que de pauvreté (35 %) dans leur enfance. De plus,
les délinquants autochtones ont plus de problèmes de santé
que les autres délinquants.
Même si le SCC
ne peut influer directement sur le taux global d'incarcération, il a un rôle
à jouer pour réduire la réincarcération et il doit travailler
avec les collectivités afin d'élaborer, en partenariat avec elles,
des approches communautaires novatrices susceptibles de favoriser la guérison
des délinquants et leur réinsertion sociale. Malgré les approches
concertées du SCC
avec les collectivités et des conseillers pour élaborer, mettre en
oeuvre et évaluer les programmes, les progrès réalisés
dans la réduction des taux de réincarcération des Autochtones
ont été modestes au cours des dernières années. Le Comité
consultatif national sur les questions autochtones (CCNQA), qui relève de
la commissaire, comporte maintenant de nouveaux membres et joue un rôle important
en aidant le SCC à
améliorer sa vision des services correctionnels pour Autochtones. Le SCC travaille en partenariat
avec les collectivités autochtones, leurs dirigeants et d'autres partenaires
de justice pénale dans le but de réduire la surreprésentation
des délinquants autochtones dans le système de justice. Ces initiatives
sont essentielles à une approche correctionnelle judicieuse et au maintien
de la sécurité publique.
Le Rapport sur les plans et les priorités pour 2003-2004 du
SCC souligne de nouveau l'importance d'interventions correctionnelles
efficaces auprès des délinquants autochtones. Voici les priorités
qui y sont énoncées :
- améliorer le potentiel de réadaptation des délinquants par
des interventions et des programmes plus intégrés et plus ciblés;
- mettre en oeuvre des approches de justice réparatrice qui favorisent la résolution
des différends et la guérison des délinquants, des victimes,
de leurs familles et de leurs collectivités;
- améliorer le rôle des collectivités autochtones dans la mise
en oeuvre de solutions de rechange efficaces à l'incarcération, comme
les pavillons de ressourcement, et la surveillance des délinquants dans la
collectivité.
En ce qui concerne les recommandations de l'EC, le
SCC a pris les mesures qui suivent :
1. Le SCC est d'accord
avec la recommandation de produire des rapports trimestriels sur les délinquants
autochtones. En conséquence, il produira bientôt son premier rapport
trimestriel qui traitera des questions énoncées par l'EC. Sa rédaction
sera terminée d'ici le 30 septembre 2003.
2. Le Comité directeur du SCC
examine deux fois par an, de façon formelle, les progrès en matière
d'initiatives reliées aux Autochtones.
3. Depuis le printemps 2003, le sous-commissaire principal (SCP) du
SCC est responsable de toutes les questions qui concernent les Autochtones.
Il porte les problèmes à l'attention des cadres supérieurs
afin qu'ils les examinent et prennent les mesures qui s'imposent en temps opportun.
4. Le SCC favorise l'approche
de la « gestion du savoir », qui permet au personnel d'avoir
rapidement accès à l'information dont il a besoin pour prendre des
décisions fondées sur les connaissances. D'ici le 31 mars 2004, le
SCC intégrera
aux politiques relatives aux délinquants autochtones toutes les questions
et les pratiques pertinentes, en particulier celles qui constituent des obstacles.
Le CCNQA et le Groupe consultatif national continueront d'être les principaux
forums pour ce qui est de l'examen, de conseils et de l'orientation à donner
relativement aux activités et aux modifications à apporter dans les
politiques concernant les questions autochtones. Étant donné cette
nouvelle approche et les nombreuses interventions que l'on est en train d'élaborer
pour les délinquants autochtones, le
SCC ne voit pas la nécessité, pour l'instant, de faire
faire un examen indépendant.
DÉLINQUANTES
Recommandations de l'EC
La commission d'enquête Arbour a été un processus très
public et très général dans son orientation. Son rapport fait
date dans les services correctionnels au pays. Ses conclusions et ses recommandations
ont polarisé notre attention non seulement sur les possibilités qui
s'offrent dans le domaine des services correctionnels destinés aux femmes
mais aussi sur l'obligation de faire preuve de transparence, d'impartialité
et de responsabilité dans les opérations correctionnelles.
