Bureau de l'enquêteur correctionnel
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Présentation - Rapport annuel 2008-09
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36e rapport annuel au Parlement
2008-2009
Problèmes principaux et recommendations
Problèmes principaux
- Santé mentale
- Automutilation dans les prisons
- Services de santé
- Programmes correctionnels/préparation de cas
- Décès en établissement
- Délinquants autochtones
- Femmes purgeant une peine fédérale
- Lacunes dans la sécurité active
- Isolement
1. Santé mentale
Analyse
- À l'heure actuelle, la prestation des soins en santé mentale,
ainsi que les services et le soutien connexes, constituent les problèmes
les plus sérieux et les plus pressants auxquels fait face le Service correctionnel
Canada (SCC).
- Le système connaît de graves problèmes liés à
la capacité d'accueil, à l'accessibilité et à
la qualité des soins, et cette situation doit être traitée en
priorité.
- L'utilisation systématique de l'isolement pour traiter les délinquants
atteints de troubles mentaux est inhumaine et non sécuritaire (voir le cas
d'Ashley Smith).
Recommandations
- Renforcer le recrutement et l'embauche de professionnels de la santé
mentale, prioriser les établissements mal desservis et mettre en place des
budgets permanents pour le recrutement et la formation de professionnels.
- Mettre en place des unités intermédiaires de soins de santé
mentale dans chaque région.
- Élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion de cas pour les délinquants
traités par les équipes interdisciplinaires et qui sont atteints de
troubles mentaux graves.
2. Automutilation dans les prisons
Analyse
- Le nombre de cas d'automutilation dans les prisons est à la hausse.
- Il faut traiter les cas d'automutilation comme des problèmes de santé
mentale, et non comme des problèmes de sécurité ou de comportement
(voir le cas d'Ashley Smith).
- Le rôle de « soutien et d'aide » de l'administration
centrale ne suffit pas à la tâche; il y a des lacunes en matière
de surveillance nationale, de reddition de comptes et de supervision.
Recommandations
- Élaborer une stratégie ou un protocole national pour la gestion des
cas graves d'automutilation. Le document doit comprendre des lignes directrices
claires en ce qui a trait aux responsabilités nationales, régionales
et locales.
- Mettre en place des plans de gestion clinique (prévention, intervention et
traitements) pour gérer les cas graves d'automutilation.
- Dresser la liste des pratiques exemplaires en matière de traitement et de
prévention et les diffuser au sein du SCC.
- Mettre sur pied, dans chaque région, des unités qui s'occuperont
des cas graves d'automutilation.
3. Services de santé
Analyse
- Le SCC progresse vers un système de soins de santé centralisé
(Cadre national des services de santé essentiels).
- Les questions touchent l'importance de chaque critère (coût,
sécurité, efficacité), de la transparence et de l'indépendance
d'un processus interne utilisé pour déterminer ce que l'on
considère comme un traitement, un diagnostic ou un service « essentiel
».
- Les soins de santé demeurent le principal sujet de préoccupation des
détenus. Ces derniers ont peu de choix quant à la sélection
des personnes qui subviennent à leurs besoins et à la façon
dont les soins sont administrés. Leurs choix sont également très
limités relativement à ce qui est considéré comme un
service ou une médication « essentiel ».
Recommandation
- Soumettre le Cadre national des services de santé essentiels à un
processus externe d'examen par les pairs, ce qui permettra de présenter
des rapports sur la mise en œuvre du Cadre du SCC au cours des trois prochaines
années.
4. Programmes correctionnels/préparation de cas
Analyse
- Les longues listes d'attente, les problèmes de disponibilité
des programmes et l'accès limité (plus particulièrement
aux établissements à niveau de sécurité plus élevé)
demeurent des obstacles à la réinsertion sociale sécuritaire
et rapide.
- Le SCC réserve seulement 2 % de son budget total aux programmes destinés
aux délinquants.
- Le système est de plus en plus réfractaire aux risques : le taux de
libérations conditionnelles totales et de cas de semi-liberté se situe
à son niveau le plus bas depuis 10 ans, les libérations d'office
comptent pour la majorité des remises en liberté, et les établissements
à sécurité minimale fonctionnent en deçà de leur
capacité.
Recommandations
- Le SCC doit apporter des améliorations en ce qui a trait aux éléments
suivants : réduire les listes d'attente pour les programmes, augmenter
le nombre de permissions de sortir, améliorer l'accès aux programmes
dans les établissements à sécurité maximum, augmenter
le nombre de programmes pour les délinquants ayant des besoins spéciaux
et améliorer, chez les détenus, la connaissance des processus d'examen
en vue de la libération conditionnelle.
- Examiner la justification, les critères et les temps d'attente moyens
en ce qui concerne les évaluations psychologiques requises pour les classifications
de sécurité des délinquants qui purgent des peines d'incarcération
à perpétuité ou d'une durée indéterminée.
5. Décès en établissement
- LeBureau de l'enquêteur correctionnel fera un examen trimestriel des
progrès du SCC à ce sujet. Le 14 août 2009, le SCC a soumis
sa réponse à l'Étude sur les décès en établissement
et au rapport sur la mort d'Ashley Smith (intitulé Une mort évitable),
tous les deux produits par le Bureau. Les principales recommandations sur la reddition
de comptes ont été rejetées.