1. Le déplacement des femmes des pénitenciers pour hommes vers
les établissements régionaux entraînera un certain nombre de
difficultés à surmonter pour le Service, dans l'immédiat et
à long terme. Pour les surmonter, il faudra qu'il se concentre à la
fois sur les possibilités qui s'offrent aux services correctionnels destinés
aux femmes et sur l'obligation de transparence, d'impartialité et de responsabilité.
2. Je recommande que cette réorientation commence par les recommandations
que j'ai formulées l'année dernière :
- l'achèvement, par le Service correctionnel, d'un
« plan définitif de suivi » aux recommandations de
la juge Arbour, d'ici octobre 2002;
- la distribution de ce plan aux intéressés (dans l'administration
fédérale et à l'extérieur de celle-ci), d'ici novembre
2002;
- le lancement d'une consultation publique, d'ici janvier 2003;
- la publication d'un rapport final sur l'état des recommandations
de la juge Arbour, d'ici avril 2003.
Réponse du SCC
Le SCC reconnaît
la nécessité de faire preuve de transparence, d'impartialité
et de responsabilité dans la gestion des services correctionnels destinés
aux femmes et aux hommes. Dans un rapport d'avril 2003 sur la réinsertion
sociale des délinquantes, la vérificatrice générale
a fait remarquer que, depuis 12 ans, le
SCC a beaucoup fait pour modifier la façon dont les délinquantes
sont détenues et pour assurer leur réadaptation.
1. Le SCC continue de
travailler dans le cadre de la vision énoncée dans La Création
de choix (le rapport du groupe d'étude sur les femmes purgeant une peine
fédérale), qui a été acceptée par le gouvernement
du Canada en 1990 et qui établit une stratégie globale pour la gestion
des délinquantes sous responsabilité fédérale. Malgré
les difficultés que pose le transfèrement de toutes les délinquantes
vers les établissements régionaux, le
SCC continuera d'améliorer la gestion des délinquantes.
Par exemple, trois des quatre unités de garde en milieu fermé sont
maintenant ouvertes et deux des trois unités
de femmes situées dans des établissements pour hommes sont fermées.
La troisième unité sera fermée d'ici la fin de novembre 2003.
Le SCC continuera de
se concentrer sur les activités suivantes : l'opérationalisation des
établissements à niveaux de sécurité multiples, le maintien
de la stabilité dans ces nouveaux environnements, la réinsertion sociale
au moment voulu et en toute sécurité. Le
SCC consulte les intervenants sur les questions qui concernent les
délinquantes afin d'améliorer constamment les interventions et d'établir
des partenariats positifs. Ainsi, on organise des réunions semestrielles
pour que les parties intéressées se penchent sur les problèmes
et s'échangent de l'information sur les services correctionnels destinés
aux femmes.
2. Le SCC est d'avis
qu'il a répondu aux nombreuses questions soulevées dans le rapport
de 1996 de la Commission d'enquête sur certains événements survenus
à la Prison des femmes de Kingston. Le
SCC a donné suite aux 87 recommandations et sous-recommandations
du rapport, à l'exception de quelques-unes. Ces recommandations ont été
appliquées telles quelles ou acceptées en principe. Quatre recommandations
et sous-recommandations ont été transmises à
Justice Canada pour examen. Le
SCC juge que le rapport Arbour constitue un document important
sur les pratiques correctionnelles et qu'il faut s'y référer continuellement.
HARCÈLEMENT SEXUEL
Recommandations de l'EC
1. Je recommande que le Service correctionnel adopte en principe la même
politique de harcèlement des délinquants que celle qu'il a adoptée
pour le harcèlement des employés, pourvu que seuls soient apportés
les changements nécessaires en raison du fait que les délinquants
ne sont pas des employés ou des membres d'unités de négociation.
2. Je recommande également que cette politique soit adoptée d'ici
le 30 septembre 2003, après avoir fait l'objet de consultations auprès
des délinquants et du vérificateur de la dotation mixte.
Réponse du SCC
1. Le SCC examine sérieusement
toutes les plaintes qui sont portées à l'attention de la direction
relativement au harcèlement et à la discrimination. À cet effet,
un bulletin politique sur le harcèlement, qui clarifie la politique du SCC sur le harcèlement
ainsi que les procédures de recours, a été émis le 13
mars 2003. En outre, un autre document publié le 9 juin 2003, intitulé
« Précisions à l'égard d'une politique »,
porte sur les enquêtes sur les allégations de harcèlement formulées
par des délinquants. Ce document contient les garanties procédurales
énoncées dans la politique du Conseil du Trésor, notamment
que les enquêtes sont menées par un enquêteur formé qui
ne travaille pas pour l'établissement ni pour le bureau de libération
conditionnelle d'où émane la plainte. De plus, l'enquêteur fournit
une copie du rapport préliminaire au plaignant et à la personne mise
en cause pour qu'ils puissent l'examiner et faire des commentaires. Les commentaires
sont consignés dans le rapport final. Le document contient un grand nombre
des suggestions qui avaient été formulées par l'EC durant l'étape
de consultation sur l'ébauche de politique en 2001. D'ici la fin de l'exercice
en cours, le SCC offrira
de la formation sur la procédure de traitement des plaintes de harcèlement
déposées par les délinquants (y compris les allégations
d'inconduite de la part du personnel). On élaborera un système de
suivi qui permettra de s'assurer que les réponses à ces plaintes sont
conformes aux politiques en vigueur et que le Bureau de l'EC en sera avisé
en conséquence.
2. Le SCC ne croit pas
qu'il soit nécessaire d'adopter une nouvelle politique, puisque le bulletin
politique sur le harcèlement, le document « Précisions
à l'égard d'une politique » sur les enquêtes sur
les allégations de harcèlement formulées par des délinquants
et le Manuel sur les griefs des détenus prévoient les procédures
et les garanties procédurales nécessaires pour le traitement de toutes
les plaintes de harcèlement déposées par les délinquants.
Le SCC continuera d'assurer
le suivi de cette question, avec l'EC, au cours de l'année.
PRÉPARATION DES CAS ET ACCÈS AUX PROGRAMMES
Recommandations de l'EC
Je recommande :
1. que le Service correctionnel présente un rapport sur ses examens et
des conclusions en ce qui a trait aux éléments traités dans
nos recommandations précédentes d'ici octobre 2003 (voir 1 a-d);
2. que le Service présente, d'ici la fin de décembre 2003, un plan
d'action qui explique en détail les mesures à prendre pour combler
les lacunes relevées, y compris des critères mesurables pour évaluer
le succès des mesures.
(Recommandations de 2001-2002)
1. que le Service entreprenne immédiatement un examen de l'accès
aux programmes et de la mise en liberté sous condition au moment opportun
qui porte sur :
a. la capacité d'accueil des programmes actuels, les listes d'attente
et les mesures précises nécessaires pour combler les lacunes;
b. les raisons précises des délais dans l'examen des cas par la Commission
nationale des libérations conditionnelles et les mesures requises pour en
réduire le nombre;
c. les causes de recul du nombre de permissions de sortir sans escorte et de placements
à l'extérieur, et les mesures requises pour accroître la participation
à ces programmes;
d. les raisons pour lesquelles les délinquants autochtones sont continuellement
défavorisés en ce qui concerne l'accès rapide à la mise
en liberté sous condition, et le plan concret requis pour remédier
à cette situation.
Réponse du SCC
Le SCC établit
ses priorités en matière de programmes en fonction du risque que présentent
les délinquants pour la sécurité publique. La capacité
d'accueil des programmes et les taux de participation ont augmenté, en particulier
pour les délinquants sous surveillance dans la collectivité. Dans
un rapport sur la réinsertion sociale des délinquants de sexe masculin,
publié en 2003, la vérificatrice générale reconnaissait
que des progrès avaient été réalisés dans ce
domaine. La recherche a montré que les délinquants qui suivent des
programmes ont un taux de récidive moins élevé, en particulier
en ce qui concerne la récidive avec violence. L'évolution du profil
des délinquants nous oblige à réviser continuellement les programmes
et à en élaborer de nouveaux, ce qui nécessite des travaux
de recherche, d'évaluation et d'accréditation qui exigent du temps.
De plus, comme les délinquants se voient imposer des peines plus courtes,
il faut augmenter la capacité des collectivités d'offrir des programmes
si l'on veut assurer la continuité des programmes suivis dans les établissements.