- D'autres secteurs d'activités nécessitent d'importantes
améliorations : la formation du personnel, le recours à l'isolement,
la sécurité active et les interventions cliniques.
- Une progression plus rapide de l'élaboration d'une stratégie
nationale en matière de santé mentale pour les services correctionnels
(une recommandation du rapport Une mort évitable destinée au ministre
de la Sécurité publique) serait également bien accueillie.
- À la lumière des éléments énumérés
ci-dessus, le rapport annuel ne contient aucune recommandation concernant les décès
en établissement. Cependant, le Bureau de l'Enquêteur général
examine activement deux cas de décès en établissement, qui
remettent une fois de plus en question la capacité du SCC à répondre
rapidement et efficacement à des urgences médicales.
6. Délinquants autochtones
Analyse
- L'écart entre les délinquants autochtones et non autochtones
s'accentue. Le taux d'incarcération des Autochtones est neuf
fois supérieur à la moyenne nationale, un délinquant sur cinq
est d'origine autochtone, et 33 % de la population de délinquantes
incarcérées est autochtone.
- La gouvernance des questions autochtones au sein du SCC, ainsi que la reddition
de comptes à ce sujet, nécessitent un leadership constant, durable
et ciblé.
- Le Bureau de l'enquêteur correctionnel prévoit la soumission
d'un rapport d'étape sur les initiatives fédérales
des services correctionnels pour Autochtones au cours de l'exercice 2009-2010.
Recommandation
- Le ministre devrait demander au SCC de nommer sans tarder un sous-commissaire pour
les services correctionnels pour Autochtones.
7. Femmes purgeant une peine fédérale
Analyse
- Le SCC refuse toujours de donner l'autorité pleine et directe au sous-commissaire
pour les femmes sur toute question concernant les femmes purgeant une peine fédérale.
- Très peu de progrès ont été réalisés quant
aux principaux défis posés par les femmes purgeant une peine fédérale
: il y a un manque de programmes adéquats, les services de santé mentale
ne répondent pas à la demande, il y a une surclassification des délinquantes
autochtones, les options de réinsertion sociale sont insuffisantes et la
gestion des cas graves d'automutilation soulèvent des problèmes.
- Le Protocole de gestion des délinquantes est une façon sévère
et punitive de gérer un nombre restreint de délinquantes à
hauts niveaux de risques et de besoins. Ce protocole soulève des problèmes
de discrimination systématique, propose un modèle où la privation
et l'isolement s'opposent aux traitements et aux interventions, et fixe
des normes de comportement irréalistes qui ne font qu'encourager l'échec.
Recommandations
- Le sous-commissaire pour les femmes devrait avoir une autorité pleine et
directe sur les questions concernant les femmes purgeant une peine fédérale.
- Le Protocole de gestion des délinquantes devrait être annulé
sur-le-champ.
- Des plans de gestion clinique pour les délinquantes à hauts niveaux
de risques et de besoins devraient être immédiatement complétés
et mis en œuvre.
8. Lacunes dans la sécurité active
Analyse
- Les conditions de détention dans les établissements à sécurité
plus élevée se sont aggravées considérablement : l'isolement
cellulaire, le confinement aux cellules, les restrictions concernant les fréquentations
et les déplacements, et l'utilisation, pour l'exercice physique,
d'« alvéoles» au lieu de terrains extérieurs standards.
- Les mesures de sécurité passives (barrières électroniques,
surveillance par caméra le jour comme la nuit, présence de chiens,
recours aux détecteurs ioniques, postes de contrôle) se sont multipliées,
ce qui accentue la différence entre la personne « qui surveille »
et celle « qui se fait surveiller ».
- Les mesures ne rendent pas nécessairement le système correctionnel
plus humain et sécuritaire.
Recommandations
- Le SCC devrait améliorer la formation sur la sécurité active
des recrues, donner une formation de mise à jour au personnel actuel, s'assurer
que l'on rencontre régulièrement les détenus et s'assurer
que les rondes et le décompte des détenus soient effectués
selon les exigences de la politique.
- Effectuer une évaluation interne des établissements à sécurité
maximale visant à s'assurer que la réglementation respecte le
principe de l'intervention la moins restrictive possible. Cette évaluation
devra être axée sur l'accès aux terrains et aux loisirs,
les visites, les programmes, les exercices extérieurs, les fréquentations
et les déplacements.
- La présence d'une arme à feu doit continuer à être
considérée comme un recours à la force qui doit être
signalé.
9. Autres types d'isolement
Analyse
- Le SCC dispose d'une série de rangées et d'unités
réservées aux « autres » types d'isolement. En règle
générale, ces unités ne sont pas visées par aucune garantie
procédurale ou juridique.
- Considérées comme des mesures de rechange à l'isolement,
ces unités sont utilisées pour loger les détenus ayant des
problèmes de santé mentale, ceux qui ne coopèrent pas et toute
autre personne ou groupe qui pose un problème particulier.
- Malgré leur nature temporaire ou « transitoire», ces unités
sont devenues des installations permanentes, et, en règle générale,
elles offrent peu d'incitatifs ou de privilèges pour récompenser
le bon comportement des détenus.
Recommandation
- Le SCC doit s'assurer que tous les « autres » types d'isolement
respectent les droits des détenus, les critères d'admissibilité
et l'accès aux programmes, conformément aux garanties procédurales
et juridiques.