Le SCC travaille avec
ses partenaires de la collectivité et du système de justice pénale
afin d'établir des partenariats plus nombreux et plus solides.
En réponse aux recommandations de l'EC, le
SCC prend les mesures suivantes :
1a. En ce qui concerne la capacité d'accueil des programmes,
le SCC a entrepris deux
activités. Chaque unité opérationnelle examine actuellement
son répertoire de programmes correctionnels afin de vérifier si tous
les programmes inscrits sont offerts à l'établissement et de retirer
du répertoire ceux qui ne le sont pas. De même, on examine individuellement
tous les renvois aux programmes correctionnels pour déterminer leur pertinence.
Ces examens sont essentiels à la détermination des besoins des délinquants
et à l'établissement de priorités ainsi qu'au maintien de la
capacité du SCC
d'offrir des programmes correctionnels aux délinquants et de prévoir
les besoins en matière de programmes. Ces deux activités seront terminées
en septembre 2003.
1b., 1c. et 2. En vertu du paragraphe 123(2) de la
LSCMLC, les délinquants peuvent renoncer à l'examen
de leur cas en vue de la libération conditionnelle ou encore demander le
report de cet examen. Les délinquants ont recours à ces mesures lorsqu'ils
estiment qu'il est peu probable que la Commission nationale des libérations
conditionnelles (CNLC)
leur accordera la mise en liberté, lorsqu'il y a une cause ou un appel en
instance, ou lorsque le SCC
est incapable de leur offrir en temps opportun les programmes qu'ils doivent suivre
pour se préparer à la mise en liberté. Lorsqu'un délinquant
renonce à l'examen prévu, son cas est examiné dans les deux
ans qui suivent; dans le cas d'un report, l'examen est effectué dans les
trois mois qui suivent. Les taux de report sont demeurés relativement stables,
alors que les taux de renonciation ont augmenté légèrement
au cours des deux dernières années. Des représentants du SCC, de la
CNLC et de l'EC sont sur le point de terminer une étude
conjointe sur l'examen des cas en temps opportun par la
CNLC. Cet examen est axé sur les motifs des renonciations et
des reports ainsi que sur les solutions possibles. Un rapport final et un plan d'action
doivent être prêts d'ici novembre 2003.
1d. Le SCC
reconnaît les difficultés particulières auxquelles se heurtent
les délinquants autochtones. Beaucoup d'entre eux renoncent à l'examen
de leur cas en vue de la mise en liberté sous condition (semi-liberté
et libération conditionnelle totale) et une plus grande proportion sont mis
en liberté sous le régime de la liberté d'office plutôt
qu'à une date antérieure. En conséquence, le
SCC a pris les initiatives suivantes : on a embauché dix agents
de développement auprès de la collectivité autochtone, qui
examinent les cas en vue du recours possible à l'article 84 de la Loi sur
le système correctionnel et la mise en liberté sous conditionlors
de la planification de la mise en liberté; on a créé des unités
des cheminements autochtones afin d'offrir un meilleur soutien et de favoriser une
plus grande guérison dans les établissements à sécurité
maximale et à sécurité moyenne; la conception de programmes
de lutte contre la violence familiale et la toxicomanie en est à différentes
étapes; on examine les outils d'évaluation afin de s'assurer que l'on
attribue aux délinquants la cote de sécurité pertinente. Les
résultats préliminaires indiquent que, grâce aux unités
des cheminements autochtones, un plus grand nombre de délinquants autochtones
sont transférés vers des établissements ou des rangées
de niveau de sécurité moins élevé, les délinquants
sont plus stables et ils font l'objet d'un moins grand nombre d'accusations, et
ils sont plus susceptibles d'être orientés vers un pavillon de ressourcement
dans le cadre de leur plan correctionnel. De même, comme nous l'avons déjà
mentionné, on procède à l'examen des politiques et des pratiques
pour faire en sorte qu'elles soient bien adaptées aux besoins particuliers
des délinquants autochtones. Le
SCC continuera d'assurer le suivi et de rendre compte des progrès
à l'EC.
BLESSURES SUBIES PAR LES DÉTENUS ET SURVEILLANCE DE LA VIOLENCE DANS LES
ÉTABLISSEMENTS
Recommandations de l'EC
Je recommande :
1. qu'un système de rapports trimestriels de l'information sur la violence
et les blessures subies par les détenus devant être présentés
au Comité de direction soit mis en oeuvre d'ici la fin de juin 2003;
2. que le Service correctionnel fasse effectuer un examen spécial de
l'exactitude des données qu'il peut récupérer d'ici la fin
d'octobre 2003;
3. que le Service adopte un système de consignation des blessures d'après
la gravité des dommages corporels et moraux causés aux détenus
et d'après à la gravité des circonstances lors desquelles ces
blessures ont été infligées;
4. que le Service correctionnel établisse un plan pour veiller, d'ici
la fin de juin 2003, à ce que tous les incidents de blessures graves subies
par les détenus fassent l'objet d'une enquête rigoureuse et rapide.
Réponse du SCC
Le SCC se soucie de la
question de la violence dans les établissements et est résolu à
améliorer les mécanismes qui permettent de consigner l'information
pertinente, y compris les renseignements sur les blessures subies par les détenus,
afin de prévenir les incidents futurs et d'en réduire le nombre. Ainsi,
le SCC a élaboré
un système d'indicateurs de climat et d'établissement de profils,
qui fournira aux gestionnaires des renseignements clés sur l'environnement
social et opérationnel de chaque établissement (suivi des incidents).
Chaque directeur d'établissement pourra donc obtenir un plus grand nombre
d'informations plus rapidement et prendre les mesures nécessaires. Le SCC examine l'élaboration
d'un module des variables relatives aux blessures à inclure dans le système.
Les gestionnaires et les agents chargés de l'établissement auraient
un accès continu
à ce système.
1. et 3. Le système de rapports sur les incidents du SCC fournit l'information
sur la nature de l'incident et sur les blessures provoquées par l'incident.
L'organisme s'emploiera à améliorer ce système de façon
à ce que celui-ci fournisse toujours les données sur toutes les blessures
graves et leur importance. En plus des rapports mensuels sur les incidents en établissement,
qui sont rédigés et transmis à tous les gestionnaires supérieurs
ainsi qu'au BEC,
le SCC produit aussi
un rapport annuel, qui met en lumière les tendances observées au cours
de l'année. L'examen mensuel de ces données permet aux gestionnaires
supérieurs de se tenir au courant et de prendre les mesures qui s'imposent.
De plus, les comité de la sécurité et de la santé au
travail des établissements examinent, dans le cadre de leur mandat, les accidents
subis par les détenus, qui ne sont pas consignés dans les rapports
sur les incidents en établissement.
2. Parallèlement aux modifications apportées en vue
d'accroître l'uniformité des rapports, le
SCC mettra en place, d'ici octobre 2003, un système de contrôle
de la qualité afin de veiller à l'exactitude des données. De
même, dans le cadre des améliorations du Système de gestion
des délinquants actuels, des modules sur les rapports d'incident et le recours
à la force seront développés et mis en oeuvre en août
2004. Ces modules permettront au SCC
de rendre compte des blessures subies par les détenus et des incidents de
violence dans les établissements de façon systématique et fiable.
En outre, on a mis en place un Comité de gestion de la qualité des
données qui déterminera les causes des problèmes liés
à la qualité des données et trouvera des solutions. Le SCC continuera de consulter
le BEC à
cet égard.
4. Le SCC
fait enquête sur les incidents ayant causés des blessures graves au
moyen d'enquêtes d'établissement des faits et d'enquêtes locales
ou nationales. Les mesures adéquates sont prises à la suite de chaque
enquête. Les mesures susmentionnées visant à améliorer
la qualité des données permettront également de faire en sorte
que les enquêtes soient entreprises en temps opportun.
ENQUÊTES
Recommandations de l'EC
Le SCC a convenu
de prendre les engagements suivants :
1. produire des rapports trimestriels concernant les enquêtes portant
sur la mort de détenus ou les blessures graves subies par les détenus
et nous les communiquer;
2. veiller à ce que la Direction des enquêtes du
SCC et le soient informés de toute blessure grave subie par un
détenu;
3. intégrer au Manuel révisé des Services de santé
du SCC les lignes directrices
pour préciser la définition de blessure grave;
4. présenter des rapports d'enquête conformément à
l'article 19 de la
LSCMLC (mort de détenus et blessures graves subies par des
détenus) au Bureau dans les trois mois suivant l'incident.
5. que la politique sur les enquêtes prévoie des délais
précis pour l'achèvement du rapport d'enquête et la vérification
des plans d'action connexes.
6. que tous les rapports d'enquête relatifs à la mort de détenus
ou à des blessures graves subies par eux fassent l'objet d'examens à
l'échelle nationale et soient accompagnés d'un rapport récapitulatif
au sujet des recommandations et des mesures correctrices, lequel sera produit chaque
trimestre.
Je recommande que, d'ici la fin d'octobre 2003, le Service correctionnel fournisse
l'information qu'il s'est engagé à fournir et prenne les mesures que
j'ai recommandées dans mon dernier rapport annuel, notamment :
- que la politique du Service sur les enquêtes prévoie des délais
précis pour l'achèvement du rapport d'enquête et la vérification
des plans d'action connexes;
7. que le Service s'assure que ces délais sont respectés;
- que tous les rapports d'enquête relatifs à la mort des détenus
ou à des blessures graves subies par eux fassent l'objet d'examens à
l'échelle nationale et soient accompagnés d'un rapport récapitulatif
au sujet des recommandations et des mesures correctrices, lequel sera produit chaque
trimestre.
Réponse du SCC
Le SCC mène des
enquêtes sur les incidents qui touchent la sécurité du public,
du personnel ou des délinquants. La politique exige maintenant que le SCC prenne des mesures correctives
et veille à ce que les leçons tirées de l'examen et de l'analyse
des rapports sur les incidents soient intégrées aux pratiques de l'organisme.
1. Le SCC
a accepté de transmettre à l'EC, chaque trimestre, les rapports d'enquête
sur les cas de décès de détenus ou de blessures graves subies
par des détenus, et il a déjà commencé à le faire.
2. La Direction de la sécurité du
SCC a accepté d'aviser la Direction des enquêtes du SCC et le
BEC de toute blessure corporelle grave.
3. Les lignes directrices servant à déterminer en
quoi consiste une blessure grave seront intégrées au Guide des Services
de santé révisé du
SCC. La rédaction du Guide sera terminée d'ici mars
2004. L'exercice du jugement professionnel demeure la responsabilité des
intervenants.
4. Le SCC
accepte de transmettre à l'EC une copie des rapports sur les enquêtes
menées en vertu de l'article 19, une fois celles-ci terminées (26
semaines). En cas de retard imprévu, le
BEC sera informé de la date prévue de la publication
du rapport.
5. et 7. Le SCC
a révisé sa politique sur les enquêtes internes afin d'augmenter
la cohérence et d'améliorer le suivi et le contrôle de la qualité
des rapports. De plus, toutes les enquêtes seront menées à l'échelle
nationale ou locale, et les incidents graves feront l'objet d'une enquête
nationale. Cette mesure permettra au
SCC de renforcer ses pratiques et de réagir de façon
opportune et appropriée aux incidents.
6. Le SCC
accepte de fournir des rapports trimestriels et annuels sur les enquêtes menées
en vertu de l'article 19 (décès ou blessure grave). Ces rapports montrent
dans quelle mesure le SCC
se conforme à la politique établie et donne un aperçu des types
d'incidents qui se produisent dans les établissements. L 'EC recevra une
copie de ces rapports.
UNITÉ SPÉCIALE DE DÉTENTION
Commentaires de l'EC
Faits nouveaux en 2002-2003
La réponse n'a pas donné suite à nos recommandations sur
l'objet de l'examen ou les ressources nécessaires à une approche plus
efficace. De plus, elle ne reflétait pas la situation réelle concernant
la participation de représentants dans la collectivité au processus
décisionnel de l'USD
- puisque que le comité dont faisait partie cette personne conseillait simplement
la sous-commissaire principale, soit le décisionnaire réel. Finalement,
la réponse n'indiquait pas si les examens opportuns des détenus mis
en isolement en attendant leur transfèrement à l'USD
avaient été effectués.
Toutefois, je suis heureux d'annoncer qu'il y a eu des développements
positifs depuis que le Service nous a transmis sa réponse.
Le Service a établi une procédure pour exiger qu'on effectue des
examens régionaux de la validité continue du placement à l'USD pour
les détenus mis en isolement pendant plus de six mois en attendant leur transfèrement
à l'USD.
Nous aurions préféré que cet examen ait lieu plus fréquemment
et que la décision soit prise par un gestionnaire de l'administration centrale.
De plus, nous continuons de préconiser que des intervenants de l'extérieur
contribuent à l'examen. Nous sommes cependant disposés à surveiller
pour le moment l'efficacité de l'approche.
Le Service a également déterminé que l'examen par la sous-commissaire
principale des décisions sur les placement à l'USD
et la mise en liberté devait avoir lieu de concert avec le Comité
consultatif national de l'USD.
Cet organisme comprend notamment un représentant de la collectivité
dont le Service a recommandé la participation. De plus, nous estimons que
l'exigence relative à la participation d'intervenants de l'extérieur
dans le processus décisionnel a été respectée, quoique
pas nécessairement de façon permanente et conforme aux recommandations
du sous-comité de la Chambre des communes chargé de l'examen de la
LSCMLC.
Je suis encouragé par la situation actuelle du Comité consultatif
national de l'USD
et par l'orientation donnée par la sous-commissaire principale. Nous continuons
d'avoir des préoccupations concernant les programmes, les niveaux de ressources
à l'appui des programmes et l'accès aux unités de santé
mentale. Ces questions seront examinées plus à fond par le CCN de
l'USD
et la sous-commissaire principale.
Réponse du SCC
Le SCC continuera de
travailler sur cette question en étroite collaboration avec le Bureau de
l'EC.
DOUBLE OCCUPATION DES CELLULES
Recommandations de l'EC
Je recommande :
1. que le Service mette la dernière main à ses plans visant à
éliminer la double occupation des cellules dans toutes les unités
qui ne sont pas destinées à la population carcérale générale
d'ici septembre 2003;
2. que le Service établisse une base de données fiable sur la
double occupation dans ses établissements;
3. que le Service établisse une politique exigeant que la double occupation
des cellules, dans les unités qui ne sont pas destinées à la
population carcérale générale, autres que dans des situations
d'urgence d'une durée de moins de 48 heures, soit approuvée par écrit
par la commissaire.
Réponse du SCC
La politique du SCC stipule
que la cellule individuelle est la forme de logement des détenus la plus
appropriée sur le plan correctionnel, et le
SCC continue de faire tout son possible pour éliminer la double
occupation des cellules en tenant compte à la fois du nombre de détenus,
de leurs besoins en matière de programmes et de la planification de la réinsertion
sociale. La nécessité d'avoir recours à la double occupation
dépend de nombreux facteurs : nombre de détenus par région
ou par niveau de sécurité, diminution du nombre de cellules ou de
lits vacants, besoins en matière de programmes, proximité de l'établissement
par rapport au lieu de résidence des familles des délinquants, augmentation
du taux de mise en liberté.
1. La double occupation des cellules dans les unités qui
ne sont pas destinées à la population carcérale générale
- réception/évaluation, santé mentale et isolement préventif
- fait l'objet d'un examen minutieux. Dans les unités d'isolement, la double
occupation n'est autorisée que lorsqu'un événement grave nécessite
cette mesure. On a demandé aux sous-commissaires régionaux de veiller
à trouver une solution de rechange dans les meilleurs délais et de
rendre compte à la commissaire de l'incident, du recours à l'isolement
et de la solution de rechange qui a été appliquée. Il arrive
à l'occasion qu'on ait recours à la double occupation dans les unités
de réception/évaluation en raison du manque de capacité d'accueil
de l'établissement de destination. Il n'y a pas de double occupation dans
les unités de soins psychiatriques ou de santé mentale (sauf lorsque
cette mesure est autorisée dans le cadre d'un programme de traitement).
2. Le SCC
a effectué un contrôle de la qualité des données sur
la double occupation des cellules et il examinera ces données de façon
régulière. Le niveau de double occupation a diminué régulièrement
entre janvier 2000 et octobre 2001, lorsqu'il a atteint un taux de 8,66 %. Jusqu'au
7 juillet 2002, il a augmenté graduellement pour atteindre 10,9 %. Il a diminué
depuis, et s'est fixé à 9,7 % en avril 2003